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"Sweeney Todd" de Tim Burton (Critique Cinéma)
1/29/2008 5:54

En ayant choisi de privilégier d'abord le fond plutôt que la forme, Tim Burton s'est pris une joyeuse taulée par ses fans de la première heure qu'il était dur de consoler. Acceptant ainsi une commande comme tout les plus grands réalisateurs du monde (bah oui, et alors ?), LA PLANETE DES SIGNES (film bof mais pas non plus catastrophique) signait une sorte de trahison totalement injustifié avec les cinéphiles qui ne voulaient plus entendre parler de Burton. Comme ci finalement, un seul écart de conduite chez la Fox pouvait enterré le talent qu'on lui connaît depuis ses débuts. Hors Tim Burton n'est pas mort, il s'est juste assagi et choisit des films plus calmes qui ne ressemblent pas à ses chefs d'oeuvres d'antan (tout ses films globalement) mais qui ont le mérite de présenter une autre facette du réalisateur. C'est le cas de BIG FISH, magnifique drame familial qui remet en avant les thèmes de toujours sur la paternité et l'acceptation de soi au sein de sa famille. Un film qui fait du bien et qui remet sur scelle le Burton qui signe alors CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE, énorme surprise aussi hilarante que déjantée, aussi tendre que émouvante. Un film qui fait du mal lorsque l'on voit le résultat de CORPSE BRIDE, qui reste l'une des plus grosses désillusions de ces dernières années tant le résultat final paraît inachevé face au somptueux L'ETRANGE NOEL DE MR. JACK ressorti en 3D l'année dernière. SWEENEY TODD avait donc tout du projet jouissif qui pourrait concilier la folie visuelle de retour chez l'auteur, et le côté macabre si particulier de ses premières oeuvres barrées. D'autant plus que l'adaptation est une fidèle transcription d'une pièce musicale aussi culte que immorale qui a littéralement épousé la culture américaine (on peut même en voir un bout dans le JERSEY GIRL de Kevin Smith), et signée par un Stephen Sondheim qui effectue la transition de ses musiques avec joie. Et il n'y a d'ailleurs rien de plus énervant, quand on connaît l'oeuvre originale, de voir les gens s'étonner que SWEENEY TODD soit justement une comédie musicale. Sauf que bon, pour les fans et pour tout les autres qui on un peu de jugeotte dans la tête, SWEENEY TODD sans chansons, c'est un exercice totalement vain qui ne respecte pas son matériau original. Et puis à quoi bon se le demander lorsqu'on voit le résultat de Burton à l'écran: un oeuvre glaciale, sanglante et jouissive, pas loin d'être un des plus grands films du réalisateur.


Benjamin Barker n'est plus. De retour d'un long exil à Londres, l'ancien barbier revient sous les traits d'un Sweeney Todd vengeur, voulant à tout prix chercher à payer les crimes du juge Turpin qui lui a volé sa famille. Herbergé par l'énigmatique Mrs Lovett au dessus de son pauvre magasin de tartes, Sweeney Todd redevient le barbier qu'il était dans la seule intention de trancher les gorges de ceux qui lui ont déchirer son destin.


Comme on pouvait l'attendre, SWEENEY TODD est toujours une oeuvre d'une noirceur étonnante et jouissive qui peut en répulser plus d'un. Cependant, dans les mains d'un génie comme Tim Burton, tout ce qui fait le Londres obscur devient alors un sujet d'émerveillement intensif, renforcé par une esthétique étonnante et une palette graphique somptueuse. Réinventant ainsi l'Angleterre de l'époque, le film nous plonge directement dans un univers fait de trahisons, de meurtres et de sexe implicite, dans une ville où seul le chaos semble régner (voir le plan-séquence en accéléré jusqu'à Fleet Street, particulièrement efficace). Burton aime cependant ce genre d'univers sans cesse baignés dans le noir, et apprécie tout particulièrement ce fameux barbier de Fleet Street, personnage ô combien énigmatique qui hante la ville comme un fantôme, sans cesse plonger dans des souvenirs dont nous ne voyons que de courtes bribes au début du film. Le bonheur n'est plus, le soleil non pus: tout ce qui fait la noirceur de l'oeuvre est que justement, les personnages ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes qui ne pourront trouver la paix que dans l mort. Et le plus symbolique de tous reste justement son héros prêt à tout pour se venger, et qui deviendra ironiquement de plus en plus fou à partir du moment où il pénètre dans le magasin de Mrs Lovett, une "freak" aussi dérangée que lui. Ensemble, les deux personnages forment un couple aussi joli en apparence (l'amour, c'est toujours magnifique non ?) que diabolique, chacun ne pouvant rattraper l'autre: le premier commence une opération à gorge ouverte pour retrouver sa hargne d'antan et accomplir sa destinée, la seconde se sert de son amour aveugle pour le premier afin de gagner le succès et de créer des tartes encore meilleures alors que la viande vient de chair humaine. Une organisation aussi soignée que passionnante à regarder, les séquences de montage alternants entre la vente des tartes et les meurtres de Todd étant hallucinantes de maîtrise narrative. Mais cependant, ce ne sont pas les seuls à avoir un problème dans le film puisque tout le monde semble irrécupérable: l'hilarant barbier concurrent Pirelli qui fourgue des élixirs mensongers et qui fait du mal à son assistant sans aucun remord (qui se révèle l'ancien assistant de Barker), le juge Turpin qui atteint des sommets de sadisme impossibles à cautionner (il surveille sa "fille" tout les soirs comme un pervers, il juge à mort des enfants qui n'ont probablement rien fait), son immonde assistant Bamford qui l'aide dans ses plans les plus machiavéliques, se prenant pour le voisin le plus adorable du quartier. Le tout baignant dans une ambiance des plus étranges, SWEENEY TODD atteignant des sommets de cruauté incomparables, tous plus implicites que violents: le viol suggéré de la femme de Barker dans un bal masqué érotique de Turpin, la volonté de ce même juge de se marier et de coucher avec la fille de Barker pour enfin en faire sa femme (alors qu'il l'avait adopté sans qu'elle ne le sache), ou encore un gardien de prison qui se fait attaquer et déchiqueter par une horde de blondes en proies à leurs instincts primaires. Londres est le berceau du vice et du calvaire, tout simplement. Et c'est cela qui fait réjouir notre personnage principal (NO PLACE LIKE LONDON).


