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Top 10 vampires (Top 20)
6/13/2009 3:46
 

10 Les maîtresses de Dracula de Terence Fisher

On pourra dire absolument tout ce que l'on veut mais Christopher Lee est Dracula pour l'éternité et l'ambiance gothique des films de la Hammer est juste unique et incomparable. Comme Les maîtresse de Dracula est l'un des meilleurs film de la saga ce n'est que justice de le trouver ici dans ce top

 

 


09 Blood the last vampire de Hiroyuki Kitakubo et Vampire hunter D de Yoshiaki Kawajari

Deux petites merveille de l'animation japonaise, deux bombes de mise en scène et de fluidité, Si le film de Nahon ressemble à une grosse bouse numérique immonde Blood the last vampire dans sa version animé est quand à lui un petit chef d'œuvre. Entre baroque et gothique Vampire hunter D est lui aussi une merveille absolu

 

 

08 Une nuit en enfer de Robert Rodriguez

Un pur film grindhouse avant que le mot ne redevienne tendance, c'est sexy (Rahhhhh Salma Hayek) c'est fun, c'est gore, c'est rock and roll (ZZ top sur la BOF « Suck my blood ») , c'est culte en puissance, c'est un défilé de gueules (Clooney, Tarantino, Keitel, Danny Trejo, Tom Savini, Fred Williamson) c'est un pieu enfoncé dans le cul des vampire gothique et romantique à la Twilight.

 

07 Dracula de Francis Coppola

Une sublime mise en image du mythe par le réalisateur de Apocalypse now. Ce Dracula est avant toute chose un film d'une extraordinaire beauté plastique rendant hommage autant à Nosferatu qu'au Dracula de la Hammer et surtout une poignante histoire d'amour de chair et de sang.

 

 

 

06 Entretien avec un vampire de Neil Jordan

Le grand film romantique et gothique sur les vampires avec Brad Pitt et Tom Cruise. Je garde surtout du film la bouleversante séquence de la mort de la toute jeunette Kirsten Dunst carbonisé par les rayons du soleil

 


05 Vampires de Carpenter

Un grand western avec des vampires et des chasseurs qui sont aussi badass que les créatures de la nuit qu'ils traquent. James Woods est parfois un peu en roue libre mais le film est juste une petite bombe ( fabuleuse séquence de l'attaque du motel) avec en prime la sublime Sheryl Lee


04 Les prédateurs de Tony Scott

Je me souviens de cette époque durant laquelle on regardait les réalisateurs comme Tony Scott avec une forme de mépris. C'était des fils de pubs, des réalisateurs de clips qui faisait passé l'aspect plastique du cinéma avant toute chose. Fatalement le film est esthétiquement parfait et un formidable écrin pour les deux monstres sacrés que sont Bowie et Deneuve

 


03 Blade 2 de Guillermo del Toro

Blade 2 est juste un pur chef d'œuvre de mise en scène faisant cohabiter avec maestria des influences aussi divers que cinéma,animation et jeux vidéos. Divertissant et intelligent le film réussit même à se terminer sur l'un des plus beau plan jamais vu dans un film de vampires... Et oui !

 


02 Near dark de Kathryn Bigelow

Aux frontières de l'aube est un film totalement culte qui dépoussière le film de vampire sans jamais clairement en prononcé le nom. Le film est bourré de bonnes idées scénaristiques (Le vampire prisonnier d'un corps de gamin, le coté familiale du groupe,le coté cuir de la bande) et miss Bigelow livre un film à la mise en scène terriblement musclé. Il faut ajouter un superbe casting avec Jenny Wright, Adrian Pasdar, Lance Heriksen et l'excellent Bill Paxton

 


01 Morse de Thomas Alfredson.

Que dire ?? ,,,,,, Morse est le plus beau, le plus romantique, le plus triste, le plus mélancolique,le plus touchant, le plus humain, le plus froid, le plus chaleureux, le plus poétique des films de vampires......

 

 


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SAYONARA !!! (News)
5/5/2009 6:17
 

Et bien voilà c'est fini, enfin presque. Les meilleurs choses ont une fin comme les pires d'ailleurs et après un peu plus d'un an passé sur la plateforme blog de DVDrama je m'en vais poser mes valises pleine de zombies et de DVD sur le site de Mad Movies. Je suis bien loin du million de visites de Ber, le boss des blogs, mais il faut bien laisser deux ou trois chiffres histoire de déposer dignement le bilan. Alors un an de présence donc, 53900 visiteurs pour 49 articles, 181 films chroniqués, 12352 fautes d'orthographe, 103 commentaires dont 50% doivent être de moi.... voilà pour l'aspect strictement mathématique des choses.

Mes bonnes manières font que je pouvais partir sans venir dire au-revoir et expliquer mon choix même si je suis conscient que la plupart d'entre vous s'en tape royalement et qu'ils ont sans doute raison. Je voulais donc saluer les deux commentateurs les plus assidus de mes articles , tout d'abord l'ami Geouf (que je me sentirais parfois seul sans lui) et puis JP33 qui ne réagit un peu qu'à la polémique mais avec lequel j'ai toujours eu beaucoup de plaisir à débattre (Ah ! Cote ouest inspirant Steven Spielberg, le cinéma français, Martyrs.... ), Et puis merci aussi aux autres qui sans être des posteurs compulsifs de commentaires m'auront honorés de leur attention au détour d'un article comme Ber, Jose, Celticxoan, Jackie, Bretzelburg, Jeremie79, Budd, Courleciel, Fredsub, The jack et ses 4500 pseudos. Oui je sais ça fait très cérémonie casse couilles comme les oscars mais je voulais aussi saluer Pacboy,ltxarobide16,Rorschach et Tib2011 des blogeurs dont je suis un fidèle lecteur à défaut de venir régulièrement saluer leur excellent travail. Et puis merci aussi pour le posteur anonyme m'ayant traité de gros con en message privé sous le pseudo hilarant de FreddyKK, il fallait saluer le courage et l'humour de cet inconnu.

Merci encore à la rédaction pour son hilarante gestion des blogs avec ses blogs à la une qui restent deux semaines et surtout sa mise en avant régulière des blogs à savoir une fois par mois avec cette phrase devenu culte «  Nous publierons chaque JOUR dans la rubrique Blog à la une un article tiré des blogs qui aura suscité notre intérêt »... Il ne doit pas y avoir beaucoup de choses qui suscite leur intérêt à la rédaction donc! Mais je ne vais cracher dans la soupe et je remercie aussi la rédaction pour les nombreux DVD promis en cadeau et les quelques uns que j'ai effectivement reçu. C'est amusant le système de la carotte pour faire avancer à condition d'éviter de trop souvent venir nous la mettre dans le cul. Et pourtant je suis bien plus ironique en écrivant ceci que vraiment amer car si recevoir un DVD fait objectivement toujours plaisir (encore que cela dépend du titre ) ce n'est aucunement l'appât du gain qui me motive à écrire.

Alors pourquoi partir me dites vous la gorge serrée et les yeux remplis de larmes ? La première raison c'est que Mad movies est historiquement le site sur lequel je traine depuis le plus longtemps et que je pense que mon blog s'y sentira bien, ensuite je trouve le fonctionnement du blog plus souple et plus riche et puis il n'est pas obligatoire de s'inscrire pour venir poster un commentaire ce qui je l'espère rendra les échanges beaucoup plus nombreux. Voilà donc pour ceux qui souhaitent continuer à me lire vous connaissez maintenant ma nouvelle adresse puisque le pseudo restera le même. J'avoue que dans un premier temps le blog va pour beaucoup vivre du recyclage d'articles déjà publiés ici ou ailleurs, mais du neuf viendra bientôt avec notamment un petit concours pour gagner des DVD. Et puis si je quitte l'aventure en tant que rédacteur je resterais un fidèle et assidu lecteur des blogs de DVDrama et un posteur de commentaires occasionnellement.

Voilà, donc sayonara à tous et très longue vie à vos blogs de dingues de cinéma ......


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Une semaine en vrac ! (13) (News)
4/24/2009 7:48
 

Au sommaire de cette semaine; beaucoup de morts vivants avec Zombi Holocaust, Le jour des morts vivants 2 Contagium, Dance of the dead, Zombie king and the legion of doom et puis une petite critique de Coluche l'histoire d'un mec de Antoine De Caunes.


On commence par un bon gros bis rital des années 80 tirant joyeusement vers la série Z avec Zombi(e) holocaust de Frank Martin allias Marino Girolami. Un film qui comme un grand nombre de productions de l'époque va connaître un nombre incalculable de titres selon les époques et les pays qui vont l'exploiter de Zombie holocaust à La terreur des zombies en passant par La reine des anthropophages, Zombie 3, Docteur boucher M.D., L'ile du dernier zombie ou encore Anthropophage holocaust le film collectionne les appellations. Le titre lui même suffit d'emblée à comprendre que le film cherche à surfer sur la vague du cinéma horrifique italien de l'époque avec d'un coté les zombies de Lucio Fulci et de l'autre les cannibales de Roggero Deodato. Zombi(e) holocaust est donc un pur film d'exploitation bien roublard qui mixe dans un même cocktail détonnant une dose de Cannibal holocaust et une dose de L'enfer des zombies pour finalement servir bien chaud un film aussi outrageusement gore que lamentablement mal torché. Le récit commence dans un hôpital de New York dans lequel des corps sont atrocement mutilés afin d'y prélever différents organes. Une rapide enquête permet alors de mettre en évidence les agissement d'une mystérieuse secte d'indigènes cannibales dont on se demande toutefois bien ce qu'ils foutent à New York. Aussitôt une petite équipe est constituée pour se rendre sur l'île abritant cette tribu de cannibales afin de comprendre le comment du pourquoi de franchement mais qu'est ce qui se passe ? Ils découvriront alors une sorte de docteur Maboul utilisant les indigènes du coin en réalisant des expériences de transplantations sauvages d'organes afin de redonner la vie aux morts. Voilà le scénario est un peu bancal mais tout le cahier des charges est respecté; on a du cannibale, de l'exotisme, de l'aventure, de l'érotisme, des zombie, un savant fou, un argument scientifique solide et plein de bons gros prétextes à l'étalage complaisant de scènes bien gore. Et Zombi(e) holocaust y va franchement dans les délires bien gorasses avec amputations, éventrations, anthropophagie, empalements, doigts dans les yeux, visage réduit en kebab avec le moteur d'un bateau, tête en décomposition recouverte d'asticots, coup de machette en pleine tronche, trépanation et autres réjouissances de bon goût. Les effets spéciaux sont parfois très approximatifs et l'on devine par avance l'emplacement des prothèses en latex et des poches de sang d'un rouge bien vif, en plus Marino Girolami filme le plus souvent les atrocités plein cadre et longuement laissant aux spectateurs le plaisir de contempler des effets dignes du grand guignol. Zombi(e) holocauts n'est évidemment pas un grand film mais il reste toutefois une bonne série Z qu'on regarde avec un plaisir coupable d'autant plus grand que le film est parfois involontairement très drôle. Le film comporte quelques scènes formidables comme un faux raccord absolument merveilleux lorsque l'un des personnage se jette du haut d'un des étages de l'hôpital pour venir s'écraser par terre; on voit alors le pauvre mannequin qui au moment de l'impact sur le sol perd un bras lequel s'en va voler quelques mètres plus loin ; le figurant ayant catégoriquement refuser l'amputation pour être raccord on retrouve donc les plans suivants le corps bien entier du pauvre type qui s'est défenestré. Autre moment magnifique lorsque le savant fou envoie deux zombies à la poursuite du héros qui s'enfuit; fatalement en marchant à deux à l'heure les bras tendus les deux pauvres zomblards sont pas prêt de rattraper le type qui se barre en cavalant comme un lapin; mais pas de soucis le plan suivant on voit le zombie courir d'un coup et sauter sur le fuyard comme si il sortait du film de Danny Boyle . En l'espace d'une seule scène Girolami venait juste de prédire 30 ans d'évolution du mort vivant au cinéma. Le film comporte aussi des moments assez surréalistes comme lorsque la tribu des cannibales enlève une des jeunes filles pour finir par faire une séance très « Peace and love » de body painting en dessinant des zolies fleurs bleues sur son corps totalement dénudée, Mais ma scène préférée reste le moment ou le petit groupe pense reconnaître assise par terre une des jeunes filles disparues quelques instants plus tôt, ils s'approchent alors d'elle pour finalement découvrir que c'est un zombie travestie avec le scalp et les fringues de la fille, et franchement la scène est tellement grotesque et inattendue qu'elle réussit totalement son petit effet de surprise, Zombi(e) holocaust est donc un bel exemple de film à l'esprit totalement grindhouse, mais attention pas le grindhouse bien respectable qui va flatter les critiques bourgeois et les festivals de cinématographie mais celui qui va flirter avec les plus bas instincts des spectateurs de films déviants et bien malpolis.     Ma note 6/10

 

 

 


On continue avec une autre série Z contenant des gros morceaux de morts vivants dedans avec Zombie king and the legion of doom de Bill Marks. Le film raconte avec aplomb une histoire bien barré de lutteurs masqués tentant de sauver le monde d'une invasion de zombies. Le problème c'est qu'un pitch totalement déjanté ne suffit pas à faire un film complètement fou et Zombie king se voulait sans doute culte avant même de chercher à être simplement regardable. Le film de Bill Marks ressemble à un court métrage d'amateurs qui s'étalerait sur un peu plus d'une heure et il possède à la fois tout les défauts et toutes les qualités des petits films bricolés entre potes. Les intentions sont louables et la générosité transparait à l'écran mais l'ensemble est terriblement mou du genou et bien trop mal foutu pour susciter vraiment l'adhésion. C'est d'autant plus dommage que l'idée de départ était amusante , que l'hommage aux films de lutte mexicaine semblait pertinent et que le traitement de cette troupe de catcheurs masqués flirtait avec délice avec le film de super-héros à la X-men. Mais voilà le film manque d'un minimum d'ambition artistique et du coup il est assez immonde en terme visuel, les acteurs sont tous plus approximatifs les uns que les autres, la mise en scène est totalement amorphe notamment lors de scènes de combat, les effets spéciaux sont complètement cheap et même au cinquantième degrés le film ne réussit jamais à imposer la folie délirante de son script. Du coup les 75 minutes du film ressemble à une petite éternité dont le meilleur moment restera finalement le panneau du début de générique avec inscrit dessus Georges A Romero presents ce qui est relativement mince comme satisfaction. La joyeuse petit bande à l'origine de ce Zombie king avait sans doute oublier qu'aucun film ne nait culte d'emblée et que lorsque quelques films le deviennent c'est souvent que ce sont d'abord des bons films. Pour ses intentions amusantes, pour sa prétendue folie culte pour son pitch déjanté et pour sa jolie jaquette très comics le DVD de Zombie king mériterait presque de rester sur les étagères de ma DVDthéque en sachant que vraisemblablement jamais la galette ne reviendra tourner dans mon lecteur ; ça doit être cela la définition d'un bon film sur le papier.      Ma note: 1/10

 

 

 


Histoire de changer un peu de registre on passe maintenant à un film avec des morts vivants avec Dance of the dead le tout aussi anecdotique que sympathique film de Gregg Bishop. Dance of the dead raconte l'histoire classique de quelques adolescents aux prises avec des zombies le soir du traditionnel grand bal de promo. L'idée initiale de venir confronter les univers de la comédie pour ados et l'horreur des films de zombies était plutôt bonne et Dance of the dead avait d'emblée le potentiel d'une bonne série B à regarder entre potes. Pourtant le film de Gregg Bishop est au final plutôt décevant dans la mesure ou jamais il ne semble pouvoir s'affranchir du carcan d'un film bien trop conventionnel. Les personnages sont finalement assez peu attachants car ils ne dépassent pas vraiment les archétypes des teen movies classiques avec les geeks à lunettes, la gentille pom pom girl, la première de la classe, le rebelle marginal, le prof de sport qui se la joue G.I et le type cool et rigolo ; on pourra juste noter avec plaisir que Gregg Bishop préfère visiblement de loin les loosers aux vainqueurs puisqu'il fera des quelques exclus du fameux bal de fin d'année les véritables héros de son film. Du coté de l'horreur c'est relativement le même constat, Dance of the dead est un film plutôt soigné dans ses effets spéciaux et ses maquillages mais qui manque une fois encore d'un soupçon de folie. Les nombreux effets gores sont parfois desservis par une mise en scène et un découpage qui se précipite au lieu de prendre le temps de laisser vivre l'action et l'impact de l'effet. Le film de Gregg Bishop comporte toutefois de bonnes idées comme de ne pas choisir entre les zombies lents et es zombies rapides et de mettre ainsi à l'écran des morts vivants ultra speed qui s'éjectent de leurs tombes comme des boulets de canons et d'autres adoptant la démarche mythique et nonchalante des films de Romero. Autre idée amusante avec le fait que les zombies soient totalement hypnotiser par la musique et que dès les premières notes ils se mettent alors sur pose et oublient totalement leur folie carnassière, l'idée est certes un peu gadget mais elle permet à Gregg Bishop d'emballer la plus belle scène du film lorsque les deux jeunes héros couverts de sang danse un slow au milieu d'une véritable horde de zombies amorphes. C'est vraiment dommage que jamais le film ne réussissent à vraiment décoller de son statut de bonne série B du samedi soir, on a parfois la sensation que le film va prendre une autre dimension mais irrémédiablement l'ensemble retombe un peu comme un vieux soufflé. Par exemple le moment charnière du film lorsque la petite bande de jeunes décident d'aller casser du mort vivant pour sauver le bal de fin d'année en s'armant de divers outils aurait pu faire basculer le film dans un gros délire à la Braindead (L'Himalaya du film gore), on voit alors les jeunes débarquer au ralenti comme une armée prête à en découdre et finalement il ne se passera strictement rien. Et le mot qui me revient le plus souvent à l'esprit lorsque je repense au film c'est la frustration d'un film trop timoré, trop sage pour transcender le simple statut de petit film sympathique. Dance of the dead reste un bon petit film extrêmement agréable à regarder mais qui risque d'avoir bien du mal à rester graver dans les mémoires comme les deux mètres étalon de la comédie zombiesque que sont Shaun of the dead et Braindead.     Ma note: 7/10

