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"4 mois, 3 semaines, 2 jours" - "Sicko" (Critique Cinéma)
9/8/2007 2:08

 

"4 mois, 3 semaines, 2 jours" de Christian Mungiu

Note: 3/10


Pourquoi aller voir un film d'auteur qui ne disait rien à personne, venu d'un réalisateur roumain visiblement talentueux, alors que l'on déteste ce genre de films prétentieux et chiantissimes habituellement ? Outre le fait qu'un critique est un type ayant vu le film (et pas en se basant sur une affiche minimaliste ou une bande-annonce hilarante de stupidité – le distributeur ayant confondu drame social et thriller politique) et que ce petit budget a été palmé cette année à Cannes, rien n'empêche de tomber sur une "surprise" ou du moins un film pas si mauvais que ça, plus d'un an après le longuet mais étonnant LE VENT SE LEVE de Ken Loach. Oui mais non. 4 MOIS, 3 SEMAINES, 2 JOURS représente en faites tout ce que je n'aime pas voir au cinéma ou en dvd, à savoir du cinéma interminable, de la platitude, des minutes qui s'écoulent comme des heures, et la sentence de devoir attendre que les lumières se rallument pour retourner sur ses jambes, si elles sont encore bien accrochées au reste de votre corps. Cannes est tout simplement dans l'ombre de lui-même, obligé de récompenser du cinéma d'art et d'essai (comme on dit) au lieu de profiter de vrais plaisirs en tant que cinéphiles. Et c'est justement le problème: la Croisette n'est plus l'ombre d'elle même, le lieu où il fait bon de cracher sur DEATH PROOF parce que les dialogues sont "interminables" alors qu'on doit se taper un navet pareil qui a reçu tant d'éloges. Et j'exagère à peine: le film est pour moi une sacrée merde, ennuyant à souhait, qui brille par la personnalité seule d'un cinéaste qui pense avoir plein de choses à dire, mais qui en oublie la moitié en cours de routes. Oui, c'est donc un génie.


Ottila et Gabita partagent la même chambre d'une vieille cité universitaire pour leurs études en Roumanie. La première a promis à la seconde de l'aider à avorter, Gabita ne voulant pas garder son bébé non désiré. Sans aucune autre information, les deux jeunes femmes font appel à Monsieur Bébé, un homme silencieux aux méthodes implacables qui va les aider à enfreindre la loi.


Comme on pouvait si atteindre, tout dans le film incite visiblement à faire somnoler le spectateur dès les premières minutes, comme si il était réellement nécessaire de faire un découpage interminable et chiant pour faire comprendre à son public la lenteur de la vie en 1987 dans une banlieue perdue de Roumanie, entre deux amies qui visiblement ne se connaissent pas aussi bien que l'on pourrait le penser, mais qui ont accepté de s'entraider pour affronter la loi et avorter. Passant volontairement sous silence la notion de bébé ou d'avortement durant pas moins d'une heure de métrage (au cas où on aurait pas pigé le titre et que la presse n'aurait pas divulgué dès la remise du prix la trame principale), le réalisateur qui signe ici son second long-métrage fait alors tout pour semer quelques indices au milieu d'une ambiance pesante qui met en avant quelques détails quasiment sans ellipses pour tenter de personnaliser Ottila, protagoniste du film, merveilleusement bien jouée par Anamaria Marinca (aperçue dans la géniale mini-série SEX TRAFFIC). Celle-ci effectue ainsi toutes les tâches ingrates du quotidien, remplissant une sorte de quota énigmatique pour son amie, et ce sans même que le spectateur sache de quoi il s'agit réellement. L'enchaînement d'actions est donc assez perspicace dans le genre, puisqu'on a le droit à Ottila marche dans les couloirs, Ottila s'habille, Ottila part réserver une chambre d'hôtel, Ottila dit bonjour à son amant, Ottila négocie avec le gérant, Ottila prépare la chambre et autres moments insignifiants qui transforment ce qui devait être une sorte d'introduction à la seconde partie du film une énorme ébauche totalement vaine, que l'on pourrait aisément résumé à 20 minutes de métrage. Une envie de couper la pellicule qui reviendra souvent dans le métrage, de raccourcir presque tout les plans du film tant ils semblent dénués d'intérêt et bien loin de la note d'intention de Mungiu qui perd totalement le fil entreprit durant les 10 premières minutes pour s'amuser à sa guise à l'arrivée de Monsieur Bébé (pitoyable Vlad Ivanov, qui avait tout de même tenue tête à JCVD dans ULTIME MENACE – respect éternel), qui enfonce alors le métrage dans une sorte d'immense fourre-tout toujours aussi chiant, mais qui part cette fois dans tout les sens.