Dans ce chaos et cette violence, seuls trois personnages semblent pouvoir échapper à leur destin. D'abord le petit Toby, recueilli par Pirelli pour vendre les mérités de son élixir factice puis adopter par Mrs Lovett qui va alors lui faire découvrir petit à petit les secrets de son entreprise, le menant dans une dernière partie vers les fourneaux où il comprend enfin ce que cache Todd et Lovett. Et c'est là que malheureusement le personnage perd lui-aussi toute trace de son innocence lorsqu'il tue de dos le pauvre Todd qui a enfin retrouvé sa femme qu'il vient d'égorger en ignorant qui elle était (c'était en fait une clocharde qui traînait autour de Fleet Street depuis toujours, défigurée par la maladie). Le personnage le plus sympathique perd toute notre sympathie puisque mine de rien Burton nous a fait attacher à l'aventure de Todd et à son désespoir chronique qui le menait aux pires méfaits. Mais la progression de Toby ne se fait pas d'un coup puisque le réalisateur sème le film d'indices pour nous faire comprendre que le côté "obscur" va bientôt l'emporter, pousser par les intentions étranges d'une Mrs Lovett encore plus timbrée que son mari officieux. C'est en tout cas ce que nous réserve la seule séquence au soleil du film, un pur moment de jubilation où la pauvre femme s'imagine une vie délirante dans l'ombre d'un arbre dans un parc ou à la sortie d'un bateau, voulant se marier avec le pauvre Todd qui n'a absolument rein demander à tout cela et qui écoute son rêve comme une énième histoire qui ne l'intéresse absolument pas. Bien heureusement une note d'espoir vient nous sauver de ce côté très déprimant de l'oeuvre et ce dans le couple impossible formé par la jeune Johanna et Anthony Hope. Digne d'une tragédie ou d'un opéra dans la même veine, ce couple paraît le plus classique dans tout l'univers mais tient réellement la route non pas à cause des comédiens assez agaçants (le seul défaut du film qui me saute aux yeux) mais grâce à une romance malmenée de toute part par les autres personnages qui passent à tabac Hope, qui enferment Johanna en prison, qui préparent des plans dans leur dos et qui finissent par les unir sous le même toit dans le pire moment qui soit, celui où le diable Sweeney se réveille une dernière fois.