 

 

 


Et maintenant retour aux vivants ,enfin presque, avec Coluche l'histoire d'un mec le biopic réalisé par Antoine de Caunes. Le film n'est aucunement une évocation globale de la vie et l'œuvre du génial humoriste mais se concentre sur une seule et unique période avec la candidature aux élections présidentielles de 1981. Un choix finalement judicieux tant il est toujours illusoire de penser pouvoir faire tenir la vie entière d'une personnalité dans quelques heures de cinéma. Le projet d'un film sur Coluche était relativement casse gueule et ceci pour plusieurs raisons dont la plus évidente reste que Coluche qui reste encore très contemporain à nos esprits était un sacré personnage absolument hors normes et que d'un coup il fallait trouver un acteur capable de s'installer dans les pompes de l'humoriste en livrant une performance à la hauteur des souvenirs encore bien vivaces que l'on garde tous du bonhomme. Autant le dire tout de suite François Xavier Demaison est assez extraordinaire dans la peau de Coluche réussissant une parfaite évocation de l'homme sans jamais tomber dans un travail de stricte imitation ou de parodie. Il faut le signaler d'autant plus fermement que les seconds rôles sont loin de tous s'en tirer à si bon compte car si Lea Drucker est formidable en Veronique Colluci tout comme l'excellent Alexandre Astier en Reiser on peux franchement mettre quelques grosses réserves sur Gil Galliot l'acteur qui surjoue le professeur Choron jusqu'au ridicule. Coluche, l'histoire d'un mec sans être un très grand film reste un bon moment de cinéma qui pose un regard assez pertinent sur cette aventure électorale commencée comme une farce provocatrice et dont les enjeux vont finir par dépasser l'humoriste. Le film d'Antoine de Caunes montre bien le cheminement de Coluche durant cette aventure, un Coluche qui ne va pas finir par se prendre au sérieux car évidemment jamais l'humoriste n'a vraiment penser devenir président mais qui va finir par être rattraper par le sérieux des différents enjeux de sa farce. La mise en scène et le script du film ne sont pas d'une grande subtilité et souvent les enjeux sont clairement énoncés de façon démonstrative par des personnages comme l'ouvrière bientôt au chômage qui dit combien elle compte sur Coluche pour l'aider ou encore cette femme qui l'apostrophe dans la rue pour le mettre en face des réalités sociales avec lesquelles il est en train de s'amuser. Les choses sont présentées d'une façon un peu trop simpliste dans la forme mais elles ont le mérite de plutôt bien cerner les différentes choses qui vont finalement pousser Coluche à quitter sa course provocatrice vers l'Élysée. Coluche dont l'idée première était selon ses propres mots de remuer la merde d'en bas pour que les odeurs remontent vers les hautes sphères du pouvoir va finalement prendre conscience que des gens démunis et désespérés vont véritablement et sérieusement compter sur lui alors qu'il n'est qu'un amuseur sans aucun pouvoirs, il va aussi se rendre compte que sa participation est un obstacle à une éventuelle élection de la gauche et surtout il va comprendre partiellement à travers sa candidature les manipulations et les intimidations dont le pouvoir est capable pour faire taire les empêcheurs de tourner en rond. A mesure que le sérieux des enjeux devient de plus en plus grand l'aspect comique de la candidature devient de plus en plus grotesque et pathétique à l'image de cette lamentable conférence durant laquelle l'acteur finira par se présenter avec une plume dans le cul comme si Coluche n'était tout simplement plus maître de la situation et que l'humour n'était plus alors que la politesse d'un profond désespoir. Le film d'Antoine de Caunes est vraiment intéressant pour ce regard qu'il pose sur un bouffon comme pris au piège par le sérieux des conventions qu'il voulait pourtant faire voler en éclat. Coluche, l'histoire d'un mec est donc un bon film même si comme moi on pense que cette bouffonnerie électorale mériterait une approche presque documentaire faisant intervenir les nombreux témoins encore vivant de cette aventure pour en cerner toute la profondeur caché derrière le nez rouge du clown.     Ma note: 7,5/10

 

 

 



Et comme ça commence à faire longtemps que je n'ai pas parler de zombies on va terminer cette semaine en vrac avec Le jour des morts vivants 2 contagium de James Dudelson (va ouvrir) et Ana Clavell. Cette pseudo suite n'a strictement aucun rapport avec le film de Romero à part le fait qu'on y trouve des morts vivants et des jours, pour le reste le film lorgne plutôt involontairement vers une production Troma qui se prendrait bien trop au sérieux pour totalement s'inscrire dans la mouvance des films des disciples de Lloyd Kaufman. Le film se propose de raconter comment l'invasion des morts vivants a commencée avec la contagion d'un hôpital psychiatrique par une sorte de virus fabriqué par l'armée. Les deux réalisateurs vont alors mettre en images paresseuse la lente, très lente transformation de quelques personnages en morts vivants... Les acteurs sont dans l'ensemble assez médiocres et l'idée de leur faire jouer des malades mentaux infectés n'arrange pas vraiment leurs cabotinage excessif qui devient souvent insupportable. On sent chez les deux réalisateurs une volonté de faire un film bien trop sérieux pour leur envergure alors il nous serve des longues tirades pseudo philosophique sur la peur de la mort, une love story balourde entre deux patients et des personnages de geeks sans le moindre intérêt. L'autre volonté clairement affichée par le film c'est de susciter un poil de dégout chez le spectateur et de ce coté les deux réalisateurs sortent les ficelles habituelles, on s'arrache la peau, on vomit sur les autres, on dégueule dans son assiette avant de remanger le tout avec appétit, on arrache ses croutes et ses pustules et on bave beaucoup aussi. Il faudra attendre les vingt dernières petites minutes (Après une heure quinze d'ennui mortel) pour que le film décolle un peu ,non pas vers les sommets, mais vers le bis presque assumé. Le dernier quart d'heure du film bien généreux en scènes gores est plutôt réjouissant tant on y trouves enfin un coté grosse série Z qui rend parfois les tout petits films aussi attachants que les grands. On est encore à mille bornes du cinéma de Romero mais le film qui est toujours aussi con devient simplement agréable à regarder y compris dans ses aspects les plus Z comme certains maquillages de morts vivants sans doute réalisés à la va vite avec la tête dans la farine pour faire livide et une tache de grenadine sur la joue pour le sang. Le jour des morts vivants 2 contagium n'existe finalement un peu que par ses vingt dernières minutes, sinon l'éditeur DVD ne manque pas d'ironie puisque le film est vendu avec un petit bonus pas inintéressant du tout qui est Le jour des morts vivants de Romero, comme quoi parfois les bonus sont mille fois plus passionnant que les films.    Ma note 2/10 pour le dernier quart d'heure.

 

 

 

 

Voilà une semaine se termine, une autre va commencer..... To be continued !


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Une semaine en vrac ! (12) (News)
4/15/2009 7:46
 

Au sommaire cette semaine Entre les murs la palme d'or 2008, le polar musclé Hyper tension, un film noir Killing angel et une merveille lumineuse et poétique Ponyo sur la falaise


On commence avec la palme d'or du dernier festival de Cannes ,le formidable Entre les murs de Laurent Cantet qui n'est finalement pas tant un film sur l'éducation nationale que sur la langue, les mots et la communication. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le personnage principal François ( François Bégaudeau absolument parfait) est un professeur de français et que pour l'essentiel le film sera une succession de scènes montrant de formidables joutes oratoires. Entre les murs pose donc son regard sur une classe d'un collège difficile et Laurent Cantet ne sortira jamais son récit de l'intérieur de l'enceinte de l'établissement refusant systématiquement de montrer les élèves comme les profs dans l'intimité de leur vie privée (un parti pris parfois frustrant). Entre les murs ne dresse pas une vision vraiment très optimiste de l'apprentissage concret que l'on acquiert lors de son passage au collège, il suffit de regarder à ce titre la scène finale lorsque François demande à ses élèves ce qu'ils auront retenus de leur année scolaire. On cite alors un théorème vaguement appris par cœur, un souvenir de science naturel et une expérience avec des tubes à essais avec cette formidable réplique de l'élève « si on me l'enseigne c'est que cela doit être utile ». Et plus grave encore cette élève inquiète venant dire après une année scolaire complète qu'elle n'aura strictement rien appris alors que visiblement elle passe dans une classe supérieure. On pourras alors interpréter cette scène de différentes manières tant, elle peut représenter l'échec total du système d'éducation comme elle peut être pour les plus optimistes de tous l'image d'une éducation assimilée et finalement inconsciemment digérée. Mais cette scène est surtout très émouvante car d'un coup elle nous montre une élève que l'on aura finalement assez peu vu durant le film et qui du coup symbolise l'élève moyen celui qui ne porte pas à une attention particulière du fait de ses résultats ou de son comportement et que l'on oublie alors un peu au profit de celles et ceux qui pour de bonnes ou de mauvaises raisons capte alors plus l'attention que les autres.

 

 Le film montre surtout que le collège et l'école de manière générale doit servir à l'apprentissage de certaine valeurs sans doute plus fondamentales encore que les théorèmes de Tales et Pythagore réunis comme l'expression, le langage et le recours au dialogue même musclè plutôt qu'à une expression physique et violente de ses sentiments, l'apprentissage tout simplement de la vie en société et de la démocratie. Entre les murs parle donc aussi d'intégration à travers cette micro société que représente le collège dans laquelle doit cohabiter par la force des choses des personnes d'ages, d'origines sociales, de sensibilités et d'origines différentes. Et le film de Laurent Cantet montre à quel point cette cohabitation doit se faire par l'échange et donc par le langage avec cette difficulté infini que peuvent représenter les mots qui sont si riches de sens qu'ils peuvent être aussi bien un facteur d'intégration que d'exclusion. La trame dramatique du film va donc s'articuler sur simplement quelques mots mais qui vont finir par avoir de véritables conséquences dramatiques pour un élève. Souleyman est cet élève difficile, peu enclin au travail, éternellement assis en fond de classe et souvent vindicatif envers les autres. Par petites touches Laurent Cantet nous montrera surtout que Souleyman est un garçon avec des difficultés d'expression dont le père est absent et dont la mère ne parle pas du tout le français, un garçon qui pour échanger avec les autres doit passer par l'image comme lorsqu'il réalise son auto portrait à partir de photographies plutôt qu'avec des phrases. Le langage est facteur d'exclusion lorsqu'il n'est pas compris et Laurent Cantet renvoie cette idée par un formidable effet de miroir avec la scène de la réunion parents professeur durant laquelle la maman de Souleyman parle dans sa propre langue devant un professeur totalement impuissant à la comprendre et donc à agir et discuter. Le premier mot de la discorde sera on ne peut plus court puisqu'il ne contient que deux petites lettres, il s'agît du « tu » d'un tutoiement qu'adresse alors Souleyman à son professeur à un moment ou précisément l'élève perd le contrôle d'une joute verbale. Ce manque de respect conduira alors l'élève devant le proviseur et marquera durablement ses problèmes de disciplines. Le second mot est un mot que l'on va reprendre hors de son contexte pour finalement lui faire dire autre chose que son sens initial, ce mot c'est « limité » qui est le qualificatif qu'utilise François pour souligner les difficultés d'attention et d'expression de Souleyman lors d'un conseil de classe dans lequel il tente pourtant de défendre le jeune homme. Ce mot sera repris comme une insulte par les deux déléguées de classe qui feront part à Souleyman de la façon dont le professeur l'aura alors « cassé » en disant qu'il était limité intellectuellement... Pour souligner le comportement irresponsable et légers des deux jeunes filles François qui lui aussi perd pour un temps la mesure du langage va traiter les deux jeunes filles de pétasses qui vont prendre ce mot comme une insulte démesurée en se sentant méprisées et traitées comme de vulgaires prostituées, l'énervement générale et l'incompréhension vont alors pourrir le débat les mots vont volés bien bas jusqu'à ce que Souleyman a court de mots finisse par quitter physiquement et violemment la classe en blessant accidentellement une élève. Il aura donc suffit de 4 petits mots pour en entrainer un cinquième qui est « exclusion », un mot si lourd de sens que jamais François ne pourra en saisir la véritable mesure (Exclusion du cours,de l'école,de la société, de France ??). Ensuite le dialogue sera pour un temps brisé et impossible entre le professeur et ses élèves dont les confrontations verbales finiront systématiquement par des insultes poussant alors le jeune professeur à l'abandon de la joute verbale.

Entre les murs est un film formidable qui permet par sa forme entre fiction et documentaire de plonger les spectateurs au cœur de ce laboratoire bordélique préparant à la vie en société qu'est l'école . Laurent Cantet réussit donc un film fort , intelligent, aussi drôle que parfois émouvant, un film qui pose de vraies questions sur la vie sociale d'un groupe sans jamais mettre de coté les éventuelles décisions et sanction propres à faire avancer le groupe au profit de l'individu. Même si le film n'est pas parfait avec deux ou trois scènes un peu moins crédibles que d'autres comme le prof qui pète les plombs ou encore l'élève grande gueule qui lit Platon chez elle. Entre les murs reste au final un excellent film totalement immersif, intelligent dans son propos, pertinent dans sa forme, divertissant sans être abrutissant, engagé sans être démagogique, profond et léger à la fois.... tout simplement une belle palme d'or.              Ma note 8,5/10

 

 


On poursuit avec un film qui n'a strictement rien à voir avec le précédent puisqu'il s'agît de Hyper tension le film 2% de matière grise et 98% de testostérone de Mark Neveldine et Brian Taylor avec Jason Statham dans le rôle principal. Le scénario du film, encore que prétexte serait un mot plus juste, est le suivant: Chev est un tueur à gages qui se réveille un matin avec un poison dans les veines qui lui provoquera un arrêt cardiaque si son taux d'adrénaline chute en dessous d'un certain niveau. Pour survivre Chev aura donc besoin de vitesse, de violence, de sexe, de bastons et d'émotions fortes. Hyper tension c'est un petit peu Mort à l'arrivée mais en version beauf shooté à MTV même si les références les plus directement visibles du film se trouvent du coté des jeux vidéos et des Gran theft auto plus particulièrement. Car finalement durant tout le film Jason Statham ne cesse de changer de véhicule (Taxi, moto, voiture...) et d'armes pour aller d'un point A jusqu'à un point B et cela évidemment le plus vite possible. Le film qui aurait pu être un polar nerveux et tendu le tout filmé quasiment en temps réel préfère ouvertement jouer la carte de la grosse farce et du second degrés en privilégiant toujours la forme au mépris constant du fond. Hyper tension est une sorte de symbole démesuré d'un cinéma désincarné et lobotomisé dans lequel il suffirait presque de servir des images qui bougent vite pour justifier d'un statut de film d'action. Effectivement Hyper tension est un film qui va vite et qui utilise les trucs les plus en vogue pour donner cette sensation de vitesse et d'urgence épileptique avec musique techno insupportable,montage ultra-cut, sur-multiplication des plans et humour totalement beauf. On croirait presque que film est né d'une orgie de mauvaises influences entre Luc Besson pour le scénario, Michael Bay pour le découpage, Brett Ratner pour la mise en scène lambda et Michael Youn pour l'humour post Jackass (Ah trop drôle la main dans le gaufrier !). Voilà donc le cocktail improbable de ce Hyper tension, si le venin coule dans les veines du héros c'est l'ennuie qui court sur l'écran en s'agitant comme un diable pour exister devant nos yeux, on pourra toujours me dire que c'est con mais que c'est hyper fun ; alors que c'est surtout hyper con.       Ma note : 2/10