Ce qui était au moins assez honorable de la part du cinéaste, c'était cette volonté de rester uniquement sur le personnage d'Ottila, quitte à montrer Gabita comme une simple soumise incapable d'agir par elle-même, donc inintéressante pour nous. Une ligne directrice qui sera totalement stupide finalement, puisque tout les parti-pris acquis seront bâclés et oubliés en deuxième partie, dès lors que Mungiu décide de suivre la solitude de Gabita dans le couloir lors d'une partie de jambes en l'air qui tourne mal entre Bébé et Ottila dans la chambre. Pourquoi diable ne pas montrer cette scène de sexe si c'est pour nous avoir emmerder pendant 1h avec les moeurs d'Ottila et la recherche de la chambre d'hôtel ? On se le demande vraiment, surtout si c'est pour que 2 minutes après, on s'intéresse de nouveau à Ottila de retour dans la salle de bains avant que ce soit Gabita qui ne soit à la limitée du viol avec Bébé, qui finalement négocie bien son affaire. Voilà qui a la fâcheuse tendance à énerver, surtout après une conversation de 10 minutes d'une débilité parfois effrayante entre Bébé et ses interlocutrices, qui se répète environ 10 fois sans aucune utilité. Mungiu ne montre donc pas les scènes de sexe par pudeur ? Même pas, puisque quelques secondes après, il dévoile face caméra les instants dérangeants du film, en pleine opération d'avortement assez fascinante, mais qui laisse encore une fois totalement tombé Ottila (sur le côté de l'image sans doute) pour la reprendre une nouvelle fois après, jouant sur un suspens à deux balles où l'on se demande si Gabita est morte après son opération. Ce ne sera d'ailleurs pas la redite inutile du métrage, puisqu'au cas où nous n'aurions pas compris la distance séparant Ottila de son petit copain, Mungiu se permet ni plus ni moins une plongée de 15 minutes montre en main au milieu d'un dîner débile de la famille de Adi. Il s'agit ni plus ni moins du plus gros foutage de gueule de l'année depuis le INLAND EMPIRE de David Lynch: un plan fixe de 10 minutes qui ne sert à rien, comme ci personne ne pouvait comprendre en 2 minutes quand un personnage s'ennuie et se sent rejeter, chose qui visiblement passe au dessus de la tête du réalisateur qui ne pense qu'à arriver à 2 heures de métrage. Il ne fait en faites qu'une chose véritable avec ce choix: enterrer son film dans l'ennui mortel, l'oubli immédiat, l'énervement facile. Le quart d'heure restant sera d'ailleurs inintéressant, même lorsqu'il tente de se la jouer choquant en montrant en gros plan pendant 2 minutes le foetus de 4 mois. Le problème ? On s'en tamponne ! On vient pas voir un bébé avorté pendant un plan fixe, on vient voir un drame sur les réactions de femmes soumises à la société ! A ce moment là, autant ne pas vendre le film comme tel, ça aurait arrangé tout le monde.


Il y a cependant une chose à retenir dans le film, et malgré tout les défauts qu'elle comporte, c'est la mise en scène parfois impeccable de Mungiu, qui sait visiblement comment manier une caméra parfois au détriment d'un scénario inexistant. Le problème est la frontière reliant la démonstration gratuite du véritable choix de mise en scène. Le début du métrage marche totalement par exemple, puisque c'est une immersion dans le quotidien d'Ottila, soit de longs-plans rapprochés et tremblants ou de plans plus larges presque fixes, permettant ainsi une liberté de mouvement de la caméra (dans le premier cas) ou des acteurs (dans le second cas, que l'on retrouve lorsqu'il y a plus de 3 personnages dans le champ). Mais trop c'est trop, et il y a parfois saturation, là où un Gus Van Sant ou un Wim Wenders sait parfaitement comment doser son récit. Comme il ne se passe rien à l'écran, il ne se passe rien non plus dans la tête du spectateur, à l'image de ce fameux dîner qui restera gravé dans ma mémoire comme la séquence d'ennui pur de l'année. Pire encore: lorsque le réalisateur se croit dans un immense clip et se ramène avec son tour de force de la journée, à savoir un immense plan-séquence de 5 minutes sur le papier assez jouissif (la marche finale de l'héroïne pour jeter le foetus) mais finalement immense fourre tout où il y a trop de personnes pour être crédibles (on en avait pas vu autant d'un coup tout le reste du métrage), trop de marches funestes de l'actrice pour être flamboyant, et surtout trop de nuit pour que l'on apprécie ne serait-ce que 2 minutes ce qui est filmé à l'écran. D'autant plus qu'il ne s'agit même pas de la séquence finale, rompant ainsi tout ce qu'on avait l'habitude de voir dans le film (soi-disant chaque conversation qui débute au milieu d'une phrase...soit le début du film) et emmerdant encore le spectateur avec quelques minutes de contemplation magiques inutiles (les deux femmes sont au restaurant............tiens des phares de voitures..........générique). En faites, la réalisation est efficace lorsque elle a quelque chose à raconter, lorsque les cadrages respectent réellement un souci d'authenticité ou d'esthétique, et non pas juste de la gueule pour 1 ligne de script. Une prochaine fois peut-être ?


