critique DAY OF THE DEAD 2008 (Critique Cinéma)
9/5/2008 11:58
ZOMBIE, VOUS AVEZ DIT ZOMBIE ? Il y a maintenant quarante ans, le classique de George A. Romero (Night of the Living Dead) faisait trembler les fans de cinéma décalé et angoissant. Le film parlait de sujets brûlants aux Etats-Unis (la guerre du Vietnam et la cause Noire) en racontant l’histoire d’un petit groupe d’individus reclus dans une ferme, tentant d’échapper à l’assaut de morts vivants. Ces zombies là marchaient lentement. Une toute autre époque ! Et même si depuis les années 30, une dizaine de films vu le jour, c’est avec le classique de Romero que le genre fut pris très au sérieux et eu un autre impact sur le discours social. Romero en réalisera quatre suites dont le célèbre Dawn of the Dead, critique de la consommation de masse. Après avoir fait des émules (une centaine de film sur trente ans) de qualité inégale, le genre était tombé en désuétude et restait inlassablement bloqué dans la catégorie direct to video. Puis vint la resurrection avec l’adaptation du jeu video Resident Evil. De qualité médiocre, le film de Paul W.S. Anderson n’aurait pu prédire une telle vague revival. Celui qui aurait pu, s’appelle Danny Boyle. Avec son 28 Days Later, écrit par Alex Garland (auteur de The Beach), il rendait hommage à Romero en réhabilitant le genre zombie movie. Réalisation originale pour un film de genre (caméra dv qui d’habitude siégeait mieux aux films sociaux) qui faisait briller un genre coincé dans des codes qu’on croyait pour toujours figés. Depuis ce succès critique et public, le genre était relancé pour de bon. Et allait connaître des avatars en tout genre ! House of the Dead du spécialiste es nanar Uwe Boll nous donnait l’un des pires du genre. Mais on moins on s’est poilé pendant une semaine non stop ! En 2004, avec la vague énorme de remakes de films fantastiques, voyait surgir sur les écrans un remake de Dawn of the Dead. Horreur ! Malheur ! Mais le résultat, plutôt satisfaisant, pariait plus sur l’efficacité de la mise en scène de Zack Snyder et sur l’interprétation convaincante des acteurs que sur l’originalité de l’ensemble ! Vinrent les suites de Resident Evil (Apocalypse encore plus nul, Extinction pas vu – j’suis pas maso !), une suite à House of the Dead (oupss !), une pauvre tentative de come-back par Tobe Hooper (Mortuary ou Six Feet Under s’invitant chez les zombies. Nul !), la suite 28 semaines plus Tard, au succès trop buzz et trop facile pour être honnête (28 mois plus tard en 2009), un remake de I am Legend, sympathique divertissement à la fin ratée et un Rec qui bouffait à tous les râteliers (Blair Witch et le remake de Dawn of the Dead entre autres) mais qui plut aux forumers dans la hype du monde entier. Malheureusement pas un seul frisson, pas un seul moment original ou du moindre intéressant ne venait bousculer le spectateur !

Seules deux parodies, allons-y mettons en trois, venaient égayer notre esprit cinéphilique. Tout d’abord le très drôle Shaun of the Dead (2005), croisement aussi improbable que réussi entre comédie romantique et zombie movie par le duo Pegg/Wright. L’hommage de Rodriguez à la série Z dans le diptyque Grindhouse, avec un esprit fun complètement régressif et jouissif (Planet Terror 2007) et enfin le sympathique Fido, ou la rencontre d’une femme au foyer et de son robot zombie dans l’Amérique 50’s. Trois c’est peu tout de même ! En 2005 George A. Romero repris sa franchise, pensant que lui seul pouvait parler le zombie. Malheureusement, l’homme âgé de 65 ans à l’époque, ne réalisait qu’un film de plus (Land of the Dead). Pire, cette année, il sortait un ridicule et infâme Diary of the Dead, histoire de montrer qu’il était toujours dans le coup ! Franchement son cinéma de papa n’est définitivement plus ce qu’il était. Maintenant il dénonce une société de l’image (via youtube) complètement désensibilisée. Pourquoi pas ? Mais le Jean Pierre Pernaut du zombie movie va aller jusqu’où comme ça ? A quand les problèmes de digestions chez les vieux ? A quand les accidents dus à l’alcool ? Non plus sérieusement, parler de sujets sociaux à l’intérieur d’un film de genre, je suis pour à 100% mais pas au détriment de tout le reste ! A cause de la réhabilitation et l’analyse de ses œuvres antérieures n’importe qui colle un sujet social, histoire montrer tout l’intérêt de leur film. Et même si ces gens là n’ont rien à dire (Qui à parler de Frontières ?) ! Romero avait un discours, désormais il s’en sert comme d’un fond de commerce putassier ! Son gros point noir reste sa direction d’acteurs toujours chancelante ! Quand il a de bons acteurs ça passe (Land) mais quand ce sont des semi amateurs (Dawn et Diary) ça daille ! Pour moi sa carrière s’est arrêtée en 1985 avec Day of the Dead. Depuis plus rien à signaler ! C’était un bon cinéaste avec une œuvre aussi inégale qu’intéressante ! Maintenant (et cela n’engage que moi) il n’est plus que l’ombre de lui-même !