 

 


On continue avec un autre film mettant en scène un tueur à gages mais dans un style beaucoup plus posé cette fois ci avec le lancinant, et même lent tout court, Killing angel de Paul Sarossy. Une histoire de tueur donc qui se retrouve à un tournant de sa vie hésitant entre la fidélité absolue envers son patron représentant une figure aussi paternel que démoniaque et l'amour d'une amie d'enfance retrouvée par hasard. Killing angel est un petit film très attachant grâce essentiellement à l'ambiance singulière de cette histoire oscillant entre la tragédie, la comédie sombre, le film noir et même le fantastique. Paul Sarossy réussit à mettre à l'image des personnages particulièrement forts comme Jon ce tueur aussi froid et méthodique que totalement paumè et donc attachant ou encore son mentor et fascinant patron appelé l'homme tatouè qui porte sur son corps les dessins des visages numérotés de ses victimes. Killing angel est un film sombre et froid qui flirte avec le fantastique avec cette figure démoniaque que représente l'homme tatoué, un personnage incarnant les plus sombres aspirations de Jon qui vit dans une immense gare désaffecté avec le raffinement d'un vampire de la Hammer. Mais c'est aussi par son humour noire et totalement décalé que Killing angel est un film plutôt intéressant , Paul Sarossy allant jusqu'à filmer de scènes surréalistes et improbables comme lorsque l'homme tatoué en bonne figure paternel emmène deux de ses hommes de main pour jouer au ballon sur une plage après leur avoir offert une glace. Killing angel est donc une bonne surprise (J'ai acheté le film pour 2 euros dans une solderie sans même le connaitre), un film soigné esthétiquement, prenant dans son cheminement scénaristique, servi par une bande sonore formidable (Bowie, Nick Cave...), des acteurs épatants et qui réussit l'exploit d'être passionnant de bout en bout en dépit de son rythme particulièrement lent.    Ma note 7/10

 

 


On termine avec Ponyo sur la falaise la dernière petite merveille de Hayao Miyazki. Le formidable et génial réalisateur de Princesse Mononoke revient donc sur les écrans avec une adaptation très libre de La petite sirène d'Andersen. Ponyo raconte donc l'histoire d'un petit garçon de 4 ans qui se lie d'amitié avec un poisson rouge trouvé coincé dans un bocal de confiture. Le poisson en question est en fait une princesse aux pouvoirs magiques qui va vite émettre le souhait de devenir humaine afin de pouvoir rester avec son nouvel ami. Ponyo sur la falaise est sans doute un film un peu plus léger que les derniers films de Hayao Miyazaki ( Chihiro, Le château ambulant) mais il n'empêche que l'on retrouve dans le film les grandes thématiques de l'oeuvre du maître de l'animation comme l'écologie, le rapport de l'homme à la terre, les machines, l'enfance et la nature vue comme une entité à la fois magique et spirituelle. Ponyo sur la falaise est un film qui traite ouvertement de la pollution des mers, des risques de colère presque divine des océans avec une allusion directe au tsunami, mais aussi des disparitions des espèces sous marines et des risque d'ensevelissement de la terre sous les eaux. Mais comme toujours Hayao Miyazaki traite de tout cela avec une grâce poétique, une magie coloré et surréaliste et une tendresse infini envers ses personnages. Car au delà du trait et de l'animation traditionnelle Miyazaki réussit à faire vivre et vibrer ses personnages qui deviennent des êtres formidablement attachants. La petite fille Ponyo et le petite garçon Sosuke sont tellement touchant et drôles qu'ils existent au delà du dessin , au delà de l'écran, ils sont vivants tout simplement. Ponyo est tout simplement une œuvre magique et il faut aussi saluer la formidable musique de l'éternel complice de Miyazaki à savoir Joe Hisaishi pour parfaire le tableau d'honneur de ce fabuleux moment de cinéma. Ponyo sur la falaise est une merveille qui va éveiller l'adulte au fond de chaque enfants et réveiller l'enfant qui sommeille dans chaque adultes simplement par la beauté de ses images et de son récit. Je suis sorti de la salle HEU-REUX et depuis mes potes et mes proches me supplient d'arrêter de chantonner a longueur de journée comme un débile la chanson du film qui fait un truc comme ça : «  Ponyo, ponyo, ponyo ponyo .... »    Ma note 9,5/10 

 

Voilà une semaine se termine, une autre va commencer..... To be continued !!


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une semaine en vrac ! (11) (News)
4/5/2009 8:07

Au sommaire de cette semaine Rovdyr de Patrick Syversen, C'est dur d'être aimé par des cons de Daniel Leconte, Borderland de Zev Berman et un avis pour le moins ouvert sur Southland tales de Richard Kelly......

 

Comment trouver un petit peu de sang neuf du coté d'un genre aussi codifié que le survival ? Peut être en allant chercher des productions un poil plus exotique que la majorité avec un film norvégien par exemple. C'est du moins ce que je pensais en commençant à regarder Rovdyr du jeune Patrick Syversen, car au bout du compte le film n'est qu'un monstrueux catalogue de tout les ponctifs du genre de ses dernières années. Entre film référentiel et manque cruel d'imagination la frontière est parfois bien mince et contrairement à un Quentin Tarantino capable de digérer ses influences pour en faire sa propre matière Patrick Syversen ne fait qu'étaler sur l'écran des photocopies de scènes déjà vu des dizaines de fois. Rovdyr part d'un postulat de départ des plus mince avec ses quatre jeunes touristes citadins venus passer du bon temps dans une immense forêt norvégienne et qui vont vite se retrouver les proies d'une terrifiante chasse à l'homme. Patrick Syversen va alors nous sortir un inventaire complet de moments vus et revus durant presque trente ans de survival. Tout y passe avec l'arrêt à la station service, le type louche dans les chiottes sales, l'auto stoppeuse mystérieuse, la confrontation avec les bouseux locaux, les personnages archétypaux (la blonde sexy, le type introverti, la brune grande gueule, les rednecks avec des gros couteaux,,) , la dispute dans le van, la course dans les bois, le tueur caché derrière le type qui se baisse etc etc... On pourrait faire une liste longue comme le bras de films auxquels Rovdyr emprunte des idées et des moments de cinéma que ce soit à Massacre à la tronçonneuse ( original, remake, prequel, suite...), La colline a des yeux, Monster man, Détour mortel, Wolf creek, Délivrance. C'est quand même assez emmerdant de regarder un film avec la sensation permanente de déjà vu. Alors au bout du compte Rovdyr reste un film carré et plutôt efficace mais franchement le contraire serait un comble quand on tente de prendre systématiquement le meilleur des autres films. Patrick Syversen réussit avec Rovdyr un survival asez tendu bien que totalement prévisible, servi par une superbe photo granuleuse très seventies (époque durant laquelle se déroule l'action) avec une violence sèche servie par des effets effets gores douloureux car plus réalistes que spectaculaire et une mise en scène efficace. Rovdyr possède donc de solide arguments positifs et pourtant malgré les 75 petites minutes que compte le film on finit assez vite par s'ennuyer justement à cause de cette sensation de routine cinématographique avec l'impression de regarder le film d'un habile faussaire plus que celui d'un cinéaste avec son propre univers.  Ma note: Un petit 6/10

 

On poursuit avec Borderland de Zev Berman , un petit film avec un sujet tellement barré et improbable qu'il ne pouvait être inspiré que de faits totalement réels. Borderland raconte donc l'histoire d'une bande de trafiquants de cocaïne mexicains qui enlève des étudiants afin de les torturer et les sacrifier à un démon qui en échange leur permettra de devenir complètement invisible aux yeux de la police.. Le film débute donc sur une trame très Hostelienne avec ses trois étudiants ricains qui vont faire un petit tour du cotè de la frontière mexicaine afin de s'éclater et accessoirement d'aller voir les putes locales. Les trois jeunes gens vont vite se retrouver au cœur des délires rituels de cette secte de narcotrafiquants lorsque l'un d'entre eux va être enlevé afin de servir les plans d'invisibilité de la bande. Avec l'aide d'un vieux flic qui cherche à venger la mort de son ancien partenaire victime de cette même bande de dégénérés les jeunes gens vont alors tenter de sauver leur ami avant que celui ci ne soit sacrifié . Borderland avait sur le papier de solides arguments à faire valoir grâce notamment à cette intrigue permettant au film de flirter avec différents genres cinématographiques comme le thriller, le drame, le film policier, le film d'horreur et même le western..... Et c'est paradoxalement dans cette profusion de genres que Borderland finit un peu par se perdre à force de ne jamais totalement exploiter les différents aspects de son récit. L'horreur ne possède pas vraiment d'impact sur le spectateur blasé par les profusions de tortures de films tels que Saw et Hostel, l'aspect thriller n'est pas vraiment prenant, les personnages ne sont assez fort pour que le drame prenne et l'aspect fantastique des rites de magie noir fantastique ressemble au bout du compte à un vague prétexte non exploité. Les deux scènes finales sont assez symptomatiques du problème de ce Borderland pourtant bourré de bonnes intentions mais dont le résultat à l'écran reste relativement plat. L'assaut de la ferme abritant la secte par le vieux flic revanchard et les jeunes pouvait par exemple donner lieu à un gros morceau de bravoure entre western et polar hard boiled et finalement ce sera une scène assez plate sans aucune saveurs particulières. Borderland sous exploite trop souvent ses arguments les plus positifs comme le personnage du vieux flic déterminé ou encore cette bande de trafiquants avec des gueules improbables dont un particulièrement ressemblant à un croisement génétique entre le Michael Berryman de The hill have eyes et Woody Harrelson de Natural born killers. Quand au grand chef de bande, au gourou de la secte il est juste totalement raté avec ses airs de dandy mafioso qui fait bien plus sourire que frissonner. Borderland de Zev Berman possède fort heureusement des aspects plus positifs avec une belle photographie renvoyant à la chaleur écrasante du soleil mexicain, une scène formidable avec cette indien à cheval rattrapant au lasso les fuyards et la traque dans un hôtel d'un des jeunes par un groupe armé de machettes. Il faut aussi saluer la belle performance de Sean Astin (Le gentil Hobbit joufflu de Lord of the ring) dans le rôle d'un geôlier aussi attachant que détestable. Borderland reste donc un agréable DTV qui a peu de chance de marquer les mémoires mais qui fait passer un vrai bon petit moment.  Ma note : 5,5/10

 

 

On continu avec C'est dur d'être aimé par des cons l'excellent documentaire de Daniel Leconte sur l'affaire des caricatures de Mahomet qui après avoir été reprises et publiées par Charlie hebdo vont entrainées le journal devant les tribunaux. Bon il faut être totalement clair le film de Leconte n'est pas vraiment un regard objectif sur l'affaire au sens journalistique du mot ,le réalisateur choisissant son camp dès le départ en suivant l'équipe de Charlie Hebdo durant tout ce procès. Ce qui est vraiment passionnant dans le film c'est le nombre incalculable de questions qu'il pose sur notre société et sur l'intégrisme qui finirait presque par faire plier les règles élémentaires de la démocratie. Car cette affaire des caricatures n'est aucunement une atteinte faites aux musulmans comme pouvait l'être les immondes caricatures antisémites des années 40 mais bien une fronde contre le fanatisme de l'intégrisme religieux tentant d'imposer la censure par la peur. La première publication des caricatures n'a pas fait vraiment de bruit jusqu'à ce que des intégristes religieux viennent y ajouter eux même deux photos (dont une extraite d'un concours de cri de cochon) afin de tenter d'enflammer l'ensemble des musulmans du monde entier. En France la peur de l'amalgame, la peur du débat, la peur du fanatisme fera que très peu de journaux publieront ses caricatures alors qu'elles représentent pourtant un combat fondamentale pour le droit d'expression et le droit de rire de ceux qui voudraient nous maintenir dans un état constant de crainte et de peur. Pouvoir rire de l'Islam et refuser catégoriquement que les intégristes imposent une seule image belliqueuse de cette religion c'est fondamentalement rendre service à tous les musulmans modérés du monde. L'amalgame est un raccourci facile en cette période de politiquement correct mais le respect d'une communauté et peu importe laquelle c'est de pouvoir dénoncer les quelques cons qui s'y abrite sans pour autant porter atteinte à l'ensemble des gens qui la forme . Dire à un homosexuel que c'est un connard n'est pas fatalement être globalement homophobe, dire à une personne d'un autre pays que le nôtre que c'est un abruti n'est pas fatalement du racisme, dire que l'intégrisme est condamnable n'est pas faire offense à l'ensemble d'une religion... Ce procès est aussi le reflet de cette question d'une vision globale ou nuancé d'une religion, au nom de sa propre foie doit on accepter les pires agissements de ceux qui pervertissent des préceptes religieux à des fins de terreur ? Face à la montée de la peur, des intégrismes, du politiquement correct la pire des choses serait de faire triompher le silence plutôt que le débat et c'est pour cette raison que la publication de ses caricatures comme une soupape de sureté était aussi importante. Après on trouvera toujours des crétins bas du front pour sauter sur ses caricatures et en faire des prétextes servant leur propres idéologies , c'est là que les cons se rejoignent et finissent par se donner la main, dans cette interprétation d'un dessin qui va finalement servir à leur vision réduite et partiale du monde,Pour les intégristes cela va servir à exacerber leur amour d'une religion qu'ils estiment alors dénigré et justifier sa défense de façon parfois violente et pour les racistes qui verront dans ses dessins une vrai critique de l'Islam et par extension des musulmans cela fera une bonne mauvaise raison de soutenir Charlie Hebdo, Dans le film on voit d'ailleurs Dieudonné qui n'a visiblement strictement rien compris au procès venir soutenir Charlie Hebdo en gueulant que la liberté d'expression c'est de pouvoir cracher à la gueule des musulmans comme des juifs (??), présent comme toujours pour simplement faire parler de lui l'humoriste confond alors comme il le fait souvent la liberté d'expression et le droit de dire n'importe quoi , mais c'est comme cela même pour Charlie Hebdo et Phillipe Val il faut se faire à cette idée: c'est dur d'être aimé par des cons. Le film de Daniel Leconte est donc une formidable incitation aux débats d'idées, à la réflexion, à l'interrogation constante de nos propres comportement face à la peur; un film qui parle du droit à l'humour, de son impact sur les sociétés, de la frontière parfois mince entre caricature et dénigrement ....... Un film que j'adore car comme je le dis souvent j'aime les films qui posent plus de questions qu'ils n'apportent de réponses toute faites et puis il faut garder intact cette faculté à débattre plutôt que de se taire y compris sur les sujets les plus délicats comme la religion, c'est un indicateur lumineux de notre démocratie car comme le disait Schopenhauer « Les religions sont comme les vers luisants: pour briller, il leur faut de l'obscurité ».  Ma note : 8/10

 

 


On poursuit avec l'énigme Souhland tales de Richard Kelly réalisateur du bien barré mais hypnotique et fascinant Donnie darko, Je dis l'énigme Southland tales car après avoir vu le film je suis incapable de clairement dire si je l'aime ou non, La seule certitude que j'avais c'était la satisfaction d'être passé par la location avant de me précipité pour acheter le Blu-ray. Cette histoire de fin du monde, de troisième guerre mondiale, de faille temporelle oscille tellement entre le sublime et le grotesque que c'est difficile pour moi de me faire une opinion vraiment tranchée. C'est une sensation bizarre de rester à ce point hermétique et de trouver parfois monstrueusement con un film que l'on pressent pourtant être profondément intelligent. On comprends qu'avec son film Richard Kelly a  voulut faire une photographie de l'état d'esprit d'un monde sur le déclin, on le sent dans ses images et dans la multitude de thématique que brasse le film que ce soit la médiatisation, la peopilsation de la politique, les stars du cinéma devenant des messies, les stars du porno qui deviennent des philosophes, les dérives sécuritaires, le contrôle de l'image et des informations, les révoltes latentes, la fin des idéologies, l'homme devenant une caricature de lui même, la peur du terrorisme, la surveillance constante des esprits et des comportements, l'abrutissement médiatique, la fin de certaine ressource énergétique, les dérèglements de la terre, la vulgarisation de la culture etc etc... Évidemment il y a du sens dans ce Southland tales sans doute beaucoup de sens même, mais j'ai la sensation que jamais Richard Kelly n'arrive à vraiment faire prendre l'ensemble de sa matière. Par exemple le film regorge de moments de pur comédie souvent énormes et décalés qui moi me font complètement sortir du film en me disant juste « mais qu'est ce que c'est que ce truc ?? », quand Richard Kelly fait sur-jouer The rock jusqu'au ridicule moi je sort totalement de l'histoire tout comme lorsqu'il nous place dans le récit un scientifique aussi crédible qu'un personnage de cartoon. Fort heureusement la petite musique prenante et mélancolique de Donnie Darko finit par percer dans Southland tales et le film finit par capter les spectateurs courageux qui seront rester jusqu'au bout du film. Car le final est encore une fois totalement hypnotique et il réussit à faire naitre des émotions très fortes et intimes sans toutefois clairement être identifiables ce qui était déjà le tour de force de Donnie Darko. Southland tales est donc une bien bel énigme pour moi, je vais sans doute attendre un peu avant de revoir le film en espérant que cette fois ci je serais happé de la première à l'ultime seconde de ce film définitivement à part et dont la singularité mérite vraiment qu'on lui donne une seconde chance, voir une troisième.  Ma note : Entre 3 et 9 /10

 

Voilà une semaine se termine, une autre va commencer... To be continued !

