Il s'agit d'un vieux clip de Martini Ranch, le groupe de Bill Paxton, qui a ramené tous ses potes, pour l'occasion!!! James Cameron derrière la caméra, et devant la caméra, c'est un véritable défilé en provenance d'Aliens:
- Bill Paxton, forcément...
- Lance Henriksen
- Jenette Goldstein (Vasquez)
- Paul Reiser (Burke)
- Harry Dean Stanton (qui joue dans le premier)
- et surtout, la très belle réalisatrice (et méga talentueuse) Kathryn Bigelow dans le rôle d'une des chasseuses de prime... Tout simplement grandiose...
Dommage que la qualité est pas top, je suis persuadé qu'il y en a encore plus... Il me semble que Judge Reinhold (Flic de Beverly Hills) est de la partie aussi, ainsi que Mark Rolston, celui qui joue Drake dans Aliens...
Bonjour à tous! Pour faire plaisir à sien, un petit retour de ma part et forcément ca parle de bêbêtes... Si tout va bien, en septembre, j'ouvre mon blog Wordpress, donc ne vous étonnez pas si mes dossiers disparaissent, ils migrent vers une plate-forme qui ne m'obligera pas à les scinder en plusieurs parties... Et ce sera plus zoli, aussi... Mais pour l'instant, place au crocodile de Black Water et les insectes mutants de... ben, Les insectes mutants...
Black Water (David Nerlich & Andrew Traucki - 2007)
Alors, pour les films de crocros, c'est simple, je suggère qu'on laisse le monopole aux australiens... Ils connaissent ça mieux que nous, ils ont plein de faits divers, là-bas. Notamment une histoire de vacanciers bloqués après qu'un gentil saurien ait renversé leur barque. Bon plan pour un film, ça... Surtout si on a un petit budget, il ne faut pas beaucoup d'acteurs, un décor unique... On peaufine un scénario sur cette idée de base, en essayant de dynamiser un peu l'histoire, car à part voir des gens perchés sur un arbre, il n'y a pas grand chose d'autre à voir. Et voilà... Ca paraît si simple... Mais ca n'est pas vraiment le cas, car pour réussir le film, il faut tenir compte de certains éléments. Tout d'abord, on va tout de même passer 88 minutes avec une poignée d'acteurs, pas question de les prendre au petit bonheur la chance. Le casting est ici une étape cruciale et les deux réalisateurs l'ont très bien compris. Ca faisait très longtemps que je n'avais pas vu trois acteurs qui parviennent en si peu de temps à rendre leur personnage attachant, surtout dans ce genre de film! Leur performance est d'autant plus étonnante quand on pense qu'ils n'ont jamais vu l'ombre d'un crocodile sur le tournage!
En effet, Nerlich et Traucki, définitivement des gars bien, ont refusé catégoriquement l'option du crocodile en CGI tout pourri: "On voulait un vrai crocodile!". Evidemment, difficile de convaincre les acteurs de patauger dans l'eau avec un des plus anciens prédateurs de notre planète. Plus qu'à passer cinq jours à filmer l'animal sous toutes les coutures, dans une ferme d'élevage et d'ensuite incruster intelligemment ces images avec les acteurs jouant sur fond bleu. Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est bluffant, ca sent le trucage, mais c'est déjà nettement mieux qu'un crocodile numérique! J'applaudis des deux mains, en tout cas! Surtout qu'ils ont réussi ce que très peu de films du même genre parviennent à faire: faire du crocodile un personnage à part entière. Certaines de ses apparitions sont particulièrement soignées et lui confère une aura de bête diabolique, toujours prompte à surgir au moment le plus cinégénique.
Autre élément important: le décor. L'histoire est censée se dérouler dans la région du Nord, mais pour des raisons économiques, il fallait trouver une mangrove près de Sydney. Les recherches furent longues mais ils ont finalement trouvé l'endroit idéal. Petit problème, la marée ne leur donnait que trois heures de tournage par jour, l'eau se retirant progressivement pour ne laisser que de la boue. De quoi alimenter la tension d'un tournage déjà difficile en soi. Mais à nouveau, les réalisateurs s'en sont sortis comme des chefs, parvenant à rendre inquiétant le moindre clapotis d'eau. Le suspense fonctionnant à la manière des Dents de la Mer, ce qui se cache sous l'eau est votre plus grande peur. Alors chef d'oeuvre total? Je n'irais pas jusque là quand même. Le film est malheureusement prisonnier de son pitch et même si ca démarre très vite (la barque est retournée après un quart d'heure!), difficile ensuite de tenir une grosse heure à filmer des gens dans des arbres ou marchant avec de l'eau jusqu'à la taille. Rien de vraiment grave, c'est nettement mieux qu'Open Water sur une histoire similaire. Par contre, la fin aurait pu être mieux. Visiblement conscient du manque de rebondissements (ce qui n'était pas vraiment grave, j'aurais préféré qu'ils continuent sur la voie du réalisme plutôt que de tirer un peu trop sur la corde), les réalisateurs se laissent un peu trop aller. Sans pour autant saborder leur film, on n'a pas droit au happy end niais non plus. Loin de là... Une petite réussite, donc...
Verdict 7/10
Les insectes mutants (Monster Island 2004 - TV)
MTV a encore frappé! Cette chaîne qui est devenue de plus en plus nulle au fil des ans (quitte à faire mon vieux con, c'était quand même mieux il y a quinze ans... On ne passait que de la musique et celle-ci était suffisamment variée pour contenter tout le monde...) a décidé de produire un monster movie délibérément ringard (enfin, j'espère parce que sinon...), avec Carmen Electra. Tout à fait le genre de film qui défie toute logique... J'imagine d'ailleurs les pauvres critiques qui doivent livrer un compte rendu d'une pareille "oeuvre"... Pendant 1h30, nous allons avoir la chance de suivre les aventures palpitantes d'un groupe de jeunes, invités par MTV sur une île tropicale pour faire la fête, avec en guest-star, la bombesque Carmen Electra (je n'ai pas vu un seul épisode d'Alerte à Malibu, mais de toutes celles qui se sont fait connaître en enfilant le maillot rouge, c'est tout de même la plus top. N'en déplaise à Pamela Anderson... ;-)). Oui, mais voilà, il y a des insectes géants sur cette île!!! Et lorsque Carmen pousse la chansonnette, elle se fait illico presto kidnapper par une fourmi reine gigantesque!! Ni une ni deux, notre héros du jour se lance à sa poursuite, afin de délivrer la belle de la bête.
Voilà pour l'histoire, prétexte à des gags idiots, à une romance d'adolescent et à quelques effets spéciaux censés rendre hommage à Ray Harryhausen. Un hommage potache mais tout de même sincère, d'autant plus qu'un personnage porte son nom. Et ce personnage est d'ailleurs incarné par le revenant Adam West, de la cultissime série Batman (Wham, Bang, Poum!!), qui n'arrête pas de débiter des âneries avec un sérieux inébranlable (marque de fabrique des échanges entre un Batman bedonnant et un Robin dubitatif). Ca fait tout de même plaisir de le revoir, tiens... Et tant qu'on parle du casting, notons la précense de Mary Elizabeth Winstead, qui avait été laissée en charmante compagnie dans le Boulevard de la Mort de Tarantino. Côté insecte, le liste se résume à quelques fourmis soldats, la reine, une araignée et deux mantes religieuses, qui au lieu de se livrer un combat dans la plus pure tradition Harryhausen, vont forniquer joyeusement devant nos héros ébahis... Bref, tout le monde l'aura compris, impossible de regarder ce film en gardant son sérieux, sous peine de passer un très mauvais moment. Ceux qui ne se prennent pas la tête (comme moi...) vont se marrer de temps en temps, et surtout se répéter sans arrêt "Mais k'sé con, mais k'sé con..." avec un petit sourire aux lèvres... Je ne peux m'empêcher de vous faire profiter d'une remarque apercue sur imdb, concernant le film:
"Why make a low budget sci fi movie in this day and age. People don't want to watch it, they want The Lord of the Rings!" Ouais mais dans Lord of the Rings, il n'y a pas Carmen Electra et Adam West, d'abord! (C'est un belge comme moi qui a laissé ce commentaire, en plus... Le monde est petit, tout de même...)