Difficile de croire les propos de la Warner qui se tenaient en fin d'année lors de la post-production du film. Citant Jack Sparrow comme exemple à suivre, les exécutifs voulaient tout simplement enlever toute proportion gore et violente du métrage pour en faire un joyeux PG-13. Heureusement Burton conserve le Final Cut. Et à la vision de ce dernier, il est en effet aberrant de voir comment Warner aurait pu couper ces scènes ou enlever des gouttes de sang tant elles représentent une apothéose d'émotions distillées au fil du métrage et des meurtres de Todd. Le cinéaste derrière la caméra sait ce qu'il fait et arrive à transformer des scènes où des geysers de sang giclent des entailles des personnages, où les cadavres s'écrasent le crâne en tombant dans la cave de Mrs Lovett et où les membres sont découpés soigneusement pour mieux en faire de la viande comestible. Le plus impressionnant reste avec quels stratagèmes il jongle pour nous faire vibrer au rythme des exécutions sublimes puisqu'on se prend de sympathie pour le barbier qui justifie plutôt bien ses premiers actes de violence. Voulant venger sa famille et ayant été reconnu par Pirelli qui veut signer un pacte où il le trahira, on en vient même à se dire qu'il valait mieux pour le personnage de tuer son premier adversaire plutôt que le laisser en vie. Plus loin, et c'est là que Burton frappe fort, les meurtres de Todd qui a décidé d'épouser sa folie et de tuer à la chaîne tout ceux qui viendront demander un rasage de près deviennent communs: comme le personnage, on se prend alors à regarder chaque personnage mourir les uns après les autres de la même manière, avec une monotonie exagérée pour montrer à quel point le personnage a dépassé la frontière avec la folie. Mais comme lui, nous nous prennons au jeu et nous regardons les meurtres efficaces et sanguinolents. Et, apothéose finale, on en vient même à ne pas regretter la mort du juge Turpin encore plus violente et graphique que les autres, puisque le personnage est tout de même le plus antipathique de tous. Cependant, Burton est loin de faire de Sweeney Todd un héros et le place donc dans une inconfortable position lorsqu'il égorge la pauvre dame qui venait voir ce qui se passait: le spectateur reconnaît Lucy, pas Sweeney qui l'égorge de plus belle, emportant aussi sa fille Johanna avant de redescendre achever Toby. Le film met une distance entre la folie pure d'un personnage qui n'a plus rien à perdre et qui finira par mourir sous les yeux de sa bien aimée, et le spectateur qui regarde ça de plus en plus apeuré pour finir lui-aussi dégoûté des actes d'un personnage qui les regrettent probablement lorsqu'il voit le désastreuse qu'il a fait. Tuant Mrs Lovett dans ne scène de danse flippante à souhait, et laissant des gouttes de sang se déverser sur le visage inanimé d'une Lucy morte deux fois: une pour Barker, une pour Todd. Une image finale qui hante littéralement pendant des jours, particulièrement graphique et particulièrement émouvante aussi.


Une séquence finale qui donne tout son sens à la notion de tragédie omniprésente dans les thèmes du film mais aussi dans la fameuse musique attendue au tournant. Loin des erreurs d'un ACROSS THE UNIVERSE (31 reprises des Beatles, c'est épuisant) ou d'autres comédies musicales pesantes, SWEENEY TODD transmet des thèmes musicaux entraînants et relève le choix insensé de faire des mélodies aussi bien géniales dans le film qu'à l'écoute de la bande-originale. Bien entendu, le thème musical manque l'ampleur et la folie auditive d'un Danny Elfman, mais le reste met la barre très haute. Et bizarrement, les timbres de voix des deux acteurs principaux (l'un tendance rocker des années 80 et l'autre tendance vieux jargon anglais) sont carrément plus attachants qu'une ré orchestration massive par des chanteurs. C'est en tout cas la raison principale de la beauté du furieux THE WORST PIES OF LONDON qui présente Mrs Lovett, de la petite contine POOR THING, de la séduction sur WAIT ou du rêve BY THE SEA. Des petits thèmes amusants mais qui laissent vite place à la gravité ambiante de thèmes musicaux d'une puissance rare: MY FRIENDS, A LITTLE PRIEST et surtout EPIPHANY, sûrement le morceau de film le plus jouissif et la chanson la plus somptueuse de tout l'album, alternant du "parler" en pleine rue et des thèmes émouvants évoquant Johanna et Lucy. Une alternance qui permet de mettre en valeur les chansons du jeune Toby et du grand Pirelli (la reprise musicale pour PIRELLI'S MIRACLE ELIXIR et GOD THAT'S GOOD, l'introduction de THE CONTEST) mais qui peut aussi déstabiliser lors de l'arrivée de nos deux amoureux. Mais malgré tout, si l'on prend la peine d'écouter JOHANNA après le film, la chanson devient un hymne à l'amour particulièrement beau avec un thème musical aussi doux que mémorable. Ce sera un peu moins le cas de ALMS ALMS chantée par la vieille femme et GREEN FINCH & LINNETTE BIRD par Johanna à sa fenêtre.


