Des oeuvres marquantes du Cinéma ( comprises ou incomprises ) ... (Dossier)
Je vais mettre en avant l'intérêt de certains films que je trouve intéressant sur plusieurs aspects et que pour certain, le public n'a pas cerné. Peut-être est-ce un regard nouveau que je porte sur certaines oeuvres cinématographiques, mais il est toujours intéressant de donner un avis divergant du commun ? Voici, mon commentaire sur :

" Edward aux Mains d'Argent " de Tim Burton :
En premier lieu, je me permets de dire que ce film " nous broie le coeur, au point de nous créér une nouvelle sensibilité ". Il s'agit là d'une oeuvre assez unique qui traite avec intelligence et sincérité de la différence, de l'Innocence et de la nature humaine.
Le personnage d'Edward, un être singulier et seul dans son château, abandonné à sa solitude et inachevé qui se confronte à la société, nous est filmé avec talent. La société qui corrompt l'innocence, s'interesse à la nouvelle attraction du moment, puis la délaisse. Comme un simple jouet désué et sans intérêt. L'innocence d'Edward est confronté à la cruauté de la société mais cependant, le passage d'Edward va marquer une famille, surtout une mère et sa fille, cette dernière apprenant à regarder au-delà des apparences et à aimer la pureté du poignant Edward (interprété avec excellence par Johnny Depp).
Ce film est une fable cruelle mais la fin, amer et à la fois douce laisse le spéctateur sur l'une des plus belle fin qui soit (avec en plus de cela, la sublime musique de Danny Elfman). Edward apprend à connaitre toute la gamme des sentiments humains qui, au contact de la société, devient une palette immense de nuances, allant de l'Amour à la colère. Ce film est comme un voyage initiatique pour le spéctateur sur notre nature : il est facile de comprendre Edward (sa curiosité, son intérêt, son amour, sa colère, sa peur, ...) ainsi il est facile de faire de ce personnage, un écho de ce que nous sommes.
Enfin bref, un film poignant, intelligent, qui nous montre que l'Amour peut transcender l'Existence et nous apporter, dans notre solitude, une paix éternelle (même si l'amour ne peut être partager ou véu). Ce film nous montre la puissance de l'Innocence face à la perversité de la société. Deux mondes s'opposent, se rencontrent, tout deux connaissent des cicatrices irréparables lors de cette confrontation, se séparent mais, cette rencontre a marqué ces 2 mondes pour toujours.

" Jeanne d'Arc " de Luc Besson :
Je sens que je vais me faire des amis mais, je trouve idiot de critiquer de manière assez négative ce film. Je vais mettre en évidence, un aspect que surment, peu ont pensé et qui rend le film intelligent et marquant. Cela risque d'être un peu long mais je vais tenter de vous montrer que ce film vaut plus que sa simple apparence de film "historique" " à la sauce Besson ". Je vais tenter de faire un plaidoyer en faveur de ce film.
Je tiens à préciser que je suis historienne MAIS cela ne m'empêche pas d' aimer les films catalogués "historiques". Même si il y a de grosses erreurs, des anachronismes, etc ... je m'en fiche comme de l'an 40.
L'impact affective d'un film est ce qui importe le plus car si un film nous interpelle, on apprend beaucoup sur nous-même. J'ai été interpellé par l'intelligence et la profondeur du scénario (et oui! mais, laissez-moi le temps de développer mon commentaire) de "Jeanne d'Arc".
Pour moi, le personnage de Jeanne d'Arc est un symbole à travers duquel, le spéctateur apprend. Le film n'ote en aucun cas le caractère sacré du personnage de Jeanne d'Arc et aucun cas ne pose de critique sur et contre la Religion. La religion n'est qu'un moyen pour Jeanne d'obtenir ce qu'elle souhaite : c'est le double procès final qui permet de comprendre cela : ce double procès n'est d'autre que
- celui de l'hérésie de Jeanne avec Cauchon ... donc le procès historique.
- celui de sa conscience : l'homme en habit de bure n'est d'autre que la conscience de Jeanne et en aucun cas Dieu ou le Diable! Ce procès donne toute sa profondeur au personnage.
Jeanne est menée, tout le long de l'histoire, par son désir de vengeance (il suffit de voir la scène ou Jeanne raconte ses visions à Charles VII et lors qu'elle (d'où la superbe interprétation de Milla Jovovich) dit ce qu'elle veut : une armée pour "bouter les Anglais hors du royaume"; la scène avec sa conscience, où Jeanne dit qu'elle s'est battue pour une cause et qu'en fait, elle s'est battue par égoïsme, pour elle-même; enfin bref, regardez toutes les scènes de ce deuxième procès, et vous comprendrez ce que j'ai marqué car tout y est dit avec des mots !).
Parallèlement à ce double procès, il y a notre propre procès car, nous spéctateur, nous nous sommes pris à croire en ces visions, aux paroles de Jeanne. C'est là toute l'importance du symbole que représente Jeanne : elle est humaine comme nous. Elle a commis des erreurs, des fautes, ... La conscience de Jeanne lui parle, mais aussi à nous, car nous sommes pareils qu'elle, un être humain. Les questions de la conscience, la réalité des évènements dévoilées par la brèche dans la censure de l'esprit de Jeanne (en gros pour être claire : Jeanne donne aux évenements une impact mystique/lyrique. Dans la réalité, l'atmosphère qui entoure ces évenements est triviale et pathétique dans les faits historiques). Sa vengeance donne un but à son existence, à sa mission.
Jeanne est une fervente croyante, mais elle a le même travers que beaucoup d'homme (et l'Histoire a pu nous le montrer et nous le montre encore) : elle met Dieu comme responsable de sa mission : sacrer le roi de France Charle et "bouter les ennemis hors de France". Elle se repend de ses fautes et c'est cela qui rend toute la grandeur au personnage, elle paye pour ses fautes (d'ou le bûcher, une des nombreuses peines de morts qui existe). Déjà, ce processus de s'auto-juger avec ce deuxième procès (celui de sa conscience) rend le personnage intéressant car le spéctateur aussi est jugé et apprend sur lui-même. Ainsi, en tant que spéctateur, nous apprenons beaucoup de notre nature humaine propre. Cela nous permet ainsi de devenir plus posé, d'être plus objectif sur nous-même. Il est intéressant de noter comment un événement tragique (le viol de sa soeur) peut marquer toute une ligne de vie.
(une suite est possible à ce commentaire)

