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Critique: Hellboy 2 - The Golden Army (Critique Cinéma)
8/26/2008 7:35

Quatre ans après ses premières aventures sur grand écran, le super héros le plus râleur de la planète revient faire un tour dans les salles obscures pour un second opus des plus réussis. Toujours réalisé par le grand Guillermo del Toro et mettant en vedette Ron Perlman dans le rôle titre, Hellboy 2 débute quelques temps après les événements du premier film. Hellboy et Liz Sherman vivent ensemble, même si la cohabitation est parfois difficile, (presque) comme dans tous les couples. L'agent Manning dirige maintenant le BPRD, et tente tant bien que mal de garder l'unité secrète, alors qu'Hellboy sort de plus en plus au grand jour. Mais le plus grand danger provient d'un autre monde, le monde secret des forêts. C'est dans ce monde qu'évolue le prince elfe Nuada, qui est bien décidé à rompre la trêve instaurée il y a des millénaires avec l'espèce humaine. Pour cela, son plan est de réveiller la légendaire et indestructible armée d'or...

 

Il aura donc fallu quatre ans à del Toro pour pouvoir enfin sortir le second volet des aventures du démon rouge, un délai dû essentiellement à la disparition de Revolution Studio, producteur du premier film. C'est donc sous la houlette d'Universal que del Toro réalise Hellboy 2, nanti d'un budget de 85 millions de dollars (soit 20 millions de plus que pour le premier opus). Un budget plus conséquent, certes, mais pas non plus faramineux (pour comparer, The dark Knight a coûté 180 millions de dollars, L'incroyable Hulk 150 millions et Iron Man 135 millions), surtout quand on voit la masse d'effets que le film comporte. C'est bien simple, on dirait que le film a coûté deux fois plus, tant il est généreux en affrontements et propose une galerie de monstres tous plus beaux les uns que les autres. Del Toro se fait visiblement plaisir avec cet opus et fait plaisir au spectateur par la même occasion. Car le maître mot du film semble être « générosité ». C'est bien simple, on ne s'ennuie pas une seule seconde, tellement les événements s'enchaînent à une cadence effrénée. On en viendrait presque à trouver le film trop court, alors qu'il dure tout de même deux heures. Comme le réalisateur a déjà largement présenté ses personnages dans le premier film, il attaque directement au cœur de l'histoire et de l'action après un magnifique prologue animé présentant les enjeux de l'histoire et permettant de retrouver John Hurt dans le rôle du professeur Bruttenholm. Et une fois ce prologue passé, c'est à un pur pop corn movie auquel nous assistons. Tous les ingrédients sont présents pour faire de Hellboy 2 un divertissement haut de gamme : de l'action (bien chorégraphiée et bien réalisée), de l'humour (avec des punchlines excellentes) et de l'émotion (la relation Liz-Hellboy est très attachante).

Del Toro profite aussi du fait que le public connaît maintenant bien son anti-héros pour développer d'autres personnages. Abe Sapiens, notamment, un peu sous-exploité dans le premier film, a largement les faveurs du réalisateur et participe ici pleinement à l'action, tout en ayant droit à sa propre histoire d'amour tragique. Le réalisateur en profite aussi pour introduire un nouveau personnage, celui de l'ectoplasmique Johann Krauss, nouveau supérieur hiérarchique de Hellboy, très à cheval sur les règles. Un personnage original, pur ectoplasme se déplaçant dans une sorte de combinaison de plongée, et pouvant prendre possession d'objets inanimés (ce qui donnera lieu a une hilarante scène d'affrontement entre Hellboy et lui). Autre changement dans le casting par rapport au premier film, l'agent Meyers, ancien coéquipier du héros, a tout simplement disparu (et c'est tant mieux car le personnage, rajouté uniquement pour servir de référent au spectateur, était d'une fadeur hallucinante). La note d'intention de del Toro est donc claire : ce film sera celui des monstres qu'il adore. Et des monstres, il y en a. C'est bien simple, on n'avait pas vu un tel déferlement de créatures étranges depuis la première trilogie Star Wars. D'ailleurs, la scène du marché secret m'a furieusement rappelé celle de la cantina dans l'Episode 4 et la nostalgie m'a presque collé la larme à l'œil. On sent que le réalisateur a vraiment gagné en confiance (et surtout gagné la confiance des producteurs) après le succès critique et public de son Labyrinthe de Pan et se permet de se lâcher totalement au niveau de ses créatures mythologiques. Le film regorge donc d'étranges créatures et, cerise sur le gâteau, la plupart d'entre elles sont créées à base de maquillages classiques. Point d'images de synthèses envahissantes ici, et ça fait vraiment plaisir. Del Toro propose ici un univers parallèle crédible et fourmillant, qui n'est pas sans évoquer celui de Neil Gaiman, l'auteur de Stardust (le marché caché fait diablement penser au marché flottant de son excellent roman Neverwhere). D'ailleurs, le réalisateur aime tellement ses monstres qu'il en fait les véritables héros du film, au dépend des humains, totalement zappés dans le dernier tiers du métrage. Même son méchant est plutôt attachant et ses motivations ne sont pas si mauvaises (il veut détruire les humains entre autres car ceux-ci ne respectent pas la planète et la détruisent à petit feu).

Mais bien évidemment, le film ne serait pas si réussi sans l'attachement aux personnages. Et là encore, del Toro réussit son pari : Hellboy est plus bougon et gouailleur que jamais et donc encore plus attachant (on sent que Ron Perlman a pris de l'assurance dans le rôle), Liz Sherman est devenue une vraie femme forte maîtrisant ses pouvoirs, et Abe est définitivement le cœur du film, personnage tragique et touchant dans son comportement d'adolescent face à l'amour (la scène ou il boit de la bière avec Hellboy en écoutant un slow sirupeux est à la fois très drôle et très émouvante).

Finalement, le seul reproche que l'on peut faire au film, c'est d'être trop dense pour sa durée. Ainsi, certaines pistes ne sont que survolées, comme le rejet d'Hellboy par les humains. On aurait aussi aimé en savoir plus sur le monde des créatures mythologiques, tant celui-ci semble vivant et intéressant. Mais del Toro réussit l'essentiel : divertir parfaitement le spectateur, tout en lui proposant son lot d'images marquantes, comme cette scène d'une absolue poésie de la mort tragique d'un élémental de la foret. Nul doute dès lors que le réalisateur fera des merveilles sur Bilbo le Hobbit. L'attente va être longue...

 

Note : 8.5/10



Et n'oubliez pas que vous pouvez retrouver cette critique ainsi que de nombreuses autres sur www.cinegeouf.com

 


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Critique: X Files - I want to believe (Critique Cinéma)
8/4/2008 10:27

Ce devait être l'événement de l'été pour moi: le retour sur grand écran de mes deux agents du FBI préférés... X Files est la série qui m'a fait adorer les séries, celle qui a défini mes goûts en la matière, ainsi que mes goûts ciné, la série qui m'a fait découvrir Mad Movies (j'ai acheté mon premier numéro parce que la série était en couverture)... Bref, je suis un fan hardcore de X Files, même des deux dernières saisons rejetées par beaucoup, même du premier film que beaucoup de monde a décrié... Ce devait être l'événement de l'été, et malheureusement c'est un semi ratage...

