Et voici venue l'heure du bilan de l'année. Non pas que mon petit avis personnel intéresse grand monde, mais il est toujours intéressant de revenir en arrière pour une petite rétrospective de l'année écoulée, juste histoire de voir ce qu'on en a retenu. Pour faire court, à mon avis, 2008 a été une année très riche cinématographiquement parlant. Nous avons eu droit à des films variés et de qualité, voire même quelques chefs d'œuvres (There will be Blood, Into the Wild) et classiques en devenir (le mal compris Speed Racer). Bien sûr, les mauvais films ont aussi été légion, mais finalement ont été réellement éclipsé par les bons. Mais trêve de blabla, voici mon classement tout perso des films de 2008.
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15) Les Ruines de Carter Smith
Une des surprises horrifiques de l'année. Un petit film nerveux et tendu qui ne m'a laissé aucun répit. Carter Smith devient immédiatement un réalisateur à suivre...
14) The Mist de Frank Darabont
Autre surprise, avec The Mist, Darabont signe une des meilleures adaptations de mon auteur préféré, et surtout une œuvre d'une noirceur hallucinante.
13) Pineapple Express de David Gordon Green
Désolé, impossible pour moi d'appeler ce film sous son ridicule titre français. Surtout qu'il s'agit ni plus ni moins que d'une des meilleures comédies de l'année, et du retour en fanfare du bon buddy movie comme on l'aime. Vive Apatow !
12) Tonnerre sous les Tropiques de Ben Stiller
L'autre comédie de l'année, c'est bien sûr le nouveau film de Ben Stiller, se moquant avec jubilation des travers d'Hollywood. Et en plus la dernière demi-heure est un énorme hommage aux films d'action des 80's. Que demande le peuple ?
11) REC de Jaume Balaguero et Paco Plaza
Décidément, 2008 a été très riche en bons films d'horreur. Alors quand en plus mon chouchou Jaume Balaguero se fend d'un ride horrifique de cette qualité, impossible de passer à côté !
10) L'Echange de Clint Eastwood
Le nouveau film de Dieu Clint. Est-il réellement nécessaire d'en dire plus ?
9) Soyez Sympas, rembobinez de Michel Gondry
Apres le très énervant La Science des Reves, Gondry revient en pleine forme et nous gratifie d'une comédie très drôle en même temps que d'une magnifique déclaration d'amour au septième art...
8) Hellboy 2 de Guillermo del Toro
Del Toro retrouve son anti héros préféré pour une suite en tous points supérieure au premier volet. Plus de monstres, plus d'action, et surtout plus de poésie et plus d'émotion.
7) Eden Lake de James Watkins
Le film choc de l'année. Un survival réaliste et sans concession, porté par des acteurs talentueux. La fin restera comme une des plus terrifiantes et déprimantes jamais vues.
6) No Country for old Men des frères Cohen
Les Cohen se réapproprient le polar avec cette perle noire au suspense prenant et à l'humour ravageur.
5) There will be Blood de Paul Thomas Anderson
En seulement 5 films, P. T. Anderson s'est imposé comme un des plus grands réalisateurs actuels. Son dernier film est tout simplement une claque, tout autant thématiquement, que visuellement. Daniel Day Lewis est tout simplement monstrueux.
4) Wall-E d'Andrew Stanton
C'est beau, c'est inventif, c'est intelligent, c'est émouvant et c'est l'un des meilleurs films de SF de ces dernières années. C'est le nouveau Pixar, forcément...
3) Speed Racer des freres Wachovski
Alors là c'est du sérieux, on rentre dans le top 3. Et donc impossible de passer sous silence la nouvelle bombe des réalisateurs de Matrix. Un film tellement en avance sur son temps qu'il s'est complètement ramassé au box office. Et pourtant, c'est beau (le blu ray me l'a encore confirmé), c'est virtuose, et surtout c'est fichtrement émouvant. Avez-vous déjà pleuré devant une course de voitures ? Moi oui, maintenant...
2) The dark Knight de Christopher Nolan
Tout simplement la quintessence du film de super héros. Sombre, dépressif, d'une beauté à couper le souffle, avec des scènes d'action impressionnantes. Et puis Heath Ledger, quoi...
1) Into the Wild de Sean Penn
Difficile choix que celui de cette première place. J'ai longtemps hésité entre The dark Knight et cet Into the Wild, mais finalement c'est l'émotion qui l'a emporté. Parce que Sean Penn scrute l'être humain comme personne, sans pour autant oublier de faire un film visuellement magnifique, pour la BO d'Eddie Vedder, pour le cœur tout simplement...
FLOP
15) 27 Robes d'Anne Fletcher
Le type même de la comédie romantique agaçante. Aucune originalité, aucune saveur, un scenario cousu de fil blanc. A se demander pourquoi les gens continuent à aller voir ce genre de films...
14) Saw 5 de David Hackl
Moins calamiteux que l'affreux quatrième épisode, ce nouvel opus de la série Saw montre tout de même rapidement ses limites. A réserver aux fans, vu que l'intrigue devient de plus en plus nébuleuse. Les ficelles de la franchise commencent néanmoins à sentir de plus en plus le réchauffé...
13) Sweeney Todd de Tim Burton
Incompréhensiblement encensé par la critique, le nouveau Tim Burton est une comédie musicale molle et soporifique, dans laquelle seuls quelques débordements gores viendront réveiller le pauvre spectateur. Et Johnny Depp n'est définitivement pas fait pour la chanson...
12) Flashbacks of a Fool de Baillie Walsh
Le réalisateur fait mumuse avec sa caméra, shoote de jolies images, mais il manque un scenario construit et clair. Du coup l'émotion n'est jamais là... Daniel Craig assure cependant comme toujours.
11) Jumper de Doug Liman
Le premier film de super héros dans lequel le supposé héros ne pense qu'à sa pomme. Et en plus les moments de bravoure sont réduits à peau de chagrin et filmés par un parkinsonien. Merci monsieur Liman !
10) Teeth de Mitchell Lichtenstein
Le film « tout ça pour ça » de l'année. Un buzz énorme dans les festivals pour un gros pétard mouillé réac et féministe à la morale douteuse.
9) Prom Night de Nelson McCormick
McCormick invente le slasher sans une goutte de sang. Embêtant pour un genre qui mise habituellement tout sur les scènes de meurtre, surtout quand le scenario est aussi basique...
8) Babylon AD de Matthieu Kassovitz
Le bouquin féroce et contemplatif de Dantec réduit à un actioner bordélique, stupide et mal fichu. Mais c'est la faute du vilain studio, nous a dit Kasso. Et les scènes d'action ridicules et filmées avec les pieds, c'est aussi la faute du studio ?
7) Scar 3D de Jed Weintrob
Il n'aura pas fallu longtemps avant qu'apparaissent les premières dérives de la 3D, avec ce slasher stupide virant rapidement au torture porn dégueulasse. Mais la barbaque en 3D, c'est tellement mieux, non ?