Comme d'habitude, grosse interrogation à la sortie de la salles. Est-ce qu'on est aussi con pour penser que Cannes est de plus en plus ridicule dans son palmarès de Palme d'or, que tout les films se ressemblent, que le cinéma d'auteur est toujours aussi chiant, ou est-ce vraiment une réalité ? Certains diront juste l'excuse ultime "tu n'es pas assez jeune pour comprendre", mais désolé, je suis assez mature pour voir quand j'ai de la merde devant les yeux. Contre toute attente, avec tout le respect que j'ai pour Stephen Frears ou les membres du jury, ou pour l'ensemble de la critique encensant l'Art avec un grand A: 4 MOIS, 3 SEMAINES, 2 JOURS est une sacrée belle merde ! Et je suis prêt à mourir maintenant.

 

"Sicko" de Michael Moore

Note: 7/10


Ah Michael Moore. Plus qu'un sacré bonhomme, plus qu'un réalisateur, une icône pure et dure, une représentation typique de l'Amérique en changement, qui malgré tout ce qu'il a apporté au cours de sa carrière en informations et en documentaires géniaux, n'a pas vraiment réussi à convaincre tout le monde à cause de ses méthodes gênantes et utilisables à l'infini. C'est simple: Moore, on aime ou on aime pas, d'où les polémiques inévitables qui entraînant la sortie de chacun de ses films. Que ce soit dans ROGER ET MOI où il se soulevait contre la fermeture des usines General Motors dans sa ville natale, THE BIG ONE où il combattait avec énergie la loi du profit à tout prix, et son chef d'oeuvre BOWLING FOR COLUMBINE qui a vraiment éclairé le monde sur le danger des armes à partir d'un fait divers bouleversant, Moore a toujours su ce qu'il voulait et comment il allait réussir à l'obtenir, sans que rien ne l'arrête. Son style si particulier a bien entendu atteint son paroxysme lors de la remise à Cannes de la Palme d'Or pour FAHRENHEIT 9/11, brulôt anti-Bush pas plus convainquant qu'un autre film, mais qui sous-entendait les pressions dans les coulisses du Festival et de son jury. La preuve ultime restant le fait que ce soit Quentin Tarantino qui lui ait remis la Palme d'Or, lui qui s'est battu pendant 2 semaines pour faire venir OLD BOY en compétition officielle (il écopera du fameux Grand Prix). C'était donc en 2004, mais l'effort semble aujourd'hui vain, d'où une certaine lassitude probable du spectateur qui sait que Moore parle d'un sujet qui le choque, mais qu'il prend "seulement" la peine de le révéler au grand public, sans pour autant chercher à bouger les choses. C'est un peu l'ironie du bonhomme, très agaçant pour certains journalistes, très drôles pour d'autres, mais qui au moins sait pourquoi il fait des films: révéler les défauts de l'Amérique parfaite aux américains, ni plus ni moins. Le reste du monde peut apprécier les moqueries faites envers ce peuple qui se croit parfait, à défaut d'avoir eux-mêmes une industrie cinématographique comme Hollywood. Avec SICKO, sûrement son film le plus aboutit visuellement, il concilie une nouvelle fois le plaisir du spectateur de masse et celui de l'américain impliqué, en décidant de dénicher les failles d'un système de santé défaillant. Et le résultat n'est pas si mauvais que cela...