Si David Lynch fait partie de mes cinéastes préférés, c'est surtout grâce à ce film, énorme réussite à tous les niveaux. Un véritable plaisir de spectateur. Plaisir de se perdre, plaisir d'essayer de comprendre, plaisir de l'oreille, plaisir de visionner une oeuvre atypique, étrange et pourtant si familière, lorsqu'on est habitué à l'univers de l'auteur. Loin de moi l'idée d'avoir la prétention de vous en expliquer tous les tenants et les aboutissants, je pense que même Lynch n'a pas d'avis arrêté sur ce qui se passe vraiment dans ce film mais après l'avoir regardé une troisième fois (et un DVD en moins dans la pile de 50 centimètres, un...), j'ai eu une énorme envie de partager avec vous mes impressions, mes émotions... Et faire plaisir à David Lynch, finalement... Car s'il a fait ce film, c'est surtout pour ça... Pour ce qui se passe après le film, quand nos cerveaux vidés tentent timidement de reconstituer le puzzle. Qu'importe si le cheminement est différent du réalisateur (et à la limite, je suis certain qu'il en sera encore plus ravi!), l'essentiel est que le film vive encore en nous après l'avoir visionné... Après l'avoir visionné, c'est également ce qu'il faut faire avant de lire cet article, impossible pour moi d'en parler sans en révéler de nombreuses scènes clef. Et maintenant, attachez vos ceintures, car il n'y a pas de limitation de vitesse sur cette autoroute perdue...
Premier acte: Fred Madison
Fred et Renee Madison (Bill Pullman, impeccable, et Patricia Arquette, tout simplement grandiose) forment un couple à la dérive. Leur maison est à l'image de l'amour qu'ils se portent: froide, austère, aseptisée... En cause, de forts soupçons qui pèsent sur la fidélité de Renee, confirmés par des appels téléphoniques laissés sans réponse depuis un bar où Fred joue du saxophone, pensant que sa femme l'attend bien sagement à sa maison. Mais à son retour, elle est là, assoupie sur le lit. Une tentative de faire l'amour tourne court, Fred ne sachant se retenir de jouir après une ou deux minutes. Peut-être a-t-il été perturbé par quelque chose qui trotte dans sa tête? Pendant l'acte, la chanson "Song To The Siren" de This Mortal Coil traîne dans l'air, comme s'il s'agissait d'une réminiscence du passé. Premier indice de Lynch, la réalité va bientôt se fissurer. Dès le lendemain, les choses s'accélèrent: un inconnu sonne à la porte et glisse par l'interphone ces quatre mots: "Dick Laurent est mort". Un regard par la fenêtre indique qu'il n'y a personne. Mais ca n'est rien comparé à ce qui va suivre: des cassettes VHS sous enveloppe seront envoyées au couple. La première, très courte, montre un plan général de la maison. Intriguant, mais la seconde cassette qui arrive le lendemain fera monter la pression de plusieurs crans: l'image granuleuse montre à présent l'intérieur de la maison et surtout un travelling qui débouche sur la chambre, montrant Renee et Fred en train de dormir!! Paniqués, ces derniers appellent la police mais les deux détectives envoyés sur place sont assez empotés et ne feront pas grand chose pour les rassurer. Pour se changer les idées, Renee décide de venir à une petite fête organisée par son ami Teddy, et c'est là que Fred fera une rencontre déterminante.
En aller rechercher un verre pour sa femme, il fait la connaissance d'un homme, que pour des raisons de facilité nous appellerons l'homme mystère (je crois d'ailleurs que c'est vraiment le nom de son personnage au casting...). Interprété par l'inquiétant Robert Blake, ce personnage fascine d'emblée en lui affirmant qu'il se sont déjà rencontrés et qu'il se trouve d'ailleurs dans sa maison en ce moment même! Un rapide coup de téléphone oblige Fred à vérifier ce don d'ubiquité. L'inconnu s'éloigne, mais la menace gronde: notre héros serait-il en train de péter un câble (et nous avec, par la même occasion)? Ce sera définitivement le cas lorsqu'il visionnera le lendemain une troisième cassette. Dès les premières images, l'ambiance se charge d'électricité (ces cassettes foutent autant les boules que la cassette maudite de Ring!). On revoit la caméra qui se dirige vers la chambre mais ca se termine cette fois par une vision d'horreur: le cadavre baignant de sang de Renee et un Fred Madison hystérique, visiblement auteur du meurtre. Pas le temps d'appeler à l'aide, une éllipse le transporte directement dans le bureau de police, tabassage et inculpation à la clef. La prison sera désormais sa dernière demeure... Fin d'un premier acte étouffant, bénéficiant d'une ambiance très lourde magnifiée par la grâce d'une mise en scène inspirée et d'une musique d'Angelo Badalamenti qui colle littéralement aux images!
Deuxième acte: Peter Dayton
Mais ce que Fred Madison ignore, c'est que l'homme mystère va lui permettre la plus spectaculaire évasion qui soit. L'univers est composé d'une infinité de mondes parrallèles, dont la paroi qui les séparent peut parfois s'avérer être tellement fine, qu'il suffit de l'ouvrir comme s'il s'agissait d'un simple rideau (rouge? Tiens, c'est étrange, il y a justement un rideau rouge dans la maison des Madison... Il ressemble beaucoup à celui de Twin Peaks... Bizarre, vous avez dit bizarre?). Un mal de tête extrêmement douloureux, comme si la boîte crânienne était trop petite pour contenir le cerveau, va s'avérer être la première étape d'une transformation incroyable: Fred Madison va être remplacé (!) par Peter Dayton, un jeune homme qui a récemment disparu après avoir eu un accident inquiétant dont les parents refusent d'en parler. Et ce, à la grande surprise des gardiens de prison, ceux-ci retrouvant au petit matin un parfait inconnu dans la cellule de Madison. Ce dernier ne se souvient pas des dernières heures, il sera bien entendu relâché et ramené par ses parents. Il reprendra son travail de mécanicien dès le lendemain, légérement hébété. C'est là que nous allons faire la connaissance d'un personnage haut en couleur: Mr Eddy (incroyable, monstrueux, immense Robert Loggia), un caïd d'une maniaquerie impossible avec ses voitures.
Il en amène d'ailleurs une qui a des petits problèmes de moteur, un léger bruit qui empoisonne ce qui devrait être une symphonie. Mr Eddy emmène Pete faire un tour pour indentifier le problème et les réglages terminés, emmène son jeune ami faire un tour sur une route de montagne. Arrive la scène la plus jouissive de tout le film, où un inconscient arrive à fond de balle et colle au cul de la voiture dans l'espoir de le dépasser. Les gardes du corps à l'arrière se regarde, l'air de dire "Il est vraiment con, celui-là!". Eddy ouvre la vitre énervé mais reprend son calme, en lui faisant le geste amical pour dépasser. Et là, fatale erreur: le gars le double en faisant un doigt d'honneur. Retour sur les gardes du corps, dont le premier réflexe est de boucler leur ceinture. Et on comprend vite pourquoi, la voiture abritant sous son capot un nombre incalculable de chevaux. Le mécréant est vite rattrappé, forcé de se rabattre sur le côté, et je dois bien avouer ma jubiliation lorsqu'il se fait rosser à coups de crosse dans la gueule par un Mr Eddy enragé, qui hurle dans son oreille qu'il faut "TOUJOURS - RESPECTER - LES - DISTANCES - !!!", moi qui ait horreur qu'on me fasse la même chose sur la route! En quelques minutes, Mr Eddy rejoint la galerie des personnages hauts en couleur du 7ème art. Mais alors qu'on serait tenté de faire abstraction de la première partie du film (après tout, on change complétement d'histoire, là!), Lynch nous rappelle à l'ordre: Eddy s'appelle en fait Dick Laurent! Et ca n'est pas tout, sa pépée n'est autre qu'Alice Wakefield, une Patricia Arquette blonde (soeur de la brune Renee...), bombesque à souhait (quel corps!).