 

 



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THE GIRL NEXT DOOR de Gregory Wilson (Critique Cinéma)
3/31/2009 8:00
 

On commence tellement fort que cette petite critique qui devait trouver sa place dans une prochaine « semaine en vrac » est vite devenu un article à lui tout seul. Il faut dire que The girl next door de Gregory Wilson est un drame viscérale et tétanisant qui mérite vraiment quon y consacre quelques lignes, un film à ne surtout pas confondre avec la gentille petite comédie éponyme dans laquelle joue la délicieuse Elisha Cuthbert, Car The girl next door , adaptation d'un roman de Jack ketchum, lui même inspiré d'un fait divers bien réel n'est pas un film coup de poing c'est juste un film qui vous frappe de plein fouet avec la violence d'un violent coup de parpaing en pleine gueule.

 

 

 


Le film de Gregory Wilson raconte l'histoire de deux jeunes sœurs qui à la suite du décès de leurs parents se retrouvent sous la tutelle de leur tante, la délicieuse et gentille tata Ruth. La femme qui vit seul avec ses trois fils va très vite se révéler particulièrement haineuse et odieuse avec les deux jeunes filles qui vont alors devenir les souffres douleurs de toute ses frustrations de femme instable. L'ainée des deux sœurs finira par être attachée et retenue prisonnière dans la cave de la maison familiale en subissant chaque jours qui passe des tortures morales, physiques et psychologiques de plus en plus abject et ceci avec l'aide et la participation d'une bande de gamins dont les trois fils de Ruth. Le seul petit espoir pour la jeune fille restera David, un jeune garçon avec lequel elle entretien une relation entre tendresse et amitié, un espoir bien mince tant pour le jeune garçon il sera difficile de convaincre un monde d'adultes, de s'affranchir du poids de l'esprit de bande et de vaincre la crainte viscérale que lui inspire tante Ruth.

 

 

 


La force de The girl next door tient toute entière dans les faits que le film raconte et dans la façon froide et clinique avec laquelle Gregory Wilson place le spectateur comme témoin au cœur de ses actes aussi révoltants que totalement dégueulasses. Le film s'appuie totalement sur la force son histoire et à ce titre je trouve que le film souffre d'un manque de véritable point de vu de cinéaste, je dirais presque d'un regard décalé car purement artistique sur les événements. Après c'est tout un débat de savoir si l'on peut filmer des choses horribles comme ce fait divers sordide avec des intentions artistiques, des allégories poétiques ou même un souffle de romantisme ? Mais ce manque de valeur cinématographique est un petit peu ce qu'il me manque pour totalement adhérer au film, j'ai du mal avec ce manque d'ambition dans la mise en scène de Wilson qui fait que hormis son sujet hors norme le film ressemble à un banal téléfilm sans aucune valeur artistique ni point de vu. Après c'est évident que la force du récit se suffit sans doute à elle même et que la violence des actes font que le film possède un impact indéniable sur le spectateur qui oscille sans cesse en le regardant entre fascination (mais pas dans le sens voyeur), répulsion et une impuissance totale y compris dans la possibilité de pouvoir stopper le film. C'est comme si d'un coup on se retrouvait collé au fauteuil par la pesanteur du drame avec tout juste la possibilité de détourner le regard. Et franchement durant le film nos yeux de spectateur on sera bien souvent tenté des les baisser, de les fermer et de les poser ailleurs que sur l'écran car le film est monstrueusement éprouvant à regarder.

 

 

 


Pourtant Gregory Wilson ne porte jamais un regard complaisant de voyeurisme sur les actes de torture que subit Meg, le réalisateur préférant souvent le hors champ et la suggestion plutôt que l'étalage de sévices en plein cadre, mais il n'empêche que l'impact de la violence est bel et bien là et que le spectateur va la ressentir avec une puissance sans doute mille fois plus importante que dans n'importe quel torture movie. Car il faut être parfaitement clair The girl next door n'est pas un film d'horreur et encore moins un film gore, la violence et la barbarie des actes n'est pas fun du tout, jamais le film ne va recherche l'effet horrifique dégoutant, pas une seule seconde la violence extrême du film ne pourra être reçu de façon « positive » par le spectateur. C'est une violence sèche, une violence qui fait mal dans le sens ou elle est totalement liée à des notions de souffrances intimes, de douleurs physique, de tragèdie et de drame humain et plus que tout encore cette violence est terriblement révoltante. Le film pourra donc choquer, énerver, traumatiser et il convient de le regarder avec d'infinis précautions et en toute connaissance de cause. Comment ne pas halluciner par exemple lorsque je constate que le film est juste déconseillé aux moins de dix ans (??). Après il reste toujours cette question du « plaisr » (car j'ai aimé le film) à regarder ce type de production......Je dirais juste qu'au delà du choc The girl next door est un film particulièrement bouleversant car il fait planer de nombreux fantômes autour du calvaire de Meg, des spectres qui évoquent les pires comme les plus abjects faits divers familiaux entre inceste, pédophilie, violences sur mineurs et enfants martyrs. Les faits du film ont beau se passer 50 ans en arrière, bien loin de chez nous il n'empêche que les cris et les larmes du calvaire de Meg sonnent d'une manière bien trop familière à nos oreilles ,car ce type de drame n'appartient malheureusement pas au passé.

 

 



L'un des aspects particulièrement dérangent car totalement crédible du film reste la participation active aux actes de tortures d'une bande de gamins et pré-adolescents. Dès le début du film Gregory Wilson pose quelques jalons pouvant expliquer comment ces jeunes vont se retrouver complice de cette spirale de violence. On nous montre déjà un gamin se délectant du spectacle d'un ver de terre qu'il donne à dévorer à des fourmis rouges, c'est presque un lieu commun mais les enfants ont une propension innocente à la cruauté, L'autre aspect fondamentale est l'éveil et la curiosité vis à vis du sexe, les garçons cherchent à apercevoir des jeunes filles dénudées aux fenêtres, lisent des revues cochonnes et sont obsédés par des questions en rapport avec le sexe ; ce n'est donc pas un hasard si leur première volonté sera de mettre la jeune fille complètement nue. Ensuite il y a le poids autoritaire et morale que représente Ruth vis à vis des garçons, une influence qui va canaliser complètement l'esprit de ses jeunes vers un rejet et une position de domination vis à vis des deux jeunes filles. Et puis il y a l'esprit de bande, de groupe, de meute, cette solidarité aveugle qui pousse les plus faible et les plus fragile dans la spirale de ceux qui sont souvent les plus radicaux et violents et donc les plus fascinants, on retrouvait déjà cet aspect dans Eden lake l'excellent film de James Watkins, Alors lorsque ses jeunes se retrouvent avec la possibilité d'exprimer leurs pulsions les plus sadiques, les plus primaires comme les plus sexuelles avec en plus l'approbation et la bénédiction d'un adulte leur donnant presque une légitimité morale à le faire cela ne me semble pas irréaliste et fantaisiste d'imaginer que des gosses puissent effectivement faire preuve d'autant de cruauté. Là encore le film nous rattrape par le col pour nous plonger le nez dans la fange de faits divers sordides concernant notamment des viols collectif perpétrés par des mineurs souvent sur des filles mineures elles aussi. Il reste le personnage de David qui tout en désapprouvant le comportement des autres enfants et de tante Ruth ne réussira jamais vraiment à faire ce qu'il faut pour mettre fin au supplice que vit Meg, la jeune fille dont il est pourtant à l'évidence amoureux. David est sans doute le personnage le plus trouble du film tant il est responsable sans jamais vraiment être coupable. Dans un premier temps David va servir de frein aux penchants sordides des garçons, puis ensuite il va tenter de mettre fin au calvaire de la jeune fille en alertant des adultes qui ne comprendront rien, tout simplement parce que David n'exprimera jamais clairement ce qui se passe. Dans cette ordre d'idée les adultes du film réagissent d'une manière presque métaphorique renvoyant à l'incompréhension (Le père), l'endormissement (La mère) et le manque de perspicacité (Le flic) face à des événements se déroulant presque sous leurs yeux, ce n'est pas un hasard si le film se nomme The girl next door. Mais pour moi c'est avant tout David que le réalisateur pointe du doigt car il représente celui qui sait, celui qui voit, celui qui désapprouve et qui finalement ne dit rien. Si David est le personnage le plus positif de la meute dirigée par tante Ruth il est aussi le plus ambigu dans sa volonté de sauver Meg sans jamais s'imposer de prendre des décisions radicales pour le faire. La scène la plus emblématique de cette ambiguïté reste celle durant laquelle David attend que sa mère dorme pour venir essayer de lui parler, cette scène est très forte car elle fonctionne sur différents niveaux, on comprends à la fois que David attende la nuit pour venir presque se confesser sans avoir a subir le regard de l'adulte, on comprends le symbole de l'adulte totalement fermé aux alertes de l'enfant, on comprends aussi que David se libère d'un poids en se donnant la bonne conscience d'avoir tenter de prévenir sa mère ,mais à l'arrivée la lecture primaire de cet instant c'est que David est parfaitement conscient de parler dans le vide et que jamais il ne fera l'effort de réveiller vraiment la conscience et l'autorité des adultes. Ce qui est terrible encore une fois c'est que le film renvoie à cette notion de silence et d'incompréhension consciente qui touche souvent les protagonistes de drames familiaux.

 

 


Et puis il reste les deux personnages principaux du drame avec d'un coté la jeune victime Meg interprétée par la juste et touchante Blythe Auffarth et de l'autre tante Ruth interprétée par une monstrueuse Blanche Baker. Il faut saluer le fait que jamais le réalisateur Gregory Wilson ne va chercher à justifier ou expliquer la violence radicale du comportement de tante Ruth en lui donnant par exemple une enfance difficile laissant le personnage pour ce qu'il est c'est à dire une des plus immonde raclure de saloperie de l'histoire du cinéma. C'est bien simple Blanche Baker réussit à rendre son personnage si détestable que le spectateur va finir par devenir presque allergique à sa simple présence physique à l'image avec l'envie de rentrer dans l'écran pour simplement venir lui en coller une en pleine gueule. C'est presque un lieu commun de dire que les méchants sont toujours plus fascinant que les bons, les héros et les gentils mais dans The girl next door cela me paraît juste impossible d'apprécier le personnage de Ruth y compris dans sa dimension purement cinématographique de méchante. L'acharnement bestial dont va faire preuve Ruth envers la jeune fille est le reflet de toute ses frustrations de vielle femme seule et aigri. Car Meg représente exactement tout ce que n'est plus, n'est pas et sans doute n'aura jamais été Ruth ; la jeune fille est belle, jeune, innocente et désirable au point représenter pour Ruth une menace de perdre ses fils. Tatie Ruth ( version ultra hardcore de Tatie Danièle) va donc lentement et machinalement briser toute les choses représentant l'essence même de cette jeune fille jusqu'à la réduire et la conformer à son image de vielle femme. Meg va donc être totalement brisée physiquement pour effacer sa beauté, torturée moralement pour réduire en miette son innocence, marquée dans sa chair pour ne plus être désirable, violée pour venir piétiner sa virginité et salir à jamais sa sexualité, et monstrueusement brûlée pour ne plus avoir de plaisir..... C'est une entreprise monstrueuse de démolition viscérale et complète d'un être humain à laquelle se livre tante Ruth et ses jeunes complices,la mise en lambeaux d'une vie à laquelle nous assistons comme des témoins impuissants en tant que spectateurs.

 

 


The girl next door est un film difficile qui laisse un nœud dans l'estomac, des sanglots au fond de la gorge et une boule de haine dans le ventre. C'est vraiment dommage que le film ne se repose que sur la puissance hallucinante de son récit car avec un grand réalisateur derrière l'objectif le film aurait vite pu devenir un chef d'œuvre incontestable, total et absolu. Si le film prend incontestablement aux tripes et finit par susciter une émotion sourde il lui manque ce petit supplément d'âme pour faire chavirer autant mon cœur de cinéphile que ma sensibilité d'être humain.

 

 



PS: Merci à l'ami Geouf pour m'avoir donner grâce à sa critique envie de voir ce film que je ne connaissais pas du tout. C'est certain dès l'instant qu'il ne sera pas question de chien dans un film je continuerais à suivre tes conseils ; )


Note : 7/10

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Une semaine en vrac ! (10) (News)
3/28/2009 8:11
 

Un petite semaine consacrée entièrement au printemps, pas celui des pitites oizeaux, des bourgeons, des derniers papillons et des montées de sève mais à celui du cinéma qui reste une belle occasion de se faire une petite poignée de film pour un tarif enfin raisonnable. L'occasion pour moi d'aller voir quelques films à coté desquels j'étais passé jusqu'ici comme The wrestler ou Slumdog Millionaire.

 

 


On commence par The wrestler le dernier film en date de Daren Aronofski avec Mickey Rourke en star du catch sur le retour. Un peu de la même manière que la série des Rocky est un miroir de la carrière de Sylvester Stalonne on peut voir dans The wrestler un point de vu mélancolique et désabusé sur la carrière de Mickey Rourke qui à l'image de son personnage fût lui aussi une star durant les années 80 avant de devenir un has-been magnifique. Randy Robinson dit The ram est donc une ancienne gloire du catch qui se produit maintenant dans des tristes galas de quartiers se déroulant le plus souvent dans des écoles et des salles des fêtes. Loin de sa gloire passé The ram ne garde plus grand choses de ses heures de gloire, rien de plus qu'une vague nostalgie et une Nintendo Nes authentique sur laquelle il revit sa gloire d'antan à travers un jeu de catch dont il reste le héros intemporel. Lorsque Randy Robinson est victime d'une attaque cardiaque il doit alors renoncé aux dernières miettes de sa gloire, à ce qui reste de sa raison de vivre à savoir le catch et la promesse d'un ultime grand retour. Daren Aronofski laisse pour un temps sa réputation de metteur en scène virtuose de l'image pour donner à son film un aspect naturaliste et presque documentaire dans lequel il ne fera finalement que suivre au plus près son anti-héros en lui collant aux basques durant tout le film, en le laissant le plus souvent en plein centre de l'écran et donc au cœur du récit. Une façon peut être de dire que l'image est ici moins importante que l'humanité de celui qui s'y trouve. Et l'homme qui est au centre de cette chronique nostalgique c'est donc Mickey Rourke tout autant que The ram. L'acteur reste une immense star des années 80 dont on retient plus facilement le coté belle gueule sexy de films mineurs comme 9 semaine et demi que la poignée de très grands films dans lesquels il aura joué comme Rusty James, L'année du dragon, Angel Heart, Barfly, La maison des otages ou Le pape de Greenwich village. Ensuite il est vrai que l'acteur va enchainer des choix professionnels discutables et des excès en tout genre dans sa vie privée , une chose est certaine la belle gueule de jeune premier du cinéma américain va devenir en l'espace de quelques années une tronche improbable d'acteur de second rôle. Comme The ram passant du Madison square garden à une salle des fêtes de quartier, Mickey Rourke est passé du haut de l'affiche et de la une des couvertures de magazines à des niveaux plus confidentiels d'exposition médiatique tout en continuant son métier. Car Mickey Rourke ne va jamais cesser de tourner même si le plus souvent ce ne sont que des petits rôles, du moins dans la durée , car ses apparitions et ses second rôles dans des films tels que Animal factory, Buffallo'66 et surtout The pledge de Sean Penn sont le plus souvent de très grand moment de cinéma. Rourke ne va retrouver finalement retrouver le haut de l'affiche qu'avec Sin city puis Domino et maintenant avec ce film d'Aronofski en forme de biopic allégorique. A ce titre il faut saluer la formidable idée d'avoir utilisé le catch comme toile de fond du film, tout d'abord parce que la boxe aurait trop rapproché The wrestler de Rocky, ensuite le catch n'a finalement que très peu servi de toile de fond à des films, mais surtout parce que le catch est finalement proche du cinéma dans le sens ou c'est un spectacle chorégraphié avant d'être un sport. Mais le film s'intéresse avant toute choses à l'aspect humain de ceux qui vivent par et pour le spectacle, à la notoriété, à cette dualité entre la lumière artificielle du show et celle plus naturelle du quotidien. Même fatigué, usé et loin de son faste d'antan The ram reste une personne importante et respecté sur un ring alors que dans sa vie il est un type ordinaire, solitaire et paumé qui a bien du mal à se dépêtrer avec ses sentiments amoureux et paternels . Aronofski dresse donc le portrait terriblement attachant d'un mec qui aura consacré sa vie au spectacle et qui d'un coup se retrouve totalement inadapté à une vie tristement ordinaire comme dans cette formidable scène du supermarché dans laquelle Randy Robinson se force littéralement à jouer au marchand. The wrestler comporte de nombreuses scènes très émouvantes comme les échanges entre tension et affection que vont vivre the Ram et sa fille, ou bien encore les échanges magnifiques de tendresse et de justesse avec Cassidy la stripteaseuse ( Marisa Tomei parfaite!) comme devant la boutique de fringues,dans le bar autour d'une bière ou encore avant le dernier combat. Mais la scène la plus émouvante du film reste pour moi l'extraordinaire réunion d'anciens combattants totalement fracassés physiquement qui viennent vendre dans une petite salle des fêtes sordide les dernières reliques de leur gloire passé. Alors bien évidemment The wrestler arrive un peu après le Rocky Balboa de Stalonne qui proposait une trame scenaristique finalement assez proche ,mais le film d'Aronofski possède un léger supplément d'âme mélancolique, celui d'un hommage sincère et émouvant aux gens qui auront sacrifié leur corps et partiellement leur vie privé au spectacle.        Ma note 8,5/10