Pourtant, le film démarre plutôt bien : une intro efficace et intrigante comme la série savait si bien en faire, un retour des deux héros tout en douceur et en souvenirs (le poster I want to believe, les graines de tournesol, les crayons pendus au plafond...), juste ce qu'il faut pour se dire que oui, c'est bien du X Files et ressentir un petit frisson de plaisir... La première demi heure est donc plutôt efficace et met en place les thématiques classiques de la série : le besoin de croyance de Mulder, le refus farouche de croire de Scully, le trouble de Scully face à tout ce qui touche la religion (ici un ancien prêtre pédophile qui prétend avoir des visions)... Le décor hivernal de la Virginie est magnifique et change un peu de ce qu'on voit d'habitude, posant un climat oppressant (très bonne scène de la découverte du bras coupé). En clair, on se retrouve en terrain connu et on espère que le reste sera du même acabit. Seulement, le gros problème, c'est que de toute évidence, Chris Carter a sérieusement manqué d'argent sur ce film. Avec un budget réduit de moitié par rapport au premier long métrage X Files, on sent qu'il a revu ses ambitions à la baisse. Du coup, on se retrouve avec de longs tunnels dialogués où il ne se passe rien. C'est vrai qu'on avait l'habitude de voir les deux agents pas mal discuter pour confronter leurs points de vue, mais là, c'est carrément trop. Surtout qu'on a la fâcheuse impression que Carter a voulu faire un film à la fois pour les fans et pour les profanes. Le métrage a donc le cul entre deux chaises et tente d'expliquer la personnalité des deux héros à travers tous ces longs dialogues, en donnant bien trop de détails. Je pense par exemple aux références à la sœur de Mulder, totalement inutiles et surtout illogiques par rapport au déroulement de la série (Mulder en a en effet fini avec cette affaire dans la saison 7 du show...). Une sorte de « X Files pour les Nuls »... Résultat : le profane s'emmerde, noyé sous le trop plein d'informations et en attendant qu'il se passe un truc, et le fan s'emmerde aussi en ayant en plus l'impression d'être pris pour un idiot. De plus, on a droit à une intrigue secondaire totalement inutile sur le boulot de médecin de Scully, de toute évidence développée uniquement pour tenter de rallonger la sauce de ce long épisode.

Episode. Voilà, le mot est lâché. On a en effet vraiment l'impression d'assister à un long épisode (et pas un des meilleurs) de la série plutôt qu'à un vrai long métrage (contrairement une fois encore au premier film).

Reste cependant que la nostalgie fonctionne plutôt bien et que tout n'est pas loupé dans le film. Duchovny et Anderson semblent visiblement heureux de retrouver les rôles qui leur ont apporté la gloire et font un excellent job, la relation entre leurs personnages étant plus intense que jamais. Les quelques scènes un peu actives sont réussies (ce qui est d'autant plus rageant), notamment une course poursuite dans un immeuble en construction, avec une issue fatale pour l'un des personnages. La résolution de l'enquête est elle aussi pas mal trouvée (ne donnant pas toutes les clés et laissant le champ libre à une certaine dose d'interprétation), même si le spectateur s'en est depuis longtemps désintéressé. Dommage cependant que le rapide passage de Mitch Pileggi dans le rôle de Skinner sonne plus comme un deus ex machina rapidement concocté que comme une apparition véritablement intégrée à l'histoire. Mais encore une fois, la nostalgie aidant, le fan assidu que j'étais a bien apprécié cette apparition éclair. Ce n'est pas assez cependant pour occulter les nombreux défauts de ce deuxième (et certainement dernier, vu le bide américain) long métrage consacré aux affaires non classées... Et c'est fort dommage, surtout que j'attendais 2012 avec impatience pour voir l'invasion extraterrestre sur grand écran.

 

Note : 5.5/10


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Critique: The dark Knight (Critique Cinéma)
7/26/2008 10:46

Juste pour faire plaisir à Sien (et vous faire baver un peu)...

Après des mois d'attente fébrile, de bandes-annonces alléchantes, et malheureusement un décès tragique, il est enfin là. La suite tant attendue de l'excellent Batman Begins débarque enfin sur nos écrans et s'inscrit d'ores et déjà comme date dans l'histoire du cinéma, pulvérisant un à un tous les records d'entrée aux Etats-Unis. Et pour une fois, force est de constater que c'est amplement mérité, tant The dark Knight remplit son contrat avec brio, comblant les espoirs les plus fous des fans, voire même un peu plus...

 

Toute Saga a son Commencement

Lorsqu'en 2004 la Warner décide de relancer la franchise Batman mise à mal par les suites clownesques de Joel Schumacher, elle prend un risque en confiant les rênes de l'entreprise à Christopher Nolan. Certes, l'univers du génial réalisateur de Memento et Insomnia semble parfaitement coller à celui du caped crusader, mais il s'agit de son premier vrai blockbuster et de plus il s'agit de ne pas se planter sous peine de plomber définitivement la franchise. Conscient du défi qui l'attend, Nolan s'adjoint les services de David Goyer au scénario (qui réalise ici un rêve de gosse) et surtout sélectionne un casting de rêve : Christian Bale en Bruce Wayne/Batman (sans nul doute le meilleur, voire le seul choix possible), Michael Caine en Alfred, Gary Oldman en Jim Gordon, Cillian Murphy en Epouvantail, auxquels viennent s'ajouter Katie Holmes, Morgan Freeman, Ken Watanabe et Liam Neeson. Bref, un casting de luxe qui donne au final certainement la meilleure adaptation de comic book à ce jour : fidèle à l'ambiance du comic book, sombre et adulte, brassant de nombreux thèmes passionnants dans un scénario en béton armé. Tout juste peut-on reprocher une certaine maladresse dans la réalisation de scènes d'action surdéveloppés et souvent illisibles. Mais qu'importe, le résultat est là : le film cartonne et remporte l'adhésion du public et de la critique, relançant la franchise en beauté.

C'est donc très logiquement que toute (ou presque, vu que Katie Holmes est évincée suite à ses frasques avec son nouveau mari) l'équipe rempile trois ans plus tard pour une suite encore plus casse-gueule puisque mettant en scène le plus adulé des méchants de Batman : le Joker. Et encore une fois, la Warner soutient à fond Nolan, même dans des choix a priori discutables, comme d'engager Heath Ledger pour tenir le rôle de la nemesis de Batman. Les critiques seront bien vite balayées par les premières images du jeune acteur sur le plateau, tout simplement méconnaissable. Et de fil en aiguille, le film devient rapidement l'un des plus attendus de l'année. Et Nolan, conscient des responsabilités qui lui incombent, a cette fois décidé de sortir le grand jeu. Welcome to a world without rules...

 

De la Suite dans les Idées

Dès les premières minutes, le ton est donné : The dark Knight ne sera pas une pâle copie de son prédécesseur, mais une véritable suite commençant directement après les événements du précédent film. Lors de l'excellente introduction, on assiste à une hallucinante scène de braquage qui n'est pas sans évoquer le Heat de Michael Mann. Une référence que Nolan reconnaît bien volontiers, ayant voulu faire de cette séquelle un polar urbain. Première constatation, si Batman begins se déroulait principalement de nuit, The dark Knight au contraire se déroulera la plupart du temps en plein jour. Deuxième constatation : Nolan a appris à mettre en scène une scène d'action. L'ouverture du film est millimétrée et totalement maîtrisée par un réalisateur en pleine possession de ces moyens. Et encore, ce n'est rien par rapport à l'énorme scène de poursuite constituant le climax de milieu de film.

La situation reprend donc là ou le premier film s'était arrêté : Batman a sauvé la ville et est maintenant connu de tous. Une notoriété pratique pour effrayer la pègre, mais qui engendre aussi de nombreux effets secondaires : les officiels ne veulent pas d'un vigilante s'amusant à rendre la justice lui-même, et surtout de nombreux civils s'essaient à l'héroïsme en revêtant le célèbre costume pour tenter d'imiter leur modèle. Et puis il y a ce criminel surgi de nulle part, dont tout le monde parle mais que personne ne semble vraiment connaître, un certain Joker...

Ordre et Chaos

 

Un Joker emblématique de la thématique développée par cet épisode, celle de la difficile balance entre ordre et chaos. Le film le suggère plusieurs fois, le Joker sort de nulle part : pas de papiers d'identité, fiche nulle part, et même, on ne sait pas d'où viennent ses cicatrices (il explique plusieurs fois leur origine mais donne à chaque fois une version différente). Bref, c'est comme si Gotham avait elle-même généré cet électron libre en réaction aux tentatives de rétablissement de l'ordre par Batman. Comme le dit le personnage, l'un ne peut exister sans l'autre, l'ordre se nourrit du chaos et inversement : ils sont les deux faces d'une même pièce. Ce qui nous amène tout naturellement au troisième protagoniste principal de l'histoire : Harvey Dent, alias Double Face. Un Harvey Dent personnifié par un Aaron Eckhart au meilleur de sa forme, touchant tout autant que terrifiant. Harvey Dent est définitivement le cœur du film, celui par qui les problèmes arrivent et qui se retrouvera dans l'œil du cyclone. Un personnage tragique car idéaliste au début du film (il pense sincèrement pouvoir faire tomber toute la pègre de Gotham, et donne même cet espoir à Batman) mais qui finira par se heurter à un mur et par tout perdre lors d'une scène déchirante, pour devenir le bad guy que tout le monde connaît.

