Sorties du 25 juin : CASPIAN - ALATRISTE - DIARY... (Critique Cinéma)

LE PRINCE CASSEPIEDS
Trois ans après le lion, la sorcière blanche et l’armoire magique, revoilou l’équipe de Narnia pour de nouvelles aventures. Ce chapitre 2, sobrement intitulé Prince Caspian, prouve déjà qu’il n’y aura pas foule d’évènements dans cet épisode. Première séquence, un enfant naît dans un château lugubre. Le méchant Miraz veut tuer l’héritier au trône, son neveu, pour y mettre ainsi son nouvel enfant. Le Prince Caspian, alors poursuivi par une horde de bandits appelle les rois et reines de Narnia (les enfants du premier) à la rescousse. Arrivés sur place ils constatent que 1300 ans se sont écoulés depuis leurs premières aventures… Autant l’épisode précédent était une petite réussite grâce à plein de choses, autant cette séquelle s’avère pâlotte et dispensable à côté. Tout d’abord le premier était un film d’initiation, où des enfants, envoyés par leur mère chez leur oncle, pour fuir les bombardements qui détruisaient Londres, trouvaient un jour d’ennui une armoire magique où se trouvait le monde merveilleux de Narnia. Véritable métaphore de la guerre qui se déroulait dans le monde réel (2nd guerre mondiale), l’univers fantasmatique restait aussi mystérieux à la fin du film. Etait-ce vrai ? Etait- ce pure imagination pour fuir l’horreur du vrai monde. Les enfants avaient un pouvoir, celui de défendre la terre des bons face à une sorcière diabolique (excellente Tilda Swinton) et faisait merveilleusement écho à des chef d’œuvres tels que Le Magicien d’Oz (1939). C’était aussi un film qui traitait en filigrane le thème de l’enfant qui grandit en faisant face au deuil. Un film fourmillant d’idées, visuellement bien foutu (les décors enneigés) avec une bataille finale entre le lion et la sorcière assez homérique. Pas un chef d’œuvre mais un spectacle familial franchement réussi. Ici rien n’est resté. On prend vaguement une nouvelle histoire pour en faire une photocopie au style plus noir et au rythme bien plus schématique. On pense évidemment aux Deux Tours. La Communauté de l’Anneau était un très beau divertissement programmatique et féerique et sa séquelle, un film guerrier schématique et purement soporifique. Pareil ici, les gentils petits vont s’allier au valeureux prince. Préparation à la guerre, lentement, très lentement mais sûrement pour arriver à son point d’orgue : la guerre. Mais en répétant ici ce système de préparation aux armes, aux combats, le chapitre 2 détourne grandement l’idéologie du premier. Ici les enfants ont balisé l’apprentissage et en tire presque du plaisir. Franchement il ne reste plus que le script de surface : l’action de la guéguerre elle-même. Alors pour supporter un script aussi faiblard, de bons comédiens auraient amplement fait passer la pilule. Mais que nenni ! Les producteurs, sûrement pour ne pas trop dépenser côté budget, ont dégoté, pour le rôle éponyme, Ben Barnes, qui est aussi charismatique qu’une tranche de jambon blan, avec une tonne de maquillage et des poses de mannequin Calvin Klein. Franchement dès qu’il a une scène dialoguée il est à mourir de rire. Quant à Sergio Castellito dans le rôle du vilain, il est particulièrement ridicule. Dont acte. Un divertissement visuellement bien fait (les effets spéciaux sont meilleurs que dans le premier) mais qui n’enlève pas le goût amer de la déception.
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Le Monde de Narnia – Chapitre 2 : Le Prince Caspian – Réalisé par Andrew Adamson