Définitivement, le lien n'est pas brisé, et c'est dans la peau de Peter Dayton que Fred Madison va faire toute la lumière sur ce qu'il s'est passé avec sa femme, dans un autre espace-temps et dans le corps d'une personne aspirée dans cette histoire alors qu'elle n'avait rien demandé. Pete va se faire manipuler par la venimeuse Alice pour s'échapper de l'emprise du caïd, et comme pour Madison, la réalité va bientôt se fissurer (démontré par le passage ou Pete est terrassé par un mal de crâne terrible lorsqu'il entend à la radio un morceau de free jazz, le même morceau que Fred Madison jouait au début du film). Ayant tué Teddy, le prétendu ami de Renee/Alice, pour lui voler de la drogue, le couple fonce vers le désert, où une personne est censée leur remettre de nouveaux papiers et de l'argent en échange de la came. Mais l'homme mystère (car c'est bien de lui qu'il s'agit, nouveau papier, nouvelle identité) se fait attendre, la porte vers un monde parallèle est fermée. Pour l'ouvrir, la clé se cache sous les traits d'Alice la sirène et cette fois la chanson de This Mortal Coil résonne de toute sa puissance, pendant que les deux jeunes gens font l'amour sur le sol aride.
Troisième acte: épilogue
Cette fois ca y est... Après avoir fricoté avec le double de sa femme, Fred est de retour parmi les vivants, Pete retourne au néant (ou dans un autre monde, qui sait...). L'homme mystère est là... L'homme à la caméra... L'homme qui détient tous les secrets...
Il l'envoie chercher Mr Eddy/Dick Laurent, dans une chambre d'hôtel. Chambre dans laquelle Mr Eddy retrouve régulièrement... Renee! Fred sait désormais ce qu'il voulait savoir, grâce à l'homme mystère, qui pour une raison inconnue, s'est révélé un allié providentiel. Mais un allié terrifiant de par sa nature même, un être qui n'a d'humain que l'apparence. Il le fuira à toute vitesse, après avoir tué l'amant de sa femme dans le désert, toujours avec l'aide de l'homme mystère, qui avait peut-être un compte à régler avec le truand. Ensuite, Fred Madison se rendra à sa maison, sonnera à la porte, laissera le message suivant à l'interphone: "Dick Laurent est mort", dans l'espoir qu'il soit capté dans un autre espace-temps. La boucle est bouclée. Reste à repartir sur cette autoroute perdue, les flics aux trousses, en route vers un autre monde... Une fin à l'image du film, ouverte et incompréhensible, tout du moins à la première vision.
Merci monsieur Lynch pour ce cauchemar éveillé, où on rêve d'être quelqu'un d'autre tout en sachant qu'à l'intérieur, c'est toujours de nous qu'il s'agit, où l'espace et le temps se confondent pour former un tout à priori incohérent mais où finalement tout se tient. Et merci également pour le soin maniaque apporté à la bande sonore, que ce soit la musique fusionelle de Badalamenti et Adamson ou les chansons qui s'imbriquent parfaitement dans cet univers, en passant de David Bowie à Marilyn Manson (le superbe "Apple Of Sodom" et la reprise extraordinaire de "I Put a Spell on You". L'artiste fait d'ailleurs une apparition dans un film porno de Mr Eddy, en compagnie de son bassiste de l'époque, Twiggy Ramirez...)
Bon, c'est pas tout ça, mais je viens de faire le plein et vérifier la pression des pneus... On y retourne?
Dina Meyer pousse son premier cri le 22 décembre 1968, dans le quartier de Queens à New York. Entourée de 2 frères, son enfance et ses études se déroulent sans problème. De neuf à seize ans, forte d'un visage irrésistible, Dina s'essaye au métier de model, mais bien entendu, elle songe plutôt à embrasser une carrière d'actrice. Heureusement que papa et maman sont des gens responsables, et l'obligent à au moins terminer ses études. Trois années à étudier l'art dramatique suivront et un rôle dans la série Beverly Hills 90210 viendra concrétiser ses attentes. Elle décrochera dans la foulée le rôle féminin principal de Johnny Mnemonic, très sympathique film de science-fiction qui traînait une réputation de daube cosmique à sa sortie ciné et qui m'a très agréablement surpri à sa première diffusion télé. Course-poursuite plus ou moins efficace avec en tête d'affiche Keanu Reeves, le film brille surtout par ses seconds rôles: Dina Meyer, bien entendu, dans un rôle assez physique qui lui convient parfaitement (la belle est une grande sportive, ses épaules carrées ne sont pas tombées du ciel: snowboard, VTT, plongée sous-marine, etc...) mais surtout Dolph Lundgren, qui trouve ici son meilleur rôle à ce jour, dans la peau d'un prédicateur complétement fou et hautement jouissif!
Bien avant Johnny Rico, il y avait Johnny Mnemonic...
Je n'oserais pas parler d'un début de carrière pétaradant, mais avouez tout de même qu'il ne lui a pas fallu longtemps pour percer! Pendant que d'autres petites poulettes rament désespérement pour trouver un job, Miss Meyer se retrouve ensuite en compagnie de Dennis Quaid dans un film budgété à $57,000,000, Coeur de Dragon. Et si force est de reconnaître qu'on est encore loin du film de dragon ultime (toujours pas pondu, d'ailleurs... Le dragon du lac de feu reste le meilleur pour l'instant, malgré un Règne du Feu qui aurait pu être tellement mieux!), on tient peut-être là un des meilleurs films familiaux qu'il m'ait été donné de voir (le compliment est d'autant plus sincère compte tenu de mon aversion pour le genre...). Evidemment, un dragon qui parle avec la voix de Philippe Noiret in French, c'est un peu casse-gueule, mais les effets spéciaux sont assez corrects et je ne le répéterais jamais assez, Dennis Quaid a le chic de composer des personnages immédiatement attachants. Dans son rôle de sauvageonne à la chevelure de feu, Dina fait monter la température bien plus rapidement que la créature vedette!
Et pour enfoncer le clou de la célébrité d'un bon coup de marteau, rien de tel qu'une participation à trois épisodes de la série qui cartonne, Friends. Ceux qui me connaissent un petit peu savent déjà que je ne la porte pas du tout dans mon coeur, et parmi les rares épisodes que j'ai vainement regardé dans l'espoir de comprendre l'engouement général pour cette série figurent justement deux de ces épisodes avec Dina, par la grâce d'une chance insolente avec la zapette "Tiens, mais c'est Dina Meyer!?! Qu'est-ce qu'elle fout dans cette série de m....?!?". Si je me souviens bien, elle incarnait une aspirante actrice, et accessoirement objet de désir de Matt LeBlanc. Heureusement pour moi, l'année 1997 me marque au fer rouge pour tout autre chose. Un film grandiose, propulsé illico presto dans mon top 20:
YES!!! Starship Troopers!!! Véritable monument de la science-fiction!! Si ce film est une aussi grande réussite, c'est avant tout grâce à quatre noms: le hollandais violent Paul Verhoeven, dans ma toplist des réalisateurs; l'allemand volant Jost Vacano comme directeur photo, qui compose des scènes de combats proprement ébouriffantes; le génie des effets spéciaux Phil Tippett qui supervise toutes les scènes avec les créatures (Putain, il méritait pourtant une flopée d'oscar, ce Tanker!!!) et finalement Dina Meyer, dont c'est le premier film vu par votre serviteur. Un choc terrible! Jamais je n'oublierais cette Dizzy Flores!!! Chaque fois que je le regarde, ce film, je traite ce crétin de Johnny Rico de tous les noms. Mais comment peut-on vouloir sortir avec cette tête de mérou de Denise Richards alors que sa sublime partenaire de jeu n'a d'yeux que pour lui!!! Heureusement, le bon sens l'emportera, et la guerre contre les insectes de Klendathu aura au moins ça de bon: Dizzy parviendra à ses fins, après s'être mesurée au sergent-instructeur Zim (Clancy Brown, je pose un genou par terre...) et à une horde de bugs en furie! C'est pas beau, l'amoûûûûr??