 

 

 


Le soucis des manifestations comme le printemps ou encore la fête du cinéma du moins quand on décide de se faire plusieurs films à la suite, c'est qu'on se retrouve toujours avec un trou de deux heures entre deux films intéressants et que fatalement plutôt que d'attendre on se force alors à choisir entre les films proposés celui qui nous semble être potentiellement le moins mauvais de tous. Cruel dilemme donc, je devais choisir entre Coco, Palace pour chiens, Les passagers, Unborn, Cyprien, Banlieu13 ultimatum, Marley et moi, Twilight et Lol. Finalement j'ai opté pour Marley & moi pour la simple raison que le couple Owen Wilson et Jennifer Aniston me semblait assez attachant et que quitte à tuer deux heures autant le faire devant une petite comédie. Alors je ne sais pas si j'ai fait le meilleur des choix mais je suis en revanche absolument certain d'avoir perdu deux heures de mon temps. L'avantage d'un film comme Marley & moi c'est qu'il est parfaitement simple à résumé dans la mesure ou il ne s'y passe strictement rien. Alors, Jenny et John sont jeunes, comme ils sont beaux et qu'ils ont une bonne situation ils vont donc décider se marier, ensuite ils vont adopter un chien qui fait des grosses bêtises, avoir des enfants et comme le chien vieillit mathématiquement plus vite que l'homme à la fin il meurt. C'est évidemment caricatural et schématique comme résumé mais franchement il ne va pas se passer grand chose d'autre durant les 100 minutes d'un film qui m'aura semblé durer facilement le triple. Le jeune couple aura beau dire que leur chien est le pire clébard du monde on va quand même rester dans une succession de gags jamais drôles et surtout totalement gentillets et inoffensifs. Si Marley est vraiment le pire chien du monde c'est celui d'un monde entre Walt Disney et les Teletubbies parce que aboyer par temps d'orage, tirer sur sa laisse, renverser le paquet de croquettes, bousculer un enfant, chier sur une plage, consoler sa maitresse, faire fuir des agresseurs, pisser sur un tapis et bouffer un coussin c'est loin d'être le pédigrée d'un chien lamentablement catastrophique. Si Marley est le pire chien du monde alors Baxter et l'empereur flamboyant des pires raclures d'enfoirés de toute la race canine. Je comprends tout à fait que Marley & moi soit une comédie familiale bien poli dans laquelle il ne serait pas de bon ton de faire pisser un chien sur les roues d'un fauteuil roulant mais tout est ici d'une telle lamentable gentillesse que moi je frôle l'écœurement tout en comprenant parfaitement que le réalisateur n'est pas voulut jouer la surenchère de gags catastrophiques et énormes à la Beethoven. Je ne demandais finalement rien de plus qu'un seul gag qui ne soit pas calibré pour un enfant de moins six ans... Mais le pire c'est qu'en plus d'être d'une fadeur et d'une tristesse totale Marley & moi nous livre quelques magnifiques leçons de vie parfois ridicules comme lorsque dans un même élan on libère au ralenti des chiens de leur laisses pour les regarder courir sur une plage ensoleillé et parfois un poil plus douteuse comme lorsqu'après l'agression de leur jeune voisine le couple trouve une solution radicale à l'insécurité grandissante en déménageant dans une plus belle maison et dans quartier encore plus bourgeois que le précédent. Mais la cerise sur le gâteau reste que Marley & moi se termine sur une terrible une prise d'otage émotionnelle qui m'aura vraiment mis mal à l'aise du moins vis à vis de la petit fille effondrée en larmes assise à quelques fauteuils de moi. Car David Frankel y va à fond dans le pathos pour filmer la fin du chien avec gros plan sur la seringue, la confession au mourant, les yeux qui se ferment au ralenti, la musique qui dégouline, les petits poèmes des enfants en larmes, la cassette vidéo souvenir qu'on regarde en reniflant, les larmes de la mère qui déclare que le chien faisait partie intégrante de la famille; c'est un festival de sensibleries d'autant plus dérangeantes que plus tôt dans le film le réalisateur ne traitera pas avec autant de compassion la mort du premier bébé du couple. Mais finalement c'est logique et tout s'expliquera avec la tirade finale en forme de bonne grosse leçon de morale à l'usage exclusif des mémères à toutous comme quoi les chiens sont extraordinaires et surtout tellement meilleurs que les hommes.... Au secours!!!! On se croirait dans les pensées philosophiques humanistes de Brigitte Bardot dans une vieille émission de Trente million d'amis. Marley & moi est donc une énorme déception et elle est d'autant plus cruel que dès le départ je n'attendais strictement rien du film.     Ma note 2/10

 

 

 


On poursuit avec Slumdog millionaire de Danny Boyle le film multi-récompensé au Golden globes et lors de la dernière cérémonie des Oscars, Un film si magnifique que notre nouvel expert en cinéma Dany Boon en fait la publicité sur des radios pour djeuns en nous incitant à courir voir le film. Alors qu'en est il au bout du compte Slumdog millionaire est il: A/ un chef d'œuvre absolu méritant ses éloges et ses récompenses, B/ un bon film mais faut pas pousser non plus, C/ un film moyen ou bien D/ un lamentable navet pompeux et misérabiliste ?? . Je serais bien tenté de répondre B Jean Pierre, car si Slumdog millionaire est évidemment un bon film, jamais il ne m'aura vraiment embarquer totalement dans son récit. Cette histoire c'est donc celle de Jamal , un gamin des bidonvilles de Mumbai qui devient millionnaire grâce au jeu Qui veut gagner des millions, le candidat réussit un parcours sans faute en trouvant le plus souvent les réponses aux questions posées dans ses propres souvenirs. La première constatation c'est que Qui veut gagner des millions n'est pas tellement plus passionnant à regarder sur un grand écran que sur un petit, le film aura beau transformer notre Foucault national en un type beaucoup plus cynique, manipulateur et agressif pour pimenter le tout, rien n'y changera vraiment, les échanges entre le présentateur et le candidat tout comme le pseudo suspens à chaque réponses me laisse particulièrement de marbre. L'autre aspect du film qui m'empêche de vraiment adhérer au récit c'est le coté redondant et mécanique du scénario dont la construction est parfois trop visible et donc artificielle. Danny Boyle réussit un peu à dynamiter la routine du coté une question / un flashback , une question / un flashback etc... En revanche l'histoire d'amour entre Jamal et Latika ne s'appuie que sur une seule rengaine que le film va nous servir trois fois de suite. C'est toujours exactement la même chose, Jamal retrouve Latika puis Salim le frère de celui ci les sépare à nouveau , c'est tellement mécanique que cela ressemble finalement plus à un truc scénaristique qu'à une véritable et crédible histoire d'amour. Dans cette même optique le comportement de Salim vers la fin du film est tellement en contradiction avec ce qu'il aura fait durant tout le film que là encore on a du mal à totalement y croire. C'est d'autant plus dommage que Danny Boyle donne à son film une formidable énergie et qu'il livre un film inspiré par les couleurs de l'Inde d'une grande beauté plastique. Les acteurs sont eux aussi parfaitement crédibles même si j'avoue avoir une petite préférence pour la première grosse moitié du film lorsque les personnages sont encore des enfants. Le trio que forme Jamal, Latika et Salim fonctionne vraiment superbement jusqu'à la seconde séparation du groupe avec sans doute le plus beau moment du film et cette scène d'une grosse intensité dramatique lorsque Salim pose le pistolet sur le front de son frère et que Latika vient délicatement détourner le canon de l'arme avec un geste rempli de tendresse et de résignation. Ensuite j'ai vraiment eu l'impression que le soufflé retombe et que tout devient trop répétitif, fabriqué et truqué. Slumdog millionaire n'en reste pas moins un bien joli film et un beau moment de cinéma mais à l'image de la dernière scène de ballet sur le quai de la gare c'est aussi beau , grisant et agréable à regarder dans la forme qu'un poil artificiel dans le fond en tout cas et c'est mon dernier mot Jean Pierre, donc réponse B !!       Ma note : 7/10

 

 


On termine avec The chaser le polar noir et allégorique de Na Hong-Jin qui démontre après Memories of murder et Old boy de la formidable vitalité du genre en Corée du sud. The chaser raconte l'histoire d'un ancien flic devenu proxénète qui s'inquiète de voir disparaître ses filles, pas tellement par compassion mais purement par soucis économique. Lorsqu'il trouve enfin un moyen de coincé le type responsable de ses mystérieuses disparition grâce à un banal numéro de portable, il comprend alors qu'il vient justement d'envoyé une de ses filles chez lui, commence alors une course contre le temps afin de sauver la prostituée et de surtout retrouver l'homme. The chaser est un formidable polar ne serait ce que pour son ambiance extraordinaire le film se déroulant le plus souvent la nuit sous une pluie battante au cœur des ruelles labyrinthiques de Séoul mais c'est aussi un film noir décalé qui n'utilisera finalement les aspect du thriller qu'à des fins allégoriques en dressant un portrait désabusé d'une société en perte constante d'humanité. The chaser n'est pas un thriller de plus, le film ne joue jamais totalement sur les différentes composantes habituelles de ce type de film comme le suspens, l'action, l'enquête méticuleuse, la personnification du tueur... Les événements semblent bien moins intéresser le réalisateur que les motivations de ceux qui vont les provoquer jusqu'à engendrer un engrenage terrifiant. Car sans jamais occuper vraiment l'écran le personnage principal de The chaser reste Mi-Jin la jeune prostituée et dernière victime de ce tueur particulièrement sadique, une jeune femme que le réalisateur va presque prendre un malin plaisir à nous faire oublier durant toute la première partie du film. The chaser se suit effectivement dans un premier temps comme un polar, on suit avec attention cette traque improbable de ce proxénète recherchant le tueur, puis on assiste à son arrestation, puis viennent les interrogatoires, puis la recherche de preuves, puis la menace de voir ce tueur remis en liberté..... Et pendant tout ce temps on oublie un peu Mi-Jin comme si le personnage était déjà mort en ne servant finalement qu'au bon déroulement de l'histoire alors qu'elle est au bout du compte l'objet fondamental du film. Et lorsque viendra nous exploser à la gueule le dénouement tétanisant pour ce personnage The chaser prendra alors toute sa dimension, celle d'un conte cruel et désabusé sur une société pour laquelle une victime compte bien moins que les différents intérêts qu'elle représente. Na Hong-Jin dresse un portrait glacial de la société, il réussit à pointer du doigt la corruption,l'incapacité et la suffisance de la police; il montre à quel point l'apparence des puissants est plus importante à préserver que la vie des plus faibles, il montre aussi la valeur tristement marchande de vies symboliser ici par ce proxénète qui par soucis économique aura finalement envoyé cette jeune fille vers l'enfer. The chaser possède la même saveur douce amère que Memories of murder, ce mélange d'humour froid et de noirceur, ce décalage constant vis à vis des codes du genre, On pourrait toutefois reprocher au film des facilités d'écriture et des événements parfois improbables qui s'enchainent grossièrement dans leur déroulement chronologique mais The chaser cultive à n'en pas douter cette idée du hasard et d'un contrôle totalement illusoire des événements. Violent, sombre, passionnant le film est aussi une grosse claque émotionnel à vous mettre les larmes aux yeux comme dans cette scène magnifique durant laquelle une petite fille assise dans une voiture hurle de douleur alors que l'on entend uniquement le bruit de la pluie. Si le film n'est pas des plus joyeux il n'est pas complètement déprimant non plus, Na Hong-Jin montrant à travers le parcours de Joong-Ho (Le proxénète) un homme comprenant lentement toute la valeur humaine que représentait Mi-Jin et à quel point finalement la jeune fille aura été la victime non seulement du tueur, mais également celle de son propre comportement, comme de celui de la police, du procureur et du maire.      Ma note : 8,5/10

 

 

Voilà une semaine se termine une autre va commencer.......... To be continued !!


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Une semaine en vrac ! (9) (News)
3/22/2009 11:01

  Au sommaire cette semaine Les proies de Gonzalo Lopez-Gallego, Frangins malgré eux de Adam McKay, Surveillance de Jennifer Chambers Lynch et The lost de Chris Sivertson

On commence donc par Les proies, un petit survival espagnol tendu comme un slip et sacrément efficace réalisé par Gonzalo Lopez-Gallego. Une histoire somme toute assez classique avec une poignée de personnages traqués sans relâche dans une immense forêt montagneuse par un snipper froid et méthodique. Le premier point positif du film c'est le traitement que Gonzalo Lopez-Gallego fait de ses personnages qui sont à la fois attachants, mystérieux et totalement banals. Quim le personnage principal est un type très ordinaire et les circonstances dans lesquelles il va se retrouver ne vont pas révéler en lui un héros mais plutôt les doutes et la lâcheté de la nature humaine. La peur et l'instinct de survie ne vont pas pousser Quim à se dépasser dans le courage mais ils vont servir à dévoiler l'égoïsme de l'homme (au sens large du mot) dans une situation d'urgence. Concernant Béa, le personnage féminin, Gonzalo Lopez- Gallardo prends un plaisir évident à tisser autour de la jeune femme un mystère en multipliant les questions sans réponses à tel point que jamais le spectateur ne saura clairement qui elle est et pourquoi exactement elle est là. Quand à la troisième victime c'est un jeune flic dépassè par les événements et totalement tiraillé entre le devoir de son uniforme et la raison de l'homme qui le porte. Sans la moindre caractérisation outrancière le réalisateur espagnol réussit à rendre ses personnages pas forcément attachants mais totalement crédibles. Les proies est un survival vraiment très efficace qui tire plus vers le thriller que le film d'horreur pur et dur mais qui exploite à merveille cette sensation d'une menace invisible et omniprésente malgré l'immensité de l'espace dans lequel les trois proies tentent de survivre. Gonzalo Lopez-Gallardo orchestre donc une traque et une chasse à l'homme particulièrement intense dans la mesure ou elle réussit un équilibre presque parfait entre tension et émotion pur. Si la révélation finale concernant la nature des agresseurs n'est pas très originale, elle réussit néanmoins à donner au film un léger parfum de malaise. Il reste l'interprétation morale du film que certains ne manqueront pas de faire en voyant dans Les proies une nouvelle démonstration des dangers potentiels des jeux vidéos. Si le film de Gonzalo Lopez-Gallardo peut effectivement se lire de cette façon, il ne faut pas oublier non plus que le réalisateur espagnol montre clairement ce qui différencie la virtualité du monde réel à savoir l'implication émotionnel et physique du joueur, des notions qui font que précisément les deux univers ne peuvent être vraiment confondus en une même et unique réalité. Les proies est définitivement un grand petit film, tendu comme il faut, émouvant et suffisamment intelligent et malin pour poser des questions et laisser aux spectateurs le soin d'y trouver des réponses.        Ma note:  7/10

 

 