Qu’attendre d’un genre retombé dans ses pires travers (foisonnement d’œuvres, qualité inégale…) et d’une industrie en roue libre et en panne d’inspiration ? Rien ou si peu ! L’an dernier était mis en chantier le remake de Day of the Dead, le troisième opus de la franchise de Romero, un film inégal. Sorti direct to dvd en avril de cette année aux Etats-Unis, qu’en est-il de ce film de Steve Miner ? Est-il aussi mauvais que le prédisent les faschos de la pensée et les distributeurs américains qui filent des sous pour ne pas sortir leur film ? Premièrement Steve Miner n’est pas un cinéaste respecté et adoubé par les bien pensants. Un faiseur qui n’a d’yeux que pour l’efficacité de ses récits, qui s’efface derrière les histoires qu’il raconte mais qui garde un talent certain de mise en images, une dextérité que beaucoup pourrait lui envier ! Il a travaillé principalement pour la téloche et surtout sur des franchises d’horreur. On lui doit House, les oubliables Friday the 13th part 2, part 3 mais deux sympathiques films. Halloween H20 qui réhabilitait la saga de Micheal Myers et Lake Placid, film de crocodile. Aucun chef d’œuvre mais deux séries b efficaces qui ne se prenaient pas la tête à tenter de péter plus haut que leurs culs ! Ensuite le casting de has been sympas pouvait être un moteur pour donner envie de voir le film. Qu’en est-il ? Eh bien… eh bien… Le scénario dévie franchement de son modèle (une base militaire, des expériences sont commises sur un zombie qui se met à avoir une conscience contre une épidémie toute simple venant d’expériences) et part dans une unique direction : divertir. En cela le film est très réussi. Même si le sujet est ultra balisé, le film est très divertissant. Les acteurs sympas (Ving Rhames, Mena Suvari…) permettent de rendre attachants des personnages creux ou quasi. Mais l’intérêt du film est la violence de l’ensemble et son énergie incroyable. Une violence de pure série b voire z. Les têtes volent ! Et franchement ça fait plaisir de voir tout ce carnage ! La façon originale de se mouvoir des zombies (ultra rapide et animale) enrichit le mythe du zombie. Les maquillages sont très réussis aussi. Mais le gros défaut vient du montage de Nathan Easterling voulant coller aux effets jeunistes avec flashs, décadrages et bande sonore style grillage d’ampoule. Des effets de style dispensable plus propre au cinéma Uwe Bollien. Mais bizarrement c’est ce qui fait le charme z de ce remake. Car oui Day of the Dead est un nanar mais un nanar sympa, ultra bourrin et très divertissant. Nanar à cause de ses effets, à cause de son manque évident d’ambition mais qui remet le genre à sa place. Un sous genre du film d’horreur, lui-même un sous genre du fantastique. Gore et rigolo ce film m’a fait passer un agréable moment débile et régressif. Comme quoi pas la peine de se la péter pour réussir un tel film. Alors maintenant cela ne fait pas avancer le genre (que je respecte) du zombie movie mais cela pose une question essentielle : que préférez vous ? Des films tendances pas franchement originaux ou si peu ou des films carrés et efficaces pas franchement originaux non plus mais qui n’oublie pas de divertir ? Perso je choisirai la seconde option tant la tendance tombe dans le n’importe quoi. Bien meilleur que le nullisimme Diary of the Dead qui a pourtant mérité une sortie ciné et une couverture médiatique plus conséquente ! Amateurs de gore b ou z, a vos lecteurs multizones !
 Day of the Dead – Réalisé par Steve Miner – zone 1 * *
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6 FILMS CRITIQUES : BE HAPPY/L'EMPREINTE... (Critique Cinéma)
9/3/2008 6:06
 VOILA… C’EST FINI… L’été cinématographique arrive à sa fin. Alors qu’en est-il ? Y’avait-il de quoi se mettre sous la dent ? Eh bien oui ma chère Lucette ! Sur les dix huit films déjà chroniqués, seuls six ne m’ont pas convaincu voire énervé. Une bonne moyenne en somme ! Voici une dernière fournée de six films qui font grimper l’addition à vingt quatre. Tout d’abord commençons par le retour en grâce de Mike Leigh, le peintre social. Après un académique Vera Drake, il revient à ce qu’il fait de mieux : la chronique contemporaine. Avec Happy Go Lucky (Be Happy chez nous) il narre les aventures du jeune anglaise ultra heureuse. Poppy sourit tout le temps, se rit de tout et croque la vie à pleine dent. Mais Poppy va tomber sur un os : un moniteur d’auto-école particulièrement énervé. Allergique à la fantaisie de Poppy, il va lui mener la vie dure. Une ombre à son petit monde parfait... Tout d’abord, même si on entend ici et là, la Amélie Poulain française, rassurez vous, Happy Go Lucky n’aborde jamais son sujet comme Jeunet. Poppy n’est en rien une Amélie anglaise. Elle est complètement dans un monde réaliste. C’est juste une volonté de sa part (et aussi beaucoup sa personnalité) de voir le monde comme cela. Elle rit donc beaucoup - ce qui avouons le au début est un peu horripilant – et essaie tout le temps d’arrondir les angles même si cela n’est toujours pas faisable. La vraie originalité du film vient des scènes de conduite. Filmé dans la voiture, on a bien l’impression d’y être ! Pour qui se rappelle l’horreur des cours de conduite avec un enfoiré, ces scènes sont d’un réalisme troublant. Et Leigh n’oublie jamais de peindre son pays avec son humour et son amour pour les petites gens toujours intacts. Lorsque l’on repense à son chef d’œuvre palmé (Secrets ans Lies) on ne peut s’empêcher de se dire que le cinéma sans Leigh ne serait pas le même. Formidable directeurs d’acteurs, il nous fait découvrir une Sally Hawkins exceptionnelle de naturel qui n’a pas volé son prix à Berlin. Quant à Eddie Marsan (vu récemment en méchant dans Hancock), il prouve définitivement l’étendue de son jeu. Sur la corde raide entre nervosité et renfermement, il compose un moniteur exécrable qu’on n’est pas prêt d’oublier. L’avant dernière scène (je ne vous la raconterai pas) est géniale. Happy Go Lucky est un bonheur de film. Autre réussite : L’empreinte de l’ange. Réalisé par Saffy Nebbou, découvert il y a maintenant quatre ans grâce au poignant Cou de la Girafe, ce nouvel opus, toujours interprété par Sandrine Bonnaire, est une confirmation de son talent de cinéaste. Nebbou a un vrai regard, ne cédant jamais à l’américanisation, à la mode ces derniers temps, ou à la réalisation téléfilm, de coutume dans le cinéma français. Avec de gros plans qui privilégie la contemplation des visages des actrices, Nebbou arrive à saisir l’intériorité de ses personnages. Elsa (Catherine Frot) a perdu sa petite fille sept ans auparavant. Un jour elle voit une enfant qu’elle pense être la sienne. Malheureusement c’est la fille de Claire (Bonnaire) qui ne voit pas au début qu’Elsa est très fragile. Sur cette trame déjà vue, inspirée d’une histoire vraie, Safy Nebbou va construire (avec Cyril Gomez Matthieu) un drame psychologique qui va se nouer crescendo entre les deux femmes. Le suspense en filigrane (est-elle folle ? A-t-elle raison ?) avance progressivement et vous noue subtilement la gorge. Bon allons-y tout de go : Bonnaire est très bien as usual et Frot fait des merveilles avec ce rôle de femme fragilisée par la vie. A coup sûr l’un des meilleurs duo/duel de l’année. A quand les Césars ?