Avec un regard pareil, bien sûr que c'est beau l'amour!! Bon, trêve de romantisme, sinon, j'en connais une qui va de moins en moins tolérer mes "Quel happy-end de merde..." lâchés généralement pour conclure les comédies romantiques . Bon, retour à nos moutons et à une carrière qui semblait toute tracée. En bonne voie pour avoir son étoile sur le Hollywood Boulevard, Dina étoffe son CV d'un rôle de procureur un peu sévère dans un épisode d'Ally McBeal (série hautement plus fréquentable que Friends, même si je n'ai pas vu tous les épisodes, loin de là. Je me suis surtout concentré sur les derniers, grâce à la présence de Christina Ricci. L'épisode avec Dina résulte d'un autre coup de chance avec la zapette... Comme quoi...). Et puis, là, de manière totalement inexpliquée, Madame la chance retourne sa veste et Dina aura bien du mal à devenir LA star qu'elle mérite d'être. Evidemment, ses films précédents n'ont pas été de grands succès commerciaux et j'oublie tout le temps que Starship Troopers n'a pas généré autant d'enthousiasme que dans ma tête mais tout de même... Et les choses ne s'arrangent pas avec La nuit des chauves-souris. Si le film conforte définitivement son statut de Fantastic Girl à mes yeux, le succès n'est toujours pas au rendez-vous. Vraiment dommage pour une série B de bonne qualité, déjà chroniquée dans le dossier Faune de nos jardins (Part 2).
Vient ensuite une excellente petite surprise, Stranger Than Fiction. Je l'ai loué à ma vidéothèque en voyant qui vous savez sur la jaquette. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne me faisais pas trop d'illusion quand à la qualité de ce qui s'apparentait à un sous-Scream. Et pourtant, de un, j'ai passé un bon moment et de deux, ca n'a rien à voir avec le film de Wes Craven et tous ses ersatz miteux. Il faut plutôt chercher du côté des Petits meurtres entre amis de Danny Boyle ou encore Very Bad Things de Peter Berg, l'humour corrosif en moins. Quatre amis se mettent en position délicate lorsque l'un d'entre eux tue un homme et qu'ils décident de faire disparaître le corps. A partir de là, c'est chacun pour soi et les retournements de situation sont de plus en plus nombreux au fur et à mesure que le dénouement approche. Chouette scénario, et à nouveau bonne prestation de Dina, qui passe aisément de l'amie sur qui on peut compter à la garce vénéneuse. On pourra reprocher une réalisation un peu inutilement tape-à-l'oeil mais c'est bien le seul reproche que je pourrais faire à cette efficace série B. Vivement une diffusion télé (bon, ca fait jamais 6 ans que j'attends, tout va bien...)
Et puis, voilà, la descente aux enfers commence... Un bon paquet de films que j'ai même pas vus... Un quasi-caméo (son personnage meurt dans les cinq premières minutes du film) dans le D-Tox qui marque le début de la déchéance totale de Stallone (Même si le film n'est pas si mauvais que ça, il se prend une méchante gamelle au box-office qui donnera le coup de grâce à la carrière de l'étalon italien). De toutes façons, un énième film sur un tueur en série qui n'apporte pas grand chose, finalement, on s'en serait bien passé. Tout comme la série Birds of Prey qui me faisait pourtant saliver d'impatience. Imaginez, Batman est mort, Robin s'est fait la malle, seule Batgirl est encore là (Dina), mais clouée à un fauteuil roulant. Et Gotham City étant ce qu'elle est, le crime reprend ses droits sur la ville. C'est sans compter sur la nouvelle équipe de nettoyage composée par Batgirl herself: la fille de Selina Kyle (Catwoman, pour les distraits...) et une ingénue médium qui sort de sa campagne pour combattre l'injustice. Las, la série est conçue pour les adolescentes et malgré quelques clins d'oeil agréables (flash-back du dernier combat Batman VS Joker, ce dernier étant interprété par Mark Hamill, déjà talentueux doubleur du même personnage sur la série animée de 1993; Sherilyn Fenn en Harley Quinn!!!), l'ensemble est vraiment de petite tenue et le pilote m'a largement suffit...
Barbara Gordon, alias Batgirl, dirige toutes les opérations depuis la nouvelle Batcave...
Après cette série, arrêtée au bout d'une saison, pointe une discrète sortie vidéo pour le film Deception (aka Decoy). Relativement agréable à regarder, un suspense où une allumeuse au service d'un détective privé, branche les maris infidèles et au moment de passer à l'acte, son patron intervient et constate le coup de canif au contrat de mariage: tout bénéf' pour les femmes désireuses de divorcer. Mais voilà, la jolie madame qui joue avec les hommes (si je vous dis que c'est Dina Meyer qui joue ce personnage, vous serez sur le cul, là, non?) est confrontée à un mari revanchard, et il ne va pas faire bon de traîner toute seule la nuit. Si c'est tout à fait le genre de film parfait pour passer sur TF1 ou M6, le scénario est suffisamment bien fait pour brouiller les pistes et maintenir l'intérêt. Bon petit film, donc, mais pas très connu. Heureusement, le succès frappe à la porte en 2004: Saw fait des ravages dans les salles obscures, et c'est amplement mérité. Même si tout n'est pas parfait, ca m'a fait franchement plaisir de voir un film pareil faire un tel carton. Et quel bonheur de retrouver un Danny Glover aussi intense que dans Predator 2, yeah!!! Alors, certes, l'inspecteur Kerry, on la voit 5 minutes à tout péter mais elle deviendra carrément un des personnages principaux dans la suite! Mais ca n'est pas encore pour tout de suite, et pour se préparer à affronter le Jigsaw à nouveau, elle se détend un petit peu dans un téléfilm sympathique, Crimes of Passion.
Le scénario est relativement bien torché, rien d'original mais le tout est mené avec pas mal de conviction. Dina joue ici une executive woman qui pretend qu'un de ses collègues l'a violée. Celui-ci est viré sur le champ mais intente un procès et touche un montant exhorbitant d'indemnités. Premier retournement de situation: les deux sont complices! Et ce ne sera pas le dernier retournement de situation!Je ne suis certainement pas objectif en disant cela, mais Dina en impose dans son personnage de manipulatrice: femme forte, femme terriblement sexy, femme intelligente, tout le panel y passe. Dommage que la fin n'ait pas pris la direction que je souhaitais. Dommage égalemment que 2005 soit l'année des téléfilms, car de celui-ci, tout à fait correct, on passe à une grosse guimauve puissance 20: His and Her Christmas, traduit en français par un Plus beau jour de l'année qui annonce la couleur! Deux journalistes se bagarrent dans les colonnes de leur quotidien respectif, l'une (Dina) étant pro-amour, pro-famille (mais divorcée), pro-Noël et l'autre, un homme bien entendu, étant beaucoup plus pragmatique, voire déshumanisé. Evidemment, ils se détestent, mais en fait ils s'aiment et à la fin, ils écriront leur article ensemble... C'est ti pas mignon... Après ces deux téléfilms, retour à Saw II donc, qui est sans doute inférieur à sa préquelle mais rien que pour le plaisir de voir Dina Meyer revenir au premier plan, je les mets tous deux au même niveau. Quand au troisième, il baisse d'office dans mon estime, car les scénaristes ont OSÉ tuer son personnage, putain!! Dès le début du film en plus, histoire de bien m'assommer!! Même Mad Movies s'était ligué contre moi, en mettant son cadavre en couverture du numéro 191 mais en prenant bien soin qu'on ne puisse pas voir son visage, hein!! Bande de sadiques! J'ai du la voir des dizaines de fois, cette image en lisant le magazine! Et puis, en voyant le film, PAF!! NOM D'UNE PIPE!! C'était les tripes de Dina, là, en couverture!! Le coup de grâce, vous imaginez bien... Bon, passons car même si je me suis un peu plus ennuyé en le regardant, Saw III se laissait voir, grâce à certaines scènes bien sadiques (impossible d'oublier la purée de porc pourri...). Quand à Saw IV, elle y fera une petite apparition dans un des nombreux flashbacks (il y en a peut-être même un peu trop, je ne serais pas mécontent de le revoir une seconde fois pour être sûr d'avoir tout compris... ).
