Dernières parties de cette réédition du dossier "Faunes de nos jardins". Toujours dans le registre "animaux proches de chez nous", revoici les araignées et les rats, avec de nouveaux venus: les moustiques et les chauve-souris...
Max (Man's Best Friend - John Lafia - 1993)

Max fait partie d'un genre très rare et très particulier: le film d'horreur familial!! Mais Max, comme tout le monde l'aura deviné, c'est également le nom du rottweiler, héros de notre histoire, qui est censé mettre au chômage tous les autres chiens de garde. Animal de laboratoire, fruit des recherches du surdoué Dr. Jarret (l'indispensable Lance Henriksen), Max peut grimper aux arbres tel un guépard, possède l'endurance de l'ours, la vivacité de la mangouste et le camouflage du caméléon. Et bien entendu une intelligence hors du commun qui lui permet quasiment de comprendre le langage humain. Revers de la médaille, Max pète régulièrement les plombs et tel un Cujo enragé, régresse à une bestialité proportionelle à ses multiples talents.

Max la menace!!!
Une assistante de laboratoire va le payer de sa vie, le soir même où elle avait donné rendez-vous à une journaliste ambitieuse (la mimi Ally Sheedy), pour permettre à cette dernière de s'introduire dans une zone sécurisée et de dénoncer les activités illicites de son patron. Malgré tout, la journaliste et sa camerawoman entrent par effraction et après quelques minutes d'inspection, il ne fait aucun doute que les droits des animaux ne sont pas vraiment respectés dans cet endroit. Dans une cage, elle découvre Max, redevenu calme après une bonne injection de calmant. Elle le libère et la joyeuse troupe se rue vers la sortie, surprise par le gardien et le Dr. Jarret. La première partie du film fait furieusement penser à Beethoven, sorti l'année précédente, c'est dire le niveau donc!! Max sauve sa maîtresse d'un agresseur, épate la galerie avec son intelligence surdéveloppée et adore se faire gratouiller sur le ventre! Bon, c'est pas tout ça mais quand est-ce qu'il devient méchant, Max? Il faudra attendre la deuxième moitié du film pour que les calmants ne fassent plus effet. Et même s'il y a quelques victimes à gauche à droite, rien de vraiment dramatique et seule la ménagère de plus de 50 ans sursautera sur son fauteuil. Cela dit, le film bénéficie d'un bon rythme, n'est pas vraiment ennuyeux et se permet même d'éviter le méchant manichéen, le Dr. Jarrett n'étant certes pas une personne de grande moralité, mais son but final reste noble: permettre aux gens de se promener dans la rue sans craindre la racaille (ce qui fait évidemment penser au très bon film français avec Gérard Depardieu, Les chiens). Il y a également un peu du docteur Frankenstein dans ce personnage, dépassé par sa propre création. De bonnes choses, donc, mais l'ensemble est toute de même tiré vers le bas, victime d'un côté familial assez dérangeant.
Verdict: 5/10
Ticks (aka Infested - Tony Randel - 1993)

On retrouve sur ce blog ce brave Tony Randel, qui trois ans avant son Rattled et ses serpents à sonnette, passait déjà par la case animale. Avec un titre pareil, tout le monde aura deviné que cette fois la menace se matérialise sous la forme de tiques mutantes, dopées aux hormones initialement prévues pour augmenter la production de marijuna dans une forêt perdue. Enfin, pas si perdue car cette forêt sert également de camp de vacances pour des adolescents à problèmes (des adolescents, quoi...). Si le calme de la nature était censé apaiser ces esprits tourmentés, les tiques auront plutôt l'effet inverse, d'autant plus qu'elles ont la taille d'une tarentule et se glissent sous la peau pour mieux sucer le sang de leurs victimes.

Ces tiques sont de véritables toxicomanes!! Hormones, anabolisants, tout y passe!!
Et pour compliquer le tout, deux trafiquants totalement barjots (l'un deux se fait appeler Monseigneur, c'est tout dire...) vont tout faire pour leur compliquer la vie. Sorti de l'écurie Corman, Randel signe ici une bonne petite série B, assez bien rythmée, avec des effets spéciaux corrects, bien que trop caoutchouteux pour des insectes. Il se permet même un final "cerise-sur-le-gâteau", avec une tique encore plus gigantesque, shootée aux anabolisants (et en prime, une transformation bien gore...). Rayon casting, on retrouve le jeune Seth Green, déjà présent dans le téléfilm Ça trois ans plus tôt, mais bien plus connu depuis les Austin Powers et La Main qui tue. A noter que la famille Howard est bien représentée, avec Clint, présent dans tous les films de son frère Ron mais aussi dans une pelletée de série B et Z, notamment dans le sympathique Messe Noire et son final dantesque.