 Trois sympathiques divertissements pour suivre. D’abord rayon horreur, genre que j’apprécie tout particulièrement qu’en il est fait par des gens talentueux, avec Rogue (Solitaire en vf) par Greg McLean. L’australien, qui nous avait régalé d’un Wolf Creek (2005) très efficace change de sous genre. Après le survival, il passe au film de monstre aquatique : le crocodile. Il est marrant de voir que son premier succès était un hommage au Texas Chain saw de Tobe hooper, qui réalisa lui-même trois ans après un film d’horreur avec un crocodile (Eaten Alive). Evidemment, malgré cette coïncidence, on souhaite une toute autre carrière au jeune cinéaste car le père Hooper, à part un excellent Poltergeist qui devait beaucoup à Spielberg, n’a pas vraiment eu une carrière très folichonne. Revenons à Rogue (ah ces digressions…) ! Petite série b assumée et ultra efficace, Rogue bénéficie de la précense de la magnétique Radha Mitchell (Silent Hill) et de celle plus dispensable de Michael Vartan, déjà has been. Scénario simple (des touristes attaqués par un vilain croco) mais trouillomètre qui monte crescendo jusqu’au final honorable. Un bon divertissement, plus digeste que le film de Hooper. Seconde petite toile à se faire : Leur morale… et la nôtre. Comédie de l’ancienne scénariste de Chatiliez (Florence Quentin), qui n’a jamais fait de super films (J’ai faim !!! et Olé, bof bof), Leur morale… continue dans le même sillon : réalisation téléfilm mais ici le scénario est plus piquant (un couple de radins racistes court après un héritage). On s’amuse surtout du plaisir pris par Victoria Abril et André Dussolier à jouer ce couple antipathique qui fait immédiatement écho aux comédies italiennes 70’s. Franchement un sympathique divertissement qui ne va pas loin mais qui détend et fait plutôt sourire. En revanche Micha Lescot (le fils) est aussi ridicule que mauvais. C’est simple, à chacune de ses scènes, on a envie de le baffer. Autre comédie, romantique celle là, faite par un spécialiste (Griffin Dunne) qui après Addicted to Love et Practical Magic, prouve son attachement à ce genre. The Accidental Husband est un bonbon calorique mais qui fait plaisir à déguster. Prévisible et charmant grâce à Uma Thurman et Jeffrey Dean Morgan notamment, le film nous ressort Isabella Rosselini et Sam Shepard du placard. Que demande le peuple ? Quant à You don’t mess with the Zohan (Rien que pour vos Cheveux en vf), il prouve une bonne fois pour toutes que Punch Drunk Love et Click sont deux accidents de parcours dans la carrière très médiocre d’Adam Sandler ! Mal filmé et mal éclairé, le film est une vraie bouse. Ni plus ni moins ! Rogue (Solitaire) – Sortie le 13 août – Réalisé par Greg McLean * * L’Empreinte de l’ange – 13 août – de Safy Nebbou * * * Leur morale… et la nôtre – 27 août – de Florence Quentin * * Happy Go Lucky (Be Happy) - 27 août – de Mike Leigh * * * * You don’t mess with the Zohan (Rien que pour vos Cheveux) – 27 août – de Dennis Dugan 0 The Accidental Husband (Un Mari de trop) – de Griffin Dunne – 27 août * *
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5 critiques Babylon A D / La Fille Monaco... (Critique Cinéma)
8/24/2008 4:52
QUELQUES JOURS EN AOÛT Revoili revoilou la caverne d’Ali Baba de l’été ciné 2008. Je commencerai par un film de cambriole : Braquage à l’Anglaise (6 août). Réalisé par un vétéran peu inspiré d’habitude (Guet-Apens le remake, La Mutante… Ai-je besoin d’aller plus loin ?) et peu inspiré ici (en gros le filmage se borne à pencher la caméra la plupart du temps), le braquage ne va pas sentir la champagne mais plutôt le moisi. Bon, tout n’est pas de la faute de Roger Donaldson quand même. Adapté d’une histoire vraie, le script se borne à montrer un braquage simpliste (creuser sous la banque) mais le vrai « truc » c’est que l’argent n’intéresse pas le directeur de la banque mais plutôt un petit carnet… Emmenés par une femme fatale (enfin faut voir Saffron Burrows complètement anorexique et transparente jouer la femme fatale et vous comprendrez le manque de piquant et d’enjeu de la situation), les voyous, interprétés avec délectation par de bons acteurs anglais dont Jason Statham, crédible, vont tomber dans une spirale infernale. Qui est après eux ? Qui les a trompé ? Honnêtement dès les premières minutes on s’en fout un peu et le gros défaut du film est son incapacité à être novateur en voulant jouer à tout prix la carte du revival 70’s pour excuser le manque de piquant de l’histoire. Vraie ou pas cette histoire se confronte à près de cent ans de cinéma où le film de cambriole doit être le genre le plus balisé et le plus codifié. Alors ok. les acteurs sont bons, les personnages sympathiques mais au final ce braquage est aussi palpitant qu’un épisode du Renard !