Et puisqu'on parle prestation, impossible de passer sous silence celle de Heath Ledger dans le rôle du Joker. Car si tout le casting est excellent (comme dans le premier), c'est incontestablement le jeune australien qui remporte le morceau (et mon dieu que ça fait mal de se dire que l'acteur nous a quitté). En une seule scène, il balaye d'un revers de la main le cabotinage de Jack Nicholson dans le Batman de Tim Burton. Le Joker de Nolan et Ledger est un véritable psychopathe, absolument terrifiant et imprévisible. Ledger, totalement habité par le rôle (il faut voir les mimiques hallucinantes de son personnage) campe un Joker totalement fou mais non dénué d'une certaine logique et totalement machiavélique. Une performance rare et édifiante. A coté de cela, les autres acteurs sont légèrement éclipsés, même si aucun n'est à blâmer.

 

Au final, le seul petit reproche que l'on pourrait faire à The dark Knight, c'est d'être trop court. Le scénario est tellement dense et passionnant, les morceaux de bravoures se succédant à une cadence hallucinante, qu'on aurait aimé que le film se pose un peu plus. Le coté Bruce Wayne du héros est par exemple quelque peu sacrifié (mais il était très développé dans Batman begins, donc on peut penser que c'est un choix du réalisateur) et certains personnages un peu effacés (celui de Rachel, notamment, rôle repris par la délicieuse Maggie Gyllenhaal). Mais on peut se douter que le director's cut de 3 heures voulu par Nolan et refusé par la Warner devrait certainement rééquilibrer tout ça. Donc ne pleurons pas, au contraire réjouissons-nous de pouvoir découvrir le film de super héros le plus adulte jamais produit. Oubliez les Iron Man et autres Incroyable Hulk, The dark Knight est un joyau noir dont le final déchirant appelle forcement une suite qu'on espère tout aussi réussie (difficile de faire encore mieux).

 

Note : 9.5/10 (le 10 sera pour le director's cut, sans aucun doute)

Et n'oubliez pas de visiter regulierement www.cinegeouf.com

 


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Critique: Wanted (Critique Cinéma)
7/1/2008 11:18

L'été cinématographique 2008 a débuté il y a quelques semaines avec la sortie d'Iron Man et Indiana Jones et depuis les gros studios américains dégainent un à un leurs blockbusters tant attendus. Cette semaine, c'est donc au tour de Wanted de Timur Bekmambetov d'essayer de se faire une place au soleil. Difficile pour cette adaptation d'un comic book peu connu de faire le poids face aux poids lourds tels que The Dark Knight ou Hancock, surtout sans acteurs extrêmement bankables (James McAvoy en tête d'affiche, Angelina Jolie et Morgan Freeman en second rôles de luxe) ni un réalisateur connu à la barre, d'où cette sortie un peu en avance. Il semblerait cependant que les nombreuses bandes-annonces diffusées sur le web par Paramount pour promouvoir le film aient fait leur petit effet, car celui-ci a très bien démarré le week-end de sa sortie. Un succès auquel le réalisateur Timur Bekmambetov ne doit certainement pas être étranger. Mais au fait, c'est qui ce type au nom imprononçable ? Et bien il s'agit tout simplement du réalisateur de Nightwatch et Daywatch, les deux plus gros succès de tous les temps au box office russe. Mais si, vous savez bien, ces deux films russes qui piquent des scènes un peu partout (et surtout dans Matrix) pour proposer un spectacle totalement fou, souvent incompréhensible, parfois trop épileptique, mais toujours généreux. Et bien il semblerait que le petit Timur ait durablement impressionné Paramount, puisqu'ils lui ont confié la réalisation de Wanted, avec un budget conséquent et en lui laissant le champ libre pour faire un film classé R (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés).

Wanted raconte donc comment Wesley Gibson, un jeune employé de bureau à la vie morne et monotone (James McAvoy) va voir son univers ébranlé lorsqu'il sera recruté par la Fraternité, une organisation secrète d'assassins. Entrainé à la dure par Fox (Angelina Jolie) et Sloan (Morgan Freeman), Wesley apprendra le maniement des armes et se lancera dans une vendetta sanglante pour éliminer un agent dissident de la Fraternité qui aurait assassiné son père...

On le voit, le pitch de Wanted est des plus basique et ce n'est pas au niveau du scénario qu'il faudra chercher l'originalité, même si celui-ci est plutôt bien construit. Il respecte les arcs classiques des films de super-héros (découverte des pouvoirs, entraînement, émancipation et maîtrise) et encore une fois ressemble énormément à Matrix sur de nombreux points (à croire que c'est le film de chevet de Bekmambetov) : le héros est au début un petit employé de bureau timide (croisement entre Neo et le Jack de Fight Club), puis il doit apprendre à changer sa perception des choses pour maitriser ses pouvoirs (ici apprendre qu'on peut courber la trajectoire d'une balle), jusqu'à ce qu'il dépasse son maître...

Non, le vrai intérêt du film réside dans la personnalité de son réalisateur, qui semble avoir trouvé ici le terreau idéal pour l'épanouissement de ses idées les plus folles. Le réalisateur russe insuffle à cette histoire banale un vrai vent de folie, iconisant à outrance ses personnages (Angelina Jolie n'a jamais été aussi sexy, alors qu'elle doit avoir trois lignes de dialogue, James McAvoy gère parfaitement la transition entre le loser minable et le tueur implacable), et emballant des scènes d'action démentielles (dont une attaque de train et un gunfight final mémorables). Et il semblerait que l'encadrement d'un gros studio ait pour une fois été bénéfique. Car si ses deux films russes regorgeaient d'idées de mise en scène, il faut bien avouer que le montage était parfois trop épileptique et brouillon. Ici, si Bekmambetov n'a pas totalement perdu certains tics agaçants (la poursuite en voiture en début de film est encore un peu trop surdécoupée), force est de constater qu'il s'est grandement amélioré et commence à canaliser son énergie pour faire ressortir le meilleur de son cinéma. Il s'éclate toujours autant avec les différents outils mis à sa disposition (bullet time, images de synthèses à outrance), mais cette fois il les utilise au service de son histoire et de ses personnages, plutôt bien développés. On pourra bien sûr regretter que le mode de fonctionnement de la Fraternité ne soit pas plus exploré, ou que les personnages secondaires soient plus des archétypes qu'autre chose, mais il faut avouer que le spectacle est assuré et que les deux heures de projection passent comme une lettre à la poste. On attend donc avec impatience la suite de la carrière du jeune chien fou qui risque fort bien de devenir un futur grand (et on espère qu'il va rapidement revenir en Russie réaliser la troisième partie de sa trilogie, The Twilight Watch). En tout cas, l'été cinématographique 2008 commence vraiment bien...

 

Note : 7.5/10

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Nip/Tuck - Saison 5 (Critique Cinéma)
5/19/2008 2:50

La célèbre série de FX revient sur les écrans pour la cinquième année consécutive. Une nouvelle fournée comme toujours controversée, mais cette fois pour des raisons beaucoup plus inquiétantes. Nip/Tuck a toujours été une série choc, jouant constamment sur le politiquement incorrect, repoussant les limites de l'acceptable, que ce soit sexuellement ou moralement. Mais loin d'enfiler les scènes chocs juste pour se faire remarquer, le show proposait une analyse pertinente de la société moderne, entièrement tournée vers l'image, ainsi que des personnages attachants malgré (ou à cause de ?) leurs vices. Il était déjà étonnant d'apprendre la mise en chantier d'une nouvelle saison, tant la saison 4, pas extrêmement passionnante mais d'un niveau correct, sonnait comme le champ du cygne de la série. La plupart des intrigues mises en place lors des trois premières saisons trouvaient leur conclusion, et les deux héros finissaient par fermer leur cabinet de Miami pour aller s'installer a Los Angeles. Bref, une fin parfaite pour une série qui aurait certainement dû en rester là comme l'atteste cette saison 5 tout simplement catastrophique.