6) Mamma Mia ! de Phyllida Lloyd
Le site l'Ouvreuse (site de l'année en passant) qualifie ce film de « comédie musicale IKEA ». C'est exactement ça : on prend les chansons d'ABBA et on essaie de les lier par un semblant de scenario. On essaie ensuite de faire chanter de grands acteurs qui au choix fument des pétards avant chaque prise (Meryl Streep) ou se demandent ce qu'ils foutent dans cette galère (Pierce Brosnan). C'est très mauvais, mais parfois très drôle tellement c'est naze...
5) Un Mari de trop de Griffin Dunne
Le prototype même de la comédie romantique énervante. Prévisible à outrance, même pas drôle, avec une Uma Thurman moche et surtout présentant les femmes comme des êtres soit stupides soit hystériques. Moi je me sentirais insulté à leur place...
4) The Edge of Love de John Maybury
Autre film incompréhensiblement encensé par la critique, The Edge of Love est un drame romantique soporifique et prétentieux. Et dire que certains critiques ont osé le comparer à l'excellent Reviens-moi...
3) La Loi et l'Ordre de Jon Avnet
Il aura fallu attendre presque 15 ans pour réunir de nouveau de Niro et Pacino à l'écran. Résultat : une histoire bateau reposant sur le twist le plus tiré par les cheveux du monde, de Niro qui s'emmerde, Pacino qui cachetonne et s'en fout royalement, et le spectateur qui pleure...
2) Frontière(s) de Xavier Gens
Est-il vraiment nécessaire d'énumérer les tares de ce survival débile ? Bon, ok, on y va : des acteurs en roue libre (le grand-père nazi est énorme) ou incapables de jouer, le Bihan fait le molosse en aboyant toutes ses répliques, une photographie moche, des idées débiles (des nazis cannibales, quoi !), pas une once d'originalité. Mais c'est très marrant au 36e degré...
1) Mother of Tears de Dario Argento
Argento achève sa trilogie des Mères et le spectateur en même temps avec ce classique instantané du nanar. Faut-il seulement en rire ou en pleurer ?
Résumé : Deux soeurs se retrouvent avec leurs maris et leurs enfants pour passer le réveillon du Nouvel An dans un cottage isolé. Mais la fête dégénère lorsque l'un des enfants commence à présenter des signes de maladie. Il ne tarde pas à contaminer les autres gamins qui se mettent à sauvagement attaquer leurs parents...
Décidément, il semblerait que cette année les réalisateurs britanniques ont des problèmes avec la jeunesse. Car après le très dérangeant Eden Lake, voici que débarque The Children, au sujet très proche du célèbre Les Révoltés de l'An 2000. Et si le film du presque débutant (ce n'est que son second long métrage) Tom Shankland n'atteint pas les cimes de son illustre aîné, il s'avère être une bonne surprise, renfermant quelques instants de pure terreur.
L'histoire débute lorsque Elaine, une jeune mère de famille accompagnée de son mari Jonah et de ses trois enfants, se rend dans la maison de sa sœur Chloe (Rachel Shelley, vue entre autres dans The L Word) pour fêter le réveillon. Seule l'ainée, Casey, fait la tête parce qu'elle ne pourra pas aller à la soirée organisée par ses amis. Les retrouvailles se passent bien, les enfants sont heureux de retrouver leurs deux cousins et tous se préparent à passer un bon réveillon. Mais déjà, quelques tensions surgissent. Le benjamin de la famille tousse et crache un liquide visqueux, ce qui effraie sa cousine, mais bien entendu les parents sont trop occupés à discuter pour s'apercevoir de cela et du changement progressif qui s'opère au sein de leur progéniture. La première bonne idée du film, c'est d'ailleurs de prendre son temps pour installer une ambiance malsaine. On ne sait pas exactement ce qui arrive aux enfants, ni d'où vient cette menace, mais la progression lente et insidieuse du mal ne cesse d'inquiéter. Et puis le réalisateur/scénariste a la bonne idée de proposer pour une fois des personnages pas trop stéréotypés. Les enfants sont d'un naturel hallucinant et ressemblent pour une fois à de vrais enfants (c'est-à-dire qu'ils sont bruyants, capricieux et deviennent ronchons lorsqu'ils sont fatigués) et les adultes sont loin d'être des modèles pour leur progéniture. Entre le père qui rejette à moitié sa fille ainée parce qu'elle est le fruit d'une grossesse non désirée et qui préfère se tourner vers son autre fille, les autres parents prônant le refus de toute violence sur les enfants mais jouant la compétition entre eux pour les faire obéir (avec l'attribution d'étoiles dorées pour les plus méritants), ou encore l'oncle cool mais qui a certainement des idées libidineuses concernant sa nièce et qui n'hésite pas à remballer méchamment son beau-frère, on se retrouve devant un panel assez représentatif de la classe moyenne moderne. Et évidemment, toutes ces petites lâchetés, ces perversions seront amplifiées par la suite des événements.
Shankland prend donc son temps pour poser les bases de son intrigue, présenter ses personnages et préparer le terrain pour l'horreur à venir. Et lorsque celle-ci survient, le réalisateur fait preuve d'un sens du montage et de la réalisation impressionnants. La montée de la tension est graduelle et s'accélère petit à petit jusqu'à culminer dans une scène de mort empreinte d'une terrifiante hystérie et au cours de laquelle les nerfs du spectateur sont mis à très rude épreuve grâce à une musique grinçante et à un sens du rythme parfait. Cette première moitié de film impériale est malheureusement aussi son principal défaut, puisque par la suite le réalisateur peine un peu à retrouver le même niveau, même si les gamins sont réellement effrayants. La construction des scènes suivantes est peu ou prou la même, et bien qu'elles soient toujours très efficaces, une fois la surprise du choc initial passée, la mayonnaise prend un peu moins. De plus, la courte durée du film (84 minutes), si elle garantit son efficacité (il faut avouer qu'on ne s'ennuie pas une seconde), empêche d'explorer certaines pistes intéressantes (comme le fait que Casey se retrouve à moitié accusée des crimes de ses cousins) et entraîne parfois quelques raccourcis hasardeux (Casey se met très vite à massacrer ses cousins et Elaine sacrifie sa fille sans trop d'états d'âmes à la fin du film).
Mais malgré ces légers défauts et quelques maladresses imputables certainement à la jeunesse du réalisateur, The Children est une bonne surprise et fait montre d'une grande rigueur de réalisation, sans avoir à verser dans le gore facile. Sachant que le précédent film de Shankland, WΔZ, a déjà fait son petit effet, nul doute qu'il va rapidement devenir un réalisateur à suivre.
Résumé: Après avoir éliminé le Chiffre, James Bond est bien décidé à remonter toute la filière de la mystérieuse organisation dont celui-ci faisait partie, et à venger la mort de Vesper. Son enquête le met rapidement sur les traces de Dominic Greene, un business man impitoyable, membre de l'organisation Quantum. Mais la quête de vengeance de Bond va très vite déraper et le mettre au ban du MI6.