"Mais qu'est-ce qu'il m'a pris de rempiler une seconde fois?"
Et l'avenir? Pas vraiment de gros films à l'horizon, comme d'habitude... Dur, dur, de se faire une place parmi les stars...
Permettez-moi de planter le décor. Nous sommes en 2007. Tous les 4 juillet en Belgique, c'est le Wilkinson American Movie Day, 13 avant-premières de films polonais... euh, américains, bien sûr. Comme ma compagne est également cinéphage et que des amis sont justement en congé, hop, on prend congé aussi et c'est parti pour quatre films d'affilée. Comment faire son choix? Bon, Harry Potter c'est à 14h15, la salle va être truffée de gosses, ce sera pour dans quelques semaines. La suite des quatres fantastiques? Même pas encore vu le premier... Finalement, le choix s'est porté sur Premonition, Transformers, Ratatouille et pour le film-surprise, Mr. Brooks. On ne savait pas grand chose du film, excepté le casting et le fait que Costner jouait le méchant. Et c'est ici qu'il est nécessaire de faire un petit aparté sur l'acteur. Car autant le dire tout net, je ne l'aime pas beaucoup. Malgré tout, j'ai regardé plus de 20 films auxquels il a participé, vu tous ses films en tant que réalisateur, et dans l'ensemble, le bilan est assez négatif. A part Dance avec les loups et Open Range que je trouve sympathiques (traduction: je ne les ai même pas en DVD), le reste n'est pas vraiment ma tasse de thé (Body Guard, Postman, Dragonfly, berk, berk, berk). Certains films sont tout à fait regardables, mais ce n'est pas grâce à lui (Les intouchables, Thirteen Days). Par contre, d'autres me rappellent de mauvais souvenirs et uniquement à cause de lui. Et je me rends compte que finalement, je ne porte pas l'acteur dans mon coeur surtout à cause d'un seul film, qui pourtant est adoré par toute une franche de cinéphiles: Un monde parfait. Dieu que je me suis fait chier avec ce film, c'est clairement l'oeuvre d'Eastwood que j'aime le moins. Ce personnage de faux-méchant m'a vraiment horripilé. Depuis ce jour (qui remonte à loin), Kevin Costner était dans ma liste de bannis (quand même pas aussi bas que Travolta). Il a vraiment fallu le déjanté Destination Graceland pour qu'il remonte dans mon estime. C'est d'ailleurs en repensant à ce film que je me suis dit en voyant le programme "Tiens, Mr. Brooks, pourquoi pas? De toutes façons, Demi Moore et William Hurt sont là, je n'irais pas le voir pour rien". Hop, emballé, pesé. Quelques jours auparavant, en lisant un de mes magazines, je tombe sur une critique lapidaire: le film n'est pas bon, deux has been à l'affiche (OK, commercialement, c'est des has been, mais ca n'a aucune connotation négative en ce qui me concerne...), Costner en fait des tonnes... Bref, je m'attendais à quelque chose de pas terrible pour terminer la journée, jusque là très agréable d'ailleurs, tous les précedents films m'ayant plu.
Le film démarre et autant le dire tout de suite, j'ai été happé par l'histoire et les personnages, malgré les quelques heures de visionnage intensif au compteur. Kevin Costner est d'une grande sobriété, tout en douceur et incarne un magnétique tueur en série, le Thumbprint. Son modus operandi? Il s'introduit chez des couples, minutieusement choisis et les tue au révolver. Il dispose ensuite les cadavres de manière romantique et les prends en photo. Ensuite, il disparaît littéralement, en prenant bien soin de ne laisser aucun indice. Contrairement à certains tueurs, le jeu consiste ici à ne pas se faire prendre, aucun contact avec la police et les médias (le fait d'avoir vu Zodiac une semaine plus tôt tombait à pic pour jouer aux comparaisons). Même les photos qu'il prend sont brûlées à son retour, ainsi que ses vêtements. Et c'est également pour la bonne raison qu'Earl Brooks soit marié et ait une fille de 18 ans que ce sage patron d'une usine de boîtes en carton dissimule sa double vie jusque dans les moindres recoins. Pour l'aider dans sa tâche, Earl a fait appel à Marshall (William Hurt), son double imaginaire très observateur qui lui permet de garder la tête froide en toute circonstance. Et c'est là que ce film devient vraiment génial: Earl et Marshall parlent quasiment tout le temps ensemble, même lorsque d'autres personnes sont dans la même pièce. Evidemment, elles ne voient pas Earl parler tout seul, il est simplement plongé dans ses pensées.
Ces échanges dynamisent la mise en scène et donne une réelle profondeur à ce tueur pas comme les autres (il en devient presque surnaturel lorsqu'il entre par effraction dans un appartement et disparaît avec autant de maestria qu'un Batman au meilleur de sa forme). Evidemment, pour magnifier ce personnage, il lui faut un adversaire de taille et la revenante Demi Moore fait parfaitement l'affaire. Peut-être pas une grande actrice mais elle se donne à fond (même pour des films aussi insignifiants que Striptease, c'est dire...) dans son rôle d'inspectrice, dont la procédure de divorce empoisonne son enquête. Ajoutez à cela un personnage hautement immoral séduit par le pouvoir de vie et de mort que détient Earl et un autre tueur en série qui pend ses victimes, récemment échappé de prison et qui cherche à se venger de la femme qui l'a fait coffrer (devinez qui...), et vous obtenez un excellent cocktail qui m'a fait passer un excellent moment! Vivement le DVD!
Oui, bon, OK, Lamberto Bava n'est pas exactement ce qu'on pourrait appeler un maître de l'horreur italien, il y a quelques-uns de ses compatriotes qui le dépassent allégrement (c'est cool, ca me fait des idées pour de prochains dossiers...). Mais voilà, j'avais envie de commencer avec lui, il m'est très sympathique et puis je ne l'ai jamais rencontré mais en regardant ou en lisant des interviews du bonhomme, il me donne le sentiment d'être quelqu'un de très disponible, pétri de gentillesse et surtout profondément respectueux de l'oeuvre de son père, Mario Bava. Et même s'il ne se montre pas aussi inventif, sa carrière est tout à fait honorable (en tenant compte du déclin du cinéma d'horreur italien fin des années 80). Il n'enquille pas les chefs d'oeuvre, loin de là, mais il reste fidèle au genre et ne se montre pas trop maladroit à certaines occasions. Le dénigrer uniquement parce qu'il fait moins bien que son père me semble un peu facile, et c'est avec curiosité que je continuerais à tenter de compléter sa filmographie.
