Le 04 Juillet 2007 est une date historique pour les Etats-Unis et les cinéphiles du monde entier : John McClane revient. Ayant bercé l’enfance et l’adolescence de myriades d’amateurs de films d’actions qui découvraient à l’époque médusé le premier métrage avec des terroristes se faisant dézingués par paquets de dix ; ce retour en trombe constitue à lui seul un événement. Après un premier épisode monumental (sans aucun doute le film d’action du millénaire passé ?), un deuxième franchement classique, et un troisième quasiment aussi bon que le premier ; Willis revient avec un quatrième opus maintes fois remanié et surtout contesté : le tâcheron Wiseman à la réal; un McTierman sur la touche ; un McClane sans le marcel ; un Kamen au cimetière ; et une classement PG-13. Aujourd’hui et après moults bandes-annonces hommages ; il est l’heure du verdict. Retour en Enfer vrai Die Hard ? Pas vraiment ; mais pas mauvais quand même…

Ce film fait partie de la Saga Die Hard
Date de sortie : 04 Juillet 2007
Réalisé par Len Wiseman
Avec Bruce Willis, Justin Long, Timothy Olyphant
Genre : Action, Policier
Durée : 2h 20min.
Titre original : Die Hard 4.0
Distribué par Twentieth Century Fox
Résumé :
Pour sa quatrième aventure, l'inspecteur John McClane se trouve confronté à un nouveau genre de terrorisme. Le réseau informatique national qui contrôle absolument toutes les communications, les transports et l'énergie des Etats-Unis, est détruit de façon systématique, plongeant le pays dans le chaos. Le cerveau qui est derrière le complot a tout calculé à la perfection. Ou presque... Il n'avait pas prévu McClane, un flic de la vieille école qui connait deux ou trois trucs efficaces pour déjouer les attaques terroristes.

Si la trilogie Die Hard met tout le monde d’accord ; c’est bien grâce à la maîtrise sans concession de McTierman et au talent unique de Bruce Willis. Ces deux bougres ont façonné à eux seuls un pan tout entier de l’action-movie grâce à une réalisation alerte qui soigne avant tout le montage et à des répliques cinglantes balancées par un anti-héros qui veut sortir de la galère dans laquelle il s’est fourrée. La mauvaise idée du jour à été lancée avant tout par Willis lui-même : soucieux de sa carrière et en manque de son personnage, l’acteur décide de lancer sur rails une suite à cette quasi-parfaite trilogie. Après de nombreux remaniements (au départ, McClane devait se trouver seul dans une jungle peuplée de terroristes !), le projet atterri dans les mains de la dernière personne auquel les fans auraient pu penser : Len Wiseman. Responsable d’un sympathique Underworld et d’une suite franchement merdique, le réal’ effrayait surtout par son jeune âge et son style déconcertant à plus d’un titre. Les deux ont donc travaillé main dans la main pour un résultat qui multiplie les contradictions : intelligent mais complètement décérébré ; énergique mais fatiguant ; inventif mais peu original.

Un bon film possède avant tout un bon scénario. La trilogie des Die hard ne déroge pas à la règle ; et le quatrième opus non plus : McClane se retrouve ainsi propulsé au 21ème siècle et semble toujours autant ne rien comprendre à la technologie. Pire, sa fille le rejette en bloc et tout le monde semble avoir oublier ses nombreux exploits. Certainement pas le spectateur ; qui sent venir à des kilomètres le retour en trombe du flic le plus malchanceux des Etats-Unis. Et c’est avec une surveillance musclée de sa fille que le personnage refait surface ; celui-ci appliquant sans surprise son autorité sur sa progéniture qui elle ne veut plus en entendre parler. Cependant ici, le scénar’ à la bonne idée de ne pas faire de chichis et rentre dans le vif au bout de quinze minutes pour une scène d’action jouissive et euphorisante. Ainsi (et malgré un générique déplorable), l’arrivée chez le jeune hacker que McClane devra se coltiner est l’occasion parfaite pour un petit dîner au rayon vannes. Première surprise de taille : Justin Long sort de son personnage cliché à mort de pro de l’informatique (bien sûr il écoute à fond du hard-rock) pour faire preuve d’un certain charisme. Pas d’excitation démesurée pour autant ; puisque le spectateur est d’abord venu pour voir Willis blablater et faire des galipettes. Pourtant, il risque d’être agréablement surpris par autre chose…