 Rayon film d’horreur maintenant. Deux échecs. Prom Night – Le Bal de l’horreur (30 juillet) et Spirits (27 août). Le premier est un remake d’un slasher daté avec Jamie Lee Curtis. Déjà, le premier Bal était très mou du genou, alors à moins de renouveler l’intrigue, pas grand-chose ne pouvait aider l’équipe à faire un slasher palpitant ! Les remakes d’œuvres mineures pour en faire quelque chose de mieux, je suis pour. Mais là encore ce n’est pas le cas. En changeant le motif du tueur (1980 : Une petite fille meurt accidentellement. Quelqu’un qui a vu les autres enfants quitter le cadavre, va la venger des années après. 2008 : Un psychopathe veut tuer une jeune femme après avoir décimer sa famille quelques années plus tôt), les scénaristes ont voulu tenter la carte d’Halloween : il revient la tuer le soir du bal de promo… Bouhhh, tremblez pauvres âmes… Pas un frisson, pas une idée originale malgré une actrice principale crédible et une réalisation soignée. Allez maintenant on range la liste des films des 80’s pour faire des remake et on prend son stabylo pour écrire un scénario original. Mouais, c’est pas gagné ! Quant à Spirits (Sutter en vo mais on s’en fout !) c’est ni plus ni moins le remake à peine caché de The Grudge ! Allez, une petite touche de Lost in Translation pour le mari photographe, laissant sa femme s’emmerder dans un pays qu’elle ne connaît pas. Et une p’tite touche de Shining pour la scène du cadavre sexuel (rappelez vous la scène de la baignoire) et hop le tour est joué ! Sauf que non ! Le film de fantôme asiatique ça pète les c…. c’est trop simpliste pour effrayer ! Encore moins effrayant quand les protagonistes ont des réactions incohérentes (ils écrasent une jeune femme mais ne trouvant pas le cadavre se persuadent que non, il n’y avait pas de cadavre : débile !). Ni fait, ni à faire. Dans cette catégorie de film d’horreur raté, à la limite, mais vraiment à la limite je préfère Prom Night, pour son côté kitsh sympatoche (et oui un bal de fin d’études c’est assez ringard en soi !).
 Autre genre : le divertissement réussi. Bizarrement, deux film arrivent le même jour : La Fille de Monaco et Babylon A.D. Mon premier est une fantaisie dramatique mettant en scène un avocat coincos face à une incandescente jeune femme sans tabou. Mon second est un film d’anticipation pas franchement abouti mais bourré de qualités dont une très jolie jeune femme. Décidément ! Anne Fontaine est un auteur très intéressant, capable de comédies décalées (Augustin, Nouvelle Chance) comme de drames intenses (Nettoyage à sec). Elle brouille les cartes et les frontières fragiles entre drame et comédie. Ici comme dans Nettoyage, le drame se noue petit à petit à cause de la sexualité, sujet qu’elle maîtrise parfaitement (la perte de repères, l’ambiguïté des sentiments…), mais elle le traite cette fois ci sur le mode Chabrolien. On pense aux polars du maître, à ses drames sur la bourgeoisie. Et surtout à sa Fille coupée en deux de l’année dernière. Même sujet (une jeune femme, miss météo ambitieuse face à un homme quinquagénaire) mais ici tout le début est traité comme une comédie de mœurs très légère, pétillante, comme le meilleur des champagnes (il faut voir Luchini disserter sur la sexualité en général et sur la sienne en particulier !). Le drame se noue assez mal en fait. Car, en voulant utiliser le procès d’une vieille femme opaque (formidable clin d’œil à Chabrol avec l’excellente Stephane Audran) qui après s’être laissé allée aux sentiments, a tué son amant, Anne Fontaine ne fait qu’enfoncer le clou. On a bien compris que l’histoire principale (la sexualité mêlée aux sentiments peut être fatale) était assez dramatique en soi, sous une légèreté affichée, et se suffisait à elle-même. Le trio central composé de l’avocat attachant (Luchini), de la miss météo arriviste (Louise Bourgoin) et du bodyguard amoureux (Roschdy Zem) était réellement suffisant. En évitant le piège de la seconde intrigue, Fontaine aurait pu développer l’amour homosexuel, traité ici en filigrane. Malgré tout on garde à l’esprit les trois quart du film, superbements dialogués et pétillants, et on oublie une fin bancale et inutile. Le grand point fort du film, outre ses dialogues savoureux, reste sa direction d’acteurs, parfaite (citons aussi Gilles Cohen et Jeanne Balibar). Elle permet à la miss météo de Canal + d’incendier l’écran. Sexy et très bonne actrice, Bourgoin ira loin, très loin.
 Pour son sixième, Matthieu Kassovitz, adapte, après Grangé, un roman de Dantec. Babylon A.D. a mis quelques temps à nous arriver. Retards, mésentente entre Kassovitz et Vin Diesel, sortie repoussée… Enfin le voilà le gros projet de mister Kasso. Et bien l’histoire est simple (Dans le futur, un mercenaire est obligé d’escorter une jeune femme de Russie en Amérique alors que le monde est ravagée par la guerre), la parabole sur la religion un brin simpliste… mais le film fait son petit effet kiss cool. Action garantie grâce au savoir faire purement hollywoodien de Matthieu. Casting international pour acteurs convaincants (Rampling, Diesel, Yeoh et la craquante Melanie Thierry) font de ce long d’anticipation, non pas le film de l’année, mais un honnête spectacle aux scènes par moments impressionnantes. Espérons toutefois retrouver Kassovitz aux commandes d’un film de plus petite envergure, plus personnel (un nouveau projet comme Assassin(s) par exemple). Braquage à l’anglaise (The Bank Job) – 6 août – Réalisé par Roger Donaldson * existe en dvd zone 1 Prom Night – Le Bal de l’horreur – 30 juillet – Réalisé par Nelson McCormick * existe en dvd zone 1 Spirits (Shutter) – 27 août – Réalisé par Masayuki Ochiai existe en dvd zone 1 0 La Fille de Monaco – 20 août – Réalisé par Anne Fontaine * *
Babylon A.D. – 20 août – Réalisé par Matthieu Kassovitz * *
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KNOTS LANDING - Saison 12 (1990-1991) (News)
8/23/2008 3:44
Cette année les producteurs de Knots Landing ont choisi de revenir vers un générique bien plus représentatif de la série, à savoir, les vignettes dans qui avancent de droite à gauche, utilisé sur les saisons 3 à 8. Bien plus sympa pour les yeux et définitivement moins soap. Ils y incluent Michelle Phillips (Anne Matheson) et Larry Riley (Frank Williams).     Cette saison débute à l’instant où la onzième s’arrêtait : le catastrophique mariage de Paige avec l’inspecteur Tom Ryan. Après l’avoir abandonnée devant l’autel, Tom Ryan a plié bagages. Paige se pose des questions. Qui l’a poussé à partir ? Nous, spectateurs, savons très bien que c’est le diabolique Greggy, amoureux de la jeune femme, qui a fait chanter le jeune flic ripou. Mais il n’y a pas qu’à Paige que cette annulation embête. Sa mère, la noble Anne Matheson, comptait sur le mariage pour toucher des fonds de son père. Ne pouvant toucher l’argent qu’elle aurait intercepté, Anne va devoir ruser. Karen quant à elle, ne sait toujours pas que son admirateur menaçant de la saison dernière, n’était autre que son ami, le producteur de l’émission. Elle le découvrira dans cette saison. Val et Gary doivent toujours faire face à l’abominable Danny, qui veut à tout prix récupérer Val. C’est aussi la saison des nouveaux visages, qui resteront jusqu’à la fin. Kathleen Noone joue la sœur manipulatrice de Greg Sumner (Claudia Whittaker). Quant à Stacy Galina qui interprétait Mary Frances dans la saison précédente, elle interprète ici sa nièce Kate Whittaker. Tout est prêt pour construire une saison riche en évènements.