Difficile tâche pour ce 22e James Bond que de passer après l'excellent reboot que nous avait offert Casino Royale il y a deux ans de ça. Les premiers commentaires tombent et évidemment, on sent des dissensions au sein des spectateurs et de la critique, certains étant déçus par le film. Pourtant, même si Quantum of Solace comporte quelques défauts l'empêchant d'atteindre le niveau de Casino Royale, il s'agit d'un très bon film d'action et d'un des meilleurs films de la saga de l'espion légendaire.
Suite directe du précédent film (une nouveauté dans la série), Quantum of Solace reprend exactement là ou celui-ci s'était arrêté : Bond a capturé Mr White, et s'apprête à le livrer à M pour interrogatoire. Fidèle à la tradition de la série, le film s'ouvre donc sur une scène d'action, ici une impressionnante poursuite en voiture en Italie, alors que Bond tente d'échapper aux membres de l'organisation Quantum qui veulent récupérer Mr White. La réalisation est nerveuse et un peu chaotique parfois, mais la poursuite se suit à peu près correctement. Passée cette entrée en matière musclée, le film lance son nouveau générique et sa première déception : la chanson Another Way to die d'Alicia Keys et Jack White est loin d'être convaincante, même si on ne descend pas au niveau de la pitoyable Die another Day de Madonna. La musique est sympa, mais les deux chanteurs peinent à s'imposer, là ou Chris Cornell faisait des merveilles sur You know my Name. Mais passons, car ce n'est finalement qu'un détail, la bande originale composée par David Arnold étant elle particulièrement bonne.
Le moins qu'on puisse dire de Quantum of Solace, c'est qu'il va vite, très vite. A peine remis de la poursuite du prologue, on enchaine sur une seconde poursuite, à pieds cette fois, lorsque Bond court après un traitre ayant failli éliminer M lors de l'interrogatoire de Mr White. Une poursuite qui ressemble un peu trop à celle dans les rues de Tanger de La Vengeance dans la Peau, mais suffisamment bien emballée pour tenir le spectateur en haleine. Mais le problème majeur de ce Bond c'est réellement la rapidité avec laquelle les événements s'enchainent. On a à peine le temps de digérer une information que Bond est déjà reparti à l'autre bout du monde pour poursuivre sa quête. Le film aurait peut-être gagné à se poser un peu plus, en étant plus long de 10-15 minutes pour laisser souffler le spectateur et présenter un chouia plus les personnages secondaires. Olga Kurylenko est par exemple tout à fait crédible et attachante en James Bond girl, mais la façon dont son personnage disparaît en milieu de film pour soudainement réapparaitre est un peu déstabilisante.
Mais mis à part ces quelques griefs, il faut avouer que ce 22e Bond est un très bon cru. Certaines personnes lui reprochent d'être trop sombre, mais à vrai dire c'est justement ce qui fait son intérêt, surtout que les touches d'humour sont bien présentes, mais parcimonieusement apposées. On est plus proche du style Sean Connery que du style Roger Moore en ce sens. De même, on entend pas mal la critique du « ça ne ressemble pas à du James Bond », ce qui à mon avis est totalement faux. Au contraire, Quantum of Solace est beaucoup plus proche d'un James Bond traditionnel que ne l'était Casino Royale, même si les scénaristes font des citations moins évidentes. Le film tente (et parvient souvent) de marier tradition et nouveauté pour faire plaisir aux anciens et nouveaux fans, tout en jouant avec les attentes. On retrouve donc bien la super voiture que James Bond détruit, mais dans le prologue du film. Pas de gadgets, mais une James Bond girl assassinée à la façon de Goldfinger, en remplaçant l'or par le pétrole (dommage que ce clin d'œil casse un peu le côté réaliste du film). De nombreux décors et endroits exotiques, les indics de l'espion qui se font tous éliminer, le retour de Felix Leiter qui se mouille pour Bond, un Bond exclu du MI6 comme dans Permis de tuer, un hôtel au milieu du désert pour l'affrontement final qui fait furieusement penser à une de ces bases secrètes dont les vilains ont le secret, un Matthieu Amalric charismatique et effrayant en diable dans le rôle de Greene... Mais en même temps, le plan du méchant est crédible et colle à l'actualité (contrôler les réserves d'eau mondiales) et Bond est une fois de plus présenté sous un jour humain. Transformé en véritable machine à tuer suite à la perte de Vesper, l'agent n'écoute que lui et tente d'étouffer sa douleur en se jetant à corps perdu dans sa mission. Et s'il parait totalement dénué de sentiments, Forster a l'intelligence de nous faire comprendre que ce n'est pas le cas, par petites touches subtiles. Il suffit d'un simple dialogue entre Bond et Rene Mathis sur le fait que le premier n'arrive pas à dormir pour comprendre toute la souffrance de l'agent. Le scenario est en ce sens bien plus subtil que ceux de la plupart des blockbusters américains, évitant les grandes démonstrations larmoyantes (pas besoin de voir Bond pleurer pour comprendre qu'il souffre). La relation Bond-M est elle aussi fort bien développée, celle-ci se comportant presque en mère avec son agent, et permet de grands moments entre un Daniel Craig toujours aussi habité et crédible, et une Judi Dench impériale comme à son habitude.
S'il n'est pas parfait, Quantum of Solace est donc un très bon cru, entre tradition et nouveauté, qui pose un jalon de plus dans la reconstruction du personnage, désormais en paix avec lui-même et prêt à accomplir une mission certainement plus « classique » lors du prochain film.
Résumé: Le détective Hoffman, qui s'est révélé être un autre disciple de Jigsaw, a réussi à cacher sa double identité tout en passant pour un héros. Mais maintenant, il s'agit pour lui d'éliminer un agent du FBI un peu trop curieux, tout en supervisant un nouveau jeu mortel, dernière requête de son mentor...
« This Halloween belongs to Saw 5» annonçait fièrement la bande-annonce du nouvel épisode de la série initiée par James Wan. Pas étonnant, Lionsgate ne paraissant pas prêt à lâcher la poule aux œufs d'or, vu le pactole déjà remporté par les précédents opus... Seulement, cet épisode apportait de nouveaux défis. Tout d'abord, il devenait urgent de remonter la pente après l'abominablement nul quatrième film qui touchait le fond, tant au niveau scénaristique (intrigue débile et inutilement compliquée, meurtres gratuits) qu'artistique (photo d'une laideur hallucinante, gore dégueu sans intérêt). Ensuite il convenait de pallier à l'absence de Darren Lynn Bousman, médiocre metteur en scène des trois opus précédents, parti pourrir d'autres films (en commettant entre autres l'un des pires épisodes de la série Fear itself, déjà pas fameuse à la base). C'est donc à David Hackl, réalisateur de seconde équipe sur les épisodes 3 et 4 qu'incombe la lourde tâche de relancer la franchise sur de bons rails.