Je n'ai évidemment pas vu tous ses films (croyez bien que je ne demanderais pas mieux, malheureusement, pour certains titres, ca relève carrément de l'exploit ou bien alors il faut avoir une veine de...), mais voici donc un petit aperçu de ses plus connus:
La Maison de la Terreur (La Casa con la scala nel buio) - 1983
Suggéré par le scénariste Dardano Sacchetti, Lamberto Bava débute réellement sa carrière cinématographique avec ce film. Son deuxième, en fait, le premier étant relativement passé inaperçu. Il signe ici un giallo très soigné et efficace (pour les gens normaux qui se sont perdus sur mon blog, il s'agit d'un thriller aux morts très graphiques, dont les victimes sont souvent des femmes. L'intrigue est généralement soignée, et la plupart du temps, bien malin qui arrivera à deviner derrière quel personnage du film se cache le tueur. Giallo signifie jaune, la couleur des romans de gare dont ils sont généralement inspirés). Bruno est un compositeur de musique de films et il travaille en ce moment sur le film d'horreur d'une réalisatrice. Pour l'aider dans son travail, cette dernière lui loue une grande villa, où la solitude est censée l'aider à composer LE thème horrifique. La première nuit, il tombe sur Katia, la mystérieuse mais ravissante voisine. Il n'a pas vraiment le temps de la connaître que celle-ci disparaît. Seul le spectateur la verra mourir dans d'horribles souffrances, perpétrées par un tueur inconnu. Le lendemain, même scénario, une amie de Katia vient à sa recherche et disparaît à son tour. Bruno devient de plus en plus convaincu que cette maison abrite un terrible secret, et la paranoïa le gagne rapidement, au grand dam de sa petite amie, qui revient justement de Naples...
Je m'étais dit en louant ce film qu'il devait sûrement être intéressant, si Neo Publishing a décidé de l'ajouter à son catalogue. Et de fait, le film est une petite réussite. Rien d'original cependant, tous les codes du giallo sont respectés à la lettre, mais avec un certain talent. La mise en scène est très soignée, et malgré de nombreuses scènes de nuit, rien ne vient gâcher le plaisir des yeux. Les effets gore sont relativement rares, mais très réussis. La scène où la malheureuse jeune fille se fait empaler la main avec un couteau avant d'être asphyxiée par un sac en plastique est particulièrement violente et criante de réalisme! Le scénario tient la route, et comme d'habitude, trouvez le trauma et vous trouvez le tueur. On pourra simplement regretter le jeu de l'acteur principal, un peu lymphatique sur les bords. Heureusement, les dames compensent largement, tout le paradoxe d'un genre machiste par excellence! A noter la présence de Michele Soavi qui fera plaisir aux fans du réalisateur, et qui retrouvera Bava dans d'autres films plus tard. Et puis, impossible de ne pas mentionner la musique des frères De Angelis, très bien foutue une fois de plus (et bien utilisée dans la mise en scène, car le personnage principal étant un compositeur, la musique qu'il joue sur son synthétiseur se superpose intelligemment aux scènes de suspense se déroulant ailleurs au même moment). D'autant plus savoureux que, distraction de ma part, j'avais loupé leurs noms au générique du début et au fur et à mesure que le film avançait, je me disais tout le temps: "Mince, c'est de la musique brevetée par les De Angelis, ma parole!"... Et je ne me trompais pas, quelle oreille!
Verdict: 7/10
Apocalypse dans l'ocean rouge (Shark rosso nell'oceano) - 1984
Hé cool, un Shark Movies, on continue sur la bonne voie, dites donc!! Mouais, bof pas terrible, celui-là, hein... De plus amples détails vous attendent dans le dossier consacré aux requins du cinéma. Pas grand chose à ajouter, sinon que Lamberto s'est contenté de faire ce que les producteurs attendaient de lui. Il signe donc le film sous le nom de John Old Jr, en adaptant le pseudonyme de son père...
Démons (Dèmoni) - 1985
Sur une histoire de Dardano Sacchetti, remaniée par Dario Argento, ici producteur, Lamberto Bava signe ici son meilleur film. Invités à la première d'un film d'horreur par un mystérieux personnage, de pauvres bougres vont bientôt servir de repas à une bande de démons se réincarnant dans d'innocentes victimes, grâce à un masque maléfique. Dès l'apparition du premier monstre, les portes du cinéma sont remplacées par des murs, et le huis-clos peut commencer. Ce dernier est d'ailleurs assez suffocant, et m'avait bien stressé lors de la première vision il y a une quinzaine d'années. Dommage que la tension baisse de temps en temps, principalement à cause d'un scénario convenant mieux à un moyen métrage. Pour le tirer vers le long, il a fallu rajouter des personnages à l'extérieur du cinéma, qui ne servent à rien et qui non seulement ralentissent le film mais brisent un peu le huis-clos qui fonctionnait si bien avant. Mais rien de bien grave au final, car le reste ne souffre d'aucun défaut majeur. Il faut surtout souligner les effets spéciaux signés Sergio Stivaletti, qui sont assez répugnants et très réussis. Son démon sortant du dos d'une jeune femme fait partie de mes scènes anthologiques...
Les transformations d'êtres humains en démons sont généreuses en matière dégoulinante, et le fait que les êtres humains mordus ou griffés par un démon en deviennent un à leur tour, à la manière d'un zombie, plonge la fin dans un délire apocalyptique inattendu. Bien entendu, le budget n'était pas suffisant pour aller jusqu'à la fin du monde, mais la dernière scène est lourde de sombres perspectives. A noter que Dario fait des économies en incluant au casting sa fille Fiore, demi-soeur d'Asia ainsi que son complice Michele Soavi, futur réalisateur de La Chiesa, Bloody Bird et de Dellamorte Dellamore, et qui interpréte ici le mystérieux homme en noir responsable de tout ce chaos. La famille, n'est-ce pas le plus important en Italie?
Verdict: 8/10
Démons 2 (Demoni 2) - 1986
La fin du premier épisode laissait supposer une suite où de rares survivants luttaient contre des démons revenus de l'autre monde afin de conquérir la Terre. Oui, mais voilà, c'est très coûteux, tout cela... Un petit huis-clos, c'est quand même plus économique. Alors, on ne s'embarrasse pas trop à faire une vraie suite, vite, vite un nouvel opus pour profiter du succès du premier! Et puis, juste pour dire "Mais non, regardez, c'est un autre film!", on fait sortir les démons non plus via un écran de cinéma, mais bien par la petite lucarne... Futé, n'est-ce pas? Mais bon, je dois dire que je ne vais pas faire la fine bouche, donnez moi des démons bien dégueux, ca suffit à mon bonheur. Surtout qu'on ne change pas une équipe qui gagne: Bava junior toujours derrière la caméra et devant, Bobby Rhodes qui interprète un autre personnage, vu que le sien mourrait dans le film précédent. On remplace Fiore Argento par Asia et papa Dario s'occupe à nouveau du tiroir-caisse. Sans oublier les talents de Sergio Stivaletti, sans qui Démons n'aurait pas le même cachet.
Je trouve qu'ils ont de la gueule, ces démons...
Hélas, si le début ressemble beaucoup au premier, excepté que l'action se déroule désormais dans un building à appartements, ca part plutôt en eau de boudin sur la fin. Une jeune fille organise une party dans son petit chez soi, et suite à l'invitation malencontreuse de son ex-petit ami, elle s'enferme dans sa chambre et regarde un film d'horreur qui passe à la télé en ce moment même (Je suis sûr et certain que n'importe quelle jeune femme normalement constituée regarderait un film d'horreur suite à un chagrin d'amour mais soit, passons...). Et voilà qu'un démon du film sort du petit poste et la transforme illico presto en démonne, qui ne manquera pas à son tour de contaminer les invités et le reste du building. Dont un petit gosse tout gentil, ca fait toujours plaisir... Et c'est là que le film dérape, en se transformant en duel à mort entre une jeune femme et un ridicule démon sorti du corps du gosse. Là d'un coup, on se croirait dans le Muppet Show... Attention, c'est génial, le Muppet Show (Mana-mana!!), mais quand on regarde un film s'intitulant Démons 2, on s'attend tout de même à autre chose et le suspense retombe d'un coup, là! Vraiment dommage, car s'il n'y avait pas eu ce couac inexplicable, on aurait pu avoir une suite plus qu'honorable.