LA vraie bonne idée du film est d’abord la plus grosse surprise : le contexte. Ici, il s’agit de l’ère du numérique : régissant absolument tout (la société, les entreprises, les carrefours…) ; il suffirait de tout faire sauter pour plonger le monde dans l’apocalypse. Chose ici proposée par le « terroriste » Thomas Gabriel qui veut faire payer les Etats-Unis d’une vieille rancœur (qu’il faudrait évité de dévoiler puisqu’il s’agit du seul rebondissement du film) provoquée après une certaine date fatidique pour la nation des Etats-Unis. C’est d’ailleurs ici que le titre du film prend tout son sens puisque les Etats-Unis vont subir une déconfiture informatique façon Hiroshima. Ce contexte est aussi l’occasion d’enfoncer un peu plus McClane dans la mélasse (l’utilisation hilarante de la web-cam ; le radar implanté sur les voitures…) ; heureusement aidé par le jeune hacker qu’il était censé escorter. Bien sûr tout dérape au moment où le bonhomme décide d’en faire une affaire personnelle et part lui-même casser la tronche aux grands méchants. Une bastonnade qui se retrouve avant tout dans les répliques cinglantes et sous acides propre à la saga ; et qui sont quasi-décuplé ici avec une relative efficacité (pour une ou deux répliques monumentales ; il faut se coltiner trois ou quatre moins efficaces) mais une évidente jubilation. D’ailleurs, c’est clairement le duo formé par Long et Willis qui marche le mieux ici ; chacun se balançant des vannes à la pelle pour voir lequel va tomber le premier.

Alors, Die Hard 4 meilleur opus de la saga ? Loin de là ; tant le film trahit sur le reste la franchise. D’abord avec des méchants pas charismatiques pour deux sous : si l’on excepte des sbires toujours aussi coriaces et infiniment cons (mention spéciale à notre frenchie Cyril Raffaeli qui compose un Rand exceptionnel en ennemi de McClane) ; on se retrouve face à un Olyphant qui maîtrise très mal son personnage. Parce que n’ayant pas la carrure d’un Rickman ou d’un Irons ; le bougre (et malgré une tronche qu’on retient) inquiète déjà avec son futur rôle de Hitman. Pourtant il ne faut pas en vouloir qu’à l’acteur qui joue comme il peut avec un personnage bourrée de prévisible et qui ne semble malgré ses actions jamais sûr de lui. Lui avoir octroyé comme co-équipière sa femme renforce ce sentiment de déjà-vu. A ce titre, notons une Maggie Q plus imposante que son mari (dans le film hein !) dans une scène de baston déjà culte. Autre (gros) problème : l’unité de temps et de lieu. Chaque Die Hard possédait un parfum particulier grâce à un ultimatum pressant et un lieu spécifique propre à l’action : l’hôtel pour le un ; l’aéroport pour le deux ; et la ville de New-York pour le 3. Ici, on sent que les producteurs ont voulu tout faire en un film et décide de dupliquer l’action sur trois jours et dans l’ensemble de Washington. Problème : on a plus l’impression d’assister à un 24 heures chrono-like qu’à une vraie aventure à la McClane. Ainsi donc, le sel de la série s’évapore pour laisser à de l’action très musclée qui permettra (peut-être) à Die Hard 4 de devenir le plus gros film d’action de l’été.

Il faut reconnaître aux Die Hard originaux une certaine proportion à l’exagération : John McClane qui chute vertigineusement du toit de l’immeuble avec une lance à incendies autour du corps dans le premier ; McClane qui s’échappe d’un avion truffé de grenades avec un siège éjectable dans le deuxième ; ou toujours le même McClane qui s’enfuit d’un tunnel bourré d’eau à l’aide d’un 38 tonnes qui roule tout seul dans le troisième. Ici, le flic le plus malchanceux du monde subit une rafale de balles alors qu’il est seulement planqué dans un appartement. Il offre ainsi une plongée dans l’action vertigineuse qui ravira tout le monde : les fans de la série et des films d’actions en général qui auront le sourire aux lèvres tant le père Bruce à une classe folle et un style unique qui mélange maîtrise et naturel ; mais aussi le spectateur lambda qui en prendra plein les mirettes dans une scène maîtrisée de A à Z (spectaculaire plongée de Rand avec une caméra passe-partout). Mais le problème qui pousse Wiseman dans « le gouffre » que l’ensemble du film représente, c’est bien sa volonté de trop en faire. Trop d’unité de temps et de lieu ; trop de situations à rebours ; et surtout trop de n’importe quoi. Avant d’en arriver là, Wiseman réussit quand même à mettre en place des scènes foutrement jouissives : un long carambolage dans la ville entière suivi d’un hélicoptère (l’un des meilleurs plans du film) ; une scène de tôles froissées dans un tunnel plongé dans le noir qui constitue un monument de bravoure ; une explosion sidérante d’une base ; et surtout une scène dantesque entre Willis et Maggie Q où le caractère très animal de McClane se révèle enfin au grand jour et implose dans un affrontement musclé et serré dans les cages d’un ascenseur. Malheureusement, Wiseman et les scénaristes (le bougre n’étant pas seul responsable dans l’affaire quand même) décide d’en faire des tonnes pour justifier le budget astronomique et balance toute l’argent dans une scène finale pathétique avec un avion de chasse. Le film dérape donc dans la tambouille et s’embourbe dans un assemblage douteux d’effets spéciaux et de trucages manuels. Une scène qui se confirme avec un affrontement ridicule de bâcler et de banal. Dommage.