En vu du peu de rôles offerts par le film (8 personnages tout au plus), difficile de faire le mauvais choix. Et c'est globalement le contraire qui se passe, puisque les acteurs principaux offrent une interprétation qui atteint réellement le sublime. C'est en tout cas ce qui se passe pour Johnny Depp qui mérite totalement toutes les louanges faites à son égard, ressemblant encore plus au Cavalier Noir qu'au personnage de Crane dans le génial SLEEPY HOLLOW du même Burton. Une nouvelle participation entre les deux qui fait plaisir à voir puisqu'il s'agit de la meilleure depuis EDWARD AUX MAINS D'ARGENT: les deux réalisent un exploit dans leurs domaines respectifs. C'est peu étonnant de la part de Depp qui sauvait de la noyade ultime les trois PIRATES DES CARAIBES, ni plus ni moins. Face à lui, la déjantée Helena Bonham Carter reste dans le même registre que son rôle dans HARRY POTTER ET L'ORDRE DU PHOENIX avec heureusement une participation active et une folie communicative. Face à ces deux personnages, on attendait pas moins que des excellents acteurs. Et voilà donc Alan Rickman, l'un des seconds rôles les plus sous-estimés, qui arrive aisément à se hisser comme bad-guy le plus étrange et salaud que l'on est vu depuis longtemps chez Burton. Et ils nous offre même un joli duo (PRETTY WOMEN). Si Timothy Spall est aussi dégueulasse et lâche que dans HARRY POTTER et ENCHANTED, c'est Sacha Baron Cohen qui émerveille le plus dans son rôle de Pirelli, barbier aussi con que prétentieux, qui prononce des injures en italien et qui se fait humilier en public par un Todd aussi serein que sûr de lui. Une scène qui restera assurément dans les mémoires, prouvant aussi qu'il peut chanter avec un accent étrange aussi que celui de Borat. Les nouvelles têtes font moins l'unanimité malheureusement: Ed Sanders est bel et bien une nouvelle révélation incroyable, les deux chanteurs Jamie Campbell Bower et Jayne Wisener sont assez pitoyables dans leur jeu, offrant malheureusement de belles musiques mais déstabilisantes à cause de leurs têtes à claques poussées à l'extrême lors de leur première rencontre. Dommage que ce soit là le seul gros défaut du film, d'autant plus que les personnages sont plutôt intéressants, arrivant toujours au moment inopportun dans la vie de Todd.


SWEENEY TODD est donc une sacrée expérience cinématographique aussi sanglante que fascinante de bout en bout. A grand coup de musiques entraînantes mais finalement très réussies (il suffit de revoir le flm une deuxième fois pour s'en rendre compte), il signe non pas le retour de Burton mais un chef d'oeuvre du genre. Je m'attendais à un opéra rock façon PHANTOM OF THE PARADISE, j'ai eu juste une immense claque qui glace le sang, très loin des terrains balisés.

 

Note: 9/10


Commentaires

Commentaire par tib20011 au sujet de 2/4/2008 6:18
Effectivement, cinq fois, c'est beaucoup. Mais merci pour ton avis sur ma critique. Je ne l'ai vu que deux fois, moi, misérable petit fan.
Commentaire par celticxoan au sujet de 2/4/2008 1:39
La lecture de ta critique m'évite de publier la mienne car je suis totalement d'accord avec tout ce que tu as écris.....sauf pour la note où je n'hésite pas à mettre un 10/10 tant ce film pour moi atteint des sommets (je l'ai déjà vu 5 fois !).
Tou simplement pour moi le meilleur Burton........
Voilà !
Commentaire par Geouf au sujet de 2/1/2008 11:59
Ah ouais, c'est comme ça? C'est quoi cette mutinerie?
Comment ça on a un avis différent du mien et en plus on forme une coalition en profitant de mon absence?
Vous voulez que je vous tape en vous insultant?
Bon, trève de plaisanteries. Mon cher tibichou, tu as tout à fait le droit d'avoir aimé ce film et de le défendre. Je n'ai pas encore lu ta critique mais je me ferai un plaisir de la descendre (gnark gnark!), bon, ok, d'argumenter contre toi.
Mais de totue façon, il faudra certainement que je revoie le film avec des sous-titres, histoire de comprendre les chansons...
Commentaire par Jeremie79 au sujet de 1/30/2008 10:59
J'étais tenté et puis la BA m'a complétement refroidi avec ses passages chantés... Burton, je trouve que c'est vraiment plus ça depuis quelques films déjà. :(
Commentaire par budd au sujet de 1/29/2008 6:18
normal je suis un lâche, je la ramène que quand je suis en groupe lol
Commentaire par tib20011 au sujet de 1/29/2008 6:16
Ouais ouais Budd, tu faisais ta victime face à lui surtout !
Commentaire par budd au sujet de 1/29/2008 6:12
bon bah au moins je suis pas le seul..dans ta face Geouf! lol
Commentaire par tib20011 au sujet de 1/29/2008 5:56
Avant que Geouf ne vienne me taper sur les doigts, une précision: j'adore Burton et c'est pas pour ça que j'adore ce film. Je le trouve juste génial et proche du chef d'oeuvre, donc pas la peine de me comparer à la presse qui n'ose rien dire car c'est Tim à la barre.

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