  
POOR VAL : LE CAUCHEMAR CONTINUE

Val voit revenir Danny dans sa vie. Avec Gary ils vont faire bloc pour qu’il disparaisse à jamais. Mais Danny n’a pas dit son dernier mot. Ce psychopathe, menacé l’année dernière par Gary, poignardé par Val, responsable de la mort de Patricia Williams, va se venger. Il va kidnapper Gary, le forcer à reboire pour le laisser pour mort. Mais Gary s’en sort et on retrouve le cadavre de Danny flottant dans une piscine du quartier de Seaview Circle. Qui l’a tué ? Les policiers enquêtent, suspectant tout d’abord Gary puis Frank Williams, mais en réalité sont dans le plus grand flou. Tout le monde avait un motif pour l’assassiner. Mais en réalité, il s’est noyé après avoir giflé Julie Williams (la petite de Patricia) qui l’a laissé se noyer. Cette affaire réglée, il fallait trouver un nouveau problème à Miss Goodie Two Shoes. Elle subira un dédoublement de personnalité après une chute de cheval. Peut-être le rebondissement le plus raté de la série. Val, ayant déjà connu un accident similaire(saison 6), cela amplifie simplement la manque d’intérêt des scénaristes pour ce personnage cette année. PERFECT KAREN ET LA VIOLENCE DE LA VIE “I Want to be a Polyanna. I don’t want to see the world through rose colored glasses. I want the world rose colored. I Want to be nice. Nice should be the Norm...” Karen pète un plomb avec toutes ces histoires (Danny faisant du mal à tout le monde, le producteur voulant l’assassiner) et explique à Gary qu’elle voudrait une vie moins mouvementée et démontre son point de vue sur le vie. Gentil pour elle devrait être la norme. Faut dire qu’elle a pas de chance. Son fils Micheal ne lui parle plus à cause de la bitch Linda Fairgate, sa belle fille ; son ami veut la tuer (la productrice qui la déteste viendra à la rescousse)… Et la fin de saison ne fera qu’aggraver sa situation. Tout d’abord pour arriver à cette fin, Mack prend sous son aile un ado battu par son père. Ce qui lui rappelle son propre père. Lors d’un épisode ultra émouvant, Mack propose au jeune de venir habiter avec eux. Il confie au jeune homme sa propre histoire. Kevin Dobson est une acteur ultra touchant. En composant ce personnage de mi dur mi nounours italo irlandais, il compose le meilleur personnage de sa carrière. Un coup il peut être très persuasif avec sa voix très grave, le moment d’après il peut vous faire chialer avec son passé d’enfant battu. Un excellent épisode (A Sense of Urgency), prouvant l’étendue de son talent. Mais niveau problèmes, la mère Mackenzie est loin d’en voir le bout.
 
GREG N’A QU’A BIEN SE TENIR Voyant sa sœur, qu’il déteste, débarquer dans sa vie sans prévenir, Greggy va développer des qualités très enfouies chez lui : de l’amour sans condition. Mais pas pour sa sœur (méga manipulatrice). Pour sa nièce qui ressemble comme deux gouttes d’eau à sa fille décédée. Elle sera son seul salut dans cette saison. Une envie pour lui irrépressible de réparer ce qu’il a raté avec Mary Frances. D’ailleurs Claudia (excellente Kathleen Noone) s’en servira petit à petit pour mettre le grappin sur la fortune de son frangin. Il verra Tom Ryan lui revenir en pleine figure. Il continuera son flirt avec Paige et couchera avec la bitch Linda Fairgate (excellente Lar Park Lincoln). ANNE MISS CATASTROPHE Anne est la manipulatrice la plus touchante de la série. Très amoureuse dans le passé de Mack, qu’elle voulait récupérer à tout prix, elle va maintenant tout faire pour récupérer l’argent familial que son père destine à sa fille Paige. Avec l’aide d’un escroc sympathique (Nick) elle sera de tous les plans foireux. Cette ancienne chanteuse des Mamas and the Papas, devenue comédienne est un vrai bain de jouvence et d’air frais pour la série. Elle ira même jusqu’à draguer Gary, ce qui énervera Val et sa double personnalité. Il ne lui arrive que des tuiles à Miss Catastrophe. Un vrai boulet sympathique. Ce qu’il y a de très rigolo dans cette saison c’est que l’on peut s’apercevoir que Tarantino, que l’on connaît comme grand bouffeur de pelloche et de séries de tout niveau s’est largement inspiré d’une séquence de Knots pour construire l’une des plus réussies de Jackie Brown. Tout d’abord il a dû revoir Pam Grier dans cette série (elle interprète une flic durant quelques épisodes) pour construire son chef d’œuvre. Preuve à l’appui. Les deux séquences identiques se déroulent dans un centre commercial, avec arnaque à la clé. Echange de valise/sac, plein de billets, dans les cabines d’essayage d’un magasin. Ce sont exactement les mêmes séquences. C’est fou de voir la ressemblance. La seule différence dans Knots, la séquence se déroule chez Chanel alors que chez Tarantino, cela se déroule dans une boutique plus populaire, moins chic.           Tout ça pour dire que le couple Anne/Nick, fort sympathique, ira même jusqu’à essayer de travailler pour vivre normalement, légalement et s’aimer comme de vraies personnes. En vain… Il l’arnaquera et la laissera sans le sou. FIN DE SAISON Avec tous ces rebondissements, pas une seconde de répit, pas de temps mort. Anne finira seule à errer dans les rues de la côte ouest en pure clocharde (scènes très émouvantes), ce qui fera du bien à l’ancienne riche héritière. Cela lui permettra de rebondir tout en changeant son comportement dans la saison prochaine. Val se fait soigner. Micheal quitte Linda et quitte la côte ouest pour voyager. Il se réconcilie avec Karen. Claudia Whittaker, qui avait vu revenir dans sa vie, son fils qu’elle avait fait adopté, cache un pistolet dans sa voiture et appelle les flics. Le jeune homme se rebiffe mais ils l’abattent. Karen poursuit en voiture des jeunes qui l’ont attaqué. Elle provoque un accident où se trouve son fils adoptif. Affaire à suivre… * * *    
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critique THE DARK NIGHT (Critique Cinéma)
