
The Forbidden Kingdom
Réalisé par Rob Minkoff
Ecrit par John Fusco
Avec Michael Angarano, Jackie Chan, Jet Li, Liu Yi Fei...
Tourné en 2.35 Cinémascope
le synopsis | Il y a bien longtemps, en Chine, un combat décisif entre le Monkey King et celui qui deviendra Empereur verra ce dernier piéger le Monkey King et, ne pouvant le tuer, l'emprisonnera à l'état de statue de pierre. Le baton sacré qui lui sert d'arme est alors perdu et le Monkey King condamné à rester à l'état de pierre tant que personne ne le délivrera grâce au précieux baton.
De nos jours, un adolescent américain accro aux films de kung-fu découvrira dans un pawn shop de la ville de Boston le fameux bâton et, lors de circonstances extraordinaires, se retrouvera projeté dans le passé, en Chine, dans le but de rendre le bâton au Monkey King et ainsi de le délivrer de sa prison de pierre. Mais pour cela, il devra affronter l'Empereur et ses sbires. C'est ainsi qu'il fait la rencontre de Lu Yan (Jackie Chan), un maître de kung-fu dont l'élixir à l'origine de ses pouvoirs est une jarre pleine de vin, ainsi que du Silent Monk (Jet Li) qui deviendront ses maîtres dans l'art du Kung-Fu. Il rencontrera également Golden Sparrow (Liu Yi Fei), une jeune chinoise dont la famille a été assassinée par l'Empereur et qui a depuis juré de se venger. Les voilà lancés à quatre contre une gigantesque armée dans le but de vaincre l'Empereur et d'enfin librérer le Monkey King...
la critique | Affichant un nombre plutôt impressionnant de critiques positives (63% sur Rotten Tomatoes, ce qui revient à dire que ça n'arrive que très rarement) aux Etats-Unis, la réception du film fait plaisir tant il était prévisible de se dire qu'il allait se faire massacrer. Bien heureusement, les critiques savent encore passer un bon moment de cinéma de grand spectacle sans avoir honte de bien aimer. The Forbidden Kingdom, ou la réconciliation critiques/spectateurs que l'on aurait déjà dû avoir sur Transformers.
Commençons déjà par ce qui aurait pu (et les arguments sont valables) valoir au film de se faire massacrer. A l'origine, The Forbidden Kingdom est parti de l'idée de faire un film réunissant pour la première fois Jackie Chan et Jet Li. C'est d'ailleurs exactement comme tel qu'il a été vendu aux Etats-Unis et il faut donc se montrer prudent, puisque le film n'est pas un affrontement des deux légendes. Le personnage principal, c'est Michael Angarano (excellent dans Lords of Dogtown de Catherine Hardwicke), Jackie Chan et Jet Li gravitent autour comme mentors et ont notamment droit à une scène d'affrontement hallucinante qui ravira ceux qui n'attendaient que de voir ces deux maîtres s'affronter, mais le film n'est pas un Versus de ces deux légendes. Si vous vous foutez de l'histoire de l'adolescent qui joue le rôle principal, vous vous trompez de film. Egalement, ce qui pourra tromper certaines personnes, c'est que The Forbidden Kingdom est, dans son coeur, destiné aux enfants. Bien entendu il n'exclut absolument pas les autres catégories de pesonnes, mais ça reste un film plutôt simple, avec ses clichés et sa naïveté. Sur ces deux points principaux qui vaudront au film la majorité de ses critiques, il faudra néanmoins ajouter aux détracteurs que The Forbidden Kingdom offre certaines des meilleures scènes de combat visibles sur grand écran de mémoire cinématographique récente.