On a en effet l'impression que les scénaristes ont énormément de mal à relancer le show sur de nouvelles bases, tout comme les héros peinent en début de saison à se faire connaitre à Hollywood. Du coup, ils se perdent dans des sous-intrigues inutiles, voire carrément stupides. Car si l'idée de faire de Christian et Sean des consultants sur une médiocre série TV médicale est plutôt bonne, que dire de ce passage où Christian s'improvise gigolo du jour au lendemain ? Totalement à court d'idées, les scénaristes se contentent d'aligner des idées chocs tellement énormes et peu crédibles que le spectateur désabusé ne peut qu'en rire ou en pleurer. La série, constamment sur le fil du rasoir, arrivait auparavant à faire passer les idées les plus saugrenues grâce à un sérieux inébranlable (Famke Janssen transsexuelle ? Le Carver, violeur sans pénis ?). Mais ici, la pilule ne passe pas, surtout lorsque les scénaristes tentent de jouer au plus malins en créant un pendant imaginaire et cheap à la série, intitulé Hearts and Scalpels, dans le but évident de se moquer de la récupération et dénaturation par Hollywood des meilleures idées. Si la base est bonne, la série va définitivement trop loin dans la caricature, rendant celle-ci au mieux inefficace, au pire risible (voir l'épisode de Hearts and Scalpels où un personnage muni d'une queue croit être possédé et se met à vomir sur tout le monde façon L‘Exorciste).



Ayant du mal à lancer de nouvelles intrigues et à créer de nouveaux personnages intéressants (la nouvelle petite amie de Sean, évincée au bout de 3-4 épisodes), le show se contente par la suite de ramener les anciens personnages secondaires. Mais une fois encore la mayonnaise ne prend pas, tant la façon dont ceux-ci reviennent est artificielle et tant les changements survenus dans leur vie entre les deux saisons sont peu crédibles. Passe encore que Julia, venue juste faire un petit coucou, reste tout le long de la saison et qu'on apprenne qu'elle est maintenant lesbienne, mais faire de Matt et Kimber des drogués, franchement... Déjà que l'idée de leur faire intégrer l'Eglise de Scientologie la saison précédente n'était pas brillante, là c'est carrément n'importe quoi. Et si encore ces personnages étaient correctement exploités. Mais non, là encore on saute d'une intrigue à l'autre sans réelle implication ni lien, la temporalité est plus qu'hasardeuse (parfois il s'écoule 1 mois entre deux épisodes, d'autres fois seulement 1 jour sans qu'on en soit prévenu). On assiste par exemple au grand retour de Gina, la Némésis sexuelle de Christian, qui aura droit à la mort la plus naze et ridicule de la série. Rendez-vous compte : au cours d'une partie de jambes en l'air avec Christian sur un balcon, elle bascule par-dessus la rambarde et va s'écraser quelques étages plus bas. Une scène tellement hallucinante de bêtise que le spectateur stupéfait se demande ce que le scénariste a pu fumer pour trouver une idée comme ca. Les autres rôles réguliers ne sont pas mieux lotis. Roma Maffia est une fois de plus sous-exploitée, et son personnage de Liz ne doit pas apparaitre plus de 5 minutes par épisode, juste histoire que Christian fasse une blague anti lesbiennes, Conor, le deuxième fils de Sean, a carrément disparu, sa fille apparait dans 3 épisodes au grand maximum (ça ne change pas beaucoup des autres saisons, me direz-vous), le fils de Christian n'apparait pas non plus beaucoup plus...



Et au niveau des nouveaux venus, ce n'est pas brillant non plus. Entre la petite amie de Julia (Portia de Rossi, que les fans d'Ally MCBeal connnaissent bien) qui disparait inexplicablement en milieu de saison et l'agent psychopathe de Sean, le spectateur ne sait plus où donner de la tête. Mais le pire personnage reste la lolita psychopathe, fille de la compagne de Julia. Un personnage qu'on a déjà du mal à croire seulement âgé de 18 ans, et dont on ne comprendra jamais vraiment la psychologie. En gros, dès que les scénaristes sont en panne d'inspiration, ils la ramènent pour qu'elle fasse une nouvelle saloperie aux héros. Donc en une seule saison, elle va : se faire opérer de l'hymen pour que sa mère n'apprenne pas qu'elle couche à droite à gauche, essayer de transformer la fille de Sean en salope, coucher avec Sean, empoisonner Julia avant de lui tirer dessus, tourner dans un film porno avec Kimber, faire chanter Christian, et j'en passe et des meilleures. Un personnage détestable, qui cumule à peu près toutes les tares possibles et imaginables. Difficile donc de croire à la somme d'exactions qu'elle commet et surtout de comprendre pourquoi elle fait tout ca (pour coucher avec Sean ? Ah ben non, elle le plaque deux épisodes après...).

Bref, les quelques bonnes idées de cette saison sont noyées dans un océan de portnawak et ont bien du mal à surnager. On notera tout de même un épisode sous forme d'émission de télé réalité plutôt réussi, la rivalité grandissante entre les deux amis lorsque Sean deviendra une star de la télé, et le passionnant (mais sous-exploité) personnage de Rachel, une jeune israélienne défigurée par un attentat à la bombe humaine et qui a des morceaux du terroriste incrustés dans tout le corps. En ces rares occasions le show retrouve de son intérêt, mais ces quelques points positifs sont vite balayés par la médiocrité du reste. Et malheureusement, vu que la saison se termine sur un cliffhanger qui est pratiquement le même que celui de la saison 2 (on remplace juste Christian par Sean), on se doute qu'il y aura une sixième fournée derrière. On croise maintenant les doigts et on espère que Ryan Murphy saura redresser la barre avant que son bébé ne soit définitivement plus que l'ombre de lui-même. La saison de la dernière chance ? Sans l'ombre d'un doute...

 

 

Note : 2/10



J'en profite aussi pour rappeler au passage que vous pouvez retrouver cette critique ainsi que de nombreuses autres sur www.cinegeouf.com.


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Heroes - Saison 2 (Critique Cinéma)
4/23/2008 1:42

Histoire que Ber ne se retrouve pas tout seul, voici un petit article récent de mon blog. Je rappelle que vous pouvez retrouver mon nouveau blog, avec la critique ci-dessous et de nombreux autres articles à l'adresse suivante: http://www.cinegeouf.com

Avant d'attaquer la critique de cette deuxième saison de Heroes, petit retour sur les conditions quelque peu chaotiques de sa conception. A l'origine, cette saison devait regrouper les volumes deux et trois : Generations et Villains. Mais à cause de la grève des scénaristes hollywoodiens, la production a été arrêtée à la fin du volume 2 et la saison ne comporte par conséquent que 11 épisodes de 42 minutes. Ajouté à cela, le show a dû essuyer de nombreuses critiques de fans au cours de cette saison, ce qui a même poussé le créateur de la série, Tim Kring, à s'excuser et à s'expliquer sur les différentes attaques. Une saison née dans la douleur, donc, mais qu'en est-il vraiment de sa qualité ?



La saison 1 s'était terminée sur une résolution des intrigues principales, et notamment celle de la destruction de New York. Nathan Petrelli avait choisi de se sacrifier pour empêcher son frère Peter de détruire New York, et Hiro avait vaincu Sylar, le blessant mortellement, avant de se téléporter par accident en plein Japon féodal.

Le volume 2, Generations, démarre quatre mois après la fin du premier volume, et comme son nom l'indique, se concentre sur les différentes générations de « héros », et notamment sur les membres fondateurs de la Compagnie. Ce volume permet de retrouver les personnages introduits dans le premier, tout en en présentant de nouveaux, comme Maya et Alejandro, des jumeaux tentant de fuir le Honduras pour rejoindre les Etats-Unis, ou Monica, la cousine de Micah. La menace planant sur cette saison est cette fois celle de la libération d'une souche mutante du virus Shanti, déjà évoqué dans la saison 1 (c'est le virus qui a tué la sœur de Mohinder).