Premier constat qui fait plaisir : le départ de Bousman permet à la série de retrouver un peu de tenue visuelle. Si on est loin d'atteindre le nirvana, force est de constater que ce cinquième volume tient au moins la route, abandonnant les immondes filtres colorés du film précédent. Dans le même esprit, si le film utilise toujours cette agaçante technique des accélérations brusques lors de l'exposition des pièges, il le fait avec un peu plus de parcimonie, et avec une meilleure gestion (genre on comprend ce qui se passe). Enfin, si cet épisode est toujours assez gore, l'équipe a quelque peu levé le pied sur les meurtres gratuits et les gros plans dégueu (pas d'opération à crâne ouvert de 5 minutes ici). Suivant la tradition de la série, les acteurs sont tous assez médiocres, mis à part Julie Benz qui apporte un peu de professionnalisme et de conviction à un rôle assez peu développé. Le pire étant tout de même Costas Mandylor, monolithique et inexpressif au possible dans le rôle d'Hoffman.
Mais le véritable défi restait tout de même d'arriver à pondre une nouvelle histoire pour une franchise qui commence sérieusement à s'essouffler. Et il faut reconnaître au moins un mérite aux scénaristes, c'est d'arriver épisode après épisode à broder autour d'un film qui était censé être un « one shot » à l'origine. Le problème, c'est qu'à force d'éliminer méthodiquement tout le casting, il ne reste plus énormément de personnages pour jouer les héros face à Jigsaw (même si celui-ci est décédé depuis deux épisodes). Donc cet épisode tourne autour d'Hoffman, le deuxième disciple de Jigsaw révélé à la fin de Saw 4, et de Strahm, agent du FBI et unique rescapé du précédent film. Autre problème, à force de vouloir à tout prix pondre une intrigue à tiroirs pour refaire le coup du twist de la mort à chaque film, les scénaristes commencent à se perdre dans les méandres d'une franchise qui devient dès lors bougrement compliquée. Impossible donc de voir ce Saw 5 sans avoir vu les quatre autres, et même en les ayant vus, il vaut mieux avoir révisé avant pour pouvoir recoller les morceaux des différents flashbacks (obligatoires pour pouvoir faire apparaître Tobin Bell dans le rôle de Jigsaw). En dehors de ce gros défaut, il est agréable de constater que les scénaristes se la jouent plutôt humbles sur cet épisode, proposant deux intrigues croisées assez linéaires : la quête de l'agent Strahm pour faire tomber Hoffman, et les mésaventures de cinq personnes (dont la ravissante Julie Benz) coincées dans un nouveau jeu mortel. Le film se suit donc sans trop de problèmes, même si les ficelles commencent à être très éprouvées. On sait très bien que l'agent du FBI va finir par se faire avoir comme à chaque fois, et que les gens participant au jeu vont faire tout le contraire de ce qu'il faut (et sur ce coup il faut avouer qu'ils sont particulièrement crétins et méritent bien leur sort). Même le twist final tant vanté par la campagne de pub (« You won't believe how it ends » qu'ils disaient) est assez prévisible et n'est d'ailleurs pas vraiment un twist puisque découlant du reste des événements (au moins il est logique et crédible pour une fois). Enfin, dernier bon point, les scénaristes ouvrent déjà quelques pistes pour le prochain épisode déjà prévu (vous ne pensiez tout de même pas qu'ils allaient s'arrêter là ?), notamment à travers la mystérieuse boite que Jigsaw a légué à son ex femme.
Ce nouvel opus remonte donc sensiblement le niveau de la franchise après de désastreux Saw 4, mais l'essoufflement de la série se ressent de plus en plus et il serait étonnant que la lassitude ne tarde pas à gagner le public...
Comme toujours, cet article contient de nombreux spoilers sur les événements relatés dans la saison, donc les personnes ne voulant pas en apprendre trop feraient mieux de passer leur chemin.
Sept ans. Cela fait déjà sept longues années que la série relatant la jeunesse de Superman est présente à l'écran et que son succès ne se dément pas. Et le plus étonnant dans tout ça, c'est que la série s'améliore de saison en saison, au lieu de péricliter comme beaucoup le font après quelques années (remember Nip/Tuck ?). Si la saison 6 tenait la plupart de ses promesses, elle se terminait sur un cliffhanger un peu faiblard. Difficile en effet de croire à la mort de Lana, ou à celle de Chloe, mais en revanche l'apparition d'un nouveau super-vilain est toujours bienvenue. Il s'agit donc ici de Bizarro, un évadé de la zone fantôme ayant réussi à recopier les pouvoirs de Clark. Bien évidemment, le premier épisode de la saison 7 reprend là où la précédente s'était terminée. Et si celui-ci souffre une fois de plus du « syndrome Smallville » (à savoir expédier en 45 minutes des intrigues passionnantes et tuer le nouveau super vilain en trois coups de latte), ce n'est que pour mieux lancer de nouvelles pistes et surtout cacher le jeu des scénaristes. Car il semblerait que ceux-ci ont enfin appris de leurs erreurs et livrent ici non seulement la meilleure saison de la série, mais aussi une des meilleures saisons de l'an dernier, toutes séries confondues. Explication.
Première nouveauté de poids, l'introduction du personnage de Kara, cousine de Clark, que les fans de Superman connaissent mieux sous le nom de Supergirl. Un personnage essentiel de la mythologie du bonhomme en collants, que les scénaristes prennent soin de développer tout au long des vingt épisodes de la saison. Car si Clark est un homme posé et réfléchi, Kara est bouillonnante et fougueuse, n'hésitant pas à se jeter dans la mêlée, souvent à ses dépends. Un personnage excellemment interprété par la jeune Laura Vandervoort et qui apporte une nouvelle dynamique au show, l'empêchant de s'enfermer dans une routine narrative malvenue. Le personnage de Kara permet aussi quelques pointes de sadisme des scénaristes, qui n'hésitent pas à jouer avec les attentes du spectateur assidu (voir l'épisode dans lequel elle convainc presque Clark d'enfin apprendre à voler).