A noter qu'à l'étranger existent d'autres films signés Lamberto Bava traduits Demons III et Demons 5, mais ces titres me semblent purement commerciaux, les originaux étant fort différents. J'espère les voir un jour...
Verdict: 6/10
Midnight Killer (Morirai a mezzanotte) - 1986
Un tout petit giallo pour Lamberto Bava... Ce qui explique peut-être le pseudo de John Old Jr à la réalisation... La jaquette française est d'ailleurs assez marrante, avec un fier "Lamberto Bava présente..." et puis "Un film de John Old Jr". Un rien mégalo, là... ou roublard s'il s'agit d'une idée des distributeurs, en sortant la cassette après le succès de Démons, peut-être... Quoi qu'il en soit, rien de vraiment honteux ici, même si la réalisation est un rien pépère. Avec toujours Dardano Sacchetti au scénario, le film raconte les mésaventures de Zorba le Grec... Mais non, voyons! D'un tueur en série, c'était pourtant évident! Et qu'est-ce qu'il fait, ce fameux serial killer? Il tue des femmes, pardi! Et qui va l'en empêcher? L'inspecteur de police... Ah non, désolé, il s'avère que le monsieur n'est même pas foutu de retrouver sa pipe... Alors on mise plutôt sur la psy de la police et sur ses élèves, qui seront petit à petit dans la ligne de mire de l'assassin. Et à nouveau, c'est un trauma du passé qui révélera son identité.
La plupart des scènes de suspense sont relativement tendues (plus que dans un slasher de base), jouant surtout sur la sale trogne du tueur et sur son aura mystérieuse. En effet, ce dernier avait déjà sévi par le passé, et était surnommé le Tueur de Minuit. Déclaré mort dans un incendie, on laisse planer le doute durant tout le film sur sa disparition dans les flammes. La révélation finale tombera malheureusement comme un cheveu dans la soupe. C'est d'autant plus comique, car 5 minutes avant la fin, un des étudiants exposera sa théorie sur l'identité du tueur, tellement conne que je souriais en moi-même. Et puis paf, il avait tout bon ce crétin! Mais voilà, à l'écran, ca n'est pas crédible pour un sou. Dommage, car ce petit film était tout à fait fréquentable...
Verdict: 5/10
Outretombe (Una notte al cimitero) - TV - 1987
D'après imdb.com, nous avons ici affaire à un téléfilm. Ce qui ne me surprend guère pour les deux raisons habituelles: très peu de gore et surtout, mon dieu que c'est cheap! L'histoire en soi n'est guère originale: cinq adolescents prennent la fuite après avoir volé quelques broutilles dans un petit magasin. Pris de panique lorsqu'ils tombent nez-à-nez avec une voiture de police, ils foncent à toute allure et en s'engageant sur une route barrée, ils parviennent à semer les flics. Revers de la médaille, les voilà embarqués dans une forêt et après avoir noyé le moteur dans un étang, tout le monde se retrouve à pied. Pas de GSM à cette époque (de toutes façons, il n'y aurait pas eu de réseau...), personne n'est au courant, bref, la situation n'est pas brillante, d'autant plus qu'un rugissement se fait entendre et que des empreintes gigantesques sont découvertes sur le sol (Heureusement pour le public, on ne verra jamais cette créature, car si déjà les empreintes sont mal foutues, je n'ose imaginer ce que le monstre aurait donné). La nuit tombe, rien de tel qu'une grotte accueillante pour passer la nuit. En se réveillant pendant la nuit, un des jeunes constate à sa grande stupéfaction l'entrée d'un bar taillé dans la roche qui ne s'y trouvait pas à leur arrivée. Il réveille ses amis et tenaillés par la faim, ils pénètrent dans cette espèce d'auberge tenu par un borgne hideux, dont une des filles avait déjà aperçu la silhouette dans les bois.
Bizarrement, le gars est amical et le repas est vite englouti. En observant autour d'eux, ils remarquent bien vite un trésor exposé à la vue de tous. C'est alors que l'aubergiste leur raconte la légende locale: une crypte a été creusée en dessous d'eux et les courageux capables d'y rester une nuit empocheront le trésor. Après quelques hésitations, inutile de préciser que ces courageux jeunes gens vont tenter leur chance. Commence alors une nuit de cauch... euh plutôt d'ennui total... Quelques cadavres reviennent à la vie, la plupart sont même couards au point de replonger dans leur cercueil, bref, une vraie promenade de santé. D'ailleurs, autant spoiler sévère, ils s'en sortiront tous VIVANTS!!! Hérésie waltdisneyenne !!!! Ca se conclut même dans un éclat de rire lorsqu'ils rencontrent à nouveau le borgne, qui s'arrache une partie du visage pour faire plus zoli, agrippe une faux en carton pâte et proclame fièrement d'une voix gutturale: "Je suis le fils de la Moooooooort!!!!!!!" Même pas le temps de se marrer, qu'il se prend une bête dague à la con dans l'estomac et crève comme une sous-merde... La Mort a du se retourner dans sa tombe avec une progéniture aussi minable!!!
Verdict: 3/10
Jusqu'à la mort (Fino alla morte) - TV - 1987
Carlo et Linda sont un peu stressés. Normal, me direz-vous, ils sont en train de rouler dans une camionnette, le cadavre du mari de Linda à l'arrière, à la recherche d'un bon endroit pour l'enterrer. La touche finale: Linda est enceinte, non de son amant Carlo mais bien du défunt mari, empoisonné comme un malpropre. Un dernier souffle de vie surviendra dans sa tombe, lorsqu'il arrachera une boucle d'oreille à son épouse, à la grande surprise du couple diabolique. Carlo en finit pour de bon et se hâte de remblayer le trou. Cinq ans plus tard, ils ont une nouvelle vie dans une ville côtière, Linda tient un restaurant-hôtel et Carlo s'occupe des bateaux. Tout irait pour le mieux si le gosse ne faisait pas des cauchemars toutes les nuits. Et c'est justement après un de ces cauchemars que survient un inconnu pendant la nuit, qui parvient facilement à se faire engager malgré les réticences de Carlo. Mais visiblement, cet inconnu en sait beaucoup plus qu'il ne le laisse paraître et lorsque ce dernier tend à Linda la fameuse boucle d'oreille sans dire un mot, le couple s'empresse de retourner déterrer le cadavre. La douce réalité n'est pas loin de se briser en mille morceaux...
Lamberto Bava signe ici un téléfilm emballé à la va-vite, produit par ses soins pour Reteitalia: 4 téléfilms en tout dont le Outretombe précédemment cité, pour la série Brividio Giallo. Il tente vaille que vaille pour celui-ci d'installer une ambiance lourde, mais celle-ci est rarement atteinte, faute à une mise-en-scène d'une fadeur sans nom. Pas aidé non plus par un maquillage approximatif du mari revenant, il se rattrappe tout de même dans la dernière partie et un final sans concession. Si la première moitié du film laisse planer le doute, la seconde est progressivement ancrée dans le fantastique pur et dur, et tout de suite, c'est nettement plus agréable à regarder. Autre point positif, David Brandon, qui interprète Carlo, est assez convaincant en amant ténébreux. Violent, égoïste, paranoïaque, tout y passe et c'est vraiment le personnage le plus intéressant du film. Brandon jouera la même année dans le Bloody Bird de Michele Soavi et retrouvera Bava Jr. dans Delirium.
Verdict: 5/10 Là, je suis un peu généreux... Mais que voulez-vous, je ne vais malheureusement plus assez souvent à la vidéothèque et c'est la première cassette que j'ai inséré dans le magnétoscope... D'où une certaine indulgence...