Après les armes, les multinationales, les usines et la politique, Moore va donc tenter de gratter sous les mystère des assurances en se basant du côté de l'américain typique, celui qui ne fait pas parti des 47 millions d'habitants à ne pas avoir de mutuelle. Comment, avec le soutien d'une assurance, l'américain type ne peut avoir accès aux soins comme le reste du monde ? Comment, avec cette puissance économique hors-norme, les Etats-Unis sont classés au niveau des soins médicaux autour de la Slovénie ?


SICKO prend donc très vite au dépourvu car il s'éloigne totalement des règles agaçantes qui avaient transformés FARENHEIT 9/11 en "Michael Moore contre l'Amérique", comme le réalisateur le voulait. Pari réussi donc à première vue, puisque le personnage n'apparaît pas à l'écran avant la deuxième partie du film, sans pour autant aller ennuyer des politiques ou des hauts-placés mais allant voir son véritable public, les américains, les classes moyennes, ceux à qui ses films sont généralement dédiés. Partant de deux exemples assez étonnants d'accidents de travail de gens dépourvus de toute assurance maladie (une immense plaie sur le genou recousue en gros plan, le sectionnement de deux doigts différents recousus pour 12 000 ou 20 000 dollars), Moore vire alors totalement de bord pour s'intéresser justement à ceux qui doivent normalement profiter du système, mais qui se font avoir à leur tour sans aucune raison, juste parce que les Etats-Unis sont incapables de penser le malade en tant que patient mais en tant que client. Le récit prend très vite une tournure un peu trop classique, malgré l'intervention en voix-off parfois cynique de Moore (qui se permet quelques sentences classiques), puisque le montage fait subitement intervenir des témoignages "bouleversants" de mères de famille ayant vus leur bébé mourir à cause d'un changement d'hôpital, de victimes d'accidents devant payer les frais de transports à l'hôpital, et d'autres petites failles du système de santé désastreux qui occupe le milieu d'un classement peu glorieux, dominé entre autres par la France et le Canada. Le problème vient du fait que le récit devient une sorte d'immense chambre à larmes où le réalisateur veut faire chialer dans les chaumières comme il sait si bien le faire (rappelez-vous l'entretien plus que douteux avec Charlton Helston à la fin de BOWLING FOR COLUMBINE), où chaque témoignage devient l'occasion pour la personne interrogée de pleurer face caméra avec une petite musique et un impact bien plus puissant que si ils étaient placés en fin de métrage. Arrivant même à glisser Bush dans son film un peu comme un cheveu sur la soupe, Moore s'intéresse donc uniquement aux travers de son pays mais n'arrive pas à percer, trop choqué par ce qu'il voit pour continuer d'enquêter sur un système qui lui ferme les portes au nez. Plus l'enquête avance, plus le spectateur assiste à quelques horreurs débitées, comme le témoignage d'un ancien enquêteur engagé par les assureurs pour rompre les contrats (afin de faire du profit...) ou la séquence située au refuge des démunis qui sont largués par un immense hôpital universitaire au milieu de la rue, une fois "soignés" à toute vitesse.