Clint: "Je suis infesté!!!!!!!" Sans blague...
Il est accompagné par son père Rance, éternel second rôle à la filmo interminable et qui joue ici le shérif à la recherche des trafiquants et qui finira dans une mare à grenouilles.
Verdict: 6/10
Les oiseaux II (TV - The Birds II: Land's End - Rick Rosenthal - 1994)

Bizarre comme certains films s'effacent totalement de votre mémoire à peine dix années plus tard. Pourtant, à l'époque, je m'attendais à quelque chose de véritablement mauvais mais en fait, c'était tout de même regardable (à condition bien sûr d'oublier le film d'Hitchcock, ce qui est assez difficile, tout de même...). Produite pour le cable, cette suite est plutôt un remake à peine déguisé: on passe de Bodega Bay à Land's End, une autre ville côtière, située en Nouvelle Angleterre. Un jeune couple s'y rend avec ses enfants et sera vite attaqué par des mouettes et d'autres oiseaux visiblement belliqueux. Et là où cette nouvelle mouture s'écarte fortement de l'original, c'est lorsque le scénario entasse toute une série de théories afin d'expliquer rationnellement le brusque changement d'attitude des oiseaux. Justement là où Hitchcock laissait intelligemment planer le doute! Il y a donc manifestement une volonté de se démarquer, corroboré par la présence de Tippi Hedren, toujours là trente années plus tard, mais qui joue un tout autre personnage. Malgré tout, la structure du film est identique et les effets spéciaux, bien que corrects, n'ont pas vraiment évolué depuis tout ce temps. J'aurais bien voulu que ma mémoire me permette d'en parler plus longuement mais ce film est tellement à l'ombre de son prédécesseur que je ne le distingue quasiment plus du tout, excepté la scène finale où la petite famille s'enfuit à bord d'une petite barque et retourne cette dernière afin de se protéger d'une dernière attaque... Le réalisateur Rick Rosenthal ne s'y est d'ailleurs pas trompé, ayant décidé de remplacer son nom par le traditionnel Alan Smithee. Le film en soi n'a rien d'honteux, il est simplement écrasé par l'aura du premier.
Verdict: 5/10
Mosquito (Gary Jones - 1995)

Un mosquito, c'est un moustique en colère... Un mosquiiiito... Pique et pique et pique dans la chair!!! Ahlàlà, avant le joyeux foutoir d'Atomik Circus (paradoxalement ennuyeux...), Vanessa Paradis était déjà une vraie bisseuse
, en inspirant involontairement le duo de scénaristes de ce nouveau chef d'oeuvre en perspective. Et ca commence fort, car le premier plan est directement pompé sur le deuxième meilleur film de tous les temps, j'ai nommé Predator!! Seulement, pour bien montrer que ca n'aura rien à voir avec le monument cinématographique de maître McTiernan, la capsule de l'extra-terrestre se crashe comme une grosse merde sur le sol terrien!! Avant de mourir, un moustique décide de faire le plein sur son cadavre... Le lendemain, un jeune couple de passage, perdu sur une route de campagne, percute de plein fouet un insecte gigantesque d'un mètre de long, qui endommage le radiateur de la voiture. Et voilà nos héros bloqués dans un bled perdu au milieu de nulle part et qui, dès la nuit tombée, devront faire alliance avec un chasseur de météores qui recherche sans le savoir l'OVNI du début, l'adjoint du shérif et 3 cambrioleurs qui jouent les durs, menés par Gunnar Hansen himself (dois-je préciser qu'il s'agit du premier Leatherface de Massacre à la tronçonneuse?). En effet, les moustiques géants passent à l'attaque et vident de leur sang quelques promeneurs inconscients du danger.

Bzz bzz bzz bzz!!! (sous-titré: "à l'attaque!!!")
La fuite est la seule option possible et c'est dans un van volé, ensuite dans un tuyau d'égoût et finalement dans une maison barricadée que les survivants devront faire face aux attaques répétées de ces maudits insectes. Malheureusement, ils manquent cruellement de présence, ces maudits insectes... Difficile de se mettre dans la peau des personnages, tant les moustiques qui les pourchassent ne semblent jamais faire partie du même film. Qu'ils soient animés image par image et puis salement incrustés ou bien en réplique taille réelle suspendu à un fil qui zigzague entre les arbres, ca ne passe vraiment pas... Rien d'étonnant donc à ce que le premier responsable des FX se soit taillé en plein milieu du tournage sans prévenir! Evidemment, toutes ces maladresses rendent le film plus fendard, mais pas au point que j'imaginais... Reste un bon moment, lorsque Gunnar Hansen brandit une tronçonneuse trouvée à la cave en rugissant "Ahhh, ca faisait plus de 20 ans que je n'en avais pas tenu une!!!". Et le grizzly humain de l'allumer pour découper les moustiques en petits morceaux. Rien que pour ça, ça valait le coup de le voir!!