Delirium (Le Foto di Gioia) - 1987
Un petit giallo sympathique, qui se passe dans le milieu de l'érotisme et du cinéma (avec une petite visite d'un studio ou l'héroïne tombe sur des Démons du film homonyme). Gloria (Gioia en Italien, voir le titre original) est un ancien mannequin qui a bien réussi et est désormais à la tête de son propre magazine érotique (on parle plutôt de magazine de mode dans le film, mais les séances photos sont remplies de madames dénudées qui se cajolent, c'est plus vraiment de la mode, là! Et c'est tant mieux! ). Evidemment, en engageant tous les models qui font vendre, elle s'attire les foudres de venimeuses rivales. Et ce qui devait arriver arriva: le premier meurtre d'une de ses employées sera le début d'une semaine cauchemardesque. D'autant plus que les intentions du tueur ne font aucun doute: en envoyant un cliché du cadavre de la victime avec comme arrière plan un poster de Gloria, le message est on ne peut plus clair. La police s'en mêle mais les photos d'autres victimes ne tarderont pas à être envoyées. Tous les ingrédients du giallo sont ici réunis: des victimes de sexe féminin, un tueur machiavélique, un whodunit efficace (complétement tombé dans le panneau pour ma part) et en bonus un petit hommage au Fenêtre sur cour d'Hitchcock. Alors évidemment, on est quand même assez loin d'un Tenebrae d'Argento, mais je me livre ici à une comparaison d'une honteuse facilité, et ca n'est pas mon genre d'ignorer un film sous prétexte d'une confrontation qui tourne à l'avantage d'un mètre étalon du genre. Car Lamberto ne se débrouille pas trop mal à composer une ambiance tendue, par conséquent je ne me suis pas ennuyé une seule minute. Il faut dire aussi que l'érotisme appuyé du film garde en éveil le mâle primitif que je suis, inutile de faire mon innocent. Le personnage de Gloria est interprétée par la ravissante Serena Grandi, playmate italienne de son état et égérie de Tinto Brass, avec comme avantage physique une opulente poitrine généreusement dévoilée. Et comme si cela ne suffisait pas, Sabrina Salerno fait aussi partie de la fête. Comment ça, les mâles, Sabrina, ca ne vous dit rien???
Je conseille ce petit clip sur Youtube. De l'or, tout simplement!
Et pour compléter ce casting de charme, Daria Nicolodi, la compagne de Dario Argento et maman d'Asia. Côté masculin... Hé oh, les mecs, on continue de lire jusqu'au bout, non mais!! Je disais donc... Côté masculin, on retrouve Karl Zinny, visiblement pote ou bien cousin éloigné de Lamberto Bava, vu qu'il s'agit de leur troisième collaboration après Dèmoni et Una notte al cimitero cités auparavant. On clôture cette grande famille italienne avec George Eastman (Luigi Montefiori de naissance...), Monsieur Anthropophagous himself (qui cette fois-ci ne se dévore pas les intestins, mauvaises langues...). Tout ce joli petit monde brouille les pistes, et bien malin qui pourra deviner à l'avance qui est le tueur (en même temps, je ne suis pas très habile à ce petit jeu...). Je termine sur un côté original du film, les scènes de meurtres sont tournées en vue subjective. Bon, OK, pour un giallo, c'est classique. Mais ici, le tueur est en pleine délire (d'où le titre à l'étranger) et on retrouve un éclairage similaire à certains films du paternel, où les images sont noyées de rouge ou de bleu. Et le top du délire, le tueur voit ses victimes avec un visage totalement différent. Je m'explique: ayant décidé de se débarasser de Sabrina grâce à des abeilles attirées par une lotion particulière, la vision subjective nous montre une Sabrina avec une gigantesque tête d'abeille... Encore une idée bien barge, mais qui fait tout le charme du cinéma de genre italien...
Verdict: 7/10 (OK, ca mérite 6 gros maximum, mais un duo de charme, ca vaut bien un petit point supplémentaire, non?)
Jean-Baptiste Grenouille... Un personnage incroyable sorti de l'imagination du romancier Patrick Süskind. Et une histoire toute aussi incroyable à transposer à l'écran. Enfant abandonné dès sa naissance dans la crasse d'un marché aux poissons, on se demande par quel miracle il parvient à franchir les étapes difficiles d'une vie d'orphelin, dans une France sans pitié du XVIIIe siècle. Mais Jean-Baptiste ne vit pas comme les autres... Jean-Baptiste trouve la force dans une passion qui le consumera toute sa vie: collectionner les odeurs. Avec son odorat hyperdéveloppé, il traque sans relâche les nouvelles odeurs, des plus infimes aux plus puissantes. Arrivé à maturité, il découvre le parfum ultime: celui de l'amour... Son seul but dans la vie sera désormais de le capter, de le reproduire à l'infini. Pour atteindre son but, il n'hésitera pas à franchir toutes les barrières, même les plus immorales... Nous avons donc ici sur les bras une histoire qui tourne essentiellement autour de l'odorat, alors que le cinéma stimule l'ouïe et la vue. Et pour encore compliquer les choses, certains passages du roman sont carrément grotesques et surréalistes, bref un calvaire d'adaptation.
L'auteur lui-même a été réticent pendant de longues années à autoriser que les aventures de Grenouille soient imprimées sur pellicule. Ne jurant que par Stanley Kubrick, Süskind lui cède les droits mais n'est finalement pas surpris que même le maître se casse la figure sur un tel script. Les années passent et après une longue liste de réalisateurs, c'est au tour de son compatriote Tom Tykwer de présenter ses arguments. Loin d'être un inconnu, le réalisateur allemand s'était révélé au monde entier en 1998, avec son original Cours, Lola, cours. Il offre ensuite un très beau rôle à Cate Blanchett dans Heaven, d'après un scénario de Krzysztof Kieslowski. Le bougre est même consulté par des réalisateurs vétéran comme Wolfgang Becker pour son magnifique Good Bye Lenin!. Contre toute attente, il décroche le Saint-Graal: Süskind lui donne le feu vert. Et l'écrivain est visiblement quelqu'un qui voit clair, car Tykwer réussit ici une magnifique adaptation! Fort d'un budget de 50 millions d'euros, le cinéaste ne fait l'impasse que sur quelques petits passages du roman, mais toujours dans un soucis de narration plus fluide. Le passage dans la grotte est ainsi fortement écourté, et je dois dire que j'aurais fait pareil, c'est le seul moment du roman où le récit patine un peu dans la semoule. Cerise sur le gâteau, Tykwer ajoute ou rallonge certaines scènes, ajoutant un plus indéniable du point de vue cinématographique. En effet, le côté tueur en série était un peu mis de côté dans le roman, et le réalisateur n'hésite pas à rajouter des scènes de suspense d'une redoutable efficacité. A noter que la scène dans le labyrinthe m'a fait furieusement penser à Shining. Clin d'oeil à Kubrick? Peut-être, mais en tout cas, la menace de Jean-Baptiste Grenouille est bien palpable. Tel un voleur d'âmes, il s'approprie l'odeur de ses victimes, en vue de composer son chef d'oeuvre: l'ultime fragrance dont parlait le maître-parfumeur Baldini (Dustin Hoffman, vraiment parfait...).
Baldini dans ses oeuvres... Amour & Psyché lui donne bien des soucis...
L'idée de ce parfum de légende lui-même composé de 13 autres parfums s'est greffée au récit pour accentuer à nouveau le côté tueur en série. Dans le bouquin, les victimes n'étaient utilisées que comme cobayes, afin de parfaire le processus mis au point par Grenouille pour capturer dans son intégralité le parfum de la jeune femme qui fait battre son coeur. Dans le film, c'est une véritable collection de meurtres à laquelle nous avons droit, dans un but final que ne renierais pas le Jack l'éventreur d'Alan Moore. Déjà présent dans le bouquin, le personnage d'Alan Rickman, profiler avant l'heure, ne fait que corroborer cette impression. Et chose invraisemblable, on prend presque parti pour ce sinistre personnage de Jean-Baptiste Grenouille! Par la grâce d'une mise-en-scène adéquate et d'une musique absolument merveilleuse, on se surprend à sentir une odeur divine à chaque fiole remplie de ce parfum maudit.