On poursuit avec un très bon film totalement inédit en salles et accessoirement DVD Mad du mois intitulé The lost de Chris Sivertson. Un histoire de pacte d'adolescents qui commence presque comme un banal Souviens toi l'été dernier pour finir dans un cauchemar glauque et sombre digne des heures les plus noires de Twin peaks. Un soir presque par jeu Ray va froidement tirer au fusil deux campeuses , il scellera alors un pacte de silence avec ses deux amis présents et complices bien involontaires afin de préserver son innocence. Quelques années plus tard alors que l'une des deux jeunes campeuses décède finalement après un très long coma, un vieux flic borné décide de mettre Ray et ses amis sous pression afin de les faire craquer et mettre ainsi à jour la culpabilité évidente à ses yeux du jeune homme. The lost est un film qui tire un grand pouvoir de fascination de son personnage principal Ray Pye formidablement interprété par le jeune Marc Senter. Ray est un personnage improbable qui ferait facilement hurler de rire à force de suffisance et de ridicule si il n'était pas aussi authentiquement dangereux. Ray Pye est une sorte de dandy redneck et métrosexuel aussi pathétique que charismatique qui fascine son entourage tant par la séduction que par la peur qu'il inspire. Imbu de sa personne, égocentrique, branleur et sur de lui Ray est un croisement improbable entre le Alex d'Orange mécanique, le Patrick Bateman de American psycho, le Bobby Peru de Sailor et Lula et un adolescent lambda de teen movie. Parfois grotesque jusqu'à une forme de caricature surréaliste comme dans sa démarche claudicante venant du fait que pour paraître plus grand il écrase des cannettes de bière au fond de ses bottes Ray est aussi un monstre de violence sous-jacente et un véritable prédateur ne supportant aucune forme de contradiction ou contrariété pouvant ébranler l'univers dans lequel il s'est fait définitivement roi. Le réalisateur Chris Sivertson a la formidable idée d'utiliser une sorte de gimmick sonore à chaque fois que Ray se sent pris à défaut et qu'il est contrarié, on entend alors un bourdonnement comme celui d'une mouche à merde venant tourné autour des pensées les plus nauséabondes du jeune homme. The lost est un film à l'image de son personnage central oscillant sans cesse entre humour noir glacial, fascination charmeuse, tension sexuel et une violence aussi sèche que brutale. Chris Sivertson filme avec brio la lente révélation du caractère profond de Ray dont l'image et le vernis vont lentement se fissurer jusqu'à exploser dans un final d'une tension et d'une violence assez hallucinante. Un dernier acte qui fera sans doute frissonner d'un plaisir coupable les amateurs des films les plus radicaux des seventies tant Chris Sivertson vient flirter le temps d'un scène avec les plus grands classiques de l'époque. Si le film n'évite pas quelques grosses fautes de goût comme ce flic qui pète et qui rote (??) il reste néanmoins fascinant par la formidable galerie de personnages qu'il donne à voir et par cette idée que la violence prend racine dans nos frustrations les plus intimes. The lost permet aussi le temps d'une scène trop courte mais très émouvante de revoir Dee Wallace ( The howling, E.T) en mère de famille désespérée et alcoolique, l'occasion de saluer ici un casting assez exceptionnel. The lost est donc une véritable petite bombe entre comédie noire, drame, thriller et horreur viscérale, un film à découvrir de toute urgence .Une chose est certaine ce petit film étonnant donne furieusement envie de voir le second film de son réalisateur I know who killed me pourtant largement démoli par la critique et triste lauréat en 2007 du nombre de Razzies awards avec huit récompenses dont celle de pire film de l'année.            Ma note 8,5/10

 

 

 


On poursuit avec Frangins malgré eux la comédie de Adam McKay avec Will Ferrell et l'excellent John C Reilley produite par une des meilleure chose qui soit arrivée à la comédie américaine de ses dernières années à savoir Judd Apatow, Step Brother raconte l'histoire de deux grand dadais de 40 balais définitivement coincés en enfance et vivant encore chez leurs parents respectifs. Pour Brennan c'est chez maman que ça se passe tandis que Dale quand à lui vit toujours chez son père, mais lorsque les deux parents se rencontrent et décident de se marier les pauvres Dale et Brennan se retrouvent obligés de cohabiter sous un même et unique toit. Autant le dire tout de suite Step brother est une petite merveille de comédie qui sous une façade de connerie et de débilité totale cache des trésors d'intelligence. En mettant deux gosses dans les corps d'adultes Adam McKay réussit non seulement à nous faire tordre de rire mais surtout il parvient à faire ressortir toute la puissance des sentiments que peuvent traverser des enfants, des sentiments qui peuvent parfois être emprunt de la plus grande des innocence comme de la plus radicale des violence. Il suffirait presque de remplacer les deux comédiens principaux par de véritables enfants pour que le film deviennent un drame d'une grande noirceur. Sous ses aspects de pur comédie Step brother cache des moments d'une grande violence psychologique comme lorsque le couple accuse clairement les enfants d'être la cause de leur divorce ou les premières confrontation verbales et physiques entre Dale et Brennan . Fatalement ici tout est désamorcé par l'aspect physique de ses deux grands gamins mais d'une manière plus profonde le film montre à quel point l'enfance est une période d'une tension et d'une violence psychologique assez peu commune. Et tout en pointant du doigt que l'enfance n'est pas un paradis Adam McKay réussit malgré tout un film qui ressemble à une forme d'ode à l'innocence et aux rêves de gosses . Car ce sont tout les sentiments qui sont comme exacerbés par l'enfance et pas seulement les plus sombres, du coup l'amitié qui va finir par naître entre les deux garçons sera direct, sincère et particulièrement forte. Je ne pourrait pas vraiment l'expliquer mais la scène durant laquelle les deux zigotos se construisent des lits superposés me fait hurler de rire aussi sincèrement qu'elle va réussir à m'émouvoir. Car Step brother renvoie fatalement à l'enfance des spectateurs et à leur capacité à encore pouvoir se comporter parfois comme des gosses ,mais le film évoque aussi nos lointains rêves d'enfants et nos propres souvenirs d'amitié et de confrontation. J'ai lu de nombreuses critiques tirant à boulets rouges sur la prétendue vulgarité du film et sur son coté ouvertement scatologiques alors que c'est là encore un simple reflet de l'enfance tout juste déformé par l'optique que ce sont des adultes qui les incarnent ici. L'enfance est le royaume des gros mots et de l'humour caca boudin et ce n'est donc pas étonnant de le retrouver de façon aussi prononcé dans le film mais j'imagine que ceux qui vont s'offusquer du pet retentissant de Dale lors de son entretien d'embauche sont sans doute les mêmes qui trouvent désopilant de montrer les rots de Shrek à leurs gosses. Le film de Adam McKay est aussi un formidable plaidoyer pour ceux qui refusent de venir se plier aux règles d'un monde adulte encore plus stupide et artificiel que l'enfance, un monde dans lequel grandir signifie encore trop souvent abandonner son âme et devenir un acteur d'une vie active faites de conformisme et de conventions. Step brother est donc bel et bien une formidable comédie aussi désopilante que profondément touchante, un film qui renvoie à cette idée que l'enfance est terriblement cruel, violente et sans compromis mais que putain ça reste au bout du compte la plus fantastique période de notre chienne de vie. La preuve que la grossièreté des mots,l'exhibition de couilles sur une batterie et un pet franc et bien sonore ne sont pas incompatible avec le fait de réussir un très, très mais alors très joli film.            Ma note: 8,5/10

 

 


On termine cette semaine en vrac avec Surveillance le thriller de Jennifer Chamber Lynch. La fille de son père revient donc au cinéma 15 ans après l'inégal mais très attachant Boxing Helena dans lequel un homme fou d'amour transformait sa compagne en femme tronc afin de ne pas la perdre. Dans Surveillance Jennifer Chamber Lynch s'essaye au thriller et s'interroge sur la notion du point de vu à travers les témoignages croisées de trois témoins d'un même drame. Le film raconte donc l'histoire de deux enquêteur du FBI qui arrivent dans une petite ville paumée afin d'y recueillir des informations sur une série de meurtres particulièrement sanglants qui terrorisent la région. Comment ne pas penser à Twin Peaks avec cette arrivée du FBI dans un petit commissariat paumè rempli de flics barrés et dépassées par les événements, une référence d'autant plus évidente que les deux agents sont tout aussi décalés qu'un Dale Cooper. Le problème d'un film comme Surveillance c'est qu'il est assez délicat d'en parler sans venir en révéler la fin qui tout en restant relativement prévisible pour les habitués de ce genre de film reste assez surprenante, une fin qui viendra à la manière du film interrogé le spectateur sur la notion du point de vu qu'il aura alors des événements et des personnages. On peut toujours saluer les performances des différents comédiens du film dont le casting frôle la perfection absolue, Bill Pullman est toujours aussi parfait, la trop rare Julia Ormond livre une belle et trouble performance en agent du FBI maternelle, on retrouve aussi avec toujours autant de plaisir la trogne de Michael Ironside et puis comment oublier French Stewart et Kent Harper en flics totalement pourris usant et abusant du pouvoir de leurs fonctions et de leurs uniformes lors de sordides mise en scène durant lesquels ils s'amusent à jouer à bad cop et good cop. Pour compléter le casting il faut aussi saluer la belle performance Pell James et Mac Miller qui incarnent un touchant couple de rebelles junkies légèrement azimutés. Surveillance est un film qui repose pour beaucoup sur ses acteurs mais la jeune réalisatrice n'en néglige pas pour autant l'aspect visuel et la construction de son film, la longue scène durant laquelle les différents témoignages viennent s'imbriquer les uns dans les autres pour venir définir le même moment de vérité sur une route déserte est une petite merveille de tension comme de mise en scène. Le film de Jennifer Chambers Lynch est donc une belle réussite et cela à plus d'un titre, le film baigne dans une ambiance parfois proche de la série culte de David Lynch et surtout le film distille un suspens et une tension froide sourde et malsaine qui explosera dans un final particulièrement troublant à l'image d'un baiser aussi mortel que sensuel et totalement inoubliable dont il est encore une fois impossible de parler pour ne pas venir ternir le plaisir des 896 732 lecteurs (7 selon la police) assidus de cette petite chronique qui vont courir acheter Surveillance sur la seule foie de mes conseils avisés et découvrir ainsi cet excellent thriller.        Ma note 8/10

 

 


Voilà une semaine se termine, une autre va commencer avec Le printemps du cinéma ........ To be continued


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Les enfoirés font leur cinéma (News)
3/8/2009 5:13
 

Peut on émettre un avis critique sur un spectacle comme celui des enfoirés qui revient chaque année comme une institution et dont le but est de récolter des fonds pour permettre à des gens de manger ? Une initiative particulièrement généreuse donc dont il est absolument hors de question pour moi de critiquer la finalité irréprochable qui est de ramasser le plus d'argent possible. En revanche sur la forme que prend cette immense concert depuis maintenant quelques années je reste beaucoup plus circonspect. Je ne rentrerais pas dans le débat stérile sur l'engagement des artistes présents, sur leur sincérité, sur leur participation financière ou non à l'œuvre de Coluche , comme sur le fait de savoir si ils en retirent ou non un bénéfice promotionnel personnel... J'aurai juste tendance à dire qu'ils sont là et que si leur présence fait vendre ne serait ce qu'un disque de plus alors elle est totalement légitime. Ce n'est pas un hasard si les petits nouveaux de chaque édition des Enfoirés sont des gros vendeurs d'albums assurant potentiellement de nouvelles ventes pour le disque des Enfoirés. Je pointerais juste le manque de délicatesse de certains artistes ou maison de disque qui viennent placer judicieusement une promotion pour leurs albums lors des coupures publicitaire puisque ce concert de service public est depuis quelques années retransmit sur TF1, pour le coup la frontière entre générosité et promotion devient un poil plus floue comme lorsque Mimie Mathy cite 25 fois Joséphine durant la soirée. Et puisque je suis sur le chapitre publicitaire il serait bon de savoir vers quelles pochent vont les recettes engrangées par TF1 ce soir là , d'autant plus que les annonceurs ne manquent pas d'un cynisme absolument dégueulasse en proposant au milieu d'un concert caritatif pour des gens qui crèvent la faim des barres chocolatées avec cette avertissement de santé public sur la nécessité de ne pas manger trop gras ou de prendre 5 fruits et légumes par jour. Uhmmmm la belle et lamentable faute de goût quand on pense aux gens qui eux veulent juste manger !!!

 


Du coup j'étais un poil énervé par la colère comme dirait Renaud alors j'ai éteins ma télévision et je me suis dit que je terminerais le spectacle avec le DVD que j'ai acheté le lendemain. Le plus gros soucis du spectacle des enfoirés c'est que ses dérives sont quasiment devenues des vertus et qu'il devient vraiment difficile de venir émettre un jugement critique sans que celui ci ne se retourne contre vous. C'est devenu incontestable que le seul but de l'immense show annuel des enfoirés est de récolter un maximum de fond pour aider l'association de Coluche. C'est devenu une sorte de symbole absolu du rouleau compresseur mercantile qui écrase définitivement le fond au profit de la forme avec ici une légitimité presque inattaquable. Comme souvent dans cette volonté de plaire aux plus grand nombre on opère une sorte de nivellement par le bas et on évite avec un soin méticuleux la moindre petite aspérité qui pourrait décourager une seule vente. En l'état actuel un spectacle des enfoirés ce sont des artistes populaires et ultra-médiatiques qui viennent faire le show en reprenant d'énorme tubes, long et creux donc comme disait Boris Vian, en faisant une énorme fête de plus en plus colorée et démesurée que ce soit au niveau des costumes,des décors et des moyens techniques car il faut vendre autant l'image que le son. La question n'est même pas de savoir combien le show télévisé coute; car ce n'est plus tout à fait un concert; mais de pointer du doigt à quel point pour vendre, l'essentiel et donc le fond du combat de Coluche devient accessoire par rapport à la forme. Je me souviens des premiers concert des enfoirés lorsque le spectacle était régulièrement entrecoupé de reportages sur les bénévoles et les actions des restos avec un soucis de sans cesse venir recoller l'aspect « festif » à la réalité du combat. Aujourd'hui on place un débat après le concert sur TF1 en troisième partie de soirée pour se donner bonne conscience et sur le DVD pourtant propice aux bonus on ne traite l'action des restaurants du cœur que sur un reportage ridiculement court de moins de 90 secondes. C'est comme un aveu qui se ferait à demi mots les enfoirés ne sont pas là pour sensibiliser à la misère ni pour éveiller les consciences ils sont là pour vendre et l'on ne vend pas en dérangeant les gens, d'ailleurs les pauvres ne font pas et ne feront jamais recette. Les gens ne veulent pas qu'on vienne leur parler de la misère du monde, ils veulent voir le cul de Pierre Palmade, ils veulent des chansons à reprendre en chœur , ils veulent des titres dansants, ils veulent une compilation calibrée pour faire la fête, ils veulent les chansons de Jean Pierre François, Michael Youn et du festival Robles,. Et c'est bien là le paradoxe des concerts des enfoirés c'est qu'à trop vouloir vendre ils démobilisent les conscience dans la mesure ou jamais personne ne vient les solliciter. Et je sais pour l'avoir vécu des dizaine de fois que le nouveau disque des enfoirés va certainement tourner en boucle dans les mariages, baptême et fête diverses pour finir sur cette scène pitoyable d'une tablée de convives gavées jusqu'à la gueule reprenant en rotant « Aujourd'hui on n'a plus le droit ni d'avoir faim ni d'avoir froid « . C'est un serpent qui se mord la queue car les enfoirés sont presque obliger de poursuivre dans cette impasse si ils veulent continuer de vendre et rapporter des fonds.

 


Il serait sans doute bon de simplement remettre un peu de l'esprit du combat associatif et de Coluche au cœur des restos. J'ai souvent lu que c'était précisément l'esprit de Coluche cette façon qu'ont Les enfoirés de faire des choses sérieuses en se marrant, mais cet esprit qu'on invoque ici était aussi engagé politiquement comme socialement et surtout il utilisait plus volontiers la provocation que le conformisme pour faire bouger les choses. Les concerts des enfoirés deviennent d'immenses machineries qui n'ont pas encore totalement perdus leur cœur mais qui doucement vendent leur âme. Je ne comprends pas l'absence de revendication, de colère cette envie de faire le con sur des reprises lamentables plutôt que de chanter le poing tendu vers le ciel. A chaque concert c'est le même refrain « on est content de vous retrouvez (??) » , heureux et habitués qu'ils semblent tous à venir chanter pour des gens qui dans un pays riche et développée comme le nôtre continue de crever la faim, encore qu'il serait plus juste de dire qu'ils chantent de plus en plus pour les gens qui eux peuvent se permettre d'acheter l'album. J'aime à imaginer que si le père fondateur des restaurants du cœur était toujours là il hurlerait au risque d'être taxé de démagogue par des imbéciles contre l'argent versé aux banques plutôt qu'aux plus démunis d'entre tous. Mais c'est comme ça il ne faut plus gueuler ça énerve les gens, il ne faut plus montrer la misère ça rend morose et triste il faut juste AMUSER sans se poser de questions, la fin justifiant toujours les moyens. On finit par une forme d'aberration artistique allant jusqu'à la censure de chanson comme en 2006 lorsque le titre de Matmatah Lambe An Dro verra ses paroles pourtant bien inoffensives modifiées pour ne point choquer en transformant le « si t'as de la beuh à partager » par un plus vendeur « Si t'as quelque chose à partager... » Ce n'est pas un crime mais un signe significatif (pléonasme) d'un lent renoncement tant artistique que morale. Je dois être juste et reconnaître que le titre final de cette année reprenant le tube de Status quo est plutôt réussis pour la simple raison que l'on sent y poindre au détour des paroles un peu de tout ce que j'attends de ce type de concert que ce soit du sens comme une forme de lassitude à faire le boulot du pouvoir et enfin de la revendication.