Deuxième bon point et très grosse surprise pour ma part, la quasi-disparition du fameux « syndrome Smallville ». En effet, dans cette saison l'intrigue prend une ampleur inattendue et les scénaristes n'hésitent pas à ramener des personnages que l'on croyait définitivement disparus. Pete Ross, tout d'abord, qui revient dans l'épisode Hero faire un petit coucou à son pote Clark. Un retour malheureusement assez foiré dans un des épisodes les plus faibles de la saison. Il y a ensuite Lana qui revient très logiquement d'entre les morts, ayant en fait feinté sa mort (on s'en serait pas douté) pour échapper à l'influence de Lex. Sa relation avec Clark prend un nouveau tour puisque les deux tourtereaux finissent par enfin sortir ensemble. Mais bien évidemment, vivre avec le héros parfait n'est pas des plus facile, comme la belle l'apprendra à ses dépends. Oliver Queen, alias Green Arrow, vient lui aussi faire un petit détour par Metropolis le temps d'un épisode, et sa présence est suggérée plusieurs fois. Mais la vraie surprise vient du côté des méchants. Tout d'abord, le fameux Bizarro, qu'on croyait comme d'habitude éliminé dès le premier épisode de la saison, n'est en fait pas mort et reviendra semer un peu de chaos quelques épisodes plus tard. Très étonnant de la part de l'équipe de Smallville que de ramener ainsi un méchant. Encore plus étonnant, et beaucoup plus jouissif est le grand retour de Brainiac, toujours incarné par l'excellent James Marsters. Un Brainiac en pleine forme qui complote dans l'ombre pendant une bonne partie de la saison avant de faire éclater son plan au grand jour : détruire Clark avant qu'il ne soit envoyé sur Terre et permettre ainsi le retour de Zod. Une série d'épisodes palpitants qui retrouvent enfin l'esprit comics : des supers vilains increvables avec des plans diaboliques de domination de la planète.
Mais une fois encore, le personnage qui se taille la part du lion est celui de Lex Luthor. Un Lex qui passe par plusieurs phases cette saison, d'abord tente de revenir du côté du bien suite à son sauvetage par Kara, puis qui s'enfoncera inexorablement du côté obscur, jusqu'à commettre le crime ultime du parricide. Michael Rosenbaum excelle une fois de plus à apporter un jeu nuance à ce génie du Mal, et évite de tomber dans la caricature grotesque et grandiloquente. Son Lex Luthor est réellement effrayant mais néanmoins terriblement humain et faillible. Tous ses actes ne sont finalement guidés que par le manque d'affection dont il a bénéficié de la part de son père et dont il découvrira ici l'origine. Une découverte qui renforcera sa haine envers Clark (le fils de remplacement de Lionel) et le conduira jusqu'à un cliffhanger hautement redouté (bien que manquant un chouia de spectaculaire).
Bref, malgré quelques défauts récurrents du show (la disparition soudaine de certains personnages comme l'allié martien de Clark, des pistes intéressantes éludées comme les pouvoirs de Chloe), cette saison réussit enfin à être totalement enthousiasmante. On suit avec passion les divers rebondissements, le rythme est très soutenu, les clins d'œil à la BD sont nombreux (voir l'épisode où le héros enfile enfin son « costume » de Clark Kent avec la carte de presse, le costard et les fameuses lunettes), la mythologie prend enfin tout son sens et les personnages sont plus attachants que jamais. En clair on attend avec beaucoup d'impatience la prochaine saison pour voir si la série va continuer sur sa lancée...
Critique: L'Oeil du Mal (Eagle Eye) (Critique Cinéma)
10/22/2008 8:29
Résumé: Jerry Shaw (Shia LaBeouf) est un loser sans grande ambition, toujours fauché, et qui travaille dans un magasin de reprographie. Sa vie bascule lorsqu'un soir en rentrant chez lui après l'enterrement de son frère jumeau, il découvre son appartement rempli d'armes et d'équipements destinés à fabriquer des bombes. Une femme mystérieuse lui téléphone alors pour lui signifier qu'il a 30 secondes pour quitter le bâtiment avant que le FBI ne débarque. C'est le début d'un long cauchemar pour le pauvre Jerry, qui va devoir se dépêtrer d'une situation sur laquelle il n'a plus aucun contrôle...
Attention ! Cette critique contient de très nombreux spoilers, notamment sur la fin du film. Lisez à vos risques et périls !
Eagle Eye (on va oublier le titre français tout pourri et totalement à contresens du film) est le nouveau film de D.J. Caruso après le très sympathique Paranoiak l'an dernier (encore un titre français ridicule, décidément, il est pas gâté le pauvre !). Initialement prévu à la réalisation, Spielberg a décidé de laisser la place à Caruso, se contentant de produire ce blockbuster dynamique. Caruso retrouve ici la vedette de son précédent film, Shia Labeouf, dans le double rôle de Jerry Shaw et de son frère jumeau. Il est secondé par la charmante Michelle Monaghan, elle aussi prise dans cette spirale infernale. Le casting est complété par quelques acteurs solides dans les seconds rôles, notamment le toujours impeccable Billy Bob Thornton en agent du FBI opiniâtre, et Michael Chiklis, qu'on préfère dans ce petit rôle du secrétaire de la défense que dans celui du bibendum chamallow, pardon, de la Chose dans Les 4 Fantastiques.
S'il est loin de révolutionner le cinéma d'action, Eagle Eye est un très sympathique blockbuster qui parvient sans peine à divertir deux heures durant. Son scenario est certes loin d'être original (on mixe allègrement Minority Report pour le côté « tout le monde en a après moi », Ennemi d'Etat pour le côté « oh mon dieu je suis surveillé quoique je fasse » et surtout I, Robot avec cette histoire d'intelligence artificielle qui outrepasse ses fonctions pour le bien de l'humanité) mais suffisamment bien mené et efficace pour tenir en haleine jusqu'au bout. La moindre des qualités du film étant d'arriver à faire avaler au spectateur des facilités scénaristiques énormes (ah oui c'est quand même bien pratique que le gars dont l'IA a besoin ait justement un frère jumeau, et puis je savais pas qu'on pouvait faire péter des lignes à haute tension aussi facilement pour tuer les gens...) sans que cela ne soit dérangeant. On se laisse très rapidement prendre au jeu, suivant avec intérêt ce jeu de piste mortel. Une grosse part du mérite revient à ce sujet aux deux acteurs principaux, aussi à l'aise dans les scènes d'action que dans les passages plus intimistes. A cet égard, Shia LaBeouf s'affirme de plus en plus comme un acteur à suivre.
Mais le film n'est pas exempt de défauts, le principal étant le foirage quasi intégral des scènes d'action. La scène de poursuite en début de film se veut haletante, elle est au final juste bordélique et incompréhensible. Caruso tente de faire son Paul Greengrass mais il est loin d'avoir sa maitrise de l'espace. Etonnant tout de même que le parrainage de tonton Spielberg n'ait pas eu plus d'influence sur la réalisation de son poulain. Surtout que les quelques autres scènes d'action sont un peu plus maitrisées et que le final intense est un modèle de découpage (on pense pas mal aux films de de Palma dans cette façon de mettre tous les éléments en place pour le grand final). Et puisqu'on en est à parler de la fin, j'en viens au second problème du film, à savoir son happy end niaiseux. Non seulement on nous fait le coup du « mais non, en fait le héros il est pas mort, vous inquiétez pas !» mais en plus on a droit à l'affreuse scène pour montrer que ben les deux personnages principaux ils sont tombés amoureux et en plus le mec il est devenu responsable et adulte et toussa... Un épilogue guimauve qui reste un peu en travers de la gorge, mais un peu contrebalancé par la scène montrant que quoiqu'il se passe, les politiques sont incapables d'apprendre de leurs erreurs.