 

Une saison en demi-teinte

 

Autant le dire tout de suite, le gros défaut de cette saison est son manque de rythme, du moins dans sa première moitié. S'il parait bien naturel que les deux ou trois premiers épisodes prennent le temps de faire le point sur ce qui est arrivé aux personnages (surtout lorsqu'ils sont aussi nombreux que dans Heroes), cela l'est moins lorsque cette mise en place prend 6 épisodes, soit la moitié de la saison ! Il faut en effet attendre le 6e épisode, Out of Time, pour que la menace de la saison soit introduite. Sur une saison de 23 épisodes ce n'est pas grave, sur une saison de 11 épisodes ca l'est beaucoup plus. Ainsi, dans les cinq premiers épisodes, la plupart des personnages brassent du vent. Mohinder Suresh et Noah Bennett se sont associés pour faire tomber la Compagnie mais n'agissent finalement que très peu, Peter est retrouve amnésique dans un container en Irlande et met du temps à réapprendre qui il est et comment se servir de ses pouvoirs, et Claire a une amourette de lycéenne peu crédible. Les personnages les plus représentatifs de ce problème sont les nouveaux venus Alejandro et Maya. Ils passent toute la saison à tenter d'arriver aux Etats-Unis, utilisant parfois le pouvoir de Maya (elle peut tuer toutes les personnes autour d'elle). Seul intérêt de leur histoire : ils croisent un Sylar privé de ses pouvoirs et l'emmènent avec eux. Seul Hiro a une intrigue réellement intéressante, puisqu'il rencontre le héros de son enfance, Takezo Kensei, en fait un britannique ivrogne, auquel il tente d'inculquer des valeurs pour le faire ressembler à la légende. Autre problème, la saison tente de créer plusieurs romances qui clairement ne fonctionnent pas (Claire-West, Hiro-Yaeko, Peter-Caitlin) entre autres parce qu'elles sont trop rapidement esquissées et expédiées.



Heureusement, une fois l'épisode 6 passé, le rythme s'emballe et ne retombe plus jusqu'à la fin de la saison. Certains épisodes réservent de nombreuses surprises, notamment le 8e, Four Months ago qui apporte un nouvel éclairage sur le début de saison et les événements qui se sont déroulés entre les deux saisons. L'idée de faire de Peter un « méchant malgré lui » est excellente et apporte beaucoup de suspense aux derniers épisodes, et le méchant de la saison, Adam, est extrêmement charismatique, même si un peu sous-employé. Nul doute qu'il reviendra tôt ou tard, malgré le sort peu enviable qui lui est réservé en fin de saison. Les fans d'Alias auront d'ailleurs le plaisir de retrouver dans le rôle David Anders, qui incarnait l'affreux Julian Sark dans la défunte série de J. J. Abrams.

Et pour continuer sur les nouveaux méchants, la saison 2 introduit aussi le personnage de Bob Bishop, qui semble être à la tête de la Compagnie. C'est lui qui convainc Mohinder Suresh de rejoindre la Compagnie, pour « œuvrer pour le bien de tous ». Il possède le pouvoir de transmuter n'importe quel métal en or et s'en sert pour financer la Compagnie. Durant toute la saison, son rôle et ses intentions sont plus que troubles et font de lui un méchant dans la lignée de L'Homme à la Cigarette de X-Files (en moins radical tout de même). Enfin, le vilain emblématique de la série est lui aussi de retour. Je veux bien sur parler de Sylar, qui a perdu tous ses pouvoirs et dont le but est de les retrouver à tout prix. Toujours aussi manipulateur, il est néanmoins en retrait jusqu'au dernier épisode. Il a cependant l'honneur de lancer la dernière réplique de la saison un « I'm back » prophétique qui ne peut que faire frémir d'impatience les spectateurs.

 

Le Péril Vieux

 

Comme je le disais en début d'article, ce volume se nomme Generations. Un titre particulièrement judicieux, puisqu'en effet il est question des différentes générations de personnes dotées de pouvoirs et de leur façon de les utiliser. L'ancienne génération, dont les membres ont fondé la Compagnie, est composée entre autres de Bob Bishop, ainsi que des parents de Hiro Nakamura, Matt Parkman, et Peter et Nathan Petrelli. Ceux-ci ont commis des erreurs qui rejaillissent désormais sur leurs enfants, dont la plus préoccupante est la création d'une souche mutante du virus Shanti, apte à décimer l'humanité. Mais ils ne sont rien par rapport à Adam Monroe (dont le prénom n'est d'ailleurs pas choisi au hasard puisqu'il semblerait être le premier humain à avoir développé des pouvoirs) qui lui veut carrément libérer le virus pour « nettoyer la Terre ». Il semblerait donc que le message soit clair : plus les générations sont vieilles, et plus elles sont néfastes, même si certains tentent de racheter leurs erreurs. Un sujet d'actualité, puisqu'on pense bien entendu au réchauffement climatique et a toutes les autres formes de destruction et d'appauvrissement de l'environnement causées par des générations insouciantes. Le message est donc très clair : ce sont les jeunes générations qui vont payer pour les erreurs et l'insouciance de leurs ainés. Apres les résurgences du 11 septembre du volume 1, la série continue donc de fortement s'inspirer de la réalité, ce qui ajoute à sa profondeur.



 

Au final, si cette saison ne convainc pas totalement à cause de sa première moitié arthritique, elle relève sensiblement le niveau dans sa seconde moitié et donne tout de même envie de continuer à suivre les aventures de ces superhéros ordinaires. Une saison de transition, donc, qui annonce de grands bouleversements pour la suite (et le retour de Sylar n'est pas forcément la scène la plus inquiétante de la fin de saison...)

 

Note : 6.5/10


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Et bien moi aussi je vous quitte... (Autre)
4/13/2008 11:36

Puisque tout le monde est déjà au courant, autant officialiser. Moi aussi j'ai décidé de partir de ces blogs. Pas totalement, puisque je posterai encore quelques articles de temps à autres, mais vu que j'ai créé un nouveau blog, celui-ci aura ma priorité.

Pourquoi m'en aller? Pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce que la "nouvelle" plateforme ne me convient pas. Moins conviviale, totalement délaissée par DVDrama, impossibilité de laisser un post sans être inscrit, plus de classements des blogs (élément qui mine de rien poussait à une saine compétition et motivait à écrire)... Bref des éléments mineurs mais qui mine de rien comptent.

Et puis comme l'ont bien dit Budd et Tepepa avant moi, je trouve aussi que l'ambiance et la qualité se sont dégradés. On ne débat plus, on tape sur celui qui a un avis contraire. On ne s'encourage plus, on jette juste un oeil à ce que l'autre a fait... Et puis le désintérêt flagrant de l'équipe de DVDrama pour les blogs ne motive pas non plus. De toute façon, tout le monde sait que le site décline de plus en plus depuis que l'ancienne équipe n'est plus là (d'ailleurs ils ne font pas beaucoup mieux de leur côté...).

Donc voilà, j'ai commencé il y a quelques semaines la création d'un blog perso sur lequel vous retrouverez le même genre de choses que sur l'ancien. Mis à part que je serai seul maître à bord. Donc j'espère que certains anciens viendront y faire un tour pour me laisser un message (Tepepa a inauguré les commentaires et je l'en remercie). Vous serez toujours les bienvenus.

Ah oui, au fait, l'adresse c'est http://www.cinegeouf.com

 

Geouf 


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Dexter - Saison 2 (Critique Cinéma)
4/7/2008 2:39

Le « serial killer favori de l’Amérique » est de retour, et il ne va pas bien. Plusieurs semaines après avoir éliminé son frère, le « Icetruck killer », Dexter ne s’en est toujours pas remis. Et le fait d’avoir sa sœur traumatisée à domicile et d’être constamment suivi par le sergent Doakes n’arrange pas ses affaires. Alors quand en plus de cela il découvre d’une part qu’il n’arrive plus à tuer et d’autre part que des plongeurs sont tombés par inadvertance sur son petit cimetière sous-marin, le pauvre Dexter commence à avoir des sueurs froides.