Verdict: 4/10
Marabunta (TV - Legion of Fire: Killer Ants! - Jim Charleston & George Manasse - 1998)

Dans l'Alaska, un couple de randonneurs fait une petite pose bien méritée et lorsque la femme décide de gravir un petit monticule pour prendre la pose, son mari a à peine le temps de régler l'objectif que sa chère et tendre se fait "avaler" par ce qui est en fait une fourmillière! Il tente bien sûr de la sauver mais se fait happer à son tour. Quelques temps plus tard, Jim Conrad, entomologiste de son état, part pêcher avec un ami dans une région reculée. Sur place, il découvre le cadavre d'un élan, nettoyé de sa chair et plus tard, dans une petite boutique locale, celui d'un être humain, dans le même état, toujours revêtu de ses habits. C'est là que Jim découvre une patte de fourmi et de son oeil expert, il reconnaît une Marabunta, espèce sud-américaine très dangereuse. Mais que fait-elle en Alaska? Hé bien, une reine téméraire a fait le voyage en bateau et a continué de faire ce qu'elle fait le mieux: pondre des oeufs. Et c'est parti pour se taper des images de synthèse qui glissent sur l'écran sans la moindre conviction, avec chacune des fourmis brandissant une grosse pancarte "Je suis une image de synthèse", ainsi que quelques erreurs de proportion: on les voit à des kilomètres à la ronde lorsqu'elles se déplacent ensemble (les fameuses "Legion of Fire" du titre) et de près, ben, taille normale. Inutile de préciser que le couple vedette (le brave Jim est vite rejoint par une institutrice nunuche...) est bien fade mais qu'on a tout de même droit aux têtes connues de Mitch Pileggi, le psychopathe de Shocker, ainsi que Patrick Fugit dans son tout premier rôle. Deux ans plus tard, il crevait l'écran dans le génial Almost Famous de Cameron Crowe. Vous voyez? Faites du Z, même s'il est aussi nul que celui-ci. C'est bon pour la carrière! 

Vous êtes prévenus!! Tremblez, jeune gens!!!
Verdict: 3/10
La nuit des chauves-souris (Louis Morneau - 1999)

Louis Morneau a débuté sa carrière comme tant d'autres, chez Roger Corman, ce qui constitue en soi un gage de qualité (enfin pour moi). Chez Corman, la débrouillardise est un cheval de bataille et malheur au réalisateur incapable d'improviser en cas de problème. James Cameron, Joe Dante, Jonathan Demme, Ron Howard et bien d'autres sont tous passés par là, avec le succès que l'on connaît. Morneau n'est peut-être pas aussi doué mais il signe tout de même en 1997 l'excellent Retroactive, avec le non-moins excellent James Belushi, gros salopard qui devient le jouet d'une machine à remonter le temps. Deux ans plus tard, il signe ce Bats, qui me séduit d'emblée en donnant le premier rôle à la sublime, la merveilleuse, la somptueuse Dina Meyer, inoubliable Dizzi Flores de Starship Troopers.

"Ooops, je crois qu'on voit mon string..."
Elle incarne une chiroptérologue devant endiguer une nouvelle menace: deux chauves-souris mutantes se sont échappées d'un laboratoire, et contaminent rapidement les espèces communes d'une petite ville du Texas. Se joinent à elle son assistant, le comique black de service (Leon, pas du tout énervant et même vraiment drôle par moment), 2 scientifiques qui ont travaillé sur le projet, et un Lou Diamond Phillips impérial en shérif ringard!! L'humour tempère l'horreur mais Morneau parvient à maintenir la pression et de mémoire, c'est un des rares films qui met en scène des animaux qui attaquent en grand nombre et qui malgré tout gardent une certaine personnalité à l'écran. C'est dû en partie au travail de KNB, qui propose des chauves-souris au faciès expressif et assez bien articulées (la version digitale est honorable, avec un petit bémol concernant les "nuages" de chiroptères, pas très bien éclairés lorsqu'ils se rapprochent de la caméra). Mais surtout, on retiendra la présence des 2 chauve-souris originelles, beaucoup plus intelligentes que les autres, qui dirigent les manoeuvres et veillent à la sécurité de leur communauté. Elles n'hésiteront pas à découper en deux une de leur congénères, capturée par nos héros et relâchée avec un mouchard afin de découvrir leur repaire. Ajoutez à cela des attaques massives très très funs, une musique à tomber par terre signée Graeme Revell et vous comprendrez aisément que je bois du petit lait! Louis, merci... Dina, je t'aime...

La fine équipe: Lou, Dina et Louis en plein brainstorming!! 
Verdict: 7/10
Fin de cette troisième partie, la suite des aventures de nos amies les bêtes ici...
Soundwave