Au final, Eagle Eye est un très sympathique blockbuster, dynamique et haletant, mais un peu gâché par une réalisation parfois approximative. Gageons tout de même que Caruso va continuer à s'améliorer et finir par nous pondre un très bon film un jour ou l'autre. C'est tout le mal qu'on lui souhaite.
J'ai investi il y a quelques mois dans une Playstation 3, premièrement parce que je suis un fan de la console de Sony depuis ses débuts, et ensuite parce qu'en tant que cinéphile j'étais très attiré par le blu ray. Du coup, dans la foulée j'ai aussi investi dans un écran Full HD de 102cm de diagonale, histoire de profiter pleinement de mes jeux et films. Après ces quelques mois de test, je me suis dit qu'il serait intéressant de donner mon point de vue sur le tout nouveau support de Sony. Je n'ai pour l'instant qu'une dizaine de blu ray et je n'en ai regardé que quatre, mais j'estime que c'est suffisant pour se faire une idée.
Premier constat, c'est indéniablement beau. J'ai personnellement acheté des films qui à mon avis valent le coup en blu ray, soit des films beaux visuellement ou comportant des scènes d'action intenses. Le premier que j'ai regardé a été La Légende de Beowulf de Robert Zemeckis. Si celui-ci m'a impressionné, j'avoue ne pas avoir été non plus énormément emballé. Il faut dire que j'avais découvert le film en salle dans des conditions optimales : projection numérique et en 3D. Donc forcément, mon écran de 102cm sans la 3D a un peu du mal à soutenir la comparaison. Mais il n'empêche que l'image est d'une beauté hallucinante, rendant totalement la perfection numérique du film. De même, le superbe L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, d'Andrew Dominik (mon film de l'année dernière), est un plaisir à redécouvrir sur ce support. Le soin apporté à l'édition (notamment à la conservation des éléments flous) est hallucinant. La magnifique scène de l'attaque du train prend une ampleur inédite en haute définition.
Mais les deux films qui m'ont le plus durablement impressionné sont Transformers et Return to House on haunted Hill. Inutile de présenter le premier, vu le carton plein du film de Michael Bay l'an dernier. Et là il faut avouer que le blu ray est totalement adapté pour ce genre de film. Les plans dans le désert sont superbes, et acquièrent une profondeur inédite, tandis que les démentielles fights entre robots sont d'une fluidité exemplaire. Les effets spéciaux d'ILM sont encore plus impressionnants qu'en salle et atteignent la perfection. Tout concourt à ce que le visionnage en haute définition soit aussi jouissif que l'expérience en salle. J'ai hâte de voir ce que cela va donner sur Transformers 2 avec ses scènes en Imax. Le seul reproche que je ferais à ce blu ray est son temps de chargement assez long lors du lancement du disque, celui-ci installant des composants sur le lecteur.
Enfin, le dernier film de cette petite sélection, Return to House on haunted Hill, est un direct to dvd, suite du très sympathique La Maison de l'Horreur de William Malone. Si le fait d'acheter ce film en blu ray peut paraître étonnant, vous allez très vite comprendre la raison de ce choix. En effet, le blu ray de RHHH (c'est plus court) possède une spécificité bien particulière au niveau de son interactivité. A l'instar du dvd de Destination Finale 3 il y a quelques années, ce film possède une fonction seamless branching permettant au spectateur d'influer sur le déroulement de l'histoire et le sort des personnages. Et si cette fonctionnalité n'était que partiellement convaincante sur Destination finale 3 (le dvd buggait parfois pas mal et il était impossible de modifier son choix sans se retaper tout le film) elle est ici parfaitement intégrée et impressionnante. J'ai organisé hier une soirée avec des amis pour tester ce blu ray et nous avons tous été bluffés. Le métrage comporte sept « nœuds » lors desquels un choix est demandé au spectateur. Si certains choix n'influent que peu sur le reste du film (la mort du personnage est juste différente ou retardée de quelques minutes), d'autres s'avèrent tout simplement cruciaux. Ainsi, nous avons constaté au bout de 45 minutes de film que l'un des choix mettait tout simplement fin à l'aventure en tuant tout le monde lors d'une énorme fusillade ! Une grosse surprise à laquelle personne ne s'attendait. De même, certains choix effectués en début de film influent directement sur le final de celui-ci et le sort des personnages principaux. Les différentes fins peuvent aller du happy end banal à un épilogue d'une grande noirceur. L'expérience est donc très originale et on se prend totalement au jeu, tentant de voir ou mènent les différentes combinaisons. La navigation et le visionnage se font sans ralentissement notable et un temps limité lors des écrans de choix augmente la sensation d'urgence pour ne pas casser le rythme du film. Une expérience unique et ludique, donc, dont on espère qu'elle sera renouvelée rapidement.
Donc au niveau de l'interactivité et de la beauté des images, le blu ray est réellement impressionnant. Mais ce qui manque à mon avis pour que le support décolle totalement, c'est le soin apporté au packaging. Pour l'instant on se retrouve comme aux balbutiements du dvd, avec une pauvre boite en plastique bleue assez moche. Or le blu ray est pour le moment un support réservé principalement aux cinéphiles, et ces cinéphiles sont aussi très souvent des collectionneurs invétérés, privilégiant le bel objet (je le sais, je suis comme ça). Et très franchement, lorsqu'on a face à face une superbe édition dvd de La Belle au Bois dormant en forme de livre de conte et une édition blu ray avec certes une image parfaite, mais dans un packaging basique, on prend l'édition dvd. Idem pour le très beau L'Orphelinat, qui est proposé en France dans trois éditions dvd dont une somptueuse édition 3 dvd. Donc si les éditeurs comprennent ça, il ne fait aucun doute que le support va décoller. Certains font tout de même déjà de timides efforts : la FNAC a sorti une très jolie édition spéciale du superbe Into the Wild de Sean Penn que je me suis empresse d'acquérir, et j'ai commandé le coffret américain de The dark Knight, avec sa réplique miniature du batpod intégrée.
En conclusion, il est difficile d'estimer le succès futur du support, surtout auprès du grand public, mais celui-ci devrait rapidement décoller auprès des cinéphiles dès que les éditeurs investiront plus sur le packaging. Personnellement, je ne suis pas encore totalement conquis (notamment, j'ai peur que la perfection de la haute définition dénature les vieux films) mais je ne demande qu'à l'être...
Résumé: En 2012, une dure crise financière a frappé les Etats-Unis. De nombreux travailleurs se retrouvent sans emploi et la délinquance augmente de façon exponentielle. Incapable de gérer l'explosion du nombre de détenus, l'état décide de confier la gestion des prisons à des entreprises privées. Pour rentabiliser leur investissement, celles-ci ne tardent pas à organiser et diffuser à la télé des combats de gladiateurs entre détenus. Une fois le filon épuisé, la Death Race est créée : une course de voitures mortelle, dans laquelle la récompense ultime est la liberté. Jensen Ames (Jason Statham), ancien pilote de course condamné à tort pour le meurtre de sa femme, est rapidement embarqué dans cette course démentielle.