Après une première saison quasi parfaite, tant dans sa construction implacable que dans la présentation de son atypique héros, on se demandait bien comment les scénaristes allaient pouvoir enchainer sans tomber dans la redite. Et la réponse coule bien évidemment de source : en chamboulant totalement l’univers du héros ! Une astuce scénaristique certes classique (Prison Break appliquait déjà avec succès cette formule dans sa saison 2) mais qui prend ici tout son sens, tant l’univers de Dexter est régi par les règles établies par son père adoptif.

La saison 2 fait donc voler en éclat la 1ere règle de Harry - ne pas se faire prendre - en plaçant Dexter au centre de la tourmente. Ici, pas de second serial killer pour détourner l’attention des forces de police, c’est bien Dexter qui est sur la sellette. Surnommé « Le Boucher de Bay Harbour » par une presse jamais à court d’expressions dramatisantes, notre héros se débat pour ne pas être pris tout autant que pour préserver sa vie sentimentale. Car de ce cote-là, ça ne va pas fort non plus. Suite à la découverte de la chaussure de son ex-mari dans son jardin, Rita commence à avoir des doutes sur l’implication de Dexter dans la rechute de celui-ci. Toutes ces pressions diverses auront pour effet de conduire notre tueur à commettre plusieurs erreurs, la plus grave étant l’invention d’une pseudo-dépendance à l’héroïne. Un mensonge désespéré qui fait illusion auprès de Rita et de Doakes mais le jette dans les bras de la vénéneuse Lila. Un nouveau personnage fascinant, aussi haïssable que désespéré dans son besoin de garder auprès d’elle celui en qui elle croit avoir reconnu son « âme sœur ».

 

Rites de passage

 

Cependant, à toute chose malheur est bon. Car si Dexter est rudement malmené, à la fois par le FBI venu débusquer le Boucher de Bay Harbour et par une Lila bien décidée à lui extirper son secret, cette saison sera aussi l’occasion pour lui d’évoluer et de découvrir qui il est vraiment. En effet, si la première saison pouvait s’apparenter à l’enfance du personnage (suivre les règles établies par les parents sans poser de question, agir « comme tout le monde » et avoir une vie normale…), cette seconde année marque clairement son passage à l’adolescence, avec tous les tourments que cela suggère. Comme un ado, Dexter cherche à savoir qui il est, et comment se définir par rapport aux valeurs inculquées par son père. Une recherche de soi-même qui passe donc d’abord par la rébellion face aux parents : Dexter ment, couche avec la « mauvaise fille du bahut », remet en question les règles de Harry, agit impulsivement… Et comme tout ado, il découvre aussi que son père n’est pas le demi-dieu sans peur et sans reproche qu’il admirait. Un revirement déjà amorcé en fin de saison 1 lorsque Dexter mettait à jour les mensonges d’Harry concernant son frère, mais qui prend un tournant plus dramatique ici puisque c’est carrément l’amour paternel qui est remis en cause.



Dexter passe donc une bonne moitié de saison à se chercher, tiraillé entre le « Bien » et le « Mal » ou plutôt entre le fait de succomber à ses instincts primaires (accepter son addiction au meurtre) et de rentrer dans le rang (prétendre être normal). Une lutte représentée par les deux femmes de sa vie, Lila et Rita, la brune et la blonde, l’artiste névrosée et la mère de famille rangée.

Qui dit nouvelle saison, dit aussi nouvel adversaire. Après le Icetruck killer, ce sera cette fois l’agent du FBI Frank Lundy (excellent Keith Carradine), spécialiste des tueurs en séries dépêché à Miami pour capturer le Boucher de Bay Harbour, qui s’opposera au héros. Si le Icetruck Killer représentait une version dégénérée de Dexter (tuant juste pour le plaisir, avec un rituel similaire à celui de son frère), Lundy en est le pendant lumineux : droit, intègre, minutieux, il ne possède pratiquement aucune tare. Il est en quelque sorte la personne que Dexter aurait pu devenir sans le traumatisme de son enfance. Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence si Debra, la sœur de Dexter, finira par sortir avec ces deux personnages tour à tour, reconnaissant certainement son frère en eux… Dexter n’accédera donc à l’âge adulte qu’au moment ou il aura vaincu les deux incarnations de sa personnalité et sera devenu une synthèse parfaite de ces deux personnes. Ou autrement dit, en comprenant qu’il peut concilier ses deux lui (avoir des sentiments mais accepter son besoin de tuer) sans avoir à renier l’une ou l’autre de ses facettes. La dernière scène de la saison nous montre donc un nouveau Dexter amélioré, qui s’est accepté tel qu’il est, apaisé et prêt à repartir du bon pied dans une nouvelle existence. Bienvenu dans l’âge de raison.

 

Le Crime était presque parfait

 

Si cette seconde saison propose une thématique et une évolution passionnantes du personnage principal (appuyées par une interprétation sans faille de l’épatant Michael C. Hall), les scénaristes n’en oublient pas non plus d’entretenir le suspense. Un suspense d’autant plus haletant que c’est cette fois le héros qui est traqué par la police. La paranoïa galopante du héros, qui sent les mailles du filet se refermer autour de lui, contamine rapidement le spectateur. Les rebondissements sont nombreux, et on applaudit des deux mains à chaque fois que notre tueur préféré trouve un moyen de se sortir de l’embarras. Du moins jusqu’aux trois derniers épisodes… Car les diaboliques scénaristes du show, l’air de rien, se permettent de questionner la moralité du spectateur dans cette saison. Si dans la saison 1 tout était clair (Dexter était finalement un « gentil » puisqu’il affrontait un autre tueur autrement pire que lui), ici les cartes sont rapidement brouillées. Certes, le héros ne tue que des ordures de la pire espèce, mais il reste un meurtrier au nombre hallucinant de victimes. La vérité éclate donc à la face du spectateur en même temps qu’à celle de Dexter : il n’est pas si différent de ces hommes et femmes qu’il tue. Et même si le public (reflet du spectateur) se prend d’affection pour ce « vigilante » (voir l’épisode où Dexter découvre qu’il vient d’être transposé en personnage de comics), la ligne peut facilement être franchie. Et elle le sera lorsque Dexter capturera Doakes et décidera de lui faire porter le chapeau. Encore une fois, les scénaristes jouent redoutablement avec les codes du genre et les attentes du spectateur : Doakes est présenté depuis le début du show comme un emmerdeur bourrin et agressif, alors que finalement, il n’est ni plus ni moins qu’un bon flic, obsédé par sa quête de la vérité. Dans un thriller classique, il serait un héros hard boiled style l’inspecteur Harry. Et grâce à ce renversement des valeurs, les scénaristes parviennent progressivement à instaurer le malaise dans l’esprit des spectateurs. La situation des derniers épisodes devient donc vite étouffante et inextricable. On se demande comment les scénaristes vont s’en sortir sans sacrifier l’un ou l’autre des personnages et surtout sans s’aliéner le public (qui a toujours envie de trouver Dexter attachant). Un procédé très fin, qui renvoie au spectateur sa propre culpabilité (après tout, en s’attachant à ce personnage, est-ce qu’implicitement on ne lui donne pas raison ?).

 



Dexter saison 2 est donc une éclatante réussite, une perle télévisuelle comme on en voit rarement. La série ne se contente pas de se reposer sur son concept, mais exploite celui-ci de toutes les façons possibles pour constamment surprendre et faire réfléchir le spectateur. On a hâte de voir ce que les scénaristes nous concoctent pour la saison 3 avec le nouveau Dexter en pleine possession de ses moyens…



Au passage, petite pub pour mon nouveau blog: www.cinegeouf.com


Note : 9/10

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Diary of the Dead de George Romero (Critique Cinéma)
3/29/2008 7:12
Après avoir repris en main sa série des morts-vivants avec le réussi Land of the Dead, Romero continue sur sa lancée avec un cinquième opus totalement différent tant sur le fond que sur la forme. Et autant le dire tout de suite, Diary of the Dead est une éclatante réussite venant prouver à tous que Romero reste l’un des maîtres de l’horreur moderne.