" Le Labyrinthe de Pan " de Guillermo del Toro :
"Le Labyrinthe de Pan" est un film sincère, beau et cruel. La fin, annoncée dès les premières minutes du film, ne laisse pas le spéctateur insensible sauf si on ne possède ni âme ni sensibilité. J'ai entendu bien des remarques négatives sur ce film bien souvent injustifiées et teintées d'un trop plein de mauvaise foi voire même de " conneries " !
L'histoire se déroule en 1944 lors de la guerre d'espagne, qui oppose les insurgés républicains et les franquistes. C'est dans ce contexte historique que se base les fondements de l'histoire. Ofélia, une petite fille va connaitre des évenements fantastiques qui l'entraineront vers le point final du film :
- la mort de l'Innocence
- une manière singulière de voir le monde.
Ce que vit Ofélia est réelle, mais elle voit de par son Innocence un monde que les adultes corrompus ont décidé de ne plus voir. Ce que vit Ofélia est en parallèle avec la guerre. Les épreuves qu'elles endurent sont tout aussi cruelles que la guerre qui fait rage. Les différentes épreuves comportent un danger qui se fait de plus en plus présent. On peut dire que chaque épreuves conduit d'une porte à une autre et, il y a au final de chaque épreuve une clef qui ouvre une porte. Pour être plus clair, lors de la 1ère épreuve, elle obtient un clef qui va lui servir pour ouvrir une des 3 petites portes pour récupérer une dague dans la seconde épreuve. La dague est d'une manière contournée, un clef qui permet de réussir la 3ème et ultime épreuve. Elle est un clef qui ne s'utilise pas de manière physique mais de manière psychologique. Ofélia doit tuer son frère avec cette dague. Elle refuse, elle ne peut pas tuer cet être innocent. Vidal, la tue froidement. Elle tombe. Elle est l'Innocence. Son sang l'est. La sang ouvre le passage pour accéder à son royaume.
Pour accéder à son royaume, il fallait le sang d'un innocent, son sang, son sacrifice qui est une renaissance d'Ofélia. Sa mort terrestre conduit à sa renaissance éternelle dans un royaume éternel.
Le film pose la question de l'Eternité. Comment accéder à cette éternité que l'on veut après notre vie terrestre et par notre vie terrestre ? Le film nous montre la mort physique de l'Innocence. L'innocence qui finit toujours pas être tuée, soit de manière physique, soit de manière psychologique. Seul la mort ou la solitude permettent à un être humain de conserver ce don que notre âme possède. L'Innocence est une clef qui mène à l'Eternité, à la paix. La vie n'est qu'un chemin qui mène vers l'éternité. Ofélia atteint cette éternité. Sa mort, à la fois est triste et nous mène à avoir les larmes aux yeux et la boule dans la gorge, mais à la fois, il y a une touche douce-amer qui interieurement nous rend heureux car elle est " heureuse ".

" Elizabeth : l'Âge d'Or " de Shekhar Kapur :
Cela peut paraître étrange pour certain, mais ce deuxième volet de la saga "Elizabeth" est intelligent et marquant grâce à l'aspect mystique du personnage d'Elizabeth Ière d'Angleterre interprêté par la très talentueuse Cate Blanchett. Le parallèle mystique/humain est le point centrale du personnage.