Nouveau film du conspué Paul Anderson (ben oui, le bonhomme a quand même commis l'immonde Alien vs Predator et ruiné la franchise Resident Evil), Death Race ne fait pas dans la finesse. Remake du Death Race 2000 de Paul Bartel (sorti en 1975), le film d'Anderson ne reprend que peu d'éléments de son modèle. On retrouve donc bien la course où tous les coups sont permis, mais cette fois elle se déroule en lieu clos et non à travers les USA. Exit aussi le côté politiquement incorrect avec le système de points marqués en fonction des gens écrasés sur la route. De même, toute la satire des medias a disparu ou presque. Seuls rescapés de l'ancienne version, les personnages de Frankenstein (anciennement incarne par David Carradine) et de Machine Gun Joe (qui change de couleur au passage, passant de Sylvester Stallone à Tyrese Gibson) sont sensiblement différents aussi. Donc finalement, inutile de comparer les deux films, puisqu'ils sont totalement différents, même dans leur traitement : Bartel réalisait une sorte d'épisode du dessin animé Les fous du Volant en live, alors qu'Anderson nous pond une sorte de Mario Kart sanglant, stupide mais totalement jouissif.
Et c'est là tout le paradoxe de ce Death Race nouvelle version : on a beau savoir que c'est un film totalement crétin, au scénario prétexte, totalement misogyne (mis à part Joan Allen, les femmes sont toutes des pétasses filmées comme dans un clip de rap), à la vulgarité assumée, on marche à fond. Parce que pour une fois Anderson s'attaque à son sujet de façon humble, sans se la péter avec des effets tape à l'œil comme dans Resident Evil, et en se lâchant au niveau violence (contrairement à Alien vs Predator). Bref, il a pris son pied en tournant le film et ça se sent. Death Race est donc un spectacle régressif totalement assumé comme tel, un énorme plaisir coupable pour le spectateur.
L'influence du jeu vidéo est ainsi palpable du début à la fin du film, Anderson ne s'étant jamais caché d'être fan de ce type de divertissements. La customisation de la voiture, la course en trois niveaux, l'excellente idée des pastilles activant les armes, voire même le boss de fin avec l'énorme Dreadnaught, tout concourt à faire de Death Race un vrai jeu vidéo live. Pas besoin dès lors d'un scénario très développé, puisque tout tourne autour des trois étapes de la course. Des courses plutôt bien emballées d'ailleurs, et même si on est loin d'atteindre la virtuosité d'un Speed Racer et malgré un montage parfois un peu hasardeux, il faut avouer qu'Anderson sait tout de même manier une caméra. Par contre, le vrai bon point du film, c'est d'utiliser une galerie de « tronches » comme on en voit rarement au ciné de nos jours. Jason Statham est comme toujours assez monolithique mais assure grâce à son charisme inné et est parfaitement crédible en Frankenstein. A ses côtés, on a le plaisir de retrouver l'excellent Ian McShane, l'iconique Swearengen de Deadwood, ainsi que la très bonne Joan Allen (la trilogie Jason Bourne) en garce ambitieuse. De nombreux autres seconds rôles solides viennent compléter ce trio de tête : Tyrese Gibson et le flippant Robert LaSardo (Escobar Gallardo dans Nip/Tuck) notamment sont des adversaires convaincants et tenaces.
Bref, vous l'aurez compris, Death Race c'est con mais foutrement jouissif et sympathique, et mieux emballé qu'un Fast and Furious. Le film parfait pour une soirée pizzas-bières entre potes en somme.
Résumé: Partenaires depuis une vingtaine d'années dans la police de New York, « Turk » (Robert de Niro) et « Rooster » (Al Pacino) sont deux super flics inséparables. Leur dernière enquête concerne un tueur en série qui s'amuse à éliminer des repris de justice que la police n'a pas réussi à mettre en prison. Et n'étant pas dénué d'humour, celui-ci signe ses crimes en laissant derrière lui de courts poèmes.
Righteous Kill était censé constituer un événement. Rendez-vous compte : le premier film dans lequel Al Pacino et Robert de Niro se partagent l'affiche ET l'écran. Parce que Heat a beau être génial, la rencontre physique des deux acteurs ne durait pas plus de 10 minutes. C'est donc avec une certaine impatience que j'attendais ce nouveau film, impatience tout de même teintée d'une certaine méfiance. Parce que bien que de Niro soit un grand acteur, ses dernières prestations laissaient plutôt à désirer, tombant rapidement dans le cabotinage le plus ridicule (il arrive à plomber à lui tout seul le magnifique Stardust de Matthew Vaughn). Et puis surtout, le nom du réalisateur attaché au projet ne m'inspirait guère confiance, Jon Avnet étant certes à l'origine du sympathique George de la Jungle, mais aussi du pitoyable 88 Minutes, déjà avec Pacino en tête d'affiche. Et malheureusement, mes craintes étaient totalement fondées, puisque Righteous Kill est tout simplement minable.
Le film s'ouvre sur une vidéo de mauvaise qualité présentant le personnage de de Niro. Il est blessé à la tête et en train de confesser les meurtres qu'il a commis, quatorze en tout. Le film repart ensuite en arrière pour montrer comment tout a commencé et présenter le déroulement de l'enquête (tiens, c'est marrant, c'est le même genre de procédé que celui utilisé sur Inside Man. Ben oui, forcément, c'est le même scénariste !). Problème : dès cette intro, le spectateur est à moitié perdu, Avnet étant incapable de gérer les différents sauts temporels de son récit. Ainsi, les événements se passant quatre ans en arrière ont l'air de s'être produits deux jours plus tôt, et de plus, le réalisateur ne prend pas le temps de nous introduire correctement les personnages principaux (tout juste les voit-on s'entraîner sur un stand de tir pendant le générique, ce qui ne nous indique pas grand-chose sur leur personnalité). Et le reste est du même acabit, totalement décousu et bordélique. Le personnage de Carla Gugino est introduit n'importe comment et ne sert strictement à rien si ce n'est à jouer les poupées gonflables pour de Niro, les personnages de Donnie Wahlberg et John Leguizamo sont taillés à la serpe et balancés en plein milieu de l'intrigue sans prévenir (et en plus ils sont particulièrement stupides)... Seul 50 Cent tire à peu près son épingle du jeu, bien que son personnage n'apporte rien au film. Bref, c'est un beau bordel, mais c'est loin d'être la seule tare du film.