Le film est une sorte de « Zombie Begins », puisqu’au lieu de faire suite à Land of the Dead, il repart de zéro, c'est-à-dire au moment où les morts commencent à se réveiller et à attaquer les humains. Une sorte d’univers alternatif à ce qu’il faudra considérer maintenant comme la première tétralogie des morts-vivants. Les héros de cet opus sont des étudiants en cinéma en train de tourner un petit film d’horreur lorsque les morts commencent à revivre. Le leader de la bande, et réalisateur du film en question, Jason Creed, décide de filmer les événements qui vont suivre afin de mettre le public au courant et de contrebalancer la campagne d’étouffement de l’affaire des médias et du gouvernement. Le film proposé, The Death of Death, est donc le montage des images filmées par Jason tout au long de ces quelques jours d’horreur…

Après l’assez grosse logistique de Land of the Dead, Romero a eu envie de revenir à un cinéma plus expérimental, avec un très petit budget et des acteurs inconnus. De là est parti l’idée de ce Diary of the Dead. Mais que ceux qui craignent de voir un nouveau Blair Witch ou un nouveau Cloverfield se rassurent, Diary of the Dead est loin du pétard mouillé et est bien un film dirigé par Romero. Car si Romero utilise le principe du faux documentaire et des images prises sur le vif, ce n’est pas pour autant que le métrage est aux trois-quart improvisé (comme Blair Witch) ou filmé à la shaky-cam (comme Cloverfield). Premièrement, Romero contourne habilement la tentation de l’amateurisme en faisant de ces héros des étudiants en cinéma, soit des gens qui savent filmer et qui disposent de matériel adéquat (donc pas de caméscope numérique grand public ici). Ensuite, il a l’intelligence d’utiliser la voix-off de la petite amie du héros, qui intervient régulièrement pour donner des précisions sur les images (comme dans un vrai documentaire) et aussi explique dès le début du film que c’est elle qui en a fait le montage, et que par conséquent elle a entre autres rajouté de la musique et des extraits de vidéos trouvées sur le net pour renforcer son propos. Une astuce qui permet d’une part d’inscrire les images dans une réalité tangible (Romero utilise différents supports tels que caméras de sécurité, vidéos filmées avec un portable ou trouvées sur youtube) et en plus renforce l’empathie avec les personnages (la voix off est à ce titre d’une rare efficacité). Mais Romero ne perd jamais de vue qu’il s’agit avant tout d’un vrai film et reste dans la continuité de ses œuvres précédentes. Les morts-vivants sont toujours aussi voraces, et si le film est moins gores que Zombie ou Le Jour des Morts-Vivants, il n’en reste pas moins assez sanglant, proposant son lot de morsures sauvages, crânes explosés et autres sévices. Il est aussi assez marrant de repérer les clins d’oeils à la première tétralogie, comme le zombie qui pousse un caddie, ou encore la ferme amish qui fait furieusement penser à la maison isolée de La Nuit des Morts-Vivants. Mais s’il cite parfois ses précédentes œuvres, le réalisateur n’oublie pas de proposer du neuf, le film comportant de nombreuses séquences marquantes, comme cette piscine dans laquelle flottent des zombies, ou le coup d’épée final.



Les personnages sont quant à eux loin des clichés habituels des productions horrifiques. Car même si ce sont des étudiants d’une vingtaine d’années, ils ne se comportent pas de façon stupide comme des teenagers de slashers. La blonde de service (texane de surcroît) n’est pas une potiche trouillarde et sans cervelle, aucun personnage ne court en hurlant et en agissant stupidement, et ils sont absolument tous attachants, malgré leur nombre plutôt élevé (d’ailleurs, Cloverfield et son groupe réduit de personnage lisses en sans saveur devrait en prendre de la graine). Mention spéciale à ce propos au professeur alcoolique qui apporte une bonne dose d’humour pince sans rire au métrage. Et à ce propos, l’une des choses qui étonne le plus, c’est l’humour du métrage. Car même s’il n’est pas omniprésent, on a droit à de véritables scènes de comédie, comme lors de la rencontre avec l’amish sourd qui extermine les zombies à coup de dynamite. Celui-ci débarque en faisant des bruits bizarres (surdité oblige) et les héros le prennent pour un zombie. Une scène totalement autre mais définitivement jouissive et hilarante (surtout lorsque le personnage brandit un panneau « Hi, I’m Samuel » alors que des morceaux de zombies retombent autour de lui). Au rang des touches d’humour discrètes, on notera aussi la présence vocale de Stephen King, Wes Craven, Quentin Tarantino et Guillermo del Toro en journalistes présentant les nouvelles. Romero en profite aussi pour régler ses comptes avec un certain remake en faisant expliquer à l’un de ses personnages pourquoi il est impossible que les morts-vivants puissent courir.



Le film est donc très divertissant, mais qu’en est-il de la « Romero’s touch » ? Car le réalisateur est avant tout connu pour le côté engagé de ses films. Diary of the Dead ne déroge pas à la règle. Cette fois-ci le réalisateur s’attaque à la manipulation des médias et à la génération youtube, à ce trop-plein d’information généré par internet et les nouveaux supports de communication. Régulièrement, la voix-off vient nous rappeler que trop d’informations tue l’information, que la toile est submergée de vidéos, de points de vue différents et qu’il devient ainsi très difficile de faire le tri. Romero revient aussi sur le voyeurisme de l’être humain à travers notamment du personnage de Jason. Comme le dit si bien sa petite amie, de nos jours si un événement n’est pas filmé par une caméra, il n’existe pas. Romero s’interroge ainsi constamment sur la limite entre le désir d’informer et le voyeurisme passif. Il s’en prend à toute cette génération qui lors d’une agression va brandir un téléphone portable et filmer plutôt que de se porter au secours de la victime. Le personnage de Jason franchira cette limite à la fin du métrage lorsqu’il suivra une de ses amies, poursuivie par un zombie affamé, prodiguant des conseils à celle-ci sans pour autant poser sa caméra pour aller l’aider. Des images qui font froid dans le dos de par leur réalisme pessimiste (après tout, comme un personnage le dit dans le film, qui n’a jamais ralenti devant un accident de la route « juste pour voir »).



La dernière séquence, toute aussi éloquente, renvoie directement au final de La Nuit des Morts-Vivants et à certaines scènes de Land of the Dead. On y découvre deux rednecks qui s’amusent à shooter des zombies attachés. Leur dernière victime est une femme pendue à une branche par les cheveux. Lorsque les deux « chasseurs » l’abattent, ils lui explosent la mâchoire, laissant le haut de son crâne suspendu, toujours vivant. Et la narratrice de s’interroger : méritons-nous vraiment de survivre ? Très bonne question en effet…


Note : 9/10

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CEV #44: Angles d'Attaque - I know who killed me - The Tripper - The Cottage (Critique Cinéma)
3/21/2008 5:31

Angles d’Attaque de Pete Travis



 

Résumé: Lors d’un sommet espagnol sur la lutte contre le terrorisme, le président des Etats-Unis est abattu par un sniper devant la foule venue l’acclamer. Les services secrets sont sur les dents pour tenter de comprendre ce qui s’est passé.