 


Dans les bonus du DVD on trouve une séquence assez riche de sens dans laquelle quelques artistes viennent raconter leurs meilleurs souvenirs des enfoirés, Le forestier choisit un duo avec Paradis sur le titre mistral gagnant de Renaud, juste un duo sans costumes ni plumes dans le cul ,sobre et émouvant. Un des musiciens évoque quand à lui comme bon souvenir le fait d'avoir jouer une reprise de Smoke in the water de Deep purple en précisant ensuite en souriant que jouer Senor météo de Carlos ça le faisait moins, comme je le comprends un concert ce devrait toujours être avant tout de la musique. Mais le témoignage le plus émouvant reste celui de Jean Louis Aubert racontant comment au tout début de l'aventure des restos il chantait seul avec sa guitare directement pour les gens auxquelles Coluche servait la soupe. Visiblement touché le chanteur raconte combien il avait été ému du besoin de partager la musique et de réconforter les âmes souffrantes. Il ne tient qu'à ses enfoirés de retenir la leçon et de revenir vers une forme plus sobre et sincère de concert afin de revenir au plus prêt des gens pour lesquels ils devraient chanter véritablement. Si les enfoirés récoltent toujours autant d'argent ( Et dix mille fois tant mieux !!) ils ne servent maintenant plus la soupe qu'à des consommateurs capable d'acheter leurs albums.

 


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MARTYRS De Pascal Laugier (Critique Cinéma)
3/6/2009 9:52
 

Enfin Martyrs !!! J'imagine que comme beaucoup pour de gens la frustration de ne pas avoir pu voir le second film de Pascal Laugier en salles à cause de sa distribution aussi confidentielle que suicidaire devient avec son arrivée en DVD et Blu-ray un plaisir ultime, celui de pouvoir enfin découvrir le film et le regarder tranquillement chez soit ,un peu en retrait de toute la polémique suscitée par la radicalité du propos du metteur en scène. Fatalement rien ne remplacera jamais l'impact d une projection en salles mais Martyrs avec ses 70 pauvres copies lors de sa sortie en septembre 2008 ne pouvait pas vraiment prétendre trouver totalement son public d'autant plus que de nombreux exploitants trop frileux écartaient soigneusement le film de leur grille de programmation afin de laisser un peu plus d'espace à des produits plus lisses et bassement commerciaux.

 

 


Enfin Martyrs donc !! L'attente fut longue mais finalement récompensée car le film de Laugier est bien la claque monstrueuse que j'espérais et un plaisir infini de cinéphage. On pourra sans doute trouver choquant l'utilisation de ce mot « plaisir » pour venir définir un film aussi intégre, sombre et violent que Martyrs mais je revendique haut et bien fort cette idée que le plaisir n'est pas fatalement lié à l'amusement et au divertissement. Et puis Martyrs est un film radical aussi bien dans sa forme que dans son propos, c'est un film radical dans la place qu'il vient prendre dans le paysage cinématographique actuel, c'est un film radical dans ce qu'il donne à voir et à penser aux spectateurs....... C'est donc un film qu'il ne convient pas de traiter de manière tiédasse mais avec la plus grande des passions, les œuvres les plus fragiles se devant d'être défendues avec la plus grande des forces j'associerais volontiers à la radicalité réjouissante du travail de Pascal Laugier celle plus modeste mais tout aussi enragé de mon opinion.


Par simple curiosité après avoir vu le film j'ai survolé sur la toile les avis aussi tranchés que tranchant des internautes pour constater avec joie que le film divisait avec ferveurs les opinions sur une échelle allant du zéro vers l'infini. Un premier point positif donc révélant à quel point Martyrs n'est pas un film comme les autres, un film qui laisserait indifférent à force de vouloir plaire au plus grand monde possible. Ensuite j'ai oscillé au fil de ma lecture des différentes critiques entre l'amusement, l'étonnement et la franche colère car si je conçois volontiers que toute les opinions puissent exister force et de constater que les plus ineptes comme les plus imbéciles sont souvent celles qu'on nous assènent avec le plus d'aplomb. Je suis parfaitement conscient qu'on puisse totalement détester Martyrs et pour être franc je trouve cela rassurant que tellement de gens crachent avec autant de mépris et de véhémence sur le film ce sont autant de confirmations jusqu'à l'absurde que Martyrs est un film qui vient bousculer jusqu'au vertige le conformisme formatée de nos regards comme celui d'une production cinématographique de plus en plus désespérément uniformisée. J'ai lu de magnifiques perles de proses d'imbéciles vomissant le film sans en avoir compris la moindre seconde, des rapprochements référentiels ridicules y compris dans les critiques positives, des critiques outrées par tant de violence que par facilité on définit comme gratuite car c'est tellement plus facile que de réfléchir deux secondes aux raisons pour lesquelles elle ne l'est justement pas .Mais bizarrement je suis positivement content des cette profusion d'avis et d'opinions y compris ceux qui me mettent franchement la rage. Martyrs est déjà un très grand film pour cela, il invite au débat et à la réflexion,sa radicalité bouscule car elle est révélatrice d'un climat larvée de politiquement correct et d'endormissement des esprits, c'est un miroir qui nous renvoie à la gueule notre façon de regarder, voir ou consommer des films. Martyrs est un film bien plus riche que l'immense majorité des films horrifiques sorties ces dernières années, un film sur lequel il convient de revenir longuement pour explorer quelques facettes de ce diamant noir et magnifique.

 

 

 


Comme je sais que le débat d'idées se doit d'être entourée de milles précautions pour ne pas choquer la susceptibilité des gens dont on froisse les douces certitudes comme les inébranlables opinions je vais me fendre du petit paragraphe d'usage avant d'entrer dans le vif du sujet. Cette critique est le reflet de mon avis personnel à moi tout seul ,mes propos n'engage que moi et ce n'est pas parce que je vais défendre becs et ongles mon regard sur Martyrs que je cherche à l'imposer à qui que ce soit comme une forme de vérité totale et absolu. Si cette critique vous hérisse les poils et vous énerve le débat reste ouvert, Ouf !!! Voilà en substance pour ou il faut passer pour simplement donner son avis et poser un regard critique, mais voilà ce qui est fait n'est plus à faire ........ Voici sur quelques chapitres pourquoi à mes yeux Martyrs est un film extraordinaire.

 


Martyrs: Un retour vers l'essence du film d'horreur.

On pourrait penser qu'il est bien loin le temps ou les films d'horreurs étaient méprisés par la critique comme par une grande majorité du public qui les regardaient de haut avec une forme de dédain. Aujourd'hui le système produit régulièrement des films d'horreurs qui le plus souvent rencontre des succès tant critiques que commerciaux le tout laissant franchement à penser que ce type de films est définitivement sortie du ghetto. Une grande et belle ouverture d'esprit qui cache sans doute une réalité bien plus basique celle d'un cinéma horrifique qui s'est conformé, formaté jusqu'à se glisser le plus souvent dans le moule d'un produit essentiellement commercial. Une immense majorité des films d'horreur de ses dernières années (dont certains restent objectivement très bons) ne font finalement qu'offrir aux spectateurs le stricte reflet de ce qu'il a envie et l'habitude de voir avec un soucis d'efficacité qui semble aller au delà de toute autre considération. Et c'est partiellement dans cette ordre d'idée que finalement le cinéma horrifique ne dérange plus personne aujourd'hui, il ne vient simplement plus titiller nos sens et nos méninges et ne flatte que nos yeux. On pourrait prendre comme symbole de cet état d'esprit la vague des récents remakes de classiques du cinéma d'horreur des années 70 et début 80 car dans l'immense majorité des cas les remakes proposent une version visant l'efficacité mais abandonnant systématiquement les aspects les plus perturbants et les plus enragés des films originaux. L'armée des morts de Zack Snyder laisse de coté le pamphlet sociale du film de Romero; le Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel remplace la folie maladive du dernier acte du film de Hooper par une course poursuite lorgnant vers le slasher, même Rob Zombie que j'adore pourtant vient un peu dénaturer la figure du mal absolu et anonyme que représente Michael Myers en lui donnant une enfance difficile.....Loin de moi l'idée de venir brosser un portrait trop sombre de la totalité de la production horrifique récente, il reste encre de nombreux très grands films et de très grand réalisateurs mais les œuvres les plus poétiques , flamboyante, radicales ou décalé de ses dernières années sont souvent celles qui sont distribuées dans la plus grande confidentialité quand elles ne restent pas cantoner au marchè du DVD. Il suffit de regarder le nombre de copies d'exploitations d'un navet comme Saw 3 lors de sa sortie (163) et de venir comparer avec un film comme Martyrs (68 copies).

 

Et puis l'essence même du film d'horreur n'est pas de plaire à tout prix mais au contraire de proposer des expériences radicales, subversives, aussi engagées que totalement enragées en portant au sein même de son concept une idée de liberté comme de contre culture. Je pense sincèrement qu'aucun des plus grands films d'horreur de l'histoire n'a jamais été réalisé avec pour premier objectif de plaire et de ne surtout pas déranger les consciences comme la morale et incontestablement Martyrs de Laugier s'inscrit dans ce courant de films. Tout comme Freaks, The last house on the left , Chromosome 3 ou Texas Chainsaw massacre Martyrs est un film qui n'est que le reflet intègre du travail de son réalisateur. J'enrage lorsque je vois des critiques et des avis comparant Martyrs à des films tels que Saw ou Hostel alors que le film de Pascal Laugier est diamétralement à l'opposé de ce type de productions jusqu'à en être parfois l'exact antithèse. Hostel reste un poil plus finaud et porteur de sens que la série des Saw mais les deux franchises utilisent la violence graphiques et les effets gores pour venir satisfaire et abreuver la soif de spectateurs potentiels et elles s'inscrivent directement dans la veine des films d'exploitation alors que Martyrs n'a ouvertement aucune envie particulière de proposer aux spectateurs ce qu'il attend de voir. Le film de Pascal Laugier joue même constamment sur des ruptures de ton et des fausses pistes Je comprends qu'on ne juge un film qu'a la mesure de sa propre culture cinématographique mais lorsque l'on compare Martyrs à Saw sur le simple fait qu'il est question de torture, je pense sincèrement qu'il y a un gros paquet de séance de rattrapage à faire.

 

 

 


Martyrs : Un grand film tout simplement.

Si il existe encore un indice révélateur du relatif mépris qu'inspire encore le cinéma horrifique c'est bien son absence systématique des grandes cérémonie de congratulations type Césars ou Oscars. Si l'égo blessè du roi du box office Dany Boon l'a poussé à partir en croisade pour inscrire la comédie (encore faut il qu'elle soit bonne) au registre des prochaines cérémonies il faudrait peut être également que l'académie retire se œillères pour comprendre que des grand talents se cachent ailleurs que dans les films éternellement mis en avant par les votes. J'imagine que Pascal Laugier se fout complètement de la reconnaissance béate des professionnels de la profession mais l'absence de Martyrs sur quelques nominations parfaitement légitimes me semblent une injustice aussi flagrante que révélatrice du conformisme ambiant. Ne serait ce que dans la simple catégorie du meilleur espoir féminin Martyrs méritait incontestablement d'être cité à défaut d'être récompensé. Les deux jeunes comédiennes du film, Morjana Alaoui et Myléne Jampanoi sont tout simplement extraordinaires pour peu qu'on ne considère pas comme facile d'incarner jusqu'au vertige la douleur,la peur, la souffrance et et la folie. Comme le dit très justement Pascal Laugier dans l'entretien présent dans les bonus du Blu-ray ; le fait d'incarner des sentiments extrêmes n'est pas une performance en soit mais tenir la force de ses même sentiments pendant plus de dix heures de tournage sur plusieurs jours pour ne jamais lâcher un poil de crédibilité a l'écran c'est offrir une très très grosse performance d'actrice. Il n'y a pas dans Martyrs une seule seconde durant laquelle je ne crois plus en ses personnages que ce soit dans la folie,la détermination sauvage,l'infini tristesse de culpabilité de Lucie ou l'amour,la douceur et la douleur d'Anna les deux actrices sont tout simplement parfaites, Et pour les imbéciles (car il faut parfois appeler un chat un chat) qui pensent que les deux comédiennes ne font que hurler comme des hystériques en pleurant et reniflant je ne saurai trop leur conseiller de revoir le film et de regarder un peu plus attentivement ne serait ce que les nuances dans le regard de Morjana Alaoui lors du dernier acte. Mais voilà c'est ainsi « Et le césar est attribué à Deborah François pour son extraordinaire performance d'adolescente rebelle mais trop quand même dans Le premier jour du reste de ta vie ». Bon en même temps depuis que l'académie des zarts et du cinématographe a lamentablement oublié que Patrick Deweare était le plus grand acteur de sa génération je n'accorde plus la moindre importance à cette pseudo-cérémonie.

 

 

Martyrs est aussi un grand film du fait de sa formidable mise en images qui tente de conjuguer une forme d'urgence du cinéma du réel avec un univers dont certains aspects fantastiques en font par essence un film totalement ancré dans la fiction, une sorte de clash improbable entre Maurice Pialat et David Cronenberg. On trouve dans Martyrs une forme d'urgence et de fièvre absolu qui se débarrasse de nombreux artifices comme une photographie trop esthétisante et ultra travaillé graphiquement ou encore des effets de mise en scène propres à créer un léger et agréable décalage entre l'écran et le spectateur. Il est toujours confortable lorsque l'image d'un film vient nous percuter de pouvoir garde une distance à se répéter que ce n'est que du cinéma, lorsque cette distance diminue fatalement le recul vis à vis des événements est plus difficile à faire et Martyrs réussit parfois à réduire cette distance à peau de chagrin. Mais l'urgence n'est pas forcément synonyme de n'importe quoi et Martyrs reste un film extrêmement soigné dans sa construction comme dans le choix de ses cadres comme en témoigne le superbe plan de l'étreinte des deux héroïnes sous la pluie. Et puis il suffit de regarder le dernier acte du film pour voir comment Pascal Laugier applique dans sa réalisation et son montage la même mécanique froide et rigoureuse que celle du supplice d'Anna pour comprendre que Martyrs est un petit chef d'œuvre de mise en scène. Il faut également citer les formidables maquillages et effets spéciaux du regretté Benoît Lestang qui réalise sur Martyrs l'un de ses plus beau travail tout en renouant avec une forme très artisanale d'effets spéciaux. Les maquillages des deux figures les plus fantomatiques de femmes martyrisées est absolument magnifique tant ils conjuguent sur un même corps à la fois la douleur , la compassion et le rejet; trois notions qui s'entremêlent dans le sens ou le spectateur est à la fois terrifié par l'aspect surnaturel du corps et finalement ému par la souffrance infini qu'ils représentent. Il ne faut pas oublier la formidable musique de Willie et Alex Cortes avec des nappes mélancoliques de guitare acoustique à filer la chair de poule et des morceaux plus agressifs dignement hérités des Goblin. Et puisque le film n'est pas loin d'une forme de perfection il faut saluer l'extraordinaire mécanique d'un scénario divisé en plusieurs actes qui ne cessent de se télescoper se contredire pour finalement s'imbriquer les un dans les autres avec une cohérence imparable. Les ruptures de ton constantes peuvent donner au film un aspect relativement décousu mais au final chaque chapitres donnent au précédent un éclairage qui finit par mettre en lumière la globalité du film

 

 

 


Martyrs: Censure et violence.

Toujours comme un miroir sur notre époque Martyrs a bien faillit écoper d'une interdiction pour le moins radicale aux moins de 18 ans, ce qui aurait totalement condamné la carrière commerciale du film. Car oui, le film de Pascal Laugier aurait put être encore plus mal distribué qu'il ne le fut lors de sa sortie en Septembre 2008. Il est absolument évident et incontestable que Martyrs est un film pour un public adulte et averti et que la radicalité de sa violence en fait un film à ne pas mettre devant tout les yeux, on peut en revanche franchement s'interroger sur cette première interdiction en se demandant pourquoi cette violence là était d'un coup beaucoup plus nocive et dangereuse que celle d'un film comme Hostel par exemple qui va beaucoup plus loin dans le sadisme et la violence purement graphique. Il est également difficile de prétendre que Martyrs soit monstrueusement plus gore que beaucoup des productions récentes, alors pourquoi cette interdiction ?? Je pense que la frilosité du comité de censure venait surtout de la sécheresse de cette violence et de l'absence totale de contre point morale et philosophique clairement énoncé venant adoucir et polir les plus rugueuses aspérités du film. La violence totalement cinématographique ça passe, la violence quand on explique que ce n'est pas bien ça passe, la violence quand ce sont les gentils qui gagnent ça passe, la violence avec un fond de morale ça passe mais une violence totalement laissé à la libre interprétation des spectateurs ça ne passe visiblement plus du tout. Martyrs est également un film qui vient chambouler nos habitudes de consommateur d'images violentes en refusant assez systématiquement de mettre de la distance entre le film et le spectateur. Finalement le film sortira en salles avec une interdiction aux moins de 16 ans avec avertissement mais cette mini polémique aura sans doute passablement desservi le film. De nombreuses personnes vont bien vite déduire de cet épisode que Pascal Laugier cherchait délibérément avec Martyrs la provocation et la surenchère de violence et que finalement cette menace de censure va servir d'argument publicitaire au film. De nombreux autres spectateurs prendront eux cette interdiction comme l'assurance d'assister à un film terriblement gore dépassant en hectolitres de sang versé des films comme Saw, Hostel ou Frontières et ils finiront fatalement déboussolé devant un film ne jouant absolument pas sur le même registre.