Car en plus de ça, l'intrigue est extrêmement poussive et inintéressante. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'on a déjà vu ça des centaines de fois et qu'Avnet est incapable d'instaurer ne serait-ce qu'une once de suspense à son histoire téléphonée. Ah oui, il essaie bien de nous lancer sur la fausse piste de de Niro coupable, mais franchement, impossible d'y croire, et surtout, les indices sur la véritable identité du coupable sont tellement évidents et surlignés qu'au bout de 20 minutes on a déjà deviné le fin mot de l'histoire. Le twist final, qui au passage repose sur la pire astuce scénaristique que j'aie jamais vue, est donc rapidement éventé et on s'ennuie ferme. Avnet et son scénariste essaient tant bien que mal de noyer le poisson en diluant leur micro intrigue dans un certain nombre d'histoires secondaires sans intérêt (au lieu de développer leurs héros), mais la sauce ne prend jamais. De Niro ne cabotine pas et a l'air d'y croire à peu près, mais Pacino a l'air de se foutre royalement de ce qui se passe (on le comprend) ce qui fait que leur rencontre « au sommet » est aussi plate que le reste du film, là ou on aurait dû avoir des étincelles. En une scène de dialogue, Michael Mann créait un face à face de légende dans Heat, alors qu'en un film Avnet arrive à rendre ces deux monuments aussi banaux que n'importe quel acteur lambda. C'est la différence entre être un génie et un tâcheron. Parce que c'est bien beau de citer Dirty Harry pour se la pèter, mais encore faut-il assurer derrière... Un grand merci donc à Avnet et aux producteurs l'ayant mis à la barre de ce film pour le très joli travail de sape.
Note : 3/10 (juste pour le casting et Carla Gugino)
Résumé: Désespéré par les caprices de stars de ses trois acteurs principaux, le réalisateur d'un film sur la guerre du Vietnam décide d'employer une méthode radicale. Il parachute ceux-ci en pleine jungle, sur un terrain truffé de cameras et d'effets pyrotechniques, afin d'obtenir d'eux un comportement réaliste. L'expérience dégénère rapidement lorsqu'une bande de narco trafiquants prend la bande d'acteurs pour des agents de la DEA...
L'été 2008 a été un véritable bonheur pour les amateurs de comédies américaines, puisque pratiquement tous les plus grands acteurs du domaine étaient présents sur les écrans pour combler les goûts de chacun: Adam Sandler (Rien que pour vos Cheveux), Steve Carrell (Max la Menace), Will Ferrell (Step Brothers), Seth Rogen (Pineapple Express), Eddie Murphy (Meet Dave), le seul absent notable étant Jim Carrey... C'est donc au tour de Ben Stiller, accompagné de Jack Black et Robert Downey Jr, de conclure en beauté un été cinématographique placé sous le signe de la bonne humeur (même si The dark Knight est venu apporter quelques gouttes de noirceur bienvenues). Tropic Thunder était d'autant plus attendu qu'il s'agit de la deuxième réalisation de Stiller, après le génial Zoolander. Vendu comme une parodie de films d'action un peu façon Hot Shots 2, Tropic Thunder est en fait bien plus que ça et propose plutôt une analyse sur les acteurs et leurs névroses, sans pour autant se la jouer « filmeuh d'oteur », car après tout on est là pour passer un bon moment.
Et le spectacle démarre très fort avec des fausses bandes-annonces en guise de pré générique, afin de présenter les carrières des principaux protagonistes du film. Absolument hilarants, ces faux trailers font mouche à chaque fois et égratignent gentiment les genres incriminés: les clips de rap US avec bimbos et pub racoleuse inside pour le rappeur Alpa Chino (Brandon T. Jackson), le film d'action décérébré aux multiples suites pour Tugg Speedman (Ben Stiller), la comédie lourdingue et vulgaire pour Jeff Portnoy (Jack Black) et le meilleur pour la fin, le ciné indépendant et intello qui se la pète pour Kirk Lazarus (Robert Downey Jr, secondé par Tobey Maguire dans un cameo génial). Mais mine de rien, ces quelques minutes de bonheur permettent aussi à Stiller de présenter sans temps mort les protagonistes de son film et de les rendre immédiatement reconnaissables pour le spectateur, tout en se moquant de la propension d'Hollywood à catégoriser les acteurs. Une fois cette présentation expédiée, on nous explique rapidement les tenants et aboutissants de l'intrigue, via une voix off pompeuse retraçant comment les studios en sont venus à financer un nouveau film sur le Vietnam.
Et c'est à partir de ce moment-là que le spectateur commence à être déstabilisé. Car si le film démarre sur les chapeaux de roue, il se calme très rapidement, Stiller préférant se concentrer sur ses personnages et l'exposition de la situation plutôt que de se lancer dans un déluge de gags portnawak. Tropic Thunder est en effet un film bénéficiant d'un très grand soin d'écriture, qui préfère faire rire aux travers de ses personnages et de situations développées plutôt que de balancer 20 gags à la minute en espérant que l'un d'eux fasse mouche. Et on se rend alors compte que ce genre de comédie se fait finalement bien rare sur les écrans et que cela fait un bien fou de voir un film avec un vrai scénario exploitant au maximum les situations. Mais bien évidemment, on rit énormément et Stiller arrive à surprendre avec quelques gags dont il a le secret (ah la scène du panda !), un recours surprenant au gore (la scène de la tête coupée) et au travers de quelques bons seconds rôles. On retiendra notamment la participation de Matthew McConaughey dans le rôle de l'agent dévoué de Tugg, Nick Nolte en vieux soldat, mais surtout la prestation monstrueuse de Tom Cruise, méconnaissable et déchaîné en abominable producteur. C'est bien simple, on n'avait jamais l'interprète d'Ethan Hunt ainsi ! Mais bien entendu, ce sont les trois acteurs principaux qui se taillent la part du lion, tous excellents dans des rôles présentant les différentes facettes des acteurs. Ben Stiller est très drôle et émouvant en acteur de film d'action sur la pente descendante, et qui voudrait se reconvertir mais est incapable de jouer sur le registre émotionnel. Jack Black en fait des tonnes en comique raté et complètement accro à l'héroïne, mais c'est bien entendu Robert Downey Jr qui remporte le morceau. Son personnage d'acteur multi oscarisé incapable de se sortir de son rôle est à se tordre de rire, tout particulièrement lors de ses affrontements verbaux avec Alpa Chino. Une composition étonnante de la part d'un acteur décidemment en très grande forme cette année.
Mais la cerise sur le gâteau, c'est que Ben Stiller n'oublie pas son public et délivre une dernière demi heure d'anthologie, à la fois film d'action bourrin rendant hommage tout autant à Rambo 2 qu'aux films de John Woo, mais aussi enchaînant les gags hilarants sans temps morts. Apres cette énorme scène, le film se termine sur une note émotionnelle bienvenue montrant l'épanouissement d'un acteur enfin reconnu par ses pairs. On remercie donc Ben Stiller qui avec ce film prouve qu'il peut tout à fait mêler comédie hilarante avec un ton doux amer et une vraie réflexion sur le métier d'acteur. On en redemande.