Pourquoi The Forbidden Kingdom est-il donc un film qui réjouit tant les spectateurs et les critiques ? Et bien tout simplement parce que c'est un pur film de grand spectacle auquel il n'y a que très peu de reproches à faire. Les combats sont excellents, les chorégraphies et le découpage de l'action sont irréprochables. Bien souvent quand on va voir un film de combat au cinéma on en ressort déçu, avec le sentiment d'en avoir eu trop peu, mais The Forbidden Kingdom en donne pile la dose qu'il faut pour rythmer le film et tenir le spectateur en haleine sans jamais délaisser l'évolution de la narration. L'histoire, malgré ses nombreux clichés, évolue à un rythme très satisfaisant et met en scène des personnages auxquels on s'attache tous très vite. Egalement, le talent de Rob Minkoff (Le Roi Lion, c'est lui) pour l'animation se voit ici utilisé à 200% tant la composition des cadres, la photographie, les décors, bref, l'aspect visuel général du film est réussi. On évolue constamment dans un univers magique aux environnements visuels variés et dépaysants, mes rétines ont été comblées pendant toute la durée du film. Du très beau boulot, le professionalisme de Rob Minkoff et son abilité à se servir du Cinémascope ainsi que le bon usage des effets spéciaux à l'intérieur même des cadres donne un film visuellement superbe.
A tout film entièrement satisfaisant, s'ajoute une bande originale de qualité. Pas forcément révolutionnaire, la bande-originale de The Forbidden Kingdom sait à la fois jouer sur la grandeur de la quête menée par les héros ainsi que sur la majestuosité des décors filmés pour donner au film toute son ampleur, tout en signant des thèmes qui restent dans la tête après la vision du film. Enfin, comment ne pas parler de Jackie Chan et Jet Li, qui s'amusent comme des petits fous dans des rôles qui leur permet à la fois de jouer de leur talent pour le combat ainsi que sur la fibre humoristique. Jet Li s'éclate, sérieux et contenu en Silent Monk et complètement barge en Monkey King, tout comme Jackie Chan en maître de kung-fu constamment sous l'influence de l'alcool avant de prendre les traits d'un vieux gérant de boutique de la ville de Boston. Complètent ce casting Michael Angarano, auquel on s'attache très vite tant il symbolise le geek adolescent qui est en beaucoup d'entre nous, et forcément, ne mentez pas, en chacun de ceux qui ira voir le film, ainsi que la magnifique Liu Yi Fei, parfaite (en trois secondes on en tombe amoureux).
Enfin, et c'est relativement mineur mais ça a le mérite de faire partie du film, The Forbidden Kingdom ne possède pas l'attitude énervante de la majorité des autres PG-13. Oui, des gens se font tirer dessus, se prennent des flèches, meurent, des villages se font dévaster... Ce n'est pas Rambo mais le film n'est pas édulcoré de ce qui est nécessaire au déroulement de l'histoire, et on ne nous fera pas de lourde morale sur la vengeance.
Ce qui rend The Forbidden Kingdom si agréable, c'est sa grande efficacité, sa grande maîtrise, son aspect visuel impeccable, son rythme très bien mené qui vous tiendra en haleine pendant deux heures, et aussi cet aspect certes enfantin mais charmant de fable à la fois simple et exotique inspirée des mythes chinois. Ce n'est pas le film le plus fin du monde, mais la simplicité du film renforce son appartenance à ces mythes et son aspect à la fois décontracté - le film laisse pas mal de place à l'humour - et héroïque de grande quête aventureuse lui donne un côté ni trop prétentieux, ni trop peu ambitieux, qui en font un petit film de grand divertissement à voir au cinéma. Les enfants vont adorer, et les autres qui sont restés des geeks adolescents s'éclateront encore plus.
Note : 7/10 - Mention Grand Spectacle
Ressemble un peu à :
- Transformers pour son côté grand spectacle/film pour geeks enfants et ados.
- 10,000 B.C. pour le côté quête mythique simple et aussi destinée aux enfants, mais en bien réalisé, bien cadré, bien rythmé et avec de bons combats.
- Never Back Down en moins ado, mieux rythmé, mieux réalisé mais aussi moins subtile.