 

L'une des critiques qui revient le plus souvent concernant la violence de Martyrs c'est sa prétendue complaisance et bien entendue sa pseudo-gratuité, Il faudrait vraiment que l'on m'explique le concept de violence gratuite et surtout en quoi cette notion s'applique à Martyrs. Pour ne pas être gratuite la violence doit elle être cool comme chez Tarantino, chorégraphiée comme chez John Woo, décalée et burlesque comme dans les premiers films de Peter Jackson, totalement fun comme dans un Destination finale, théorisée comme chez Haneke, extrême comme dans un Saw (de sang) ? La seule définition de violence gratuite dans un film qui me semble acceptable serait une violence ne servant pas l'histoire mais uniquement présente pour satisfaire des pulsions de voyeurisme ce qui n'est absolument pas le cas dans le film de Pascal Laugier. La violence de Martyrs est intimement liée au récit et à la représentation symbolique des pulsions et des tourments de l'âme des deux héroïnes. Le carnage au fusil n'est que la représentation de la douleur et de la rage de la vie brisée de Lucie qui soudain explose après des années de contenance. Les attaques de la créature qui terrorise et mutile Lucie n'est que le reflet d'une culpabilité viscérale qui ronge la jeune femme de l'intérieur. La scène durant laquelle Lucie défonce a grands coups de marteau le crâne de la mère de famille prends racine dans la colère de la trahison que ressent Lucie vis à vis d'Anna et dans la rupture de cette confiance unique et quasiment amoureuse qu'avait jusqu'à cet instant les deux jeunes femmes. La scène magnifique durant laquelle Anna tente de penser les plaies et de soulager les douleurs de cette femme retrouvée dans les sous sol n'est qu'un transfert d'affection vers Lucie, comme un pardon de ne pas l'avoir cru. Quand au dernier acte il faut être lucide à un moment donné la violence explicite d'un récit doit ressurgir à la gueule du spectateur et la volonté évidente de Laugier est de placer le spectateur du film dans un état mental et psychologique dans lequel il reçoit la douleur physique du calvaire d'Anna. Comment peut on qualifier cette intelligence comme de la gratuité et balayer d'un revers de la main le travail d'un cinéaste en affirmant que c'est de la provocation ? Pascal Laugier aurait pu aller beaucoup plus loin si son intention avait été simplement de dépasser les limites et de montrer complaisamment des actes de violences atroces, les tortures endurées par Anna auraient vraisemblablement put être beaucoup plus graphiquement gore que ce passage à tabac, l'acte final et chirurgical que les tortionnaires imposent à la jeune fille aurait put être montré crument face caméra, mais à l'évidence ce n'est absolument pas ce qui intéresse Laugier. Si la violence de Martyrs est gratuite alors celle de 95% des films est totalement irresponsable.

 

 

 


Martyrs : Analyse (très personnelle) de la scène du petit déjeuner.

Je crois que cette scène est de loin la plus détesté et la plus ouvertement raillé dans les différentes critiques que j'ai pu lire sur le net. Ça tombe bien c'est une scène que j'adore même si j'en ai une interprétation pour le moins personnelle. Déjà la scène commence par le seul et unique moment du film ou Pascal Laugier joue sur le second degrés et le décalage presque humoristique en montrant une jeune fille hurlant et poursuivie par un homme comme dans un mauvais slasher, finalement ce ne sont qu'un frère et sa soeur se chamaillant autour d'une lettre d'amour. Dès cette introduction le réalisateur dénonce un jeu d'apparence et surtout il replace son film en contradiction avec une horreur d'apparence finalement inoffensive et familiale. Ensuite arrive ce petit déjeuner qui semble directement sortir d'un sitcom avec une famille heureuse et unie comme il faut qui se chamaille gentiment autour d'un bol de chocolat chaud. A cet instant effectivement la scène sonne totalement faux, le jeu des comédiens semblent un poil forcé et on se fout totalement des petits soucis que la famille évoque à table le sourire aux lèvres. Toute la valeur de cette scène ne va finalement se dévoiler que beaucoup plus tard dans le film quand le spectateurs comprendra la véritable nature des parents et particulièrement en regardant les actes de ceux qui vont venir les remplacer. Fatalement cette scène est le reflet de l'apparence respectable et policée que se donne le couple, on pourrait même dire que  c'est l'image que se force à avoir cette famille et pour l'apprécier il convient vraiment de la remettre en perspective avec ce qui se passe dans les sous sols de la maison. Et puis moi j'avoue que j'adore l'idée que cette scène soit une représentation caricaturale et symbolique d'une forme de cinéma français basé sur des valeurs familiales, sur le dialogue, sur les petits soucis de couples mettant sur un même plan les problèmes éducatifs du fiston et les soucis de plomberie... Ce n'est sans doute pas dans les intentions de Pascal Laugier (Encore que ?) mais pour moi cette scène représente le conformisme et le politiquement correct d'un cinéma français tellement dégoulinant de douces attentions qu'il tire jusqu'à l'écœurement de plus en plus vers le sitcom. Et putain lorsque Mylène Jampanoi débarque avec son fusil de chasse pour exploser et faire voler en éclats de bidoches le carcan ultra codifié de ce cinéma insupportable de bobos j'ai vraiment l'impression d'y voir une forme symbolique qui renvoie directement à Martyrs déboulant avec toute sa rage dans le paysage cinématographique français.

 

 

 

 


Martyrs : Leur morale et la notre. (Attention Spoilers inside)

Si il est bien un point sur lequel Martyrs divisent les opinions c'est sur sa morale ou son absence de morale et sur sa fin ouverte à de nombreuses interprétations souvent aussi opposées que douteuses. Pascal Laugier a simplement refusé de livrer une morale toute faites et prête à servir sur un plateau ce qui est parfaitement logique pour un film qui ne cesse de vouloir réveiller et titiller le cortex des spectateurs, ce n'est sans doute pas un hasard si le film se termine sur un laconique et définitif « Doutez ». La volonté de venir cracher sa bile sur Martyrs poussent certains à y voir un film fascisant et misogyne se délectant du spectacle de jeunes filles battues et torturées, d'autres y ont vus une apologie de la torture dans la mesure ou celle ci finit par donner des réponses comme quoi on peu franchement y voir exactement ce qu'on a envie d'y projeter. Je n'ai pas la prétention que ma vision et mon interprétation du film soit la bonne et d'ailleurs est ce qu'il en existe il une seule et unique ?? Sur cette prétendument apologie de la torture finissant par apporter une réponse il faut juste prendre comme un acquis définitif que les mots que glisse Anna à l'oreille de Mademoiselle sont bel et bien une révélation , ce qui est loin d'être aussi certain que cela pour moi, On peut imaginer qu'Anna suffisamment consciente pour parler mais plus assez pour lutter physiquement glisse à l'oreille de l'instigatrice de son supplice une fausse information, ou encore que ce qu'elle décrit n'est finalement que le reflet d'hallucination et de délires dus à la souffrance extrême de ce qu'elle vient d'endurer. Quand bien même Anna aurait approchée véritablement un état de béatitude cela est il suffisant pour en conclure à la justification des sévices qu'elle vient de subir, si vous pensez vraiment que oui j'ai franchement plus peur pour votre état mental que pour celui de Pascal Laugier. Et puis comment interpréter le suicide de Mademoiselle à la fin du film et son refus de venir partager les résultats de ses longues années d'expériences sadiques ? Le monde au delà de la mort vu par Anna est il si parfait que Mademoiselle s'empresse de le rejoindre , si c'est le cas pourquoi se suicider avec cette forme de tristesse et de gravité sans venir partager ce qui serait alors une nouvelle plutôt positive ? Si l'autre monde est encore pire que la vie alors pourquoi se suicider si vite? En suppliant aux autres de doutez le personnages de Mademoiselle ne vient il pas tout simplement remettre dans les esprits que la peur métaphysique de la mort est un moteur inconscient à la vie voir à la survie de l'homme ? J'adore les films comme Martyrs qui posent mille fois plus de questions qu'il ne donne de réponses.

 

 

Et puis sans tomber dans le cliché du bourgeois exploitant les faibles on peut aussi voir dans Martyrs une allégorie sur les puissants se nourrissant des douleurs extrêmes et des souffrances des autres pour tenter de trouver dans un confort théorique des réponses à leurs propres angoisses existentielles. Et si Martyrs n'était finalement que le regard enragé d'un cinéaste et artiste sur une société ne connaissant plus que la violence comme réponse à sa triste condition ? Un violence froide ,mécanique qui finit comme lors de l'acte finale par devenir quotidienne et systématique jusqu'à s'installer dans l'inconscient comme une triste routine et je précise que par l'hyper violence des actes qu'il montre Pascal Laugier nous interroge automatiquement sur notre passivité et notre regard de plus en froid sur une violence qui elle est réel et quotidienne « Tiens le type a poignarder sa fille, égorger deux autres gamines puis il s'est foutu le feu, passe moi le restant de salade chéri !! ». Martyrs montre aussi que cette violence présenté comme un moyen et une solution à toute choses n'apporte finalement que des réponses illusoires et des questionnements plus grands encore « Doutez ». Pour peu que l'on remette tout le début du film en perspective avec cette acte finale on pourrait même dire que cette forme de violence institutionnalisée et justifiée par des élites sous couvert de questionnement philosophique, scientifique, politique, sociaux et religieux finit par générer des monstres de frustrations, de tristesse, de souffrance, de colère et de culpabilité qui à l'image de Lucie finissent par perdre foie en l'humanité ne connaissant plus que la violence comme rédemption. Et si Martyrs était un regard froid et acérée comme une lame de rasoir sur notre société qui subit tranquillement au quotidien une spirale de violence physique et morale constante mais qui s'offusque avec une forme de bonne conscience hypocrite dès l'instant qu'une œuvre artistique utilise cette même violence pour servir son propos. On me dira sans doute qu'on ne doit pas dénoncer la violence en utilisant la violence, encore faut il avoir suffisamment de discernement pour comprendre qu'une violence de cinéma aussi radicale soit elle ne sera jamais qu'une violence de cinéma. Personne n'est venu dire à Steven Spielberg que les débordements gore du début de Il faut sauver le soldat Ryan étaient gratuits, pour peu que le film soit d'emblée respectable tout le monde comprends facilement que l'horreur de l'image sert à dénoncer une forme d'horreur des faits et pour Martyrs c'est juste le même procédé poussé à l'extrême encore faut il accepter qu'on nous plonge le nez dans la fange de notre quotidien. Martyrs n'est pas un film d'horreur c'est un film sur l'horreur, les suppliciés de notre société sont oubliés et cachés dans les caves pendant que nous prenons nos petits déjeuner comme si de rien n'était et si Pascal Laugier les invitent à notre table c'est juste pour dire que toute cette violence larvée et rampante pourrait bien vite nous exploser en pleine gueule sans aucun discernement entre coupables et témoins muets.

 

 


Martyrs: Le devoir d'intégrité de l'artiste.

Martyrs de Pascal Laugier est un film hautement respectable ne serait ce que dans la mesure ou son réalisateur a clairement refusé le moindre compromis commercial visant à faire de son film un « produit » plus fiable économiquement. J'ai vraiment la sensation que de plus en plus de films cherchent si désespérément à plaire qu'ils en oublient d'être sincère allant jusqu'à dénaturer l'aspect artistique du cinéma. Lorsque l'on fabrique un film avec une envie systématique de plaire on est plus dans un travail de publicitaire recherchant son cœur de cible que dans celui d'un cinéaste livrant un œuvre conforme à sa propre sensibilité. Alors évidement bien peu de réalisateurs viendront vous dire que leur film est un produit et il est même fortement probable que peu de cinéastes ont vraiment conscience d'en faire. Mais comment une telle somme de réalisateurs et de sensibilités différentes peuvent accoucher de films qui finalement se ressemblent tous plus ou moins si ce n'est le fruit d'une forme de conformisme ambiant. Je ne remets aucunement en causes la sincérité de réalisateur qui souhaitent ,et c'est tout à fait leur droit, divertir et amuser les gens; je ne fais absolument pas le procès du divertissement ce qui serait ridicule. Ce qui me pose problème en revanche c'est que le cinéma vienne lentement mais surement s'engluer dans cette gélatineuse masse de conformisme quelque soit le genre de film proposé, du coup il plane ce sentiment bizarre que les films sont larvés de préoccupations mercantiles comme séduire, ne pas choquer, ne pas déstabiliser et surtout éviter la moindre petite rugosité. Encore une fois je n'ai absolument rien contre le cinéma de pur divertissement et le récent carton monumental de Bienvenu chez les ch'tis montre à quel point l'immense majorité des spectateurs ne recherchent dans le cinéma qu'un moyen de se détendret, il donc totalement légitime qu'il existe des films qui soient faits pour cela. Mais lorsque cela devient une sorte de norme certifiée et que le cinéma n'existe plus qu'à travers ce prisme il entre alors dans une spirale d'appauvrissement de son contenu comme de sa forme en se contentant d'offrir des œuvres formatées aux regards du public.

 

 

Pour en revenir à Martyrs de Pascal Laugier c'est un film qui pose la question de la place d'une forme de contre culture dans la production cinématographique actuelle. Il faut être totalement franc un film comme Martyrs il n'en sort un qu'une fois par an et encore je suis extrêmement large et généreux (Irreversible date dèjà de 2002), et pourtant c'est sur ce film  précisément que viennent se déchainer les critiques les plus radicales et vomitives allant jusqu'à l'insulte comme lorsqu'un soit disant critique traite ouvertement Pascal Laugier de nazillon et de misogyne. Le fait de se bouffer chaque mois qui passe des films formatés qui se ressemblent tous dans leurs intentions ne semble plus vraiment déranger qui que ce soit ,mais quand d'un seul coup un cinéaste ose bousculer nos habitudes et notre regard en proposant simplement un film différent et on lui tombe dessus avec la plus imbécile des violence. On devient tellement conditionné à avaler toujours la même soupe que d'un seul coup l'ambition de cinéaste comme Caro, Laugier ou Noe devient de la prétention, que la radicalité de leur point de vu d'artiste et de cinéaste devient de la provocation et que le sérieux et l'intégrité avec laquelle il traite leur sujet devient de l'irresponsabilité (Bah oui c'est tellement mieux quand on peut se marrer un peu, on est pas là pour réfléchir non plus !!) Voilà la place de la contre culture en France, elle est totalement marginalisée sans doute pour ne pas qu'elle puisse trop ouvrir sa gueule et bousculer une mécanique bien huilée de films qui se fabriquent aussi vite qu'ils s'oublient, Il suffit de regarder le parcours de Martyrs pour comprendre à quel point c'est presque un miracle que le film existe ( L'occasion de féliciter le courage de Richard Grandpierre): problèmes avec la censure, aucune promo télévisé, critiques assassines jusqu'au ridicule, sorties confidentielles et un déferlement d'opinion négatives (ça ce n'est pas grave en soit) mais qui vont parfois si loin qu'elles ont de douces effluves d'intolérance pur et simple. Il faut tordre le cou à cette idée que le cinéma n'est digne d'intérêt que lorsqu'il est positif et agréable à regarder , si tout les arts appliquait cette même idée jamais la peinture n'aurait fait sa révolution cubiste. Le cinéma se doit d'être divertissement pour ceux qui ont envie de cela mais qu'on lui laisse aussi l'opportunité d'être radicale, enragé, dérangeant, dépressif, expérimentale, perturbant c'est juste une condition indispensable à sa survie.


Martyrs est donc un film magnifique comme il n'en existe que trop peu. Il faut vraiment saluer le talent et le courage de Pascal Laugier pour avoir fait ce film à cette époque. Il y a peu de chance que Martyrs fasse vaciller les fondations profondes du conformisme ambiant mais le film a déjà donner un furieux et salutaire coup de boule dans le mur.


Note : 9/10

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