On en vient au point fâcheux : le choix de Wiseman à la réalisation. Déjà que McTierman se tire du bateau fait mal au cœur. Mais voir ce que Wiseman a fait à la place déçoit et, chose étonnante, rassure. Commençons par les points positifs : avec un style unique et des choix de mise en scène parfois géniaux ; Wiseman se débarrasse de son étiquette de yes-man et assure un divertissement comme on en fait peu. Notamment dans les cènes d’action où le réalisateur démontre un savoir-faire de pyromane que beaucoup lui envieront encore. Grâce à un montage au cordeau rarement cafouilleux (le combat sur sol avec Maggie Q est un peu brouillon), il compose ainsi des pièces de choix destiner avant tout aux fans. Mais le problème de Wiseman viendrait plutôt de son directeur photo : Simon Duggan. Car Die hard s’octroyait une photographie travaillée mais toujours neutre et jamais gratuite. Ici, le travail effectué consiste à un délavement des couleurs façon « Le Chat » qui n’a pour seul but d’imposer un peu plus le travail effectué à l’écran. Une démarche gratuite et fatigante pour des mirettes qui ne retiennent plus rien si ce n’est un assemblage d’explosions et de coups de feu. Dommage car la musique de Beltrami qui accompagne l’action est soignée et rend honneur au travail culte de Kamen (ah ! le thème « des trois notes ») malheureusement mort trop tôt. Et Bruce dans tout ça ; il en pense quoi ?

Bruce Willis semble fier du film et s’affirme comme le gardien des clés du « musée Die Hard ». Le fan rétorquera : oui c’est vrai, mais pourquoi Wiseman ? Ce à quoi il répondra : je m’en fous ; je joue comme un Dieu ! Véritable pivot de la saga (il reste qui à part lui au fait ? Personne !), Willis retrouve son personnage fétiche comme une serpillière retrouverait un balai : avec un bonheur immense et un automatisme total. Ici il ne joue pas McClane ; il EST McClane. Une formule éculé depuis le dernier James Bond (oui sur la boite du dvd mais avec Daniel Craig !) qui prouve que Willis porte le film sur ses larges épaules (il est seul sur l’affiche) et n’a rien perdu de sa superbe. Certains argueront qu’il n’apporte rien au personnage ; mais au moins il est égal à lui-même et retrouve des couleurs après décennies de mauvais rôles. Pour le reste c’est mitigé : pour un Long excellent en hacker aux culottes courtes, un Smith en roue libre, une Maggie Q parfaite, un Raffeli écrasant de charisme, et une toujours magnifique Elizabeth Winstead ; on a droit à un Olyphant à côté de la plaque, à un Curtis inutile, et à un Smith en roue libre (oui il a ses bons et ses mauvais côtés !).

Au final donc, Die Hard 4 – Retour en Enfer constitue un morceau de choix cet été : pitch travaillé (on apprécie l’utilisation maligne du 11 Septembre et « la réflexion » sur la technologie), scènes d’actions spectaculaires, et un Willis qui revit. Un film d’action sympathique ; mais qui à la prétention de s’appeler Die Hard alors que le film se sert de son personnage principal pour mieux rater ses hommages et oublier complètement les bases de la série (l’unité de lieu et de temps ; la réalisation neutre mais dynamique…). Une suite sans aucun doute inutile et vaine ; parfois jouissive (les bonnes vannes sont de retour) ; mais malheureusement plombé par l’ambition égoïste de producteurs et d’un réalisateur qui veulent toujours en mettre plein la vue. "Yipee-Ki-Yay, mother fucker » !!
7/10
Bon je suis toujours le même snakemaster de l'ancien blog; je voulais savoir si il serait possible de transférer mon aniecn contenu ici sans dénaturer l'ancien? Sinon je continue mon blog;même si la vraie adresse reste pour Blogorama. Snif.
Mon ancienne adresse:
http//www.dvdrama.com/blog/snake%20master/