8/15/2008 3:22
LE CÔTE OBSCUR DE LA FORCE Trois ans après avoir fait renaître Batman de ses cendres, Christopher Nolan remet le couvert avec la venue d’un nouveau (enfin presque) méchant en la personne du Joker. Mais aussi Two-Face. On finissait Batman Begins, formidable film a mi chemin de la tragédie grecque et du blockbuster, sur un super-héros torturé à qui le flic/ami lui présentait son nouvel ennemi sur une carte de jeu. Les promesses d’un combat sans merci allaient bon train et en ce début 2008 un autre évènement, plus dramatique celui là (la mort de Heath Ledger), allait définitivement faire de The Dark Night l’un des films les plus attendus de 2008, si ce n’est le seul. Nolan, donc, toujours aux manettes avec son frérot à l’écriture (comme sur l’excellent Le Prestige), les mêmes acteurs (Katie Holmes en moins, dommage !) : rien ne pouvait venir entacher un projet qui s’annonçait déjà comme le blockbuster ultime de cette fin de décade. Pourtant Batman en a connu des adaptations, aussi bien télévisées (cartoons, films, séries) que cinématographiques. Pour ne prendre que les plus récentes il y a deux écoles. Celle, poético-gothique du génial Tim Burton et celle kitsh-gay-délurée du moins génial mais pourtant pas si mauvais que ça Joel Schumacher. Deux styles que Nolan a su contourner avec élégance et une volonté réaliste. Réaliste dans la démonstration de la technique ultra moderne et ultra archaïque employée par Batman pour combattre le crime. Entre ses gadgets ultra performants d’escalade et de combat militaire et un sens du spectacle, de l’esbroufe hérités des magiciens du 19ème (voir Le Prestige sur ce thème), l’homme chauve-souris pouvait devenir invincible face à la crapule, essentiellement mafiosi, qui gangrenait Gotham City. Ici le combat continue… De nouveaux mafieux sont obligés (vous verrez comment !) de s’allier à un psychopathe nommé Joker. Amateur du chaos et sadique jusqu’au bout des ongles, Joker va pousser Batman dans des recoins de plus en plus sombres… Harvey Dent (Le chevalier blanc) en nouveau procureur volontariste s’engage à nettoyer la ville de ses criminels. Au risque de coûter plusieurs vies… Le combat entre Batman et Joker ne s’annoncera que plus brutal et plus évident. Je commencerai par les acteurs, tous formidables. On retrouve Christian Bale en charismatique Batman, Morgan Freeman en vice président incorruptible, Micheal Caine en flegmatique valet et même Cillian Murphy, apparaissant furtivement. Pour les nouveaux venus Aaron Eckhart (Harvey Dent/Two Face) et Maggie Gylenhaal, c’est du tout bon, même si cette dernière n’efface pas le souvenir d’une délicieuse Katie Cruise. Mais le big bang du film s’appelle Heath Ledger, acteur excellent, trop vite disparu. Il arrive à insuffler une monstruosité, une perversion et une dégénérescence à son personnage, qui font l’attraction ultime de ce nouvel opus. Même si il y a près de vint ans, le génial Jack Nicholson composait un Joker ultime, Ledger éclipse la prestation du premier en déviant encore plus le souriant psychopathe vers quelque chose de plus violent, de plus viscéral. Préférant le chaos à l’argent, n’ayant pas peur de la mort qu’il attend en se marrant, le Joker se pose en méchant ultime que rien ni même Batman n’effraie. Et ce n’est évidemment pas la seule force du film. Son grand point fort reste son traitement, similaire au premier, qui flirte ouvertement avec la tragédie grecque et le drame Shakespearien. Etre ou ne pas être un héros ? Telle est la question qui taraude Batman et Harvey Dent. Qui en a les épaules ? Quels sacrifices et dommages collatéraux ? Toujours très fin, le script n’en n’oublie pas pour autant le spectacle, grandiose, mené de main de maître par un Nolan qui puise dans les classicisme ses références et son style élégant, sobre et très efficace. Le film dure 2h30 et la fin paraît un peu longuette car il manque pas mal de scènes pour amener la tragédie à son sommet. Donc à part ce petit problème de durée à régler dans un futur director’s cut (on l’espère !) incluant toute la violence signifiée dans des scènes d’une noirceur encore plus accentuée que dans Begins, The Dark Night constitue en l’instance un super divertissement, intelligent et noir, de même qualité que le premier qui donne furieusement envie de le revoir et prouve que les sorties d’été recèlent aussi de purs trésors. Batman Rules ! The Dark Night – Réalisé par Christopher Nolan – Sortie le 13 août * * * *
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5 critiques Surveillance- Dorothy... (Critique Cinéma)
8/15/2008 3:17
L’ETE SERA CHAUD, L’ETE SERA CHAUD… Les sorties salles se bousculent toutes les semaines. C’est l’été me direz-vous ma brave Lucette et vous aurez bien raison ! Considérée comme le période la plus creuse en terme qualitatif par nombre de personnes, les sorties d’été voient combattre gros blockbusters estivaux et fonds de tiroir Us. Mais pas que… Depuis quelques années maintenant, les distributeurs, plus frileux auparavant (départs en vacances oblige), se mettent à sortir des films d’autre envergure (films sélectionnés à Cannes…). Quoi qu’il en soit l’été représente pour moi la caverne d’Ali Baba. Autant de chances de tomber sur une perle que sur un objet pur toc. Premier film en lice et pas le pire, voire le meilleur de ma sélection : Surveillance de Jennifer Lynch (30 juillet). Une histoire de meurtre ignoble rameute deux agents du F.B.I. moins célèbres que Mulder et Scully évidemment, qui la même semaine, se retrouvent mêlés à une intrigue tout aussi perturbante. Le générique du second long de la fille du génial David commence comme un hommage appuyé à papa. Image crade (qui rappelle les fantasmes de Mulholland Drive où les égarements de Inland Empire), son