Multi nominé aux Goya avec Viggo Mortensen dans le rôle-titre, Alatriste (2006) est le plus gros budget du cinéma espagnol. Petit rappel des faits. En 1996 le réalisateur ibère Agustin Diaz Yanes, signait Personne ne Parlera de nous quand nous serons mortes, avec Victoria Abril. Un film plutôt réussi qui, de l’avis général, pêchait par une violence post -Pulp Fiction trop poussée. Mais le film réussissait à dépeindre la pauvreté à Madrid au travers du portrait de la femme d’un torrerro dans le coma, qui se battait pour ne pas retomber dans l’alcool. Ce petit film m’avait pas mal plu à l’époque. Puis vint son projet moult fois déprogrammé puis reprogrammé, dont les distributeurs français ne voulaient pas entendre parler, Sans nouvelles de Dieu, fable comico-foirée toujours avec Abril mais aussi Penelope Cruz et Fanny Ardant. Rien que ça ! C’était il y a maintenant près de cinq ans. Qu’en est-il de son troisième long ?
Et bien pour être direct, sa fresque historique ne vaut pas grand chose ! Explications. Tout d’abord premier écueil : le rythme. Sur les 145 minutes que dure le film, franchement je me suis emmerdé, allez soyons sympas, 130 minutes. Pas simplement que le sujet ne m’est pas familier, seulement le réalisateur et son monteur José Salcedo, n’ont pas compris qu’un tel sujet (un soldat face à la corruption de l’empire au XVII ème siècle) méritait un rythme mieux tenu. Trente minutes en moins et le métrage aurait été tout du moins supportable. Raccourcir la durée des plans aurait pu mettre un peu de tension. Second écueil : les acteurs. Soit ils posent (Viggo comme dans LOTR en plus fade), soit ils sont grotesques. Et cela gêne beaucoup car il y a beaucoup de scènes dialoguées. Ce qui amène au troisième écueil : le scénario est mal dosé. Toutes les scènes dialoguées et inutiles sont contrecarrées par des scènes d’action convaincantes (la première séquence dans un marais, celle dans les souterrains où Alatriste doit faire péter une bombe). En écrivant que peu de scènes d’action, Diaz Yanes (aussi scénariste), adaptant un roman d’Arturo Pérez-Reverte, se tire une balle dans le pied et plonge dans l’académisme le plus ronflant. Et pourtant Diaz Yanes n’est pas un réalisateur manchot. Certains de ses plans, faisant directement référence à la peinture, sont des vrais trésors de cadrage et de lumière. La mise en scène de l’action (je citerai aussi la bataille sur le bateau) est très réussie aussi. Mais voilà cela ne fait pas un film. Et le nombre de scènes réussies est tellement peu élevé qu’il ne nécessite pas de s’infliger ce ratage dans son intégralité. Tout ce joli casting gâché : Viggo et Eduardo Noriega fades, Javier Camara grotesque... Et quelle idée saugrenue de faire jouer un prêtre à Blanca Portillo (Volver) ! Enfin bon... Et si le “cinéaste à suivre” d’il y a dix ans s’était transformé en cinéaste à fuir ?
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Alatriste – Réalisé par Agustin Diaz Yanes – Sortie le 25 juin
Autres sorties du 25 : Diary of the Dead et Bons Baisers de Bruges.
Mon premier est le quatorzième film d’un cinéaste culte et mon second est le premier long d’un metteur en scène de théâtre. Mon premier est un ratage presque total qui donne vraiment envie d’écrire personnellement au cinéaste pour qu’il arrête le film de zombie et mon second est une tragi-comédie aux frontières floues qui ne l’empêche pas d’avoir certaines qualités. Mon tout n’est franchement pas indispensable et sort ce mercredi.

Dawn of the day of the Night of the land of the internet of the living dead
40 ans après sa cultissime Nuit des Morts Vivants, 30 ans après son cultissime Zombie, 23 ans après son inégal Jour des Morts Vivants et 3 ans après son inégal Land of the Dead, le père Romero remet le couvert et ne lâche pas prise d’un concept bien juteux. Hier il dénonçait la guerre du Vietnam, la société de consommation ou bien le fossé qui se creuse de plus en plus entre riches et pauvres, aujourd’hui le sociologue de l’horreur s’attaque à l’ère You Tube et ses téléchargements irresponsables (les snuff, les exécutions et autres joyeusetés !). Oui mais non ! Danny Boyle avait réussi l’hommage à un genre pas bien fourni qualitativement en synthétisant tout ce petit monde dans 28 Jours plus Tard. Mais les producteurs avaient senti l’odeur du fric et mis une suite, aussi efficace qu’inutile, en chantier. Romero voyant un de ses concepts être allègrement pompé s’est sûrement dit : pourquoi pas moi ! Mais Georgio ne fait pas ça ! Arrête avec les zombies et pense plutôt à caster de bons acteurs et à les diriger. Pense aussi à soigner tes cadres... Mais merde Georgio, pourquoi ce navet ? Tu nous en veux ? Paraît-il que tu vas tourner une séquelle à ce truc ?!!! Mais internez le, qu’on puisse garder un bon souvenir du réalisateur de Season of the Witch. Ca va être quoi le prochain sujet ? Les zombies face à la pollution ? Non là c’est plus possible ! Le film comporte un plan réussi que je mets aussitôt en ligne pour ceux qui veulent s’éviter cette purge.
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« We’re staying in fucking Bruges ! »
Deux tueurs à gages, après une bavure (Colin Farrell a tué un enfant), sont mis en quarantaine par leur boss, le temps que les choses se calment, à Bruges. Le jeune déteste la ville alors que le vieux apprécie chaque instant. C’est l’occasion pour eux de rencontrer des personnages aussi mystérieux qu’insolites... Sur un pitch assez réjouissant, Martin McDonagh, metteur en scène de théâtre dont In Bruges est le premier long, crée un univers original. Pas franchement comique (même si certaines répliques font mouche telle « On ne donne pas des tranquillisants pour chevaux à un nain ! »), ni franchement dramatique, cette histoire de tueur à gages rongé par le meurtre d’un enfant est un ovni qui flirte avec tous les genres. Un soin apporté à la mise en scène et un goût prononcé pour le décalage intriguent longuement jusqu’au moment où l’on décroche carrément d’une histoire pas si intéressante que ça. C’est dommage car les acteurs (Farrell, Gleeson, Fiennes) exécutent un bon travail, mais l’inégalité de l’ensemble et certains personnages de trop (Clémence Poésy, Jérémie Renier) poussent le spectateur à se dire que In Bruges aurait fait un chouette court métrage !
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