 

Angles d’Attaque est un film-puzzle reposant entièrement sur son concept, celui des multiples points de vue permettant de comprendre petit à petit tous les tenants et aboutissants de l’histoire. Ces dernières années ont vu naitre plusieurs métrages reposant sur ce principe, comme par exemple le très sympathique 11h14 ou l’excellent Snake Eyes. Le meilleur représentant de ce sous-genre du thriller reste néanmoins l’excellente série Boomtown, car le concept est mis au service à la fois de l’intrigue, mais aussi des personnages, permettant d’éclairer leur cheminement psychologique. Angles d’Attaque est loin de ces considérations et utilise cette idée seulement en termes d’efficacité, ce qui est à la fois sa force et sa limite. Car si de Palma utilisait cette technique dans Snake Eyes, c’était aussi pour réfléchir sur la manipulation des images par les medias. En fait, à y bien réfléchir, le film de Pete Travis fait beaucoup plus penser à 24 qu’à Boomtown. Chaque segment se termine sur un mini cliffhanger, et le personnage de Dennis Quaid fait furieusement penser à Jack Bauer, se retrouvant tout seul, utilisant constamment un portable et volant une voiture pour poursuivre les bad guys. Mais qu’importe, si on analyse Angles d’Attaque pour ce qu’il est, soit un pur divertissement, il faut avouer que le contrat est largement rempli. Le film se déroule sans temps mort, même si certains twists sont un peu trop prévisibles et certaines ficelles un peu grosses. On se demande par exemple pourquoi des terroristes qui n’hésitent pas à tuer des dizaines d’innocents avec une bombe ont par contre des scrupules à écraser une fillette au milieu de la route. Niveau casting, on est impressionné par les têtes d’affiche du film, même si pour la plupart ils sont sous-employés, comme Sigourney Weaver ou le génial Eduardo Noriega. Seul le toujours impeccable Dennis Quaid sort réellement du lot, dans un rôle à mi-chemin entre celui de Clint Eastwood dans Dans la Ligne de Mire et Jack Bauer. Dans les autres acteurs solides, on retrouve avec plaisir le grand William Hurt dans le rôle du président, et Forest Whitaker, même si ce dernier est un peu ridicule en reporter amateur.

Au final, Angles d’Attaque est un pur divertissement a l’américaine : immédiatement jouissif et efficace, correctement emballé avec quelques morceaux de bravoure (dont une bonne poursuite en voiture) mais pas suffisamment génial et novateur pour rester dans les annales.

 

Note : 7/10







 

I know who killed me de Chris Sivertson



 

Résumé: Etudiante en littérature et aspirante écrivain, la jeune Aubrey voit son rêve brisé lorsqu’elle est enlevée par un serial killer adepte des mutilations. Quelques jours après l’enlèvement, la jeune fille est retrouvée amputée de sa main et sa jambe droites. Lorsqu’elle sort de son coma, elle affirme ne pas être Aubrey, mais une stripteaseuse du nom de Dakota…



 

Le voila donc enfin, ce film honni qui a été conspue par la critique américaine et a raflé 8 razzies awards, le record absolu en la matière. Lorsqu’on lit ça, on se dit que le film doit être une purge immonde, une bouillie irregardable. Et puis on se rappelle qu’en son temps, le sulfureux Showgirls de Verhoeven a remporté 7 « récompenses » à la même cérémonie, que Stallone a été nominé 30 fois, bref qu’il vaut peut-être mieux se faire un avis par soi-même avant de se juger une œuvre.

Et une nouvelle fois on s’aperçoit que les razzies awards sont vraiment du foutage de gueule. Car même s’il est loin d’être parfait, I know who killed me est aussi très loin de la purge annoncée, surtout par rapport aux autres nominés de cette année (au hasard Epic Movie. A ce propos, cher lecteur, sauras-tu trouver dans combien d’articles j’ai déjà tapé sur ledit Epic Movie ?). I know who killed me n’est pas exempt de défauts, dont certains assez gênants comme un rythme un peu trop lent ou une fin un peu bordélique. En fait, son plus gros problème reste son idée centrale selon laquelle des jumeaux identiques peuvent présenter des blessures similaires au même moment. Une idée difficile à accepter et qui a franchement du mal à passer ici. Peut-être le réalisateur n’avait-il pas assez de bouteille ou de folie pour arriver à faire avaler ça aux spectateurs. Il n’empêche que si on excepte ce gros problème (auquel le film doit certainement sa réputation catastrophique), le métrage se suit sans déplaisir. On est happé par l’histoire et le mystère est très bien entretenu par Sivertson. Sa réalisation est posée et cite régulièrement de Palma (le thème du double) et Argento (les couleurs saturées, les gants de l’assassin). On a vu pires références.

Contrairement à ce qu’on a pu entendre, Lindsey Lohan est parfaitement crédible dans le double rôle Aubrey/Dakota et porte le film sur ses frêles épaules. Non, franchement, même s’il est bancal, I know who killed me reste un agréable thriller apportant quelques idées intéressantes (l’héroïne qui au bout de 20 minutes de métrage se fait amputer de la main et de la jambe, même Rodriguez dans Planète Terreur n’a pas osé aller aussi loin). Pas un film génial, mais un métrage à réhabiliter tout de même.

 

Note : 6/10







 

The Tripper de David Arquette



 

Résumé : une bande de potes se rend dans une forêt pour un festival musical. Bien décidés à en profiter à fond, ils ont emmené un maximum de substances illicites. Seulement, ils ne savent pas qu’un psychopathe déguisé en Ronald Reagan et armé d’une hache est venu lui aussi se joindre à la fête, bien décidé à dézinguer le plus de hippies possible…



 

« Un hippie, c’est quelqu’un qui a l’allure de Tarzan et qui pue comme Cheetah. » Avec une phrase d’intro comme celle-là, The Tripper met immédiatement dans le bain. The Tripper est le premier film en tant que réalisateur de David Arquette. Et quoi de mieux pour débuter une carrière de réalisateur que de le faire dans le genre qui lui a apporté la gloire, soit le slasher ! Le Dewey de Scream fait donc ici ses premières armes avec un slasher à première vue classique : une bande de jeunes crétins se fait trucider à l’arme blanche dans une forêt par un psychopathe masque. Jusque-là, rien de bien nouveau, ce pourrait être le script de n’importe quel sous-Vendredi 13, avec même quelques défauts rédhibitoires tels que des meurtres peu variés et pas très sanglants. Sauf que David Arquette utilise ce canevas basique pour emballer une satyre politique sacrément rentre-dans-le-lard.

Tout le monde en prend pour son grade, et en particulier les républicains et l’actuel locataire de la Maison Blanche. Le tueur porte un masque de Ronald Reagan, cite son idole à tour de bras, a dressé des chiens d’attaque à bouffer du hippie, et leur a donné des noms de proches de l’ancien président (dont Nancy). Et du coté des hippies, ce n’est pas mieux, puisque la plupart des personnages sont des crétins drogués ici juste pour se shooter ou baiser (des personnages classiques de slasher, quoi), tout en sortant de grandes phrases du genre « Bush est un crétin » sans plus d’analyse que ça. Arquette renvoie donc dos a dos les politiques et activistes et c’est finalement lors d’un dialogue entre le shérif (véritable héros du film, incarné par un excellent Thomas Jane) et le père du tueur qu’il livre véritablement le fond de sa pensée, à savoir que les politiciens et les activistes passent tellement de temps à gueuler plus fort les uns que les autres que finalement ils en oublient les petites gens, qui sont les premiers touchés par leur guéguerre. Un sous-texte qui apporte une certaine finesse au métrage, même si Arquette n’oublie pas le plaisir du spectateur. Le film propose un certain nombre de situations délirantes, comme lorsqu’un personnage sur le point de se faire trucider hurle « Je suis républicain » ou lorsque Courtney Cox Arquette (sa femme, donc) prend la défense des chiens abattus par les flics et se fait égorger par l’un d’eux. De l’humour noir bien sympathique pour un film qui lorgne aussi du cote des Dents de la Mer de Spielberg, avec son shérif courageux que personne n’écoute, son maire pourri qui refuse d’arrêter le festival malgré les morts qui s’accumulent. On a vu pire comme référence…

A vrai dire, le seul reproche que l’on pourrait faire à The Tripper, mis à part son manque d’originalité dans les meurtres, c’est un rythme en dents de scie : ca démarre très fort avec une scène d’intro choc, puis le métrage met un peu trop de temps a vraiment se lancer, malgré quelques scènes amusantes entre les hippies et les bouseux du coin (dont Arquette lui-même). La dernière demi-heure de folie remporte par contre l’adhésion, avec un massacre de hippies au cours d’une fête ou les coups de hache pleuvent et un combat mano a mano d’anthologie entre le shérif et le tueur.

Malgré quelques maladresses certainement dues à son statut de premier film, The Tripper est tout de même une réussite qui donne envie de suivre son réalisateur.

 

Note : 7/10







 

The Cottage de Paul Andrew Williams



 

Résumé: Deux frères ont l’idée géniale d