distordu qui angoisse : on est en terrain connu. Mais là où la fifille a retenu la leçon des ambiances moites et bizarres, c’est aussi à cet endroit précis où Jennifer prend son envol, car elle utilise les recettes éprouvées du maître tout en les faisant siennes. L’enquête débute dans un commissariat miteux du fin fond des states, avec confrontation des points de vue et scènes de la réalité pour contredire les petits mensonges des uns des autres. Des témoins ou accusés, il ne reste qu’une jeune junkie, une petite fille et un flic pas net-net. Les deux agents (Bill pullman et Julia Ormond) vont devoir démêler les fils d’une intrigue retorse. Sur le principe ultra balisé de Rashomon, Jennifer va construire un thriller ultra angoissant. Vierge de toute info sur le film en entrant dans la salle, quel ne fut pas ma surprise devant ce thriller ultra réussi. C’est pour cette raison que je ne dévoilerai pas un gramme de plus de l’intrigue qu’il vous faut courrir voir en salle. Alors évidemment la fin reste logique et prévisible mais la qualité de la mise en scène, de la direction d’acteurs et le sens du suspense font tout le reste. Pendant près de 90 minutes vous allez rester scotcher à votre fauteuil pour tenter de comprendre ce qui se trame dans cette petite ville des Etats-Unis, univers fétiche de son papa. Mais là où chez Lynch père, les intrigues policières servent de détonateur à des fantasmagories, Lynch fille inverse la donne pour servir son polar de personnages bizarres, décalés qui permettent de réussir des scènes ultra couillues voire choquantes (l’arrestation des deux voitures, l’accident…). Son ambiance ne prime pas sur l’intrigue policière. Grâce à cet inversement, Lynch fille crée son propre univers, si proche et si loin, qui donne furieusement envie de voir le reste de son univers. Le finale grand guignol à mort est aussi excitant que repoussant. Un excellent thriller qui décevra à coup sûr sur la dernière bobine mais qui ne manque pas de qualités cinématographiques. … DANS LES T-SHIRTS, DANS LES MAILLOTS Second long, tout aussi étrange : Dorothy de Agnés Merlet (le 6 août). Une fille de 12 ans se retrouve accusée de tentative de meurtre sur un bébé qu’elle surveillait. Une psychiatre (formidable Carice Van Houten) est dépêchée sur place dans une communauté étrange repliée sur elle-même. Elle va faire connaissance avec le jeune et schizo Dorothy. Que s’est-il passé ce soir là ? Sur cette trame plutôt prévisible (cas de possession ou dédoublement de personnalité ?) Agnés Merlet va construire le portrait d’une communauté vivant en autarcie, complètement coupée du reste de la planète. Rien qu’au niveau vestimentaire, ils sont en décalage avec la psychiatre. Ils vivent encore cinquante ans en arrière. Ne parlons même pas de leur psyché qui remonte à plus loin. Les acteurs sont tous formidables (bravo à Jen Murray assez incroyable) et remontent la qualité d’un film qui pompe l’univers Shyamalanien sans vergogne. Malgré cela on passe un très agréable moment. Autre sortie du 6 août mais cette fois-ci un blockbuster : La Momie 3 – La tombe de l’empereur Dragon de Rob Cohen. Franchise arrêtée en 2001 après une première séquelle sans grand intérêt mais au grand succès monétaire, La Momie, premier du nom, remake d’un classique Universal des années 30, était pourtant un film d’aventures de série b aussi sympathique que rigolo. Ici, malgré le remplacement de Rachel Weicz par Maria Bello et l’échange d’une momie contre une autre (ici un empereur chinois), la formule ne varie pas d’un iota. Pas mauvais juste dispensable. Bien foutu pourtant, le film pourrait peut-être séduire les plus petits. Quant aux Dents de la Nuit, elles prouvent que les jeunes cinéastes français veulent bien tenter la carte du genre codé avec tout ce que cela implique (mise en scène soignée, sang…). Comédie d’horreur à l’américaine, le film de Lobelle et Cafiero met en scène un trio de trois teuffers complètement nazes qui vont être invités dans un château tenu par des vampires pour la soirée du siècle. Par moments drôle, consternant à d’autres, Les Dents de la Nuit se situe à mi-chemin du Bal des Vampires et des Charlots contre Dracula. Les acteurs s’amusent comme des fous (Hélène de Fougerolles tout particulièrement) sauf Julien Boisselier et Frédérique Bel, très nuls, mais c’est pas du jeu ils le sont tout le temps. Légèrement divertissant et pas très indispensable non plus. Mais la comédie américaine Mad Money (Callie Khouri) relève le niveau question finesse en racontant l’histoire vraie de trois femmes de ménage qui arnaquent la réserve fédérale en récupérant des billets qui devaient être détruits. On suit cette petite histoire d’arnaque avec beaucoup de plaisir grâce à l’excellente direction d’actrices (et d’acteurs) tous excellents. Le trio gagnant, composé de Diane Keaton, Queen Latifah et Katie Holmes, apporte tout l’humour indispensable à l’exécution de telle histoire. Pas inoubliable mais une bonne toile à se faire pour se détendre. Comme quoi le meilleur de cette sélection est exécuté par des femmes (Lynch, Merlet et Khouri). Que les hommes prennent garde, elles arrivent… Mad Money – Réalisé par Callie Khouri – Sortie le 23 juillet * Surveillance – Réalisé par Jennifer Lynch – Sortie le 30 juillet * * * Dorothy – Réalisé par Agnés Merlet – Sortie le 6 août * * La Momie 3 – La tombe de l’empereur Dragon – Réalisé par Rob Cohen – 6 août * Les Dents de la Nuit – Réalisé par Vincent Lobelle et Stephen Cafiero – 6 août *
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critique X FILES - I WANT TO BELIEVE (Critique Cinéma)
8/2/2008 9:50