C'est alors que, avec étonnement, le spectateur assiste à un revirement total de situation (encore un !) lorsque Moore intervient enfin face caméra non pas pour aller agresser les responsables déjà bien entachés dans la première partie du métrage (le tribunal où le responsable du refus se rend compte que le patient renvoyé était bel et bien malade) mais pour faire une comparaison entre les Etats-Unis et le reste du monde, pour voir ce qui ne va finalement pas dans l'administration qui a renvoyé Hilary Clinton et ses propositions de médecine publique assimilée à du communisme (voir du bolchevisme absolu). Il part d'abord au Canada avec une femme voulant se faire soigner et simulant un déménagement chez l'un de ses amis pour bénéficier des soins gratuits, et se rend compte que tout le monde est heureux dans ce petit monde. Un problème aux urgences ? Aucun papier à remplir, le patient est celui qui compte en tant que personne, non en tant que comptable. Toujours du point de vue américain pur et dur (le Canada est vu d'un très mauvais oeil aux Etats-Unis – Moore l'a d'ailleurs tourné en dérision dans CANADIAN BACON, unique fiction du réalisateur), il se rend compte que les systèmes de santé marchent très bien ailleurs. Et même lorsqu'il atterrit avec la vidéo amateur de deux JACKASS en herbes en Angleterre, il tombe sur un système parfait qui rembourse même les déplacements des patients hospitalisés, que ce soit pour des points de suture ou un accouchement rapide. Moore joue donc avec les images et les stéréotypes, transformant le médecin financé par l'Etat comme un homme gagnant très bien sa vie (écran plat, petite amie épanouie, voiture énorme, appartement de rêve) et ne se posant aucune question économique. Ils vivent pour le patient. Comble de tout, il se dirige vers la France, vue comme de véritables enfoirés là-bas (bons vieux clichés parisiens en somme) et, non content de simuler un énervement envers un docteur anti-américain primaire (Moore ne doit pas savoir véritablement ce que c'est), va rendre visite à ses amis américains qui font des louanges sur notre système de santé si parfait, toujours du point de vue américain de la chose. Tout commence à déranger, à gratter tant Moore oublie que la France n'a rien de parfait et qu'il devrait oublier les couples "typiques" qui vivent en faites dans des appartements de luxes et simulent une vie modeste, mais le ton assez caustique fait oublier ce muavais épisode. Jusqu'à ce qu'il débarque à Cuba, ville de la dictature, ennemi des Etats-Unis, où les terroristes ont les mêmes soins que les américains alors qu'ils sont en faites avantagés. Provoquant au maximum le gouvernement américain dans une séquence déjà mythique, il continue d'énerver lorsqu'il amène ses gentils bénévoles du 11 septembre dans un hôpital où tout est gratuit, sans aucun problème. Les larmes coulent, les hommages touchent véritablement, et tout se conclut alors sur une note différente des autres travaux de l'auteur: Moore incite les gens à se bouger les fesses, ayant lui-même fait les frais de plusieurs pressions, ayant un recul nécessaire sur son pays et pouvant faire comprendre aux autres le problème. Le meilleur sera pour la fin: cette vision ironique du gérant du site web anti-Moore, qui finira par payer les soins de sa femme grâce à un chèque envoyé par...Moore anonymement.


Ce dernier exemple est à l'image de tout ce qui peut déranger dans le spectacle SICKO, vu comme un divertissement informatif par l'auteur. Ne cachant pas le faites que le public américain a besoin d'être détendu, à l'écoute et amusé, il transforme alors son documentaire choc en véritable expérience humoristique ou larmoyante, trouvant difficilement le ton juste au milieu de témoignages pompeux ou de blagues vaseuses. Michael Moore serait juste un "entertainmer" incapable de prendre au sérieux son sujet ? Pas faux serait-on tenter de dire, vu le nombre de choses utilisées dans le métrage qui marchent plus ou moins mais peuvent réfracter les plus sérieux d'entre nous. Entre l'arrivée hilarante d'Hilary Clinton au gouvernement, les discours de Bush et de son administration payée pour faire passer des lois, les anecdotes terribles mais croustillantes sur les maladies, les commentaires dépressifs/humoristiques en première partie, les "épouser un canadien" au générique final, les maladies pré-existantes sur un générique STAR WARS, les deux débiles en voyage en Angleterre, et bien entendu cette séquence encore bien gravée dans ma mémoire de l'arrivée délirante à Guantanamo Bay, tout est fait comme un spectacle. Un spectacle qui énervera tout le monde (anglais, canadiens, français) lorsque Moore s'attaque à son pays, puisqu'il ne peut s'empêcher de redevenir un américain stupide et d'attaquer gratuitement avant de poser un tas de questions qui illustreront habilement sa thèse, le bonhomme maîtrisant parfaitement bien sa thèse. Ce qui rend le récit plus convaincant et ce côté show business moins alarmant, c'est les témoignages de gens capable de comprendre les problèmes des autres et de s'amuser à mettre en valeur la crétinerie des américains, comme ce canadien aux doigts arrachés qui ont été recousus dans un hôpital totalement nouveau sans aucun problème (et il ne pleure pas !) ou le médecin anglais qui s'amuse de voir qu'un médecin payé par l'Etat est un communiste agressif.


Moins rébarbatif que son précédent métrage, moins sincère que ses autres oeuvres, Michael Moore joue avec son public et le sait pertinemment, conscient que pour une fois il peut faire déplacer les foules. Le système de santé étant essentiel à tout citoyen qui se respecte et qui paye ses impôts, SICKO pourrait bien devenir le premier documentaire à réellement faire changer les choses...Ou bien les américains vont rester dans leur canapé à se dire que ce n'était qu'un show d'un gros con à lunettes qui fait chier le monde avec ses interrogations. On ne sait jamais !


Commentaires

Commentaire par tib20011 au sujet de 9/8/2007 6:51
Just un grand merci à la rédac et à Kevin Prin pour avoir enlever l'option "Ajouter commentaire" lorsque l'on est hors ligne ! Plus de spams ni de trolls à supprimer ! Merci bien !


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