AUX FRONTIERES DU REEL Il y a quinze ans (mon dieu que je viellis !) demarrait sur le petit ecran, avec grand succès, la série X Files. Une série fantastique dans tous les sens du terme, qui renvoyait les veillieries télévisuelles au placard sans sommation. La formule était simple : laisser le spectateur dans le brouillard. Deux agents du F.B.I. enquêtaient secrètement sur des dossiers dont il ne fallait absolument pas révèler leur contenu au public. Mulder et Scully (respectivement David Duchovny et Gillian Anderson), duo hors pair, dont les croyances ou non allaient petit à petit éloigner. Mulder, persuadé que sa soeur fut enlevée par des aliens, fervent amateur du terme I Want to Believe, et Scully, la scientifique pure et dure essayant de toujours tout rationnaliser. Ce duo hétérogène allait faire le bonheur de la Fox pendant neuf années (une en moins à part le final episode pour Duchovny) et rapporter énormément d'argent. Chaque épisode (ou presque) avait son enquête attitrée et permettait au spectateur, si l'intrigue du précédent le saoûait, de savourer le suivant avec bonheur. X Files était une vraie mine d'or pour les fans de fantastique. Et même si je n'ai pas suivi l'intégralité de la série, le peu que j'en ai vu, m'a toujours plus. C'est aussi l'une des seules séries, si ce n'est la seule, ayant connu un long métrage cinéma tout en étant diffusée à l'antenne. Fight the Future est sorti il y a dix ans tout juste, et même si le long métrage, réalisé par Rob Bowman, excellent faiseur qui oeuvrait pour la série, fut décrié par les fans, il subsistait un film aussi angoissant qu'original. Une oeuvre passionnante et paranoïaque. Mais ils faut dire que les fans d' X-Files ont la dent dure. C'est en toute logique que lorsque le projet de faire un second long métrage, réalisé par le créateur qui plus est (Chris Carter), fut annoncé, j'avais déjà acheté le billet.   1998 2008 Six années se sont écoulées depuis la fin de la série. Qu'allaient-ils pouvoir encore raconter ? Etait-ce purement marketting ? Je m'installe dans mon siège. Près de deux heures plus tard, le verdict tombe : I want to Believe est une réussite. Alors c'est simple, le film a été tourné dans le plus grand secret, je garderai pour les spectateurs qui lisent cette critique, le plaisir entier de découvrir, comme moi, le film vierge de toute information. Juste vous aiguiller peut-être : dans cet opus il n'y est pas question d'aliens mais d'une intrigue plus simple. Les comédiens (mention à Gillian Anderson parfaite) et le réalisateur exécutent une boulot impeccable. Des cadres soignés aux gros plans ultra évocateurs, Chris Carter arrive vraiment a imposer son style télévisuel au cinéma avec classe et panache (voir l'une des scènes de fin avec accident à la clé). Le suspense reste classique mais est traité de façon ultra efficace et l'attachement que l'on a pour les personnages décuple le plaisir de les retrouver. Ce second long métrage nous renvoie donc, encore une fois dans les cordes, et nous prouve, si on en avait besoin, que Carter est un auteur important du 20ème et désormais 21ème siècle. J.J. Abrams devrait en prendre de la graine, car il aurait dû (enfin la chaîne il n'a pas non plus tous les pouvoirs) arrêter Lost sur l'excellente troisième saison et terminer sur un long métrage cinéma de la tenue de celui ci. I want to Believe Me Too * * *
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critique WALL E (News)
7/30/2008 3:46
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE Le cru 2008 de Pixar est un excellent cru. Plus touchant et bien mieux scénaristiquement que les cuvées 2006 (Cars) et 2007 (Ratatouille), auxquels ils manquaient un je ne sais quoi pour lier le tout. Désormais le réalisateur du génial Monde de Némo is back in business pour le meilleur Pixar depuis longtemps. Le studio à la petite lampe de chevet est toujours réputé pour la qualité de ses oeuvres. Ils mettent souvent la barre très haut. Depuis plus de dix ans, le studio tenu par des passionnés ultra bosseurs nous aura autant emerveillés qu'émus avec ses histoires toujours pleine de trouvailles scénaristiques, ses dialogues inventifs, ses personnages originaux et ses images à se pâmer.  Le nouveau cru, donc, s'intitule Wall.E. du prénom du petit robot, dont la fonction première est de nettoyer une Terre dévastée, pleine de déchets et de matériaux détruits. Mais ce petit robot a developpé des qualité humaines (goût pour les objets, émotions, empathie pour un petit insecte...) qui lui étaient jusque là inédites. Un beau jour, Wall.E est contraint d'abandonner son quotidien routinier lorsqu'apparaît une mystérieuse robote : Eve. Venant sur Terre pour une mission top secrète, Eve va rendre Wall.E transi d'amour. Sur ce pitch rappelant que les objets peuvent avoir une âme si on les considérait autrement (on pense évidemment aux jouets de Toy Story), Wall.E. va imposer son univers tout d'abord peu bavard (à part quelques mots prononcés de façon très touchante) puis plus loquace et son histoire d'amour émouvante de façon ultra naturelle. Sur un scénario dénonçant la destruction de notre planète par l'agissement de nos pays riches et une propension de ces mêmes pays à tomber dans l'obésité car les machines font tout, Wall.E. n'a pourtant rien de passéiste puisque certaines nouvelles machines et technologies (Eve par exemple) peuvent être considérées comme bénéfiques à notre futur. On se régale du portrait du commandement de bord qui se révolte contre sa machine et qui fait tout pour revenir sur Terre. Mais on se régale surtout du couple principal : Wall.E. et Eve. Tous deux, dans leur approche enfantine de l'amour nous rappellent sans cesse que : "All you need is love...". Un vrai beau film émaillé de références aux films ultimes (Star Wars, 2001, Titanic...) du vingtième siècle, préparant avec Wall.E. une future référence du vingt et unième. Excellent. * * * *